Coltrane Jubilé: Thomas Bercy and Co

Prolonger des paris impossibles..
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Monsaguel ( 24)  / Jazz Off / 28 octobre 2017


C’est un petit val qui mousse de rayons…, de ces rayons rouges et dorés de soir d’automne, qui rasent la campagne, s’accrochent-cœur aux vignes et aux bois, rebondissent sur les petits chemins. Rien que le trajet pour s’y rendre est une invitation.
Un petit village à l’écart, entre Eymet et Bergerac, une salle en pierres blondes, odorante, une jolie scène où trônent de multiples instruments nous accueillent. Ici on jazzille, on saxophonise, on dresse et on se dresse les oreilles en les astiquant de blue notes et de swing éclairé une quinzaine de fois par an : un bon gros défi comme on les aime et relevé haut la main à chaque fois.
Ce soir, on va faire de la Lubatterie, on va Coltraniser à donf. C’est l’association Maquizart qui est aux commandes et c’est Jazz Off qui régale.

À travers un projet protéiforme rassemblant musiciens, danseurs, comédiens, le pianiste Thomas Bercy a décidé de célébrer une montagne, un héritage flamboyant, multiple, parfois paradoxal, un iceberg magnifique. John Coltrane n’a en effet pas fini de faire parler de lui, même cinquante ans après sa mort. Son influence ne se limite pas au premier cercle de musiciens qui l’ont accompagné, ou qui ont eu la chance de l’entendre, ni à tous ceux qui ont gravité dans la galaxie de ce soleil noir, tentant d’assimiler,,de continuer la musique après lui. Elle nous survole encore. Et ce soir, on va en tâter toute la puissance, la diversité, les paradoxes. Et même les impossibilités.
En introduction du concert, une conférence /performance qui réunit le saxophoniste
Maxime Berton, le danseur Claude Magne et Bernard Lubat à la causerie et à la batterie qui témoigne de sa rencontre de spectateur ébloui, alors qu’il était jeune musicien lors d’un concert à Juan les Pins. « J’ai compris d’un coup que je n’avais rien compris…que le jazz n’en finissait pas de commencer » «  Face à cette musique sauvage et pas d’élevage, cette déflagration sonore, inattendue et in-entendue, j’ai su que l’art était à inventer par chacun. » «  John Coltrane a ouvert des portes et des possibles. » Pas de Lubattage excessif, mais une sincérité évidente, un merci tout simple et profond. Et pour nous tous, une meilleure compréhension de l’apport révolutionnaire de Coltrane au jazz de son époque mais aussi de sa singularité.
Suit un moment d’improvisation, d’inconfort gracieux, porté par l’impeccable rythme de la batterie qui mène le jeu, un échange furtif, éphémère et forcément oubliable. Les protagonistes rompus à l’impro (
Improviser cela ne s’improvise pas , je connais mon Lubat dans le texte…) sont malins et madrés, insolents juste ce qu’il faut, raccrochant des lambeaux de connaissances à des tissages inédits. Cela donne un bel instant décalé à la drôle de couleur.
Bref changement de plateau et c’est le quartet qui se met en place :
Gaétan Diaz à la batterie, toujours rigoureux et inventif, Jonathan Edeline à la contrebasse en hipster class, Maxime Berton, au saxophone magnifique de clarté, d’inattendu et de qualité sonore et bien sûr Thomas Bercy au piano qui signe toutes les compositions de ce projet reliant Orphée revenu des enfers et Coltrane transformant la Terrajazz . Nous voici lancés sur les marges, les parapets étroits sur lesquels se dandinent la création, entre im-perceptible, et trop perçu, sans temps mort ni repos. C’est un jazz qui fourmille, qui nous lance parfois ses notes au kilo, qui va vite, grimpe aux rideaux pour en redescendre aussi vite, qui martèle, superpose, se perd, nous perd parfois et nous rattrape au hasard. Pas de confort moelleux, pas d’accompagnement douillet. Les compositions offrent de beaux thèmes notamment dans les ballades où affleure l’émotion portée par un saxophone remarquable et se font absorber dans la fureur forcenée, la superposition des développements. Les propos du slameur Marco Codjia, tendus sur la vie de Coltrane, rajoute une lumière à ce kaléidoscope hypnotique.

C’est dense, tendu, envahissant. Ça s’insinue partout sans nous demander notre avis.
Et le questionnement s’installe (du moins pour moi…) Qu’est-on en train d’écouter vraiment ?
Des musiciens virtuoses qui se font plaisir en étalant leur virtuosité (de fait ils l’ont !), des à la manière de.. ( Coltrane bien sûr) opportunistes, des créateurs en recherche pour lesquels la notion de succès ou d’échec n’ a pas d’importance, de singuliers défricheurs de notes ?
Je n’ai pas su trancher.. Et c’est peut-être ce qu’ils cherchaient avec ce projet multiforme. Poser question, prolonger les paris de Coltrane…

Pour tous et chacun, noter cette belle association Maquizart dont le programme annuel est une invitation offerte, avec des grands noms et de belles découvertes ( Nowhere, Stéphane Guillaume, Omar Sosa et bien d’autres…).
Le petit val qui mousse de rayons vaut le déplacement !!

http://maquizart.com/

 

 

 

Hypnotique Mélanie de Biasio au Rocher

Par Philippe Desmond ; photos interdites par la production de MdB. (J’ai volé la photo de couverture)

Pour Pierre.

Dans la famille des chanteuses belges nous connaissons la rigolote ancêtre Annie Cordy, la braillarde épouvantable Lara Fabian mais par dessus tout nous avons la chance d’avoir Mélanie de Biasio. Pas rigolote certes, ni braillarde, surtout pas, mais unique, une pépite inclassable, un objet chantant non identifié, une merveille.

Le public ne s’y est pas trompé et la 650 du Rocher est pleine.

Surprise ce n’est pas la chanteuse avec sa coupe de Jeanne d’Arc qui se présente mais une beauté brune bouclée entourée d’un bassiste et d’un percussionniste. On apprendra qu’il s’agit du trio « Ua Tea » (prononcer oua téa) avec au chant, guitare et ukulélé Dawa Salfati, à la basse Galalaël « Dunbaar » Renault, au set de percussions et au vibraphone électronique Raphaël Perrein. Un univers métissé pour ce groupe de la région, assez minimaliste, assis sur une belle rythmique, pimenté d’effets électros élégants et habité par la voix sublime de Dawa. Un répertoire très travaillé avec des touches éphémères de be bop, des breaks surprenants, une très belle surprise. D’ailleurs le public en voudrait encore, chose rare pour une première partie, les gens étant souvent impatients de voir l’affiche de la soirée.

