Jazz à Caudéran : Affinity quintet/ Tom Ibarra Group

photos Thierry Dubuc.

Ca y est c’est parti ! Le premier festival Jazz à Caudéran a réellement vu le jour en ce jeudi 9 novembre 2017. Et c’est même bien parti !

Près de 300 personnes ont convergé vers la salle Art Déco de la Pergola, récemment rénovée et lieu habituellement dédié au théâtre. C’était la première organisation en tant que mettre d’oeuvre d’Action Jazz agissant pour le maître d’ouvrage la Mairie de Bordeaux et les bénévoles de l’association piaffaient depuis des semaines en attendant cet événement. Les pré réservations et le défilé continu de personnes venant prendre leur billet dans l’après midi permettaient d’envisager une belle affluence ce qui fut le cas.

Il faut dire que l’affiche était alléchante, pas de grandes vedettes internationales, ça viendra peut-être un jour, mais des valeurs sûres de l’ancienne et de la nouvelle génération.

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En première partie il était logique d’ouvrir ce festival avec le groupe de jazz historique de Bordeaux et même de Caudéran, Affinity. Groupe certes bien connu mais cette fois, et c’est nouveau, en quintet. Aux trois piliers magnifiques que sont Francis Fontès au piano, Dominique Bonadei à la basse

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et Philippe Valentine à la batterie,

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sont venus se joindre une figure bien connue du milieu du jazz régional, le trompettiste Mickaël Chevalier

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et un néo bordelais – que les grincheux se rassurent il n’est pas parisien – Pascal Faidy au sax ténor.

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Ce dernier a d’ailleurs amené avec lui des compositions qui ajoutées à celles de Mickaël Chevalier créées pour le projet Nokalipcis et quelques standards be bop ou hard bop ont embarqué un public mêlé de connaisseurs et de néophytes. Une musique toujours accessible, mélodieuse, mettant en valeur les différents instrumentistes, une passerelle vers ce monde du jazz que certains ont encore peur de découvrir. Un set d’une heure trente qui a conquis tout le monde.

Après cette entrée en matière place à un break au foyer permettant les discussions autour d’un verre et aussi d’admirer l’exposition des clichés de nos photographes Thierry Dubuc, Philippe Marzat, Alain Pelletier et la petite nouvelle Fatiha Berrak. Expo pendant tout le festival, accès libre.

Place à la nouvelle génération avec un des poulains d’Action Jazz le guitariste Tom Ibarra et son quintet.

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Le blog a déjà relaté ce nouveau projet présenté récemment à Bordeaux mais là dans cette belle salle et ce nombreux public, la barre était plus haute. Pas de problème pour ces jeunes musiciens plein de sève, d’énergie et déjà de professionnalisme. Sur la solide, et encore plus, base rythmique avec Pierre Lucbert à la batterie et Antoine Vidal à la basse, grâce à la présence harmonique d’Auxane Cartigny aux claviers, Tom Ibarra à la guitare et Jeff Mercadié au sax ténor vont nous livrer une fantastique prestation alternant entre violence et douceur, énergie et émotion.

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Uniquement des compositions de Tom aux arrangements concertés entre les cinq, pour ce set percutant qui a surpris pas mal de monde par son audace et sa fraîcheur. De redoutables instrumentistes qui s’entendent comme larrons en foire et la confirmation d’une relève assurée. Vivement la mi janvier que l’on découvre le nouvel album enregistré au studio Cryogène de Bègles !

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Place au deuxième jour ce vendredi 10 novembre !

