Revoilà Robin McKelle à Bordeaux…

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Par Philippe Desmond, photos Alain Pelletier

Revoilà Robin McKelle à Bordeaux, plus précisément à la belle salle du Vigean D’Eysines.Dernier passage au Rocher de Palmer il y a exactement trois ans. Ce soir c’est encore une organisation de Patrick Duval et de son équipe de Musiques de Nuit Diffusion ; mesurons la chance de les avoir.

Petite déception en arrivant ; apparemment il n’y a pas de section de cuivres Il n’y en aura pas et on l’oubliera instantanément Quatre musiciens, ses Flytones, Ben Stivers au clavier, Fred Cash à la basse (grosse basse !), Al Street  à la guitare électrique, Bill Campbell à la batterie qui démarrent en trombe puis l’annonce et l’arrivée de Robin. Et aussitôt la magie opère Un gros gros son pour une voix aux inflexions soul, rauque jusque ce qu’il faut et rock aussi parfois. Une présence étonnante devant ce combo ronflant et un plaisir manifeste partagé avec les musiciens ; avec le public le partage ne va pas tarder.

Le répertoire actuel soul blues s’est éloigné des débuts plus jazzy dans le registre du swing de big band. Elle avoue dans les interviews faire ce qu’elle dont elle rêvait, composer et jouer son propre répertoire. Elle a écouté Nina Simone, Gladys Knight, mais ne les singe pas. La plupart des titres joués seront ses propres compositions, en partie tirées du dernier album au titre évocateur « Heart of Memphis ». Memphis temple de la soul, les disques STAX, Otis Redding, Wilson Pickett, Eddie Floyd, Booker T and the MG’s, tant d’autres et maintenant Robin McKelle.

En un rien de temps elle se met le public dans la poche, pas de façon racoleuse, mais surtout grâce à son talent, à son charme bien sûr – malgré une tenue un peu kitch dont un fuseau aux motifs improbables – et à la qualité de son Français inhabituelle pour une Américaine. Du talent, du charme et en plus, elle est sympa ! Elle est aussi très expressive, usant gracieusement de ses mains et bras lors des ballades et se démenant sans retenue sur les titres rapides. Beaucoup ce soir vont repartir avec une petite piqûre de Cupidon dans le cœur, moi c’est fait.

Revenons à la musique. Un festival avec un groupe ronflant, tonitruant et parfaitement à son aise dans les ballades comme « Heart of Memphis » amené de façon très amusante et en Franglais (sic). Un « What you want » flamboyant, la reprise bien carrée du tube « Please don’t let me be misunderstood », un « Forgetting you » aux accents frappants de Janis Joplin rien moins, avec un triple faux final déchirant et l’ovation qui va avec. Derrière ça y va, ça régale, ça ensorcèle, le public crie lors des solos c’est chaud comme un été au Tennessee. Et elle, elle chante, mais elle chante !

L’instant des musiciens alors que la dame est partie reposer un peu sa belle voix avec un inusable « Green Onions » toujours rutilant et on repart pour une deuxième partie où à l’invitation de la dame et à la satisfaction des fourmis dans les jambes de tous le public se lève et vient même danser devant la scène. Elle va bien sûr descendre se mêler à cette ambiance ; quel bonheur ! Des citations de « Proud Mary » tout à fait naturelles tant Robin peut se rapprocher de Tina Turner parfois, deux titres de l’album précédent et en rappel le « Take me to the river »  d’Al Green repris par la salle entière. Des sourires sur tous les visages, elle a gagné et nous aussi finalement.

C’est fini. Et non, il nous reste une gourmandise à croquer, car Elle nous attend déjà dans le hall, certes pour dédicacer ses CD, mais aussi pour bavarder étonnamment fraîche et calme après cette magnifique prestation de plus d’une heure trente. Elle retrouve des têtes connues d’organisateurs locaux de concerts ou festivals, prend du temps avec chacun, évoque un tweet récent avec une personne qui ne lui est désormais plus inconnue, demande le nom de cette personne qui la suit sur Facebook (moi), propose des selfies. Le hall se vide, les lumières s’éteignent, l’organisation s’impatiente, mais elle est encore là à bavarder. Sympa je vous dis, pas diva pour deux dollars.

Bon Robin tu reviens quand ?

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