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Changement de plateau rapide et une plongée immédiate dans l’univers hypnotique de Mélanie de Biasio. Minimalisme maximal, ambiance éthérée, crépusculaire et cette voix profonde tout en retenue, comme la musique tout en suggestion. Deux claviers, Pascal Paulus, parfois aussi à la guitare et Pascal Mohy au Fender Rhodes pour un climat électro et un batteur qui va me fasciner toute la soirée presque autant que Mélanie : le Suisse Alberto Malo – nous on l’appelle Malo m’a dit Mélanie – qui a joué avec Tricky, Eric Truffaz, Sophie Hunger, Ben Sidran… La déception de ne pas voir le batteur annoncé Dré Pallemaerts est vite retombée devant un tel talent. Rôle central de la batterie avec une rythmique soutenue mais pleine de finesse, de créativité ; caresses des peaux, beat de grosse caisse très house sur le titre dynamique – le seul – Gold Junkies, jonglage incessant baguettes mailloches, une présence à la fois absolue et discrète dans cet univers moelleux, fascinant.

Mélanie sur un registre qu’on pourrait croire monocorde raconte ses histoires, souvent mélancoliques avec une grâce curieuse, faite de lenteur, de sensualité, se caressant le ventre, ondulant des bras et des mains, elle prend sa flûte de temps en temps pour quelques mesures. Elle se tient en retrait loin du bord de la scène, elle est présente mais ailleurs elle a l’air de planer au milieu de ces éclairages très travaillés. Dans la salle c’est le recueillement, personne ne bronche, personne ne respire, le temps est suspendu.

Quel dommage que la production ait interdit les photos, notre photographe du soir vous aurait régalé ; au lieu de ça quatre photos sans saveur – en voilà une – nous ont été envoyées…

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Photo Jérôme Witz

A l’écoute aujourd’hui du dernier album « Lilies » qu’elle a composé presque entièrement et dont elle a joué l’intégralité hier soir, je me rends compte – je le savais déjà – l’apport que constitue le live ; hier soir nous étions enveloppés d’un nuage de douceur avec néanmoins une vibration permanente, nous avons vu Mélanie pleurer à la fin d’un titre, elle a conversé avec nous avec délicatesse ; on s’est fait embarquer. Aujourd’hui sur ma platine c’est plus froid voire mortifère, mais toujours aussi beau.

Inclassable musique mais on s’en moque, on retrouve une référence connue avec « Afro Blue » dans une interprétation à tomber, on pense à « The End » des Doors sur un autre titre envoûtant. Deux rappels, une émotion visible chez Mélanie certainement dotée d’une sensibilité à fleur de peau comme le traduit sa musique.

On repart tous sur la pointe des pieds.

Pierre toi qui l’aimes tant et qui étais à son précédent concert tu as dû adorer depuis là-haut.

https://uatea.bandcamp.com/

 

PS : parler d’Annie Cordy et de Lara Fabian dans une chronique de Mélanie de Biasio je vous accorde que c’est vraiment n’importe quoi. Et ce n’était même pas un pari…

« Jazz à Caudéran » première !

Voilà une bonne nouvelle, la ville de Bordeaux par le truchement de son satellite Caudéran organise un festival de jazz tout simplement intitulé « Jazz à Caudéran ».

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Le maire de quartier Pierre Lothaire et l’adjoint à la culture Fabien Robert se sont naturellement rapprochés d’Action Jazz pour les conseiller dans la programmation et les aider dans l’organisation. Comme le précise l’affiche, d’autres partenaires participent à la naissance de cet événement dont nous espérons tous la pérennisation.

Ainsi notre association dans son rôle de promotion des jeunes talents mais aussi dans celui du rayonnement régional du jazz a accepté avec joie cette proposition.

C’est ainsi que trois soirées se tiendront dans la magnifique théâtre Art Déco de la Pergola, en plein centre de Caudéran, derrière l’église et la mairie.

Trois récents lauréats du Tremplin Action Jazz seront présents, Tom Ibarra et son nouveau groupe, le trio Atrisma et Capucine vainqueur en 2017. Tous ces jeunes artistes ont déjà joué sur de grande scènes et dans des lieux prestigieux, de Marciac à Saint-Emilion en passant par Paris pour certains.

Un groupe de Caudéranais et surtout une formation quasi historique du jazz bordelais ouvrira le festival le jeudi , Affinity Quintet.

Venu du Pays Basque, mais avec un batteur bordelais pour l’occasion, MT4 jouera le vendredi.

Enfin pour clore en beauté la manifestation le très beau projet du néo Marmandais Eric Séva entouré de musiciens parisiens plus que renommés comme lui dans le milieu du jazz.

Une programmation de très grande qualité et tout cela pour un prix très doux, surtout, et c’est ce que vous allez faire, vous venez les trois soirs !

Et il y aura de quoi trinquer en admirant l’exposition de photos de nos artistes d’Action Jazz !

Programme détaillé ci-dessous ainsi que des liens vers des articles récents du Blog Bleu.

On vous attend !

Programme détaillé

JEUDI 9 NOVEMBRE 

20h30

Affinity Quintet

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Photo Philippe Marzat

Près de trois décades après sa formation, l’Affinity Quartet trouve un souffle nouveau et opère une mutation en quintet proposant un jazz au goût du jour via un répertoire de compositions originales mais aussi de reprises. L’arrivée d’un trompettiste voyageur, Mikaël Chevalier et celle d’un nouveau saxophoniste fraîchement débarqué dans la région, Pascal Faidy injecte une énergie différente à ce quartet mythique de l’horizon aquitain.
Francis Fontès : piano
Mickael Chevalier : trompette
Philippe Valentine : batterie
Dominique Bonadei : basse
Pascal Faidy : saxophones

Tom Ibarra Group

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Photo Thierry Dubuc

À tout juste dix-huit ans, Tom Ibarra fait déjà figure de nouveau phénomène du jazz hexagonal. Attirés par son talent, des artistes de renommée internationale l’invitent sur scène à différentes occasions. Détenteur de plusieurs prix, il invite le public à découvrir ici l’univers de son deuxième album, Sparkling, enregistré au studio Cryogène à Bègles. Cet opus sortira au début de l’année 2018.
Tom Ibarra : guitare & compositions
Jeff Mercadié : saxophone
Auxane Cartigny : claviers 

Antoine Vidal : basse
Pierre Lucbert : batterie
www.tomibarra.com

VENDREDI 10 NOVEMBRE 

20h30

Atrisma

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Formé en 2014, Atrisma est un groupe de jazz progressif délivrant un univers tout en rupture empreint à la fois de passion et de délicatesse. Passant d’un rythme à l’autre, Atrisma dévoile, tout en simplicité, une musique captivante qui emporte le public dans un voyage teinté de joie et de mélancolie. Le premier album du groupe, Aurosmose, résume l’idée de l’aurore et de l’osmose. Considérant la musique comme une école de la vie, Atrisma évolue au fil de ses expériences.
Vincent Vilnet :claviers
Hugo Raducanu : batterie
Johary Rakotondramasy: guitare
www.atrisma.com

MT4

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Un jazz aérien, suave, romantique où s’entremêlent mélodies délicieuses, riches harmonies, et improvisations hautes en couleurs. Marc Tambourindéguy, pianiste et leader du quartet mt4, va parfois chercher au fond de notre inconscient musical des phrases qui nous semblent venues des profondeurs de l’évidence, celle qu’on a souvent oubliée avec trop de facilité.
Marc Tambourindéguy : piano, voix, compositions
Pascal Ségala : guitare
Pascal Legrand : batterie
Jean-Luc Fabre : contrebasse
www.mt4.fr