Venez découvrir le trio Atrisma et son jazz progressif à la fois mélodieux et inventif, utilisant à bon escient l’électro tout en restant simple. Venez encourager cette nouvelle génération de musiciens formé à Bordeaux au CNR et qui seront les grands de demain. Vincent Vlinet (claviers), Hugo Raducanu (batterie) et Johary Rakotondramasy (guitare)

Venez aussi faire connaissance avec nos voisins du pays basque le groupe MT4, 4 comme quartet et MT comme Marc Tambourindéguy, un nom plein de musique et de basquitude. A côté de ce magnifique pianiste, porteur aussi du festival de jazz d’Anglet, Pascal Ségala (guitare), Jean-Luc Fabre (contrebasse) et le bordelais Pascal Legrand (batterie). Un jazz harmonieux riche en improvisations.

Prenez vos places sur www.actionjazz.fr . A ce soir !

« Jazz à Caudéran » première !

Voilà une bonne nouvelle, la ville de Bordeaux par le truchement de son satellite Caudéran organise un festival de jazz tout simplement intitulé « Jazz à Caudéran ».

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Le maire de quartier Pierre Lothaire et l’adjoint à la culture Fabien Robert se sont naturellement rapprochés d’Action Jazz pour les conseiller dans la programmation et les aider dans l’organisation. Comme le précise l’affiche, d’autres partenaires participent à la naissance de cet événement dont nous espérons tous la pérennisation.

Ainsi notre association dans son rôle de promotion des jeunes talents mais aussi dans celui du rayonnement régional du jazz a accepté avec joie cette proposition.

C’est ainsi que trois soirées se tiendront dans la magnifique théâtre Art Déco de la Pergola, en plein centre de Caudéran, derrière l’église et la mairie.

Trois récents lauréats du Tremplin Action Jazz seront présents, Tom Ibarra et son nouveau groupe, le trio Atrisma et Capucine vainqueur en 2017. Tous ces jeunes artistes ont déjà joué sur de grande scènes et dans des lieux prestigieux, de Marciac à Saint-Emilion en passant par Paris pour certains.

Un groupe de Caudéranais et surtout une formation quasi historique du jazz bordelais ouvrira le festival le jeudi , Affinity Quintet.

Venu du Pays Basque, mais avec un batteur bordelais pour l’occasion, MT4 jouera le vendredi.

Enfin pour clore en beauté la manifestation le très beau projet du néo Marmandais Eric Séva entouré de musiciens parisiens plus que renommés comme lui dans le milieu du jazz.

Une programmation de très grande qualité et tout cela pour un prix très doux, surtout, et c’est ce que vous allez faire, vous venez les trois soirs !

Et il y aura de quoi trinquer en admirant l’exposition de photos de nos artistes d’Action Jazz !

Programme détaillé ci-dessous ainsi que des liens vers des articles récents du Blog Bleu.

On vous attend !

Programme détaillé

JEUDI 9 NOVEMBRE 

20h30

Affinity Quintet

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Photo Philippe Marzat

Près de trois décades après sa formation, l’Affinity Quartet trouve un souffle nouveau et opère une mutation en quintet proposant un jazz au goût du jour via un répertoire de compositions originales mais aussi de reprises. L’arrivée d’un trompettiste voyageur, Mikaël Chevalier et celle d’un nouveau saxophoniste fraîchement débarqué dans la région, Pascal Faidy injecte une énergie différente à ce quartet mythique de l’horizon aquitain.
Francis Fontès : piano
Mickael Chevalier : trompette
Philippe Valentine : batterie
Dominique Bonadei : basse
Pascal Faidy : saxophones

Tom Ibarra Group

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Photo Thierry Dubuc

À tout juste dix-huit ans, Tom Ibarra fait déjà figure de nouveau phénomène du jazz hexagonal. Attirés par son talent, des artistes de renommée internationale l’invitent sur scène à différentes occasions. Détenteur de plusieurs prix, il invite le public à découvrir ici l’univers de son deuxième album, Sparkling, enregistré au studio Cryogène à Bègles. Cet opus sortira au début de l’année 2018.
Tom Ibarra : guitare & compositions
Jeff Mercadié : saxophone
Auxane Cartigny : claviers 

