Tom Ibarra Quartet au Caillou le 20/02/16

Par Domimonk, photos Thierry Dubuc

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Ce samedi, c’était le retour du Tom Ibarra Quartet au Caillou du Jardin Botanique, lieu indispensable à la vie du jazz et musiques alliées à Bordeaux, il faut le dire et le répéter ! La salle est pleine à craquer et fourmille de fans irréductibles de ces sonorités, les parents et amis sont là, les yeux luisants d’impatience. Des quelques concerts passés de Tom Ibarra, on sentait qu’il y avait un devenir certain dans la démarche musicale du jeune homme, et une éclosion irrésistible de son talent. Cela s’est confirmé par la récente sortie de son tout premier album « 15 » (*), proposant de belles compositions qui seront en partie jouées ce soir. L’évolution qu’un jeune groupe peut vivre, s’accompagne souvent d’un « tumulte » créatif qui se retrouve dans les arrangements que l’on peaufine, d’un concert à l’autre, dans des sonorités qui varient, mais aussi quelquefois dans un choix de musiciens différents. Ainsi, Christophe de Miras a tout d’abord remplacé Thibault Daraignes aux claviers, puis c’est Pierre Lucbert qui prend désormais la suite de Thomas Galvan à la batterie. Saluons avec respect et amitié Thibault et Thomas pour leur talent et le beau travail accompli aux côtés de Tom, et souhaitons-leur qu’une belle carrière s’ouvre à eux aussi, ce qu’ils méritent amplement.
Le concert a débuté sur les chapeaux de roues par un « I’m sick » qui a posé le décor et ne donnait pas l’impression, malgré son titre, que tous ces jeunes gens soient le moins du monde malades, bien au contraire ! Le quartet commence à chauffer l’espace et « Distance » et « Exotic City », un vrai tube, accélèrent la cadence. D’entrée, on sent une réelle entente entre tous, quelques clins d’yeux échangés ça et là, au moment de breaks ou de reprises, confirment que, même s’ils confient ne pas avoir beaucoup répété, tous sont en phase et bien dans leurs baskets, pour ce jazz groove frais et très énergisant. Se révèle aussi une complicité particulière naissante, entre Tom Ibarra, jeune endorsé de la marque Ibanez, et Pierre Lucbert, qui lui est endorsé par Yamaha. Ils se sont déjà rencontrés et ont joué sur la scène Action Jazz de la fête de la Musique à Bordeaux, en Juin dernier, Tom et son quartet de l’époque, et Pierre, d’abord au sein du groupe jazz soul de Marine Garein-Raseta, puis avec la formation plutôt jazz funk Hyperloops. Gageons qu’ils avaient certainement du mutuellement s’observer et se dire qu’un jour peut-être, ils joueraient ensembles. Retour au concert, on joue maintenant « Thank you Bob », une belle composition de Tom, dédiée au grand Bob Berg. Émotion, calme et paix. « Inside » suit et c’est un « So what » de folie, notre bon Miles ne l’aurait pas renié, qui clôt le 1° set, avec, grosse cerise sur le gâteau, « Billie jean », brûlant tatouage soul, qui fait de ce final un vrai « thriller » jazz funk.

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Un petit break, et voici nos garçons de retour guillerets, pour un 2° set qui démarre avec « Mr Chat » et « Be careful », deux cartouches bien affutées, des tubes là aussi, où le quartet s’en donne à cœur joie, s’étant rodé lors de la première partie. Ne vous fiez pas au sourire de Jean-Marie Morin, le bassiste en profite pour vous assener de solides lignes de basse, charpentant la musique d’un groove souple et élégant, qui claque parfois en mode funk, en télépathie avec le batteur. Sourires aussi de Christophe de Miras, qui, après avoir résolu quelques difficultés de son, a pu délivrer de belles parties de clavier assez fusion, des chorus inspirés, alternant avec la jazzité servie sur un plateau par ses beaux sons de piano.

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Escale au port de la sérénité pour un superbe « Death », en mode mid tempo, composition de Tom, tirée du projet « Live & Death », formé lors de son récent voyage en Inde, avec de jeunes musiciens du cru. Elle s’enflammera vers la fin, illuminée de vie. Autre thème inédit dédié à un anonyme, « Le Discret », un jazz funk bien huilé impeccablement joué par la bande, qui est en mode « échappement libre », le rodage étant chose passée. Sachez que non, Tom Ibarra n’est pas Mao, mais ça ne l’a pourtant pas empêché de nous proposer, juste avant les rappels, un « My Red Book » bourré d’enseignements. Le public est enthousiaste, il n’en croit pas ses oreilles, nous non plus ! Deux titres en cadeaux, «Mona », tendre et gorgé de feeling, et un 2° « Exotic city », speedé, brûlant comme de la braise. Le quartet nouvelle formule a impressionné le Caillou, Tom et Pierre se sont jaugés et entendus, ils se sont trouvés. Ils ont chacun superbement joué, rythmique, chorus, magnifiques envolées de guitare pour l’un, polyrythmie experte et maitrisée des futs et cymbales pour l’autre, du grand art, en totale harmonie avec la toile savante tissée par la basse et les claviers, et ce, sur des compositions bien nées qui fédèrent. Une soirée magique, la leçon donnée par la jeunesse, on en redemande, mais on sait déjà qu’il y en aura d’autres, on y sera, nombreux !

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Tom Ibarra
(*) Chronique de « 15 » dans la Gazette Bleue à paraître début Mars.
Tom Ibarra quartet, récompensé « Espoir Action Jazz 2016 » au 4e Tremplin Action Jazz samedi 30 janvier 2016 au Rocher de Palmer.

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