SAMEDI 11 NOVEMBRE 

20h30


Capucine

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Photo Thierry Dubuc

En Janvier 2017, Capucine remporte le tremplin Action Jazz et se voit ainsi décerner le « Grand prix du jury ». Le quartet développe un répertoire aux influences variées, tantôt par les musiques du monde tantôt par le post bop des années 60/70. Les compositions, écrites par Thomas Gaucher, sont marquées par des sonorités aériennes orientées vers l‘esthétique du jazz moderne. Elles font référence à des anecdotes, à des lieux ou à des personnages chers aux membres du groupe, donnant un aspect chaleureux et convivial à la musique de Capucine.
Thomas Gaucher : guitare
Félix Robin : vibraphone
Louis Laville : contrebasse
Thomas Galvan: batterie
http://capucinemusic.com/

Eric SEVA : « Body & Blues »

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Photo Philippe Marzat

Après deux albums signés sur le label le Chant du Monde chez Harmonia Mundi, puis « Nomade Sonore » (Disque choc 2015 Jazz Magazine) sur le label Gaya, Éric Séva, musicien atypique, poursuit sa route avec ce quatrième opus « Body and Blues » consacré au blues et à la note bleue. Dans ce nouveau projet d’enregistrement et de scène, il puise l’essence même de sa propre sensibilité, de sa propre histoire. Entouré d’un panel impressionnant de musiciens dont le passé confirme la familiarité avec les racines du jazz, Éric Séva compose un nouveau répertoire.
Eric Séva: saxophones baryton, soprano, sopranino, compositions
Noé Huchard, piano
Manu Galvin, guitares
Christophe Wallemme, basse, contrebasse
Stéphane Huchard, batterie, percussions
Michael Robinson, voix
http://ericseva.com/

Tarifs :

Plein : 15 € 
Réduit : 10 € (– 12 ans, demandeurs d’emploi, étudiants, adhérents www.actionjazz.fr
)
Pass 3 jours : 35 €
Pass 2 jours : 25 €

Billetterie en ligne sur Weezevent

Renseignements: 05 56 47 36 69 – 05 24 57 68 40

Liens vers des articles récents du Blog Bleu : d’autres articles sur le blog, utiliser la zone de recherche

http://blog.actionjazz.fr/affinity-quartet-caillou-16062017/

http://blog.actionjazz.fr/encore-un-cran-au-dessus-pour-le-tom-ibarra-group/

http://blog.actionjazz.fr/atrisma-et-edmond-billal-au-rocher-dune-pierre-deux-coups/

http://blog.actionjazz.fr/capucine-au-festival-jazz-et-garonne-de-marmande/

http://blog.actionjazz.fr/eric-seva-a-villeneuve-sur-lot/

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Eric Legnini « Waxx up » invite China Moses

Samedi 7 octobre 2017, La Sirène – Jazz entre les 2 tours – La Rochelle

China Moses : chant
Anaëlle Potdevin : chant
Eric Legnini : claviers
Daniel Romeo : basse
Franck Agulhon : batterie
Boris Pokora : Flute et saxophone

21h50 précises, comme indiqué, le trio Legnini, Romeo, Agulhon entre sur scène.
Les premières notes claquent. La rythmique implacable emballe la salle en moins de trois mesures. Le groove s’empare du public. Les deux compères de Monsieur Legnini font le job. Le gaucher Franck Agulhon dont le beat est aussi précis que subtil donne une véritable leçon de rythmique funk. Le déchainé et déhanché Daniel Romeo rivalise de technique et de dextérité sur sa basse, alternant le slap et le jeu mélodique, usant et abusant d’effets grondants. Un gros gros boulot !

_G9A0076-b  Un gros gr   os boulot !
Placide, comme à son habitude Monsieur Eric, montre rouge au poignet assortie aux baskets, s’il vous plait… ne fait pas que soigner son look. Il agite ses doigts sur le Fender Rhodes avec sa finesse et le goût certain qu’on lui connait. Here Comes the Beat Man* ! Oui, voilà le gars qui fait le rythme ! C’est lui. Tombé, tout jeune dans la potion magique de l’afrobeat, il a profité de ses années de collaborations diverses, s’est nourri de ses riches rencontres (notamment avec des vocalistes) et de cette trilogie d’albums consacrés à la musique chantée (The Vox 2011, Sing twice 2013 et Waxx up 2017) pour peaufiner son propre style afrojazz beat, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il le fait extrêmement bien.

En véritable gentleman Monsieur Eric invite la pétillante China Moses dès le début du set. Ravie de jouer avec Eric Legnini, en première mondiale à La Sirène, elle entonne un des titres (Breaking point) de son dernier album, le très remarquable ‘‘Nightintales’’.
Le feeling de Boris Pokora à la flûte et le charme de China opèrent un changement d’ambiance immédiat. A la fois féline et très naturelle dans son grand pull rose, la chanteuse américaine est à son aise avec ce quartet grand luxe. La formation enchaîne trois titres dont ‘‘Run with it’’, permettant à China de vivre le rêve qu’elle caresse depuis ses 14 ans, chanter du rap (titre interprété sur l’album Waxx up par le bordelais d’adoption Charles X).

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Généreux comme toujours, Eric Legnini n’est pas venu les mains vides de sa Belgique natale ; il a apporté dans ses bagages la délicieuse chanteuse Anaëlle Potdevin, compatriote belge présente sur l’album. Sa voix plus frêle, presque juvénile contraste avec le coffre de China, mais se marie très bien aux morceaux comme, ‘‘The sun will dance’’ et ‘‘The Parkway’’, ou encore ‘‘Near the house on the hill’’ (album ‘The Vox’’).
N’oubliant pas d’aller piocher dans son riche répertoire (7 albums sous son nom à son actif), Monsieur Eric reprend le très africain ‘‘Casa Bamako’’ extrait de l’album Trippin (2009), bouclant ainsi la boucle d’une quête musicale métissée, entamée depuis presque 10 ans.
Anaëlle et China reviennent sur scène pour le bouquet final ‘‘I want you back’’. Non, pas celui de Michael Jackson, mais un des titres phares (on est à La Rochelle. 🙂 ! ) du LP Waxx up.

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La Sirène est debout (sur ses nageoires. re 🙂 !) et en redemande. Le groupe ne se fait pas prier et interprète ‘‘Joy’’ en rappel. C’est bien le mot qui convient à l’ambiance du lieu. Avec ce titre Monsieur Eric, met un point final à la soirée, non sans avoir fait auparavant une petite blague (belge) à China et Anaëlle. Au lieu de faire tourner ad libitum, il digresse sur un tempo slow soul bien épais, suivi en un clin d’œil par les deux compères du groove Franck et Daniel, invitant alors les deux voix féminines à scatter sur cette coda improvisée. D’abord surprises, puis prises au jeu de ce bizutage bienveillant, elles se lancent sans retenue dans des improvisations vocales de haute volée, envolées. Rires, voix et instruments se mêlent pour le plus grand plaisir du public qui semble unanimement partager cette même ‘‘Joy’’ avec les musiciens.
Merci à tous pour cette belle balade au pays de la bonne musique.

