Thomas de Pourquery, Supersonic Play Sun Ra

 

Par Stéphane Boyancier, photos Alain Pelletier

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Première rencontre scénique avec Thomas de Pourquery, saxophoniste français né en 1977 en banlieue parisienne. Le concert a lieu le samedi 9 avril 2016 à Tarbes, au Parvis, une salle située dans un centre commercial de la banlieue. L’endroit est un peu insolite pour une activité culturelle, mais on découvre une salle de qualité d’environ 700 places. Le spectacle est autour du sextet Supersonic Play Sun Ra.

Sun Ra est né en 1914 et a composé plus de cent albums tout en intégrant une dimension cosmique et mystique à son œuvre. Thomas de Pourquery s’attache à démocratiser l’univers complexe et multiple de ce musicien qui aurait été enlevé par des extra-terrestres et amenė sur la planète Saturne en 1936.

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Dès les premières minutes, le ton est donné, le concert de ce soir sera rythmique. Fred Galiay (basse) et Edward Perraud (batterie) s’emparent du public en commençant par des expérimentations sonores qui laissent ensuite intervenir Thomas de Pourquery par de petites touches de saxophone avant que le morceau ne prenne toute son ampleur et amène le public vers ce que sera le set de ce soir. Quelques touches d’électroniques sont là pour parfaire l’univers si particulier de l’astre Sun Ra, qui était lui même en concert à Tarbes en juin 1982, onze ans avant sa disparition. Les envolées des cuivres de Fabrice Martinez (trompette) et Laurent Bardainne (saxophone) donnent une atmosphère de fanfares festives, alors qu’Edward Perraud  n’a de cesse d’agrémenter sa batterie d’objets qui laisse imaginer un univers proche de la musique contemporaine. Le mélange de ces deux ambiances mêlé à la voix de Thomas de Pourquery nous transporte dans les années 70, où les styles commençaient à être solubles l’un dans l’autre. Le saxophone baryton fait son apparition et Laurent Bardainne se livre à une boucle répétitive faisant penser à la fois à des constructions de musique électronique et à un cheminement vers la transe. Le jeu de Thomas de Pourquery, tantôt léger, tantôt limite rock, l’énergie de Fabrice Martinez qui est toujours en mouvement sur son côté de scène, les expérimentations du bassiste n’hésitant pas à jouer de sa basse avec un archer, le batteur qui joue même debout à la façon d’un percutionniste, l’alternance du piano classique et électronique crée une atmosphère merveilleuse, complexe, remplie d’imaginaire.

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Au bout d’une petite heure de concert, on nous présente les remerciements, des disques seront en vente à la sortie, mais de quoi on nous parle !! on nous a amené haut dans l’espace et on nous annonce que l’on va bientôt nous abandonner alors que l’on était si bien, on avait intégré l’univers de Sun Ra et on se sentait si bien, le retour sur Terre est proche pour deux rappels mais la magie s’éloigne, la réalité fait son retour…

On attendra la prochaine rencontre avec Thomas de Pourquery dans cette formation ou une autre, que cela soit le Red Star Orchestra ou VKNG. On imagine une triple soirée au Rocher de Palmer avec un groupe dans la salle 650 et le lendemain dans le salon de musique et Edward Perraud en solo au bar du Rocher.

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