Antoine Vidal : basse
Pierre Lucbert : batterie
www.tomibarra.com

VENDREDI 10 NOVEMBRE 

20h30

Atrisma

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Formé en 2014, Atrisma est un groupe de jazz progressif délivrant un univers tout en rupture empreint à la fois de passion et de délicatesse. Passant d’un rythme à l’autre, Atrisma dévoile, tout en simplicité, une musique captivante qui emporte le public dans un voyage teinté de joie et de mélancolie. Le premier album du groupe, Aurosmose, résume l’idée de l’aurore et de l’osmose. Considérant la musique comme une école de la vie, Atrisma évolue au fil de ses expériences.
Vincent Vilnet :claviers
Hugo Raducanu : batterie
Johary Rakotondramasy: guitare
www.atrisma.com

MT4

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Un jazz aérien, suave, romantique où s’entremêlent mélodies délicieuses, riches harmonies, et improvisations hautes en couleurs. Marc Tambourindéguy, pianiste et leader du quartet mt4, va parfois chercher au fond de notre inconscient musical des phrases qui nous semblent venues des profondeurs de l’évidence, celle qu’on a souvent oubliée avec trop de facilité.
Marc Tambourindéguy : piano, voix, compositions
Pascal Ségala : guitare
Pascal Legrand : batterie
Jean-Luc Fabre : contrebasse
www.mt4.fr


SAMEDI 11 NOVEMBRE 

20h30


Capucine

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Photo Thierry Dubuc

En Janvier 2017, Capucine remporte le tremplin Action Jazz et se voit ainsi décerner le « Grand prix du jury ». Le quartet développe un répertoire aux influences variées, tantôt par les musiques du monde tantôt par le post bop des années 60/70. Les compositions, écrites par Thomas Gaucher, sont marquées par des sonorités aériennes orientées vers l‘esthétique du jazz moderne. Elles font référence à des anecdotes, à des lieux ou à des personnages chers aux membres du groupe, donnant un aspect chaleureux et convivial à la musique de Capucine.
Thomas Gaucher : guitare
Félix Robin : vibraphone
Louis Laville : contrebasse
Thomas Galvan: batterie
http://capucinemusic.com/

Eric SEVA : « Body & Blues »

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Photo Philippe Marzat

Après deux albums signés sur le label le Chant du Monde chez Harmonia Mundi, puis « Nomade Sonore » (Disque choc 2015 Jazz Magazine) sur le label Gaya, Éric Séva, musicien atypique, poursuit sa route avec ce quatrième opus « Body and Blues » consacré au blues et à la note bleue. Dans ce nouveau projet d’enregistrement et de scène, il puise l’essence même de sa propre sensibilité, de sa propre histoire. Entouré d’un panel impressionnant de musiciens dont le passé confirme la familiarité avec les racines du jazz, Éric Séva compose un nouveau répertoire.
Eric Séva: saxophones baryton, soprano, sopranino, compositions
Noé Huchard, piano
Manu Galvin, guitares
Christophe Wallemme, basse, contrebasse
Stéphane Huchard, batterie, percussions
Michael Robinson, voix
http://ericseva.com/

Tarifs :

Plein : 15 € 
Réduit : 10 € (– 12 ans, demandeurs d’emploi, étudiants, adhérents www.actionjazz.fr
)
Pass 3 jours : 35 €
Pass 2 jours : 25 €

Billetterie en ligne sur Weezevent

Renseignements: 05 56 47 36 69 – 05 24 57 68 40

Liens vers des articles récents du Blog Bleu : d’autres articles sur le blog, utiliser la zone de recherche

http://blog.actionjazz.fr/affinity-quartet-caillou-16062017/

http://blog.actionjazz.fr/encore-un-cran-au-dessus-pour-le-tom-ibarra-group/

http://blog.actionjazz.fr/atrisma-et-edmond-billal-au-rocher-dune-pierre-deux-coups/

http://blog.actionjazz.fr/capucine-au-festival-jazz-et-garonne-de-marmande/

http://blog.actionjazz.fr/eric-seva-a-villeneuve-sur-lot/

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Encore un cran au dessus pour le Tom Ibarra group

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Comptoir Ephémère, Bordeaux le vendredi 13 octobre 2017.