Et à ce titre, je voudrais personnellement profiter de cette tribune pour remercier l’équipe de la Sirène de son excellent accueil et tout particulièrement Lucie. Non seulement le lieu est incroyable, très bien conçu pour le spectacle vivant, étonnant d’un point de vue architectural, mais il y a un truc en plus ! Un truc rare, celui qui fait que, de suite on s’y sent bien, qu’on y fait de belles rencontres. Génial !
Merci aussi à China Moses qui, à la sortie de la scène à bien voulu répondre à quelques questions pour votre gazette bleue préférée. (à retrouver dans nos prochaines publications)

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Et un GRAND MERCI à Eric Legnini d’avoir accepté au pied levé une interview en exclusivité pour Action Jazz. Un sms, deux coups de fils (sans fil) et nous voilà, Pierre Murcia (photographe et vidéaste Action Jazz) et moi en mesure de réaliser la première interview vidéo de l’association Action Jazz, entre les balances et le concert. Plus de 20 minutes exclusives d’entretien seront donc à votre disposition dans les prochains jours (fin octobre 2017) sur le site Action Jazz.
C’est aussi à ce titre que l’on peut dire  »Monsieur » en parlant d’Eric Legnini, un Monsieur du jazz et de la musique, nous en étions déjà convaincus. Un grand Monsieur par sa générosité, sa disponibilité, sa simplicité et sa passion communicative du rythme, de la mélodie et du son. Une fois encore, il nous ‘‘proove’’** qu’il est un artiste majeur de la scène européenne et une belle personne.
Merci Eric.

Signé Vince.

* ‘‘Here Comes the Beat Man’’ est un des titres de l’album Waxx up sorti au printemps 2017.
** ‘‘proove’’ est un néologisme signifiant, preuve par le groove !

Set list :
Breaking Point, de China Moses
Living for tomorrow (feat. China Moses)
Run with it
The Sun Will Dance
Ridin’ the Wave (feat. Anaëlle Potdevin)
Snow Falls
The Parkway
Casa Bamako Quartet (feat. Boris Pokora)
Near The House On The Hill
Despair
I Want You Back (feat. Anaëlle Potdevin et China Moses)
Rappel : Joy (feat. Anaëlle Potdevin et China Moses)

Michel Macias et Fouad Achkir

 Faire danser les déesses et les paysans

Créon /les jeudis du jazz /19 octobre 2017

Il y a des moments remplis, qui respirent et qui aident à respirer, des lieux heureux, de la musique qui nourrit, des projets qui sentent bon la rose et le réséda comme disait le poète.. On en soupire d’aise et on s’y sent bien installé, d’emblée dès qu’une chaise nous tend les bras et nous accueille. Adieu les bistrotiers véreux ou les propositions répétitives dont la musique se sort tout de même avec grâce (car elle a de la ressource heureusement…)
Ici à Créon, on pense autrement, on raisonne avec générosité. Et pour cette reprise des jeudis du jazz, la Rural nous accueille avec sa gentillesse habituelle. La découverte est le mot d’ordre aussi bien dans les petits plats, le verre de vin du viticulteur local, les jus de fruits bios, que dans le concert qui les suit. Les sourires des bénévoles sont gratuits, l’accompagnement bienveillant et les prix doux sont une incitation pour tous et chacun à grignoter la culture et la musique avec ardeur, comme l’écureuil sa noisette.
Et ce soir, on va savourer et déguster Michel Macias et son compère Fouad Achkir.

Un joli menu et un alliage peu commun. D’ailleurs leur spectacle se nomme « Pourquoi pas ? ». Le premier nous est bien connu : Michel Macias et son accordéon, son amour pour le bal concertant, le musette swing, les compositions occitanes, les chemins de traverse également avec la compagnie Lubat ou Christian Vieussens, son esprit d’échange. Du second, on ne demande qu’à découvrir les percussions et la voix, les chants berbères et marocains. On sait que son terroir est celui des Manufactures Verbales ou du métissage de Chet Nuneta.
Bref, on se dit que dans ce plat mijotent de sacrés ingrédients, du sucré, du salé, de l’épice et du terroir… avec un soupçon d’émotion et de complicité puisqu’ils sont au sens littéral du terme des voisins. Et le résultat est une savoureuse réussite, une marmite de plaisirs.

D’emblée, les sons tremblés de l’accordéon, les frottés de mains, les petits bruits de graines en bâtons nous entraîne dans l’ailleurs, le rêve délicat se faufile entre les tables et la danse est là en embuscade. Percussions profondes et éclats d’émail. La multiplicité des voix et des styles se déploie. Le musette pointe sa petite frimousse, le jazz se fait tonique (ah la belle « Indifférence » au détour d’un morceau) ou mahousse costaud avec un scat magnifique de Fouad Achkir. Les chants berbères s’élèvent d’une pureté à faire pâlir les muguets…

Les deux musiciens nous baladent d’un morceau bulgare détricoté, à un chant de noce kabyle, d’une mazurka toulousaine, à un solo à cappella où pointent les larmes. Les deux origines s’entremêlent souvent. Parfois l’une prend le pas sur l’autre et la seconde vient en soutien discret, en complément attentif. On écoute les silences, le détournement des instruments. La salle chantonne, s’émeut, se penche et les pieds se balancent.
La question qui se pose lorsque l’on écoute ces deux-là, c’est « pourquoi ?». Pourquoi cet échange entre deux cultures fonctionne si bien alors qu’on a pu entendre dans d’autre cas des choses juxtaposées ou plaquées, sans beaucoup d’âme ou de conviction ? Ils sont généreux, directs, faciles d’accès, certes mais cela ne suffit pas tout à fait. Le secret, c’est peut-être qu’ils se fondent tous les deux sur ce que la musique a pour essence, ce qui fait tourner les bretons en rond et sauter les zoulous : le rythme et la danse.
Car la danse ne quittera pas un instant nos petites guiboles ; que ce soit dans des ondulations sahariennes, des pointes de jazz ou de valse gasconne. Le plat bouillonne, assaisonné de nostalgie à la fleur d’oranger, de piment de Galice tonique, de senteurs de gemme ou de fleurs sauvages de Haute Lande. La musique conte la joie, la tristesse, la rencontre, le raccommodage, l’accommodage et elle s’appuie sans cesse sur l’élan vital, celui qui fatigue les muscles mais qui n’épuise ni les sourires, ni le plaisir d’être ensemble. Au fur et à mesure du set, la mélodie s’effacera doucement devant le rythme. Un tambour comme une grosse lune blanche, un steel-drum, des balais toniques, et bien sûr l’accordéon forment l’horizon musical mais pas que. Comme ces deux-là osent tout, ils nous offriront aussi un duo désopilant de percussions corporelles comme deux commères caquetant sur le pas de leurs portes et un morceau baroquo-occitan avec la voix claire et puissante de Fouad Achkir poussée en haute-contre qui nous laissera plein de brumes et d’émotion.

