Ronnie chez les Maquiz’Arts

Ronnie Lynn Patterson trio à Eymet chez les Maquiz’Arts

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

Le 11 mars 2017, au château d’Eymet

Ronnie Lynn Patterson, piano

Darryl Hall, contrebasse

Pierre Thibaud, batterie

Quel plaisir de se trouver ici ce soir dans ce havre de paix niché en Dordogne dans le Périgord pourpre. La ville est limitrophe au département du Lot et Garonne à quelques lieues de la Gironde. C’est dans cette charmante bastide et plus précisément dans une petite salle du château d’Eymet où des mélomanes des trois départements confondus sont présents pour ce concert intimiste qui nous ouvre les bras dans un enthousiasme général.

Laurent Pasquon, maître de cérémonie nous présente Boby un riverain et guitariste anglais qui va ouvrir la soirée avec ses interprétations improvisées. En effet c’est une très belle surprise qui capte  notre attention avec ses mélodies aux inspirations voyageuses et pittoresques où l’humain dépeint son lien indispensable dans une nature qui l’est tout autant. Sur sa guitare, Boby nous brode avec passion des lumières changeantes et à la fois constantes de la vie, dans un moment léger et plein de fraicheur. Le public est ravi et lui soutient la claque.

Il est environ 20h45 lorsque le trio fait son entrée dans une ambiance amicale, complice et détendue. Chacun gagne sa place respective sur la petite scène. La salle est bondée et chaleureuse. D’entrée de jeu, Ronnie Lynn Patterson, nous annonce que la trame de la soirée sera tissée sur le thème des grands standards américains et caribéens jusqu’aux antipodes avec cette escale spéciale au pays Basque, dont il nous chantera l’hymne « Hegoak » où il est question d’amour, de respect, de liberté ainsi que d’essence vitale. Oui l’essentiel est bien là ce soir pour nous combler.

Le pianiste laisse courir ses mains sur les touches du piano pour en faire jaillir le ruissellement d’une eau vagabonde, aventureuse et désaltérante, dont la générosité ira tout au long de la soirée à travers des territoires où les nuages se font de plus en plus rares et l’air de plus en plus chaud, sans jamais nous brûler même sur les plages de Cuba !

Le contrebassiste, Darryl Hall, tour à tour passe d’un jeu lent voire nonchalant à celui plein d’énergie et d’agilité spectaculaire mais toujours avec élégance et sourires rayonnants. Ronnie Lynn Patterson chante, fredonne, scate et communique avec son public en ‘’jonglant’’ aisément entre l’anglais et le français en passant de espagnol à la langue basque avec cette décontraction toute naturelle et humble.

Pierre Thibaud, avec ses baguettes magiques ponctue et souligne finement chaque moment à l’aide de petits instruments qui teintent son geste comme l’on parfume un délicieux mets …

Il y a aussi la toute dernière partie, cet espace qui se situe entre terre et ciel, entre deux mondes et qui ne cède place qu’à soi et soi … Un sentier secret qui nous invite et nous révèle l’éclosion d’un nouveau jour et la floraison de son soleil … Dans cette espace presque introspectif qui se meut vers une autre harmonie pour déployer son bonheur pudique et vraie, un bonheur partagé qui plane et impulse deux élans de sérénité, comme une promesse réalisée, entre deux rives et sur un pont, qui nous dirait « il y a longtemps que j’attends ton arrivée »

Quelques titres parmi tant d’autres :

Dear old Stockholm (Miles Davis)

Breezin’ (George Benson)

All Blues (Miles Davis)

 

Un commentaire sur “Ronnie chez les Maquiz’Arts

  1. PIAROU Irène dit :

    Merci Fatiha pour ce beau récit qui nous fait voyager, et merci Thierry pour les belles photos qui accompagnent le texte.
    Irène

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