Il y a quelques semaines dans ce blog nous vous avions présenté le nouveau Tom Ibarra Group à l’occasion de l’enregistrement de son album au studio Cryogène de Bègles. L’album annoncé pour janvier a désormais un nom « Sparkling » et au vu du concert ça va faire des étincelles !

Le premier concert du groupe a eu lieu la semaine dernière au Sunset à Paris où la jauge du lieu a été dépassée avec un grand succès à la clef. Et oui, les cinq musiciens sont désormais basés à la capitale et nous étions heureux de les retrouver chez nous ; les anciens (!) Tom Ibarra (g) et Pierre Lucbert (dr) et les nouveaux Jeff Mercadié (st), Antoine Vidal (b) et Auxane Cartigny (kb).

A Action Jazz on connaît par cœur Tom Ibarra du moins le croyait-on car ce soir au Comptoir Ephémère c’est une découverte que nous allons faire ; découverte d’un son nouveau du groupe, d’un répertoire original et de merveilleux musiciens.

Les fidèles sont là ainsi que Jean-Marie Morin et Christophe de Miras les précédents musiciens du groupe et ça ça fait très plaisir.

Le changement le plus visible c’est la présence d’un sax ténor aux mains et aux lèvres du formidable Jeff Mercadié ;

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avec son look d’enfer chemise à fleurs et casquette il va nous éclabousser de son talent dès le début du set. Un son et un timbre très propres, une belle volubilité, de la puissance, c’est un vrai sax hero. Tom Ibarra tenait à cela, il souhaitait être moins présent, partager le devant de la scène avec un autre instrument, démarche peu égoïste, la preuve qu’il a bien la tête sur les épaules. Toujours aussi surprenant à la guitare mais sans démonstration démesurée, il a encore progressé ; où s’arrêtera t-il ?

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Ainsi les titres laissent souvent place à un dialogue où la complémentarité des instruments donne de l’épaisseur à la musique déjà bourrée d’énergie. Ces titres nouveaux ils vont sur scène les faire vivre encore davantage laissant aller les développements beaucoup plus loin ; sur des mélodies bien ficelées les montées en tension fiévreuses sont caractéristiques et vous embarquent très loin.

Dialogue certes mais aussi une présence très forte des claviers avec un Auxane Cartigny incroyable ; synthé, piano, machines électros ajoutent encore une autre dimension aux créations originales de Tom. Le son est ainsi très dense comme dans cette montée en puissance lors de l’avant dernier titre.

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Guillaume Thévenin du studio Cryogène qui a été leur ingénieur du son lors de l’enregistrement me confiait récemment qu’il n’avait jamais vu de jeunes musiciens aussi déterminés, aussi exigeants avec eux-même et aussi riches d’idées. Un plaisir de travailler avec des pros de cette trempe.

Et la rythmique ? On connaît Pierre Lucbert et son drumming implacable, c’est notre Billy Cobham avec presque autant de fûts et de cymbales que lui mais surtout avec sa polyrythmie, son groove et sa pulsation. Il est drôlement à son aise dans cette nouvelle formule.

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Avec lui Antoine Vidal avec seulement ses quatre cordes consolide la charpente rythmique d’une façon plus qu’efficace ; il faut de temps en temps se concentrer sur son jeu pour entendre qu’il n’est pas là seulement en soutien mais que sa présence est fondamentale ; chorus magnifiquement enflammé à la clé en plus !

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Mais il y a vraiment une chose à signaler, c’est la bonne entente et la bonne humeur des musiciens, il faut les voir, excusez moi mais c’est la seule expression qui me vient, se fendre la gueule sur scène ! Un plaisir que partage le public dont les acclamations n’attendent pas la fin des titres ou des chorus mais se manifestent spontanément lors des moments de grande intensité musicale et il y en a beaucoup !

