Philippe CAUVIN – Concert au Rocher de Palmer du 22/10/2014

Par Dom Imonk

Photo Alain Pelletier

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Après une longue absence discographique, Philippe Cauvin est revenu au printemps dernier, avec un superbe « Voie Nacrée » sous le bras. On a bien vite été conquis par ce nouveau disque, et sa singulière poésie, dans la lignée de « Climage » et de « Memento », sortis quelques trente ans plus tôt. Plus intime et dépouillé que ses aînés, ce disque a fait son chemin et s’est petit à petit fait une place grandissante dans les habitudes musicales de chacun d’entre nous. Comme si, porteur du message simple et universel d’un troubadour voyageur, il nous suggérait par sa musique, des chemins clairs et évidents, pour mieux capter notre environnement, humain et naturel.
Quelques temps plus tard, ravi, il nous a appris la programmation de ce concert au Rocher de Palmer.
Qu’allait-il nous concocter ? Mystère…
Puis le temps est venu de ce concert au Rocher. Nous nous y sommes tous retrouvés, joyeux et impatients d’écouter Philippe. Ses fils sont là, Thibault et Jordan, mais aussi Pascale, Sandra, Dany, Thierry, et bien d’autres amis fidèles de la première heure.
Ce concert est affaire de liens humains très forts. C’est Patrick Duval en personne, ami de longue date, qui a programmé cette soirée et vient présenter Philippe.
Le concert est une longue pièce qui semble être une sorte de carnet de voyage. On ne sait pas si la musique a été préalablement écrite, ou si Philippe nous a proposé une longue improvisation, et personne ne veut savoir. Restons dans ce mystère. On retrouve les parfums de « Voie Nacrée », mais ce n’est déjà plus tout à fait ça. Il y a eu du mouvement entre temps. Des eaux ont coulé, des vents ont soufflé et des soleils se sont levé et couché.
Quitte à me répéter, je trouve que Philippe Cauvin est un véritable escrimeur de la six cordes, au chant lunaire. Celui d’un Pierrot assis sur son croissant de lune et observant la Terre avec sa guitare.
Son jeu de mains est fait de fulgurances, d’accalmies, de frottements, de percussions. Comme les humeurs de l’humain. Il y a aussi cette gestuelle préci(eu)se, ce mouvement constant qui accompagne les sons. Et puis ses mots/cris ! Sont-ils d’espoir ? de douleur ? Des questionnements ? Des suppliques ? C’est un mage « gestueux » (pardon pour le jeu de mots). Sa musique suggère des territoires vastes, on va d’un « free flamenco » à des expériences bruitistes à la Fred Frith, en passant par quelques parfums classiques. C’est très prenant, sobrement luxuriant et profondément sincère, c’est ce qu’on ressent dès les premières notes.
Pour enrichir ce spectacle, accompagner cette musique et la faire mieux comprendre, les éclairages ont subtilement campé des impressions terrestres, en se mariant aux immenses tentures. On imagine le noir et le marron pour la terre, le bleu pour la mer et le ciel, et le rouge pour le soleil couchant et la passion…
Philippe Cauvin nous a conviés à faire un bout de chemin avec lui, sur cette voie nacrée, pavée de nuages et éclairée d’étoiles. Merci à lui ! Qu’il revienne vite s’il lui plait, pour frotter de sa magie d’Aladin, la lampe de nos rêves…

Dom Imonk

Photos Alain Pelletier

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