Sylvain Darrifourcq In Love With – Le Off Monsaguel 29/10/16

In love with Monsaguel

Par Stéphane Boyancier (Texte et photos)

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L’association Maquiz’Art propose un festival se déroulant du mois d’octobre 2016 à mai 2017 à Eymet en Dordogne. La deuxième soirée de cette programmation se déroule le samedi 29 octobre 2016 à Monsaguel (environ 20 km du lieu habituel des spectacles). Initiative de la mairie du village afin de développer la culture en milieu rural et ce, à titre d’essai, mais  la main du maire est tendue à l’organisateur afin de renouveler l’expérience dans les années à venir. Des festivals, plus près de la région bordelaise, sont déjà dans cette démarche d’investir les communes limitrophes de leur site d’implantation initial comme les Nuits Atypiques de Langon ou Uzeste Musical.

Le Tricollectif est un vivier de musiciens de la région parisienne dont le trio présent ce soir est issu. Il s’agit de In Love With composé de Sylvain Darrifourcq (batterie et percussion), Théo Ceccaldi (violon alto) et son frère Valentin Ceccaldi (violoncelle).

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Après une courte présentation du groupe, les frères Ceccaldi lancent le set avec un motif répétitif et saccadé qui donne déjà l’atmosphère dans laquelle on va baigner. Sylvain Darrifourcq les rejoint par des touchers de cymbales d’abord doux, qui vont s’intensifier par la suite. Les coups de baguettes pleuvent sur tous les fûts de son instrument. Le jeu de tous les musiciens devient obsédant, ça arrive de tous les côtés, les cordes sont sous tension, la rythmique est endiablée, complexe et soudain tout s’arrête et un jeu léger de violon fait surface pour finir ce morceau nommé, non sans humour « Bien peigné en toute occasion ». Valentin Ceccaldi débute le morceau suivant tout en douceur, le batteur utilise des balais pour des touches très légères alors que Théo Ceccaldi crée des petits sons à la frontière entre le minimalisme électronique et le silence. Place ensuite à un moment d’une intensité folle où les musiciens sont totalement possédés par leur instrument, improvisation ou pas, les musiciens nous font ressentir un espace de liberté dans lequel ils évoluent en toute quiétude pour se retrouver ensemble dans des sphères plus communes pour ensuite les déstructurer une nouvelle fois. A cet instant le jeu du violoncelle rappelle les collaborations du regretté Tom Cora avec le groupe hollandais The Ex, l’énergie du punk du début des années 90 et la fragilité du jeu sur les cordes de l’instrument est bouleversant. Des touches répétitives, obsédantes nous conduisent vers un morceau assez industriel dû au jeu de percussion très sec et métallique auquel se joignent des sons de violons lourds et sombres. Théo Ceccaldi est tel une rock star, maniant son archet comme un guitar hero, ne tenant pas en place sur son côté de scène. Quant à Valentin Ceccaldi, il délivre des sons mélancoliques venant tempérer la fureur de ses deux camarades. Ca cogne, ça frappe, ça frotte, ça vibre, ça pince, ça racle de tous les côtés. Sylvain Darrifourcq utilise des objets divers pour venir frapper sa batterie, y compris un cintre, démonte sa cymbale de charleston pour la frotter sur son tom basse, un son unique en sort alors, un genre de bruit d’usine métallurgique. Le public est entièrement capté par ce répertoire et l’émotion est palpable à la fois parmi l’audience et par les musiciens. Le set se déroule sans pause, les morceaux se succèdent comme une pièce unique. Un ensemble complexe, varié, rempli de sensations à la fois gaies, tristes, angoissantes et joyeuses, comme peut l’être la vie amoureuse puisque le répertoire du trio se veut être autour de l’amour.

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Un set d’une petite heure reprenant les titres de leur album, trop court au goût de beaucoup mais l’émotion transportée par cette musique la rend tellement intemporelle, on raisonne plus au ressenti qu’au nombre de morceaux. La soirée se finit dans le hall de la salle en discutant autour d’un verre, moment de partage, d’échanges ou chacun peut transmettre ses sensations aux musiciens en toute liberté.

Les bordelais auront la chance de revoir des membres du TriCollectif en avril 2017 au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan, juste avant le trio de souffleurs « Journal Intime »  et de revenir à Eymet écouter Das Kapital le samedi 22 avril 2017.

Stéphane Boyancier

http://www.maquizart.com/

http://www.tricollectif.fr/

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