Une chance qu’ils habitent dans le même village sinon on aurait perdu quelque chose. Pour faire danser les déesses et les paysans, réjouir les mariages et le temps perdu, sublimer le quotidien, ces deux-là, ce sont bien trouvés et nous ont bien trouvés aussi.
L’association la Rural, ce soir nous a offert une belle cuisine métissée et profonde.

Photos : Philippe Desmond

Thomas Bercy trio invite « Doc » Tomachot et Wayne Shorter.

texte et photos Philippe Desmond

Café du Sport, Uzeste le dimanche 15 octobre 2017.

En ce dimanche après-midi d’octobre c’est l’été en Gironde, beaucoup se sont rués à la plage d’autres à la campagne ou même en ville, Bordeaux grouille de monde paraît-il. Alors pour moi direction le Sud Gironde, le Bazadais au bord des Landes girondines. Chemin des écoliers avec l’agréable traversée à moto des vignes du Sauternais et me voilà arrivé à Uzeste. C’est en effet le redémarrage de la saison musicale au Café du Sport chez Marie-Jo et Betty.

Toujours impressionnante l’arrivée dans ce petit village avec cette Collégiale démesurée qui le domine voire l’écrase. Uzeste est le berceau de la famille de Got dont un des membres, Bertrand, devint Pape en 1305 ; charité bien ordonnée commençant par soi-même, il s’est fait ériger une Collégiale en son honneur. Ça ne bronchait pas à l’époque. Elle abrite d’ailleurs son tombeau. Un petit tour à l’intérieur pour se rafraîchir car dehors ça cogne.

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Le Café du Sport est juste en face ; tout ici est en face de tout car ce n’est pas très grand. Un panneau peint sur un mur invite au voyage.

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Dans le bar qui grouille de monde habituellement personne ou presque même pas les musiciens. Ils sont dehors installés sous la tonnelle aux couleurs d’automne mais pour autant pas de « Autumn Leaves » au programme, on va le voir.

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Sympa cette cour qui donne sur un grand jardin un peu sauvage ; fontaine, ruisseau et son petit pont de bois pour arriver vers des jardins partagés. Uzeste c’est cette culture du partage, de la solidarité, de l’écologie, de l’art libre. C’est aussi le foot car au stade voisin ça joue dur devant pas mal de monde. Il en faut pour tous les goûts.

Nous on est là pour le jazz à l’initiative du Collectif Caravan, animé par Cécile Royer, qui a programmé le trio de Thomas Bercy avec comme invité le saxophoniste Guillaume « doc » Tomachot. Membre de l’Occidentale de Fanfare, entre autres, je l’ai toujours raté et le découvre donc ce soir ; avec son look très roots je n’aurais pas pu l’oublier. Avec son jeu à l’alto non plus !

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Au programme une création autour du répertoire de Wayne Shorter ; une création me direz-vous et bien à ce niveau oui car il faut s’y frotter à cette musique riche et complexe, il faut du travail pour s’en approprier les nuances et les fulgurances. Wayne Shorter à qui Miles aurait dit avant de mourir « It’s your turn » est un musicien majeur du jazz moderne. Du quintet de Miles Davis à sa propre formation en passant par le mythique Weather Report il a créé nombre de titres qui font partie de la grande histoire du jazz, pas des standards stricto sensu – les puristes les définissent comme étant des airs des comédies musicales de Broadway – mais des références pour tous les musiciens de jazz.

Thomas Bercy a troqué son e-piano contre un vieux Yamaha droit complètement décapoté et équipé de micros dynamiques,

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Jonathan Hédeline a bien sûr sa contrebasse à 5 cordes couleur miel

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et Gaëtan Diaz est installé derrière une simple jazette.

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Ça commence fort avec « Black Nile » dans lequel le Doc se jette à l’eau ; un phrasé inspiré très fluide et volubile, un timbre d’alto très chantant il est presque inquiétant à voir jouer tant il est sous tension, le visage écarlate, les veines gonflées prêtes à exploser. Il donne vraiment beaucoup notre Wayne Shorter du soir. Tomachaud, Tomashow. Il enfile les chorus avec une énergie hallucinante et derrière lui ça galope.

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Jonathan Hédeline ne se ménage pas prenant quelques chorus délicats pour faire retomber la fièvre ; il me dira que lors de ces deux heures de musique engagée il n’a même pas eu le temps de sentir la fatigue tant la concentration était nécessaire.

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Gaëtan Diaz en plus du beat à tenir nous a aussi tissé de la dentelle, utilisant tous les éléments de sa jazette, des peaux aux cymbales en passant par les bords, les supports, osant même des chabadas sur la vis papillon de sa ride. Deux solos – des soli pour les italophones – magnifiques dont le second particulièrement inspiré. Pourtant il est malade ; je n’imagine pas en bonne santé ce que ça aurait pu donner…

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Thomas Bercy égal à lui-même a lui aussi tout éclaboussé ; cette main droite si alerte, si précise, si musicale, cette main gauche percutante, violente parfois, dans le rôle d’Herbie ou de McCoy avec sa propre patte bien sûr il est un plaisir à voir et entendre. Il n’a pas choisi systématiquement les titres les plus célèbres, il est un vrai artiste, un créateur pas un répétiteur ; toujours à proposer des nouveautés pour ne pas lasser son public et le surprendre me confie-t-il. Mission accomplie Thomas, c’est pour ça qu’on revient toujours.

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Depuis le milieu du concert le voisin est là à écouter et apprécier visiblement. D’ailleurs, pour le rappel, Gaëtan lui laisse son tabouret et ses baguettes. A notre connaissance américaine installée à notre table, un peu intriguée, mon ami Alain explique, pour faire court, que ce batteur a joué à l’époque avec Stan Getz – les ricains il faut les impressionner – ce qui la laisse coite ; en l’entendant elle a de suite compris pourquoi. Vous l’avez reconnu ce batteur c’est bien entendu Bernard Lubat, toujours au top.

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Mon dieu qu’on est bien sous cette tonnelle, les enfants au fond du jardin jouent et crient, l’après-midi s’étire doucement hors du temps ; profitons-en, les prochains concerts ici seront à l’intérieur mais tout aussi chaleureux.

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Set list :

Set 1 : Black Nile – Oriental Folk Song – Ana Maria – Go – Orbits – Juju

Set 2 : Children of The Night – Nefertiti – United – Infant Eyes – Yes or No.

Rappel : Witch Hunt avec Bernard Lubat

NB : Ils seront avec le même répertoire à la Belle Lurette de Saint Macaire samedi 21 octobre à 21h30 mais avec cette fois Pierre Maury au saxophone.

Encore un cran au dessus pour le Tom Ibarra group

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Comptoir Ephémère, Bordeaux le vendredi 13 octobre 2017.

