Tonnerre de Jazz : deuxième !

Rédactionnel et photos : Lydia Sanchez

Concert Mobility Quartet, maison des lacs à Laroin

13 nov 2015, un vendredi

Ou Tonnerre de Jazz : deuxième !

Mobility Quartet

Mobility Quartet

J’étais habillée de noir. Comme à mon habitude quand je prends des photos de scène.

Nous étions dans un cocon, dans cette salle polyvalente que nous avons aménagée pour la musique, les musiciens disaient que le son était bon.  Nous avons mis sur la table nos spécialités à partager (très important de bien nourrir les musiciens !), en attendant le public. Et celui-ci est venu nombreux. Avec déjà des habitués. Cela fait plaisir, au deuxième concert, d’avoir 50 réservations et des fidèles en recherche de musique. On se dit que vraiment, il manquait du jazz à Pau.

Les musiciens montent en scène après l’introduction de J-C Tessier qui nous parle d’un concert exceptionnel, avec un trompettiste fabuleux (des mots qui deviennent une antienne). Cette fois ce sont presque tous des enseignants en musique.

Ils semblent timides, ont une sorte de retenue et en même temps montrent qu’ils ont l’habitude d’être devant un public. Pour se chauffer ils jouent deux morceaux, avant de les désannoncer. C’est le rythme qu’ils vont garder pratiquement jusqu’au bout.

Laurent Carle, au piano, l’homme venu du classique, présente à la fois les morceaux et les musiciens. Pédagogue, il nous explique l’improvisation. Croit-il que le public n’est pas amateur de jazz ? Mais aussi qu’ils vont jouer à la fois des compositions personnelles et des morceaux d’autres musiciens.

Laurent Carle

Laurent Carle

En tout cas ces quatre hommes, qui se connaissent bien, mais n’ont formé le groupe que récemment, s’écoutent, sont attentifs, et jouent bien.

Mobility : leur nom est une composition de Laurent Carle.

Majeur : une composition de Pierre Dayraud, le batteur. Un morceau joué au début et qu’ils reprendront en rappel.

Pierre Dayraud

Pierre Dayraud

Le début est une mise en jambe, en bras, en souffle. Le public est plutôt froid. Petit à petit le quartet chauffe l’ambiance et le public applaudit de plus en plus. Ils ont fait connaissance, ils commencent à apprécier. Le groupe a besoin de temps pour sentir que la cohésion autour de Pablo Valat (trompette et bugle) est bonne. C’est la deuxième fois seulement qu’ils jouent ensemble, puisque chacun est occupé ailleurs, et leur entente doit se tisser patiemment. Cela s’entend.

Pablo Valat

Pablo Valat

Néanmoins le programme est varié et donne la vedette à chacun des musiciens. Avec un avantage à celui qui brille au milieu : le trompettiste. L’équilibre est bon, on prend plaisir à attendre le morceau suivant.

Dear old Stockolm, tiré d’un traditionnel, repris par Miles Davis, est taillé pour Pablo Valat. De même que Sail away, un morceau de Tom Harrell. Blue in green, écrit par Bill Evans et Miles Davis. Ou encore Woody’n you de Dizzy Gillespie. Il faut dire qu’il est bien éclairé, au centre de la scène, entouré de la section rythmique. Avec One finger snap (Herbie Hancock) c’est un dialogue avec Laurent Carle, parfaitement soutenu par batterie et contrebasse.

Car dans l’ombre (parce que peu éclairés) se tiennent Laurent Chavoit sur la droite, et au fond, comme souvent le batteur. La scène est un peu haute, les spots un peu trop présents parfois. Cela ne joue pas en faveur d’une grande complicité avec le public.

Laurent Chavoit

Laurent Chavoit

Avec Tekufah de John Zorn on voyage aux confins de la mélodie et du jazz disjoncté. C’est une apothéose dans ce concert, somme toute, de jazz classique.

La cohésion est bonne, l’entente est palpable. Le set passe sans ennui.

Ce quartet joue un jazz qui est une démonstration de complexité et de savoir faire, un peu pesant, trop sérieux et puissant, qui ne laisse pas assez de place à la joie. Il nous a manqué l’étincelle.

Cependant le public est content d’avoir entendu cette bonne musique. Et les musiciens ensuite ont pu discuter avec les spectateurs autour de la buvette.

La prochaine fois, ce sera encore mieux, peut-on se dire, le cœur bien rempli.

Ensuite nous avons pu lire sur nos smartphones les nouvelles qui parlaient d’attentats et de morts à Paris.

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