Saint Emilion Jazz Festival : Kind of Blue et Kind of Red.

Sur le net en ce moment, suite à un article du journal la Croix, ça discute ferme sur l’évolution du jazz, sa survie sans mélange des genres, sans cross over ; influence de la pop, de la soul, de l’électro, du hip-hop, les tenants du jazz « pur » contre ceux du jazz métissé, la famille contre parents et alliés. Voir le lien en bas de page.

Pour moi il y a deux façons de regarder les choses, une très prosaïque et commerciale qui consiste à élargir la sphère du jazz pour attirer du public et rentabiliser, l’autre plus noble et stratégique qui consiste certes à attirer du public mais sur une passerelle vers le « vrai » jazz. Je n’en donnerai pas la définition, j’en suis bien incapable mais on se comprend je suppose.

En 1975, j’avais 20 ans, ne suis-je pas entré en jazz grâce au jazz-rock tel qu’on disait avant l’apparition de l’expression jazz fusion ? Les très électriques Return to Forever, Jean-Luc Ponty, Larry Coryell, Mahavishnu Orchestra, the Headhunters, Weather Report ont inondé ma discothèque me permettant de découvrir que Chick Corea, Herbie Hancock, John McLaughlin, Zawinul… avait eu une vie avant et m’embarquant pour des années de bonheur dans leurs univers variés. Et ainsi sans aucune chronologie ai-je découvert (!) Miles en combinaison pailletée puis en costard cravate, Coltrane, McCoy Tyner… puis toute la scène française.

Reconnaissons que le procès en élitisme fait au jazz est d’une grande injustice. De la même façon que le grand public ne va pas spontanément se déplacer dans des expositions pour admirer des toiles mais va y être sensible voire bouleversé si on lui met devant les yeux, le jazz si on y emmène les gens par des chemins détournés ou flirtant avec le mainflow, a certainement à y gagner, du moment que des artistes continuent à créer et innover. Il y en a des tas il faut les montrer.

SEJF Affiche2017

Cette longue introduction pour parler de l’ouverture ce vendredi du Saint Emilion Jazz festival et notamment de son premier concert celui de Karmarama. On ne peut pas faire au passionné Dominique Renard un procès en trahison pour ce choix. Il correspond d’abord à la philosophie du festival, faire connaître les musiciens du cru – grand ici – en les associant dans la programmation à des « stars » internationales. Et donc ensuite il procède aussi de ce « cross over », cette passerelle évoquée ci-dessus. Le métissage est ici indien et pop mais le jazz y est présent, de par les musiciens dont certains sont des spécialistes et de par la structure des titres permettant des improvisations.

Je vous renvoie à la chronique détaillée sur ce même blog lors du premier concert du groupe au Rocher : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Pour les pressés j’en rappelle juste mes lignes de conclusion qui alimenteront le débat évoqué plus haut : « Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals, ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en ! »

Merci à Dominique Renard d’avoir suivi ces recommandations.

Merci aussi d’avoir intégré deux groupes récemment primés au tremplin Action Jazz 2017 : On Lee Way et Capucine, des jeunes artistes qui créent et composent du jazz.

Venez-donc à Saint Emilion ce week-end, entre les vieilles pierres, les macarons, le vin et la musique vous allez vous régaler ! Et il y aura du jazz !

A noter que tous les concerts au parc Guadet sont gratuits et que sur place, en plus du plaisir musical, vous trouverez tout pour le bonheur de votre palais : Kind of Blue et Kind of Red !

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.fr/2017/07/une-croix-sur-le-jazz.html?spref=fb

La-programmation-2017-en-un-clin-d-oeil-page-001

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