Il y a quelques semaines dans ce blog nous vous avions présenté le nouveau Tom Ibarra Group à l’occasion de l’enregistrement de son album au studio Cryogène de Bègles. L’album annoncé pour janvier a désormais un nom « Sparkling » et au vu du concert ça va faire des étincelles !

Le premier concert du groupe a eu lieu la semaine dernière au Sunset à Paris où la jauge du lieu a été dépassée avec un grand succès à la clef. Et oui, les cinq musiciens sont désormais basés à la capitale et nous étions heureux de les retrouver chez nous ; les anciens (!) Tom Ibarra (g) et Pierre Lucbert (dr) et les nouveaux Jeff Mercadié (st), Antoine Vidal (b) et Auxane Cartigny (kb).

A Action Jazz on connaît par cœur Tom Ibarra du moins le croyait-on car ce soir au Comptoir Ephémère c’est une découverte que nous allons faire ; découverte d’un son nouveau du groupe, d’un répertoire original et de merveilleux musiciens.

Les fidèles sont là ainsi que Jean-Marie Morin et Christophe de Miras les précédents musiciens du groupe et ça ça fait très plaisir.

Le changement le plus visible c’est la présence d’un sax ténor aux mains et aux lèvres du formidable Jeff Mercadié ;

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avec son look d’enfer chemise à fleurs et casquette il va nous éclabousser de son talent dès le début du set. Un son et un timbre très propres, une belle volubilité, de la puissance, c’est un vrai sax hero. Tom Ibarra tenait à cela, il souhaitait être moins présent, partager le devant de la scène avec un autre instrument, démarche peu égoïste, la preuve qu’il a bien la tête sur les épaules. Toujours aussi surprenant à la guitare mais sans démonstration démesurée, il a encore progressé ; où s’arrêtera t-il ?

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Ainsi les titres laissent souvent place à un dialogue où la complémentarité des instruments donne de l’épaisseur à la musique déjà bourrée d’énergie. Ces titres nouveaux ils vont sur scène les faire vivre encore davantage laissant aller les développements beaucoup plus loin ; sur des mélodies bien ficelées les montées en tension fiévreuses sont caractéristiques et vous embarquent très loin.

Dialogue certes mais aussi une présence très forte des claviers avec un Auxane Cartigny incroyable ; synthé, piano, machines électros ajoutent encore une autre dimension aux créations originales de Tom. Le son est ainsi très dense comme dans cette montée en puissance lors de l’avant dernier titre.

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Guillaume Thévenin du studio Cryogène qui a été leur ingénieur du son lors de l’enregistrement me confiait récemment qu’il n’avait jamais vu de jeunes musiciens aussi déterminés, aussi exigeants avec eux-même et aussi riches d’idées. Un plaisir de travailler avec des pros de cette trempe.

Et la rythmique ? On connaît Pierre Lucbert et son drumming implacable, c’est notre Billy Cobham avec presque autant de fûts et de cymbales que lui mais surtout avec sa polyrythmie, son groove et sa pulsation. Il est drôlement à son aise dans cette nouvelle formule.

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Avec lui Antoine Vidal avec seulement ses quatre cordes consolide la charpente rythmique d’une façon plus qu’efficace ; il faut de temps en temps se concentrer sur son jeu pour entendre qu’il n’est pas là seulement en soutien mais que sa présence est fondamentale ; chorus magnifiquement enflammé à la clé en plus !

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Mais il y a vraiment une chose à signaler, c’est la bonne entente et la bonne humeur des musiciens, il faut les voir, excusez moi mais c’est la seule expression qui me vient, se fendre la gueule sur scène ! Un plaisir que partage le public dont les acclamations n’attendent pas la fin des titres ou des chorus mais se manifestent spontanément lors des moments de grande intensité musicale et il y en a beaucoup !

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Dans le final avec le titre « Sparkling » ce sont effectivement des étincelles qui vont jaillir et enflammer la mèche de kilos de TNT. La structure du Comptoir a résisté mais de justesse !

Le Tom Ibarra group c’était déjà quelque chose mais là plusieurs marches ont été franchies. Pour ceux qui les ont ratés et ceux qui veulent les revoir ils seront au festival Jazz à Caudéran, dont Action Jazz va bientôt vous parler en détail, le jeudi 9 novembre prochain avec le New Affinity Quartet en première partie où officie Philippe Valentine le prof de batterie de Pierre Lucbert !

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Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

https://www.tomibarra.com/

 

Poussez-vous, voilà l’Apollo All Star Band !

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

 L’Apollo Bar, Bordeaux le 11 octobre 2017.

Les rendez-vous mensuels de l’Apollo pour les cartes blanches à Roger Biwandu font partie des passages obligés. Variés, du trio aux presque big bands, du rock au jazz en passant par la soul ou le hip hop, avec les musiciens du coin ou des surprises comme Camélia Ben Naceur, Christophe Cravero, John Beasley, Patrick Bebey et d’autres, ils sont une source de plaisir sans arrêt renouvelée. On y retrouve les habitués du lieu, concert ou pas, les fidèles des cartes blanches, les amis, les potes, des musiciens beaucoup de monde toujours.

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Pour les rater il faut vraiment vivre en ermite car Roger Biwandu inonde les réseaux sociaux des semaines avant avec un teasing toujours alléchant. Autre avantage les couche tôt peuvent venir car à 22 heures pétantes la musique s’arrête, pas les tireuses de bière par contre. Bon d’accord c’est un peu frustrant mais deux heures de musique surtout avec l’engagement des musiciens c’est très correct, surtout pour le prix du billet d’entrée ; il n’y en a pas, c’est gratuit mais il est de bon ton de – bien – consommer. Derrière le bar Caro et son équipe turbinent dans un mouvement brownien – Robert pas James – permanent. Alors on s’accommode de l’étroitesse du lieu, du côté boîte de sardines – non ils ne la chantent jamais – du boucan ambiant car l’ambiance est toujours festive et cool même si parfois, souvent, toujours, c’est hot.

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D’ailleurs ça fait vingt ans que ça dure cette histoire ce n’est donc pas par hasard. Vingt ans que Roger le chef spirituel de l’endroit y use ses peaux et ses baguettes au seul motif de nous régaler et de se régaler lui aussi. Depuis six ans que je fréquente l’endroit je n’ai pas raté beaucoup de mercredis soir mais je regrette les quatorze années précédentes passées souvent devant la télé…

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Hier soir le programme était le suivant : de la soul, du funk, du jazz, du R & B (Rythm’n Blues c’est trop compliqué à écrire) avec l’Apollo All Star Band. Avant de déclencher une polémique du genre : All Star Band  mais pour qui ils se prennent… précisons que c’est du second degré appelé aussi humour, celui d’une bande de potes qui jouent ensemble pour la grande majorité depuis des années et ne s’en lasse pas ; ça s’entend. Mais attention ça rigole pas pour autant question qualité musicale, le boss veille. Le tromboniste du soir, un Basque, dont je garderai l’anonymat car il craint son patron, me dit que quand on joue avec Roger il faut s’y jeter à fond, pas le choix il faut y aller. Ah bon c’est pour ça que tu as tout explosé ce soir ! Mais il n’a pas été le seul, nous avions devant nous une bande de fous furieux échappés de l’asile, Attila et sa bande qui brûlent tout sur leur passage.

