Saint Emilion Jazz Festival : off #3

par Philippe Desmond

Dimanche 23 juillet 2017

Déjà dimanche et encore une belle journée qui s’annonce malgré une météo très incertaine. Allez Saint-Emilion, Bacchus, intervenez en haut lieu que la fête ne soit pas gâchée !

Les oreilles bourdonnent encore un peu du dernier concert de la veille, mais point de répit car Monk va nous en remettre une couche ! Ce groupe bordelais, que pourtant pas mal découvrent, propose de la musique soul funk US. La plupart des musiciens nous les connaissons aussi dans des projets jazz ou world et la prestation qu’ils vont nous faire est d’une très grande qualité.

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L’ensemble groove fort et individuellement nous avons des cadeaux de chorus de haute volée ; putain de moine* !

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Beaucoup de tubes comme le tendre « Just the two of us » de Bill Wither, le légendaire « What’s going on » de Marvin Gaye ou encore « The Bottle » de Gil Scott Heron, de circonstance alors que nous buvons, que dis-je, dégustons, un – ou peut-être même plusieurs – Grand Cru Classé local avec les amis d’Action Jazz.

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A notre table, ou plutôt nous à la sienne, une personne de très grande qualité, Dominique Renard, l’organisateur du festival, un fou de musiques au pluriel qui en se faisant plaisir – avec beaucoup de travail – nous en donne beaucoup.

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Merci à François-Marie Moreau (sax, flûte, chant, humour), Stéphane Mazurier (piano), Franck Vogler (tp), Cyril Dumeaux (sax), Stéphane Desplat (dr), Sébastien Charrieras (b) et Christophe Maroye (g)

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Arrive ensuite à point nommé en ce début d’après-midi qui incite au farniente, un moment délicat et dépaysant. Tiana Razafy (elle nous a épargné la fin interminable de son nom) la chanteuse malgache installée à Bordeaux dans un projet mêlant jazz et héritage de son pays.

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Un moment suspendu d’une grande douceur grâce à des musiciens de qualité : Rizo Razafi (b), Rija Randrianivosoa (g) et Hugo Bertil (dr). La diaspora malgache s’est donnée le mot et chaloupe sur la piste herbeuse dans une ambiance très bon enfant. Quelle variété dans ce festival !

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Au tour de Capucine, cette belle fleur en train de pousser à grande vitesse, les vainqueurs du tremplin Action Jazz 2017.

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Pas mal de dates grâce à ça et à leur projet moderne qui plaît, un jazz aux couleurs particulières données par la guitare de Thomas Gaucher et le vibraphone de Félix Robin. La rythmique créative de Thomas Galvan à la batterie et Louis Laville à la contrebasse verrouillant tout cela.

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Les compositions originales aux titres parfois insolites sont quasiment toutes liées à une personne, à un souvenir, comme Thomas avec son inaltérable sourire nous l’explique. Ils ont du talent et en plus tellement sympas !

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Et toujours cette belle ambiance de kermesse dans le parc Guadet. Au fait Guadet, Elie de son prénom, était un des Girondins, les députés « insoumis » de la Révolution Française, pas un footballeur. Arrêté dans sa cachette de Saint Emilion il fut guillotiné à Bordeaux. Une bien belle époque. Je dis ça à mes jeunes amis de Capucine qui semble t-il l’ignoraient, d’autres aussi certainement !

Entre deux concerts, un crochet dans la belle salle des Dominicains pour voir la démonstration du système Spirio développé par Steinway and Sons. A partir d’un enregistrement numérique créé par un pianiste pour la circonstance ou tiré d’un enregistrement ancien, le piano dont les touches sont actionnées par des vérins électriques bien dissimulés, joue tout seul. L’impression de « voir » jouer l’homme invisible. Et pourquoi faire ? Pour innover me dit-on et permettre à ceux qui le veulent, surtout le peuvent, d’avoir Duke Ellington ou Arthur Rubinstein dans leur salon ou de se la péter devant des amis ébahis…. Pourquoi pas. Spectaculaire et de qualité sonore remarquable , et oui c’est un quand même un Steinway.

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Le concert suivant, celui des Headbangers, je l’attends avec impatience ayant chroniqué l’album dans une Gazette Bleue ; je l’avais écouté en boucle pendant quinze jours. Attente récompensée, la claque du week-end que ce jazz aux influences multiples et notamment hard-rock. Nicolas Gardel le trompettiste et compositeur le revendique, il adore ça.

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Un son énorme, puissant, des cuivres étincelants, des mélodies habiles, des breaks d’un autre monde, des contrastes, une leçon de modernité. Et surtout des qualités individuelles bien développées dans les chorus. Le public jubile, s’éclate de ces explosions atomiques suivies de moments de calme soudains. En rappel leur tube « Bacchus », bande son du teaser du festival joué avec humour ! Citons ces musiciens toulousains qui ne peuvent qu’aller vers une belle notoriété et ont déjà mis en boîte leur prochain album à paraître début 2018, on en reparlera : Nicolas Gardel (tp, compos, extraordinaire),

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Ferdinand Doumerc (sax, flûte, énorme),

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Pascal Celma (basse, monstrueux),

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Fabien Tournier (batterie, un tueur), Etienne Manchon (claviers, brillant),

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Dorian Dutech (guitar… hero).

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C’est l’heure du « in » avec ce soir le punch de Malted Milk malheureusement sans la chanteuse Toni Green et apparemment définitivement, puis Richard Bona & Mandekan Cubano mélange de sons afro-cubains et de tradition africaine. On en reparle dans la Gazette Bleue de septembre.

Une attraction attendue elle aussi nous attend au parc Guadet. Dominique Renard fan de Franck Zappa – entre autres ! – a cherché des pistes pour savoir si on le jouait encore et il est tombé sur Zappy Birthday Mister Franck un groupe français créé par le batteur Vincent Milleret et plus surprenant par le guitariste Manu Eveno, un des membres du groupe Tryo. Zappa fan de rock, de jazz, de Debussy, musicien sans frontières et sans complexes avait créé une musique d’avant garde qui n’a pas pris une ride.

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L’hommage rendu ce soir est d’une totale fidélité à l’esprit du maître avec cette énergie, cette fantaisie, cet humour délirant qu’il offrait. C’est un spectacle étonnant et quel bonheur de réentendre et en live comme si Franck était là « Peaches in Regalia », « Cosmik Debris », « Dancing Fool » etc… Même la pluie arrivée sans invitation un quart d’heure avant la fin – merci Saint Emilion et Bacchus de votre aide mais c’était quand même un peu juste – n’a pas gâché le show car c’en est un.

 

Quel festival, un grand cru ! Trois jours de jazz, de moins jazz, de pas jazz, du jazz en somme ! Vivement le millésime 2018 !

Épilogue :

Il est bien plus de minuit, la pluie bénit tous les bénévoles et les organisateurs réfugiés autour du bar éphémère où Dominique Renard propose sous les vivats la tournée générale en présence de Richard Bona, hilare comme toujours ; un beau moment de partage. Merci Dominique, Chelima, Agnès et tous les autres !

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Photo PhD

Que ce lundi est triste, encore pire que d’habitude…

*monk en Anglais

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