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Dans le final avec le titre « Sparkling » ce sont effectivement des étincelles qui vont jaillir et enflammer la mèche de kilos de TNT. La structure du Comptoir a résisté mais de justesse !

Le Tom Ibarra group c’était déjà quelque chose mais là plusieurs marches ont été franchies. Pour ceux qui les ont ratés et ceux qui veulent les revoir ils seront au festival Jazz à Caudéran, dont Action Jazz va bientôt vous parler en détail, le jeudi 9 novembre prochain avec le New Affinity Quartet en première partie où officie Philippe Valentine le prof de batterie de Pierre Lucbert !

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Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

https://www.tomibarra.com/

 

Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Depuis maintenant plus de deux ans Action Jazz suit de très près la carrière du guitariste Tom Ibarra. Installé dans la région depuis quelques années, à Bergerac exactement, il fait partie de ces musiciens locaux et régionaux que notre association a pour but de mettre en avant. Mais il est vrai qu’avec lui et son entourage d’autres liens se sont tissés. C’est donc depuis pas mal de temps déjà que nous savions que sa carrière allait prendre un tournant. C’est déjà Alain Piarou le président et créateur d’Action Jazz qui avait mis en rapport Tom avec le batteur Pierre Lucbert devenu maillon essentiel du groupe. Ils étaient faits pour se rencontrer. Mais là le changement est plus profond, le quartet devenant quintet avec trois nouveaux membres. Jean-Marie Morin le bassiste historique et Christophe de Miras qui avait rejoint le groupe fin 2015 partent vers leurs propres projets, sans amertume, mais par choix de vie. Place aux jeunes, pensez donc ils sont à peine quadras ces deux derniers !

C’est au studio d’enregistrement Cryogène de Bègles que nous faisons connaissance avec le nouveau Tom Ibarra Group, le TIG. Ils sont là pour dix jours à enregistrer le deuxième album de Tom avec Guillaume Thévenin à la console. Neuf compositions originales du guitariste.

Faisons connaissance avec les petits nouveaux.

A la basse Antoine Vidal, 22 ans, un parisien rencontré là-bas par Tom lors des jams du Caveau des Oubliettes. Possédant son propre projet de jazz fusion, le groupe Ishkero, Antoine a de suite accroché avec Tom . Lors des sessions d’enregistrement, il est force de proposition quant aux arrangements et musicalement il possède déjà une belle expérience qui s’entend, maîtrisant aussi la technologie et les effets électros.

Aux claviers, natif de Tourcoing, Auxane Cartigny, 21 ans, une pépite selon certains. Piano classique à l’âge de 7 ans, puis percussions, le jazz spontanément vers 12 ou 13 ans en écoutant des disques puis des prix de jazz et classique ; il vient d’achever avec succès son cycle de trois ans au Centre des Musiques Didier Lockwood où il a rencontré Tom Ibarra qui lui vient de finir sa première année. Il compose aussi pour son propre trio de forme classique, piano, contrebasse, batterie.

Au sax ténor et ça c’est quand même une grosse nouveauté, Jeff Mercadié originaire de Nérac en Lot-et-Garonne où il a commencé la musique avant de poursuivre à Marmande puis en licence au Mirail et en DEM à Montauban. Lui aussi achève son cycle au CMDL. Déjà bien âgé, 27 ans (!) , il mène des projets, funk et salsa, et a monté un quintet de jazz moderne pour lequel il compose. Lui aussi apporte ses idées à Tom pour les compositions.

L’idée du sax est venue à Tom pour étoffer le son du groupe et, attitude pas égoïste du tout, pour créer un contrepoint, une complémentarité avec la guitare. De fait à l’écoute des premières maquettes la différence avec le précédent album et même ses évolutions est flagrante. Un son plus frais, plus jazz, vraiment un univers différent.