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Le premier à en faire les frais a été le « Chicken » – rendu célèbre par Jaco Pastorius – qu’ils ont saigné, plumé et vidé pendant dix minutes. Ils ont ensuite envoyé du bois sur « Knock on Wood » de Floyd, pas Pink trop soft mais Eddie, avec des cuivres flamboyants.

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Avec eux pas besoin d’aller chez le docteur comme ils vont nous le rappeler avec « I Don’t Need no Doctor » de Ray Charles ; sacrée version chantée et guitarisée par Dave Blenkhorn. Suivront des titres de Stevie Wonder – non, la série s’arrête là,  pas de Gilbert Montagné au programme – des Brecker Brothers avec « Inside Out » vous savez l’ancien générique de Jazz à Fip. Au fait avez-vous signé la pétition pour la sauvegarde des locales de FIP notamment  celle de Bordeaux/Arcachon. FIP c’est la musique qu’on aime mais presque surtout les annonces des concerts et événements locaux que l’on fréquente ; plus de locales plus d’annonces ! Plus d’annonces plus événements… (lien en bas de page).

Il y aura même le légendaire « Moanin’ » d’Art Blakey, dont c’est l’anniversaire – mais depuis le 16 octobre 1990 il ne peut plus venir – introduit magnifiquement à l’harmonium, pardon à l’orgue par Hervé Saint-Guirons ; et oui à force que Roger l’appelle le Révérend on finit par se tromper.

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On rencontrera « Mustang Sally » qui ne raconte pas l’histoire d’une Ford pas très propre comme certains le croient encore, plein d’autres choses et un final participatif – oui c’est la grande mode en ce moment – avec « What’d I Say ». Éclectique, magnifique.

Citons la section de cuivre exceptionnelle avec de gauche à droite Laurent Agnès (tr) déchaîné,

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Régis Lahontâa (tr) en mode suraigu,

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Sébastien Iep Arruti (tb) tonitruant,

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la section de bois avec Loïc Demeersseman explosif au sax ténor

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et Guillaume Schmidt volubile aux sax alto et baryton ;  raaahh le sax baryton !

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Et oui vous pouvez vérifier, les sax sont des bois, les quelques grammes de roseau de l’anche l’emportent sur plusieurs kilos de cuivre. En bref tout ça c’est des vents, attention je n’ai pas dit du vent ! Super arrangements de la section complète, c’était gigantesque notamment ce passage un peu libre, sinon free.

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Dave Blenkhorn a été nickel au chant et plusieurs fois nous a joué le guitar hero, registre dans lequel on le connaît moins.

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La Leslie d’Hervé Saint-Guirons n’a pas été ménagée mais il lui aurait préféré un vrai ventilateur tant il a donné de sa personne. Il a lui aussi régalé l’Apollo.

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A l’arrière mais comme au rugby, en attaque permanente à l’aile droite un gigantesque Shob à la basse – quel chorus il nous a fait exploser à la figure ! – qui avec, à l’aile gauche, tapi dans l’ombre prêt à bondir, le grand Roger Biwandu à la batterie, je précise pour celui qui ne le saurait pas, ont assuré un – soul – train d’enfer, le boss dirigeant tout le monde de la voix ou par son jeu sans avoir l’air d’y toucher. Un vrai capitaine d’équipe.

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Vous avez peut-être deviné qu’on ne s’est pas ennuyé une seconde hier soir, on a surtout passé un moment extra même si l’acoustique du lieu n’est pas idéale mais on passe là dessus, c’est tellement sympa à l’Apollo de nous accueillir ainsi !

Bon je me calme.

 

PS : Prochaine carte blanche à l’Apollo le mercredi 8 novembre avec Nolwenn Leizour (cb), Mickaël Chevalier (tr), Jean-Christophe Jacques (sax), Hervé Saint-Guirons (e-piano) et bien sûr le boss Roger Biwandu (dr). Et ceux qui croient ne pas aimer le jazz, venez,vous changerez d’avis !

Pétition FIP : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

 

Capucine au festival « Jazz et Garonne » de Marmande

Le 6 octobre 2017 au 180 à Sainte-Bazeille, chronique de Fatiha Berrak, Photos de Thierry Dubuc

Thomas Gaucher – guitare,

Félix Robin – vibraphone,

Louis Laville – contrebasse,

Thomas Galvan – batterie

 

Ah ! Quel plaisir de nous retrouver de nouveau pour le festival « Jazz et Garonne » et quelle chance d’avoir près de Bordeaux des voisins amoureux fous de musique pour nous ouvrir leurs portes en cette saison. C’est bon cette lueur flamboyante qui danse dans les yeux de nos hôtes et toute l’harmonie qui va avec, pour faire en sorte que chacun se sente parfaitement bien, j’allais dire, « simplement » malgré le travail d’organisation que cela représente, pour les maîtres de cérémonies.

Eric Séva, magnifique musicien et Myriam Esparcia, sa charmante manager, nous accueillent ce soir à la médiathèque de Marmande, pour l’inauguration de l’exposition de photos du collectif « Blue Box » créé par Alain Pelletier, Thierry Dubuc et Philippe Marzat, qui se tiendra jusqu’au 15 Octobre prochain, date de la fin de la 7eme édition du festival.

À noter également, la sortie du nouvel album d’Eric Séva « BODY AND BLUES » à écouter absolument!.

Après quoi nous nous sommes tous rendus au  « 180 » à Sainte-Bazeille, c’est une vieille bâtisse rénovée vaste et cosy à la fois. Sandrine et Eric, le jeune et sympathique couple de créateurs de ce lieu, nous reçoivent à l’heure du dîner, d’ailleurs bon nombre de spectateurs se régalent déjà … Avant d’apprécier le décor original,  nous sommes immédiatement attirés par la grande et belle scène placée au fond de la salle. Il y a aussi les habitués de ces rendez-vous musicaux et des découvreurs heureux et pour cause, ce soir est consacré au talent incontestable du groupe bordelais « Capucine » lauréat du dernier tremplin Action Jazz.

Et bien justement, les voilà installés prêts à entamer avec enthousiasme et sérénité les belles compositions de Thomas Gaucher, entrecroisées de quelques standards. Tissés avec finesse et soin, sur un sillage particulier de crescendo bien dosé, l’accent musical épuré de Capucine s’exprime avec diverses influences mais tend vers le modern jazz.

D’abord, il y a « Eva » de Tim Green qui vous emporte sans vous le demander, dans le mouvement d’une vie trépidante et puis il y a « le chemin des barres » en hommage au grand-père de Thomas, qui débute en rythme lent de l’enfance, puis s’éclaire et s’anime, les notes dorées de guitare s’envolent avec vigueur et se voient cernées par celles du vibraphone, jongleur cristallin et pétillant, soutenus avec élégance par la contrebasse et la batterie en charpente fine et élancée.

