Nola’s news # 14

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Gregory Agid quartet

Gregory Agid quartet

Soirée intense à Nola, enfin, comme pratiquement toutes. Tout d’abord, le rendez-vous à « Maison » club sur Frenchmen street, avec, comme tous les mardis à 18h00, le fameux quartet de ce clarinettiste/saxophoniste en devenir qu’est Gregory Agid. Excellent début de soirée placé sous la bonne humeur car ces 4 musiciens se retrouvaient après quelques jours passés à NY pour 2 d’entre eux. La joie des retrouvailles et le plaisir de rejouer ensemble étaient flagrants et ça donnait un très bon concert. Ils interprétaient la musique de cet excellent CD que je vous recommande « Mistery Blues » (chroniqué dans la Gazette Bleue) ainsi que quelques standards ou autres compositions. Un début de soirée très alléchant avec un Gregory en grande forme qui s’apprête à faire 6 apparitions au JazzFest dans des contextes différents.

Gregory Agid

Gregory Agid

Le moment le plus intense de la soirée était à venir au « Snug Harbor » avec le Rick Margitza/Steve Masakowski quintet. Le club avait fait le plein pour les 2 concerts de 20h00 et de 22h00.

Margitza/Masakowski quintet

Margitza/Masakowski quintet

Il faut dire que c’était un événement car Rick Margitza habite Paris et n’est pas souvent de passage à Nola. Il fallait donc ne pas occulter le passage de ce formidable saxophoniste. Et puis, quel quintet ! Au saxophone donc, Rick Margitza, à la guitare, Steve Masakowski, grand maître de la guitare à 7 cordes, trop méconnu en France et pourtant, il a un passé Blue Note, ce qui n’est pas peu dire. Il est évidement très connu à Nola puisqu’il dirige le département Jazz de la fameuse université locale, la U.N.O.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Au piano, un autre personnage très influent et aussi très côté à Nola, le pianiste Michael Pellera qui lui est responsable du département Jazz de la Nocca, célèbre High school qui forme un nombre considérable de musiciens. Toute la jeune génération est passée par la formation de cette école et donc de Michael Pellera.

Michael Pellera

Michael Pellera

A la contrebasse, l’inévitable, l’incontournable, le génial James Singleton et sa bonne humeur.

James Singleton

James Singleton

Enfin, à la batterie, on trouvait l’omniprésent Johnny Vidacovich.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le concert débutait avec un superbe composition de Steve Masakowski « Stepping stone » qui mettait déjà le public en condition. Une deuxième composition de Steve « Budapest » mettait en valeur sa virtuosité et il s’adonnait volontiers au tipping. Un guitariste de grande classe que je vous conseille de découvrir ou de redécouvrir. On assistait à des dialogues de grande classe entre Steve et Rick. Michael Pellera signait alors une de ses compositions « Carnival » et il se lançait dans un chorus de très haut niveau et d’une beauté indescriptible qui faisait réagir l’assistance. C’était alors au tour de James Singleton de présenter une composition originale « Blue Belly » avec une intro à la contrebasse, puissante et qui laisser supposer la suite particulièrement musclée du morceau. Là encore, des dialogues s’instaurent entre la basse de James et la batterie du spectaculaire Johnny Vidacovich. Dialogues de haut vol et des applaudissements mérités et fournis. Rick Margitza interprêtait alors « Barcelona Red » une de ses magnifiques compositions, lui permettant d’étaler son immense talent. Ses chorus suscitent de très vives réactions du public. Il faut dire que derrière tout ce beau monde, Johnny Vidacovich faisait preuve, comme toujours, d’un sens incroyable du groove, d’une finesse et d’une intelligence de jeu, incroyable. Et il prend toujours plaisir à duelliser avec tous ses autres partenaires. Michael Pellera me confiait à la fin du concert qu’il comparait Johnny à un peintre, au vu de son attitude quelque fois extravagante mais tellement créatrice et stimulante. Venait ensuite un standard  » Cry me a river ». Magnifique interprétation de cette magnifique chanson pleine de tendresse. C’est une autre composition de Rick Margitza « E-Jones » qui clôturait cet extraordinaire concert que l’on aurait tant aimer voir se prolonger. Mais, pitié pour les musiciens qui en étaient à leur deuxième concert d’affilé.

Rick Margitza

Rick Margitza

Voilà un concert qui restera dans les annales et encore une soirée inoubliable qui n’était pas finie pour autant. On en reparle. Et je vous conseille de fouiller les bacs des disquaires pour chercher les disques de ces extraordinaires musiciens qui n’ont pas, du moins en Europe, la place et l’aura qu’ils méritent.

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton

 

 

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