Thomas Bercy trio et Guillaume Schmidt : déjà Noël !

Par Philippe Desmond.

Café du Sport, Uzeste (33) dimanche 27 novembre 2016.

Thomas Bercy (piano électrique), Jonathan Hédeline (contrebasse et basse électrique), Jéricho Ballan (batterie) ; invité Guillaume Schmidt (sax alto et ténor).

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Je n’étais pas revenu au café du Sport depuis février dernier et cela m’a fait rudement plaisir d’y retourner. Pour plusieurs raisons, l’affiche du soir bien sûr, on va y revenir, mais aussi pour le lieu et les gens qui le fréquentent.
Aller écouter du jazz un dimanche soir au fin fond de la campagne girondine, pour certains ce n’est pas très rock’n roll ; ils ne savent pas ce qu’ils perdent. Quant à ceux qui claironnent que le jazz est élitiste ils feraient bien de venir faire un tour ici.

Ce dimanche en cette fin d’après-midi ensoleillée le café du Sport a déjà vécu une journée riche avec l’organisation, à l’intérieur et sous la tonnelle, du marché de Noël. Et oui à Uzeste et grâce à Marie-Jo on est aussi à l’avant garde du marketing et Noël s’affiche dès la fin novembre ! Mais ici on trouve seulement de l’artisanat du coin et non du Sud Est asiatique, des pâtisseries et gourmandises locales, et une librairie éphémère. Mais place aux musiciens, le stand des gâteaux et de chocolats (délicieux) en fait les frais, le lieu n’est pas immense.

Le trio de Thomas Bercy a invité Guillaume Schmidt pour un concert hommage à Eddie Harris et Ornette Coleman, deux saxophonistes mais deux univers différents. Les quatre avaient joué ensemble lors de la dernière jam de la Belle Lurette (chronique du 9 novembre dernier) mais là il nous proposent un concert entier.

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Comme à la maison

Le « Broadway Blues » d’Ornette Coleman ouvre le concert avec son swing entraînant et sa mélodie enjouée. Guillaume arrivé fatigué va instantanément recharger ses batteries, alto en bouche. Les gens s’installent tant bien que mal, sur des chaises, par terre, au bar où déjà quelques piliers pointent leur nez et où le vin chaud diffuse son parfum de cannelle. Il y a pas mal d’enfants dont ce petit blondinet de 4 ou 5 ans devant moi, fasciné par le son du sax alto ; tu sais que tu as de la chance bonhomme d’être là ? Quant à Dehli la chienne, elle commence ses allées et venues entre les spectateurs.

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Un petit bonhomme subjugué

Et au milieu de tout cela, dans ce décor typique et décalé, adossé à la cheminée encore fumante, le quartet qui joue de mieux en mieux.
L’agréable agitation va s’estomper avec le titre suivant, « Lonely Woman » d’OC, introduit par la longue et lente plainte au sax ténor étonnamment épaulée par un tempo très rapide des cymbales, la tension montant progressivement lors du passage de piano. L’écoute est maximum, drôlement bien le public ici.

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Un peu louche ce Jéricho…

Contrairement à son titre « Cold Duck Time » réchauffe l’atmosphère avec son groove accrocheur. Et oui nous sommes avec Eddie Harris, une musique plus facile diront certains mais tellement agréable ; le quartet s’éclate, nous aussi. « Epthylipo » (?) une composition de Guillaume Schmidt apaise un peu l’ambiance. Guillaume possède différents registres dans lesquels il excelle mais ses compositions sont plutôt dans la douceur et l’élégance, comme celle-ci.

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Guillaume Schmidt au ténor

Retour au groove avec « Freedom Jazz Dance » d’E.H et l’invitation faite à Sébastien « Iep » Arruti de rejoindre le quartet. A peine sorti de sa housse le trombone du Basque va monter en température ; on sent le plaisir des cinq larrons d’être ensemble. Et Dehli qui passe et repasse.

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« Iep » en invité surprise

C’est la pause, le chapeau va tourner dans les mains de Michel qui, à mesure que la soirée avance, va se révéler un excellent ambianceur ou chauffeur de salle, n’hésitant pas à encourager le public à danser, en montrant l’exemple, ou à débriefer les morceaux : « le truc que vous venez de faire à la fin, on aurait dit les Tontons Flingueurs » dit-il aux musiciens  hilares. Ou encore après « Palinodie »,  une jolie ballade composée par Guillaume Schmidt, « Tu peux me refaire un slow, je suis sur un coup » ; impayable. Jouer sérieux – car ça joue excellemment bien – sans se prendre au sérieux, voilà la vérité.

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Michel et ses commentaires éclairés

« Turnaround et « The Blessing » d’O.C ont lancé le second set qui va se terminer énergiquement par « Listen Here » d’E.H, chacun des musiciens – les cinq pour finir – y allant de son chorus devant quelques danseurs et dans la gaieté générale. Et Dehli qui fait sa ronde.

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Dehli en vadrouille

Ne vous y trompez pas, sous cet aspect de fantaisie il s’agit ici de vraie musique, de vrai jazz, une bonne partie du public est faite de réels amateurs qui viennent chercher, en plus de la qualité musicale, un moment de partage.
C’était déjà Noël ce soir à Uzeste, on reviendra c’est sûr , en janvier je crois fêter les Rois.

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