Évidemment, tout le monde ici y trouve son compte en bonheur ! Il y a aussi et entre autres jolis moments, « Rosetta » Ah! Lorsque la muse est là tout va! Qu’elle soit vêtue de jean ou de taffetas, de velours ou de soie, tout ce qui compte, c’est qu’elle soit là, sous le lamé, le satin ou le lin, tant mieux parce que ce qu’elle préfère, ce sont les rivières de notes qui l’enveloppent à sa manière. Il y a encore « Casa Pino », l’instant gourmand, souvenir d’un resto sympa désormais fermé.

Sur un air quelque peu nostalgique du bon temps passé, presque plongé dans un film en noir et blanc, voici les bons jours retrouvés, où la joie danse entre plats et les couverts. Le goût des notes papillaires est sucré et léger, lorsque vient le café chaud qui s’excite dans sa tasse aux couleurs d’une Afrique rayonnante sans bracelets ! Une chose est certaine, c’est que ce soir Capucine nous a régalés !

La grande classe de Monique Thomas.

A noter une écoute remarquable du publicPar Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Chez Thierry Valette, samedi 7 octobre 2017.

Le chant ne s’improvise pas, il s’apprend et l’idée qu’il est plus simple d’apprendre à maîtriser sa voix qu’un instrument est fausse. Bien chanter demande beaucoup de travail, et chanter devant du public réclame du courage.

Ce samedi nous sommes une bonne cinquantaine à assister à la restitution en public du travail effectué lors du « Jazz Lab », un stage en début d’été animé par Monique Thomas. Thierry Valette, chanteur amateur au sens beau et noble du terme et lui aussi élève de Monique, nous accueille dans sa belle demeure viticole au milieu des vignes. Le public ? Ses amis, ceux des musiciens, des stagiaires, des amis d’amis…

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Six stagiaires vont se succéder servis à merveille par un trio référence, Hervé Saint-Guirons au piano, Timo Metzemakers à la contrebasse et Didier Ottaviani à la batterie.

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Hervé est aux anges, il inaugure le piano Yamaha C3X, celui avec les oreilles arrondies – pas Hervé, le piano – les connaisseurs apprécieront. « Il faut qu’il se libère un peu, se détende mais il est déjà remarquable » me confie t-il. Il va d’ailleurs ce soir procéder à un rodage accéléré.

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Quelques gourmandises salées, quelques verres de l’excellent vin du cru, le Clos Puy-Arnaud et c’est parti pour une soirée de jazz vocal.

Monique Thomas est une personne sensationnelle, en plus de ses qualités musicales et de son grand professionnalisme elle est pleine de fraîcheur et d’humour. Sa présentation du concert en Franglais suite à l’impossibilité de départager ceux qui la souhaitaient en Anglais ou en Français est drôlissime. De quoi détendre moins le public, lui pas inquiet, que les chanteurs et chanteuses qui attendent leur tour.

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Elle explique le travail effectué avec les stagiaires. Recherche des arrangements, répétitions, et enregistrement d’un CD en studio ainsi que le travail de traduction en Français des standards pour en comprendre le sens et les nuances, pas toujours facile même si on maîtrise l’Anglais, la compréhension étant indispensable pour faire passe de l’émotion.

C’est Monique qui place le curseur très haut en chantant les deux premiers standards dont une superbe version de « Love for Sale » scattée en duo avec Timo. Le répertoire tourne autour de standards. Meriem Lacour, chanteuse professionnelle plutôt folk mais qui a suivi ce stage de jazz vocal me précise qu’un des objectifs était en effet la maîtrise de ce langage universel, celui qui permet de se glisser instantanément parmi des musiciens inconnus.

Monique chante avec une facilité apparente, fruit d’un travail intense et constant. Ne prend-elle pas elle-même régulièrement des cours de chants ! Expressivité, nuances, large tessiture elle a vraiment la grande classe. Et ce soir elle a donc aussi une autre classe, celle de ses élèves.

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C’est Caroline Leyrit qui passe au tableau la première avec « Lullaby of Birdland » ; elle a seulement six mois de chant derrière elle et en deux minutes son trac se transforme en une certaine aisance, son corps se libère, devient expressif, prestation étonnante pour une quasi débutante. Monique est ravie, il faut la voir dans son coin le regard plein de bienveillance, murmurant les paroles comme pour aider l’autre.

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Au tour du maître des lieux, Thierry Valette. Lui il a des années de chant derrière lui mais il travaille encore sa voix caractéristique assez haute et un peu voilée. On sent le métier, il commande le trio – impeccable – sur « I Concentrate on You » de Cole Porter.

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Bénédicte Brachet enchaîne ; elle a été une des premières connaissances de Monique Thomas quand l’Américaine est arrivée en France et à Bordeaux, parlant quatre mots de Français. Elle s’est remise au chant récemment et s’est déjà jetée à l’eau plusieurs fois lors des jams vocales au Caillou.

Une autre chanteuse qui avec Thierry Valette tenait un peu la scène dans les années 90 revient au chant, Dominique Mianne-Evrard. On sent en effet le métier qui revient sur « Time after Time » ; elle a choisi un titre pas facile, le second le sera encore moins, pour se mettre en danger et se forcer à progresser !

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Autre habitué des jams vocales , l’anglais Bill Walters qui reprend avec élégance « Hey Laura » de Gregory Porter. Évidemment pour lui pas de problème de langue, un obstacle de moins que les autres pour ce crooner.

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Meriem Lacour seulement accompagnée par Hervé Saint-Guirons nous livre quasi a cappella un « I fall in love too easily » de toute beauté, une prise de risque maximum avec un arrangement on ne peut plus dépouillé.

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Un premier set remarquable ponctué par Monique Thomas avec « Teach me Tonight » ; vraiment la grande classe. Quant au trio de l’avis des musiciens c’est pour eux une autoroute sur laquelle ils avancent en toute confiance. A noter en plus une écoute remarquable du public.

Autour d’un verre et de quelques parts de tartes on reprend ses esprits. Pas facile l’exercice auquel on vient d’assister pour chaque chanteur, pas le temps de se chauffer la voix, de déstresser, un moment vraiment pas aisé pour eux.

Au second set chacun refera un titre dont un seul en Français chanté par Bénédicte, le très émouvant « Petite Fleur » sur la musique de Sidney Bechet , « The Best is Yet to Come » comme une promesse de Bill Walters, « I didn’t know what time it was » avec Meriem, et « The Second Time Around » titre bien nommé, Caroline devant s’y reprendre à deux fois dans la bonne humeur générale…

Final avec Monique et Thierry sous forme assez rapidement de questions réponses, la première amenant malicieusement le second vers des sphères haut perchées impossibles dans un éclat de rire général.

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Alors si vous voulez vous aussi connaître le bonheur de chanter, le trac qui émoustille, la joie d’être avec d’excellents musiciens contactez Monique Thomas dans son école de Bègles « Vocal Arts Studio ».

Merci Thierry pour l’accueil de grande qualité !

www.vocalarts-studio.com