A la batterie bien sûr on retrouve Pierre Lucbert, 21 ans, qui vient d’achever ses études de musique et se lance dans le grand bain. Il est devenu un maillon essentiel du groupe de part sa technique, son apport rythmique et son groove.

Tom Ibarra bientôt 18 ans, et oui il va finir par vieillir lui aussi, a donc composé neuf titres, il y travaille dur depuis janvier en parallèle avec ses études au CMDL. L’école leur a d’ailleurs mis des locaux à disposition permettant au groupe de nombreuses sessions de répétition, gain de temps – et d’argent – inestimable pour le passage en studio.

Il faut voir travailler ces jeunes musiciens pour voir le soin qu’ils apportent à leur création ; pas un détail ne leur échappe et le moindre pain, voire la moindre imperfection, provoque aussitôt à la réécoute un chambrage en bonne et due forme.

Car ils s’entendent comme larrons en foire et si tout se passe très sérieusement il règne aussi une très bonne humeur dans le studio. Ils y habitent dans un joyeux capharnaüm pour la durée de l’enregistrement. Mais ils travaillent et aujourd’hui ils avaient même un jour d’avance sur le planning, 4 titres en 3 jours.. Ils commencent déjà à ressentir la fatigue car quand on est méticuleux comme eux il y a une tension et une attention permanentes qui finissent par ronger votre énergie. Mais ils sont jeunes et vu ce qu’ils avalent à table ils devraient tenir.

Le CD est prévu à la vente pour le mois de décembre et sa release officielle aura lieu en mars. En attendant deux concerts du nouveau TIG sont programmés le 6 octobre au Sunset à Paris et le 13 octobre au Comptoir Ephémère (ex CdJ)   à Bordeaux . Action Jazz vous tiendra bien sûr au courant mais le résultat vaudra le coup d’après les premières écoutes brutes avant mixage.

Olivier Hutman trio invite Tom Ibarra

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Caillou du Jardin Botanique,

Bordeaux, le 23 juin 2017.

Ce soir deux bonnes raisons me poussent à aller au Caillou ; certains vont me dire que je n’en ai pas besoin pour m’y rendre… Et oui, il est annoncé un concert du trio d’Olivier Hutman avec en invité Tom Ibarra. Le second on en parle souvent dans ces lignes et même très récemment, et il est ma première raison, l’autre c’est la première fois.

Olivier Hutman est un grand pianiste, primé en 1984 par l’Académie du Jazz, qui a joué notamment avec Toots Thielemans, Philip Catherine (le guitariste belge pas le chanteur déjanté) , Eric le Lann, Christian Escoudé… a accompagné de nombreuses chanteuses comme Dee Dee Bridgewater, Anne Ducros, Denise King, récemment Alice Ricciardi pour Cristal records et le phénomène web Camille Bertault. Il a aussi beaucoup composé pour le cinéma et la télévision.

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Mais tout ça à la limite ne m’intéresse pas, pour moi il a surtout joué dans un disque que je possède depuis plus de quarante ans, au sein d’un groupe de jazz rock – on ne parlait pas encore de jazz fusion – bâti autour des frères Patrice et Mino Cinélu, « Chute Libre ». J’avais acheté leur 33 tours – on ne parlait guère non plus de vinyle à l’époque – en février 1977 et il n’était toujours pas dédicacé par un de ses membres. Voilà donc ma deuxième raison.

Terrasse bien remplie avec une fraîcheur enfin retrouvée qui au bout d’un moment nous ferait presque regretter la canicule, beaucoup d’amis présents ce qui me rajoute une troisième raison et un premier set en trio, comme la veille où l’assistance était malheureusement moins nombreuse.

Au piano donc Olivier Hutman, à la basse Marc Bertaux et à la batterie Tony Rabeson au CV lui aussi impressionnant. Un trio habitué à jouer ensemble depuis plus de trente ans ! Du jazz à la limite de la fusion sans tout à fait y être tout en y mettant le pied, la présence d’une basse pastoriusienne plutôt que d’une contrebasse étant quand même un indice. Olivier utilise toutes les facettes du Yamaha électrique, le faisant sonner comme un orgue, un Fender Rhodes… ou un piano. Il a un jeu riche et foisonnant mais utilise aussi les silences. Tony lui joue tout en légèreté, avec une posture qui lui est propre, inhabituelle.

A la pause je vais donc utiliser la machine à remonter le temps et oser aborder Olivier Hutman avec mon album exhumé le matin même, identifié de mon nom avec la date du 11/2/77. Et là je vois à sa réaction, que cette relique le touche et le fait instantanément rajeunir de 40 ans. « Oh là là, à l’époque on en vendait plus de 50000 alors que maintenant quand on arrive à 500 c’est pas mal » et ainsi avec beaucoup de retard Olivier me propose spontanément de le dédicacer. Sur la pochette il est le seul avec des lunettes, il a 22 ans, j’en avais 21. A noter, avec perfidie, un titre de cet album nommé « Pénélope au balcon » prémonitoire quand on s’appelle Chute Libre… Et à la réécoute un disque qui n’a pas tant vieilli que ça, contrairement à d’autres du genre plus datés, avec un son de soprano et de flûte intéressant . Tom Ibarra est à mes côtés, curieux de la réaction d’Olivier et imaginant en 2055 un ancien combattant de mon genre lui présenter son album « 15 » !

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Au second set comme prévu, après deux titres joués en trio, Tom Ibarra monte sur la scène-remorque, particularité du Caillou, et qui retrouve son garage chaque nuit. C’est Benoît Lamarque le maître du lieu qui a eu l’idée de proposer à Olivier d’inviter le jeune guitariste. Ils ne se sont jamais rencontrés bien qu’ils fréquentent tous les deux le Centre des Musiques Didier Lockwood, l’un comme élève, l’autre comme professeur, je vous laisse deviner dans quel ordre.

Au programme deux titres de Miles Davis, « Solar » et « All Blues ». Avec son groupe, Tom a souvent repris et bien tordu « So What » mais m’avoue que question standards il n’est pas au top et a besoin de concerts comme ça pour trouver le bon tempo et le bon flux ; on le sent un peu nerveux. C’est ce qui est bien avec lui, il ne bombe pas le torse et mène sa carrière avec lucidité et humilité.

C’est lui qui attaque le thème de « Solar » et de suite on sent la mayonnaise prendre, la guitare éclairant le trio de son timbre. Très long chorus – tant mieux – réponse d’Olivier et de Marc, drumming de dentelle de Tony, tout baigne. Confirmation sur le mythique « All Blues » et l’envie d’un rappel réclamé au public (!) par Olivier Hutman. Ce sera un standard, un vrai (ceux qui sont issus du répertoire des comédies musicales de Broadway), de Cole Porter « What is this thing called love » immortalisé par Ella. Allez Tom c’est le métier qui rentre ! Et il apprend drôlement vite le bougre, superbe.

Le jazz n’a pas d’âge, pas de limites, tant mieux on n’a pas l’impression de vieillir comme ça ! Et pourtant…

http://olivierhutman.com/

http://www.tomibarra.com/

 

Action Jazz fête la musique à la Grande Poste

Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

La Grande Poste, Bordeaux le 21 juin 2017.

Depuis 1982 la Fête de la Musique lance officiellement la saison d’été, semblant séculaire pour les plus jeunes, les plus anciens se demandant comment elle n’a pu exister avant. A Bordeaux l’an dernier elle a pourtant été réduite à sa portion congrue officielle, la musique s’effaçant devant le dieu football et l’Euro 2016. Ainsi Action Jazz qui animait traditionnellement la scène de la place du Palais mise à disposition par la Ville de Bordeaux en avait fait les frais.

En 2017 pas de foot mais malheureusement toujours l’état d’urgence, cette menace permanente sur les événements et son corollaire, les mesures de sécurité draconiennes. Nécessité de lieux « fermés », d’agents de sécurité qui grèvent les budgets aux dépens des musiciens, du matériel et des techniciens et donc une impossibilité pour Action Jazz, cette petite association sans fonds , d’accepter les conditions proposées.

 

Mais la bonne fée de la musique veillait et a suggéré à Guillaume Thévenin le programmateur jazz de La Grande Poste – et responsable du studio d’enregistrement Cryogène de Bègles – de se tourner vers nous pour l’aider à organiser la première Fête de la Musique du lieu. Et c’est ainsi que l’aide s’est transformée en carte blanche à Action Jazz.

Ce 21 juin grâce à ce concert beaucoup de gens et presque tous les musiciens, découvraient la Grande Poste, cet « espace improbable » comme le définissent ses responsables, un lieu majestueux au style Art Déco devenu par la volonté et l’investissement de Maryline Minault et de ses fils, un espace culturel pour les créateurs, les musiques, le théâtre… assorti d’un bar et d’un restaurant. Il accueille en ce moment une très belle exposition des toiles monumentales de Patrick Marquès. Ouvert il y a quelques mois son développement est en train de monter en charge à mesure que sa notoriété s’accroît. http://lagrandeposte.com/fr/

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Une chance donc pour nous et un défi d’y organiser cette soirée, aux conditions premières de la fête de la musique, c’est à dire librement pour le public et bénévolement pour les artistes. L’occasion pour ces derniers d’avoir une belle exposition et de se faire connaître pour certains, du public et du lieu. Encore fallait-il que l’affluence fut là… Elle y était , malgré l’offre très riche des autres établissements, des scènes publiques et des scène sauvages. Et en plus en ce soir de canicule elle y découvrait une bonne surprise, la climatisation !

C’est ainsi que Melodious Tonk a commencé à jouer devant une salle pleine à craquer, des tables et des chaises devant être rajoutées. Ce duo composé de Marina Kalhart (chant et contrebasse) et Patrick Bruneau (guitare) comme son nom le suggère, revisite à sa manière le répertoire de Thelonious Monk.

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Plutôt intimiste le duo a dû s’adapter au volume de la salle pas facile à sonoriser et au public bavard content de partager ces moments. «Les Français ne ne taisent donc jamais »  nous lance amusée une personne faisant partie d’un groupe d’une quinzaine de touristes indiens venus là par hasard. Belle émotion – et beau succès – pour Marina qui jouait pour la première fois devant une telle assistance, Patrick plus ancien dans le métier étant lui plus habitué.

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Une entrée en matière très agréable à l’heure de l’apéritif.

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Changement radical de registre avec le Jean-Marie Morin trio , lui à la basse, Christophe de Miras aux claviers et exceptionnellement Pierre Lucbert à la batterie, Olivier le titulaire étant empêché.

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Certains auront bien sûr reconnus dans ce trio la rythmique du Tom Ibarra Group mais ce projet est différent, fait de compositions de Jean-Marie toujours dans le style jazz fusion. Une musique bien en place, vive et mélodieuse sur une rythmique carrée et un avenir intéressant pour les deux premiers musiciens, les vieux (!), qui vont partir de leur côté laissant les jeunes Tom et Pierre en retrouver d’autres.

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On en reparle plus loin. Tom est invité sur le dernier titre, une sorte de teaser pour son set de fin de soirée.

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Après ce set musclé, retour à de la musique plus légère avec le trio Jazzed Up : Yazu (Chant), Alexandre Jian (Contrebasse), Alexandre Turco (Guitare).

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Le trio adapte avec talent les plus beaux thèmes du jazz, du swing et autres trésors de la chanson française et internationale. La belle présence de Yazu, elle aussi impressionnée par la taