Nola news # 6

par Alain Piarou, photos d’ Irène Piarou

Just in New Orleans !

George Porter Jr

George Porter Jr

George Porter Jr (The Meters), grande figure néo-orléanaise du funk se produit dans quelques lieux incontournables de la ville comme le « Maple Leaf Bar » et c’est toujours très bien accompagné qu’il nous démontre son talent de bassiste et de chanteur. Un vrai plaisir à l’écouter tant il est créatif.

Un privilège nous a encore cette année été fait de participer aux « graduations » (examen de fin d’année) des élèves du 2ième niveau de la classe jazz de la Nocca, fameuse high school de la Nouvelle Orléans. Son directeur, Michael Pellera, éminent pianiste et compositeur, dirige cette classe depuis 14 ans et révèle chaque année quelques jeunes pépites dont on parle déjà et dont on reparlera, tant ils sont déjà bourrés de talent.

Michael Pellera

Michael Pellera

Fier de la dernière acquisition de l’école, un demi-queue Steinway qu’il bichonne, il nous interprétait une de ses compositions et nous faisait découvrir le son merveilleux de ce bijou. Michael Pellera, les excellents musiciens, Chris Severin (basse, contrebasse) et Khari Allen Lee, tous professeurs, initiateurs, notaient les jeunes musiciens en herbe (14-15 ans) qui se produisaient sur des thèmes imposés et bien sûr, préparés, soutenus par 2 anciens de l’école devenu professionnels, un batteur et l’excellent bassiste Max Moran (Bridge trio, Donald Harrison Jr). Et quelques personnalités se faisaient remarquer et notamment un jeune batteur, très en avance sur le programme. Formidable expérience.

Yirmeyahu Yisrael, jeune saxophoniste se produit souvent avec sa sœur à la basse et son frère au piano mais là, au club « 30°-90° » il était dans un quintet qui reprenait quelques succès de la musique funk locale pour faire danser les amateurs de musique de « Frenchmen street ».

Yirmeyahu Yisrael

Yirmeyahu Yisrael

« Jazz in the Park », rendez-vous incontournable des jeudis, voyait le « Preservation Hall Brass Band » animer cette fin d’après-midi. Après la traditionnelle « second line », parade se terminant en dansant devant la statue de Louis Armstrong, le »Pres.Hall Brass » mettait une ambiance de folie, faisant chanter et … toujours danser ce public venu finir la journée, en famille et en musique.

Preservation Hall Brass Band

Preservation Hall Brass Band

Le « Hi Ho Lounge » club sur St Claude avenue, recevait, ce soir-là, 2 formations de jazz fusion. « Noruz » donnait le « la » avec beaucoup de talent

Noruz

Noruz

mais c’est surtout « Max Moran & Neospectric Band » qui mettait le feu. Magnifique quintet réuni par Max Moran,

Max Moran

Max Moran

qu’on retrouve toujours dans les bons plans et qui nous proposait ses superbes compositions qui paraîtront bientôt sur CD. Le saxophoniste alto, Kris Royal nous régalait de quelques arrangements et de quelques distorsions . Formation très électrique puisqu’on y trouvait 2 guitaristes, John Maestas et l’extraordinaire chercheur de sons, Cliff Hines (Christian Scott, Mike Dillon, S. Masakowski, …)

Cliff Hines

Cliff Hines

souvent à quatre pattes pour triturer les boutons. Superbe quintet dont on attendra, avec impatience, leur CD à venir.

Max Moran & Neospectric

Max Moran & Neospectric

C’est au « d.b.a. », sur Frenchmen qu’on retrouvait les indiens autour de Big Chief Monk Boudreaux pour une longue et belle soirée. Le claviériste Tom Worrell,

Tom Worrell

Tom Worrell

spécialiste de cette musique faisait sensation et nous montrait aussi ses talents de chanteur. Monk Boudreaux est toujours heureux sur scène et nous fait partager avec ses autres complices (dont son petit- fils) dans leur magnifique costume de plumes,

Big Chief Monk Boudreaux

Big Chief Monk Boudreaux

leur musique lancinante et répétitive qui frôle la transe, dans une ambiance funky. Toujours une belle ambiance dans un club archi-comble.

Pour la traditionnelle « crawfish party » du dimanche soir, l’organiste Joe Krown

Joe Krown

Joe Krown

nous offrait la musique de son dernier album en trio, avec Braint Henderson à la guitare

Braint Henderson

Braint Henderson

et le spectaculaire Russel Batiste la batterie.

Russel Batiste

Russel Batiste

Encore une soirée bien funky (normal, on est à Nola) qui nous faisait découvrir un excellent guitariste. A New Orleans, on ne sait où donner de la tête, tant il y a de talents !

Nola’s news # 31

Yisrael Family

Yisrael Family

Pour commencer une bonne soirée, rien de tel qu’une margarita en écoutant de la bonne musique. Une petite visite à nos amis de « Yisrael Family » au « Batch Bar » à l’angle de Dauphine street et d’ Iberville street, dans le French Quarter. Les Yisrael proposaient un répertoire adapté à ce salon de grand hôtel. Répertoire cool avec des standards et une bossa nova que Yirmeyahu, son frère et sa soeur interprétaient avec douceur.

Yirmeyahu Yisrael

Yirmeyahu Yisrael

Toujours un plaisir d’écouter ces jeunes au talent incontestable. Puis, après une vingtaine de minutes de streetcar (« Tramway nommé désir »), direction Oak street pour le « Maple Leaf ».

Maple Leaf Bar

Maple Leaf Bar

L’antre du funk néo-orléanais était animé par John « Papa » Gros surnommé aussi « Papa Gros Funk ».

John "Papa" Gros

John « Papa » Gros

Alors, si John Gros n’est pas le meilleur chanteur funk de la région, il est indéniablement un des chefs de file du funk néo-orléanais. C’est, en tous cas, un des meilleurs organistes du genre. Et, hier soir, il l’a prouvé en réalisant une performance de 2h45 sans pause.

John "Papa" Gros

John « Papa » Gros

Certes, autour de lui, un quintet de rêve, tout à son écoute et qui groovait. Une section rythmique exemplaire : le batteur, Russ Broussard qui faisait le boulot à la perfection,

Russ Broussard

Russ Broussard

et Eric Vogel qui assurait une ligne de basse impeccable et prenait même quelques beaux chorus,

Eric Vogel

Eric Vogel

et 2 formidables guitaristes, Andrew Block et Jake Eckert qui enflammaient le Maple Leaf. La complicité avec John Gros, principalement à l’orgue comme d’habitude, même s’il prenait quelque fois le clavier électrique, était évidente.

John "papa" Gros Quintet

John « papa » Gros Quintet

Il dirigeait cette formation avec maîtrise et relançait sans cesse ses musiciens, les obligeant à souvent se surpasser. Et, dans cet exercice, c’est Jake Eckert qui se tirait la part du lion en se lançant, toujours à la demande du leader, dans des longs solos de toute beauté qui suscitaient les cris de joie du public. Parfois sensible, au bottle neck, parfois tonitruant avec les diverses pédales utilisées mais toujours avec une virtuosité incroyable, il émerveillait le public.

Jake Eckert

Jake Eckert

L’autre guitariste était plus discret et se contentait souvent d’assurait l’accompagnement même si Jake et surtout John lui demandaient de se mettre en avant.

Jake Eckert et Andrew Block

Jake Eckert et Andrew Block

Nous assistions à un concert de funk de très haut niveau et d’une virtuosité (j’insiste) inouïe. Comment tous ces musiciens restent encore trop méconnus chez nous ? L’ambiance était évidemment à la fête en ce vendredi soir, mais le public était conscient qu’il assistait à un grand moment de musique, de funk, avec ces infatigables musiciens qui prenaient véritablement plaisir à jouer ensemble. John Gros est tellement généreux qu’il stimule son entourage à lui aussi, donner le meilleur de soi. Inoubliable soirée qui nous poussait tard, très tard dans la nuit. Nous étions comblés. Merci Messieurs pour cette merveilleuse soirée. John Gros, avec sa gentillesse habituelle, me chargeait de passer son bon souvenir (entre autre) à tous les Périgourdins qu’il va sûrement retrouver prochainement. La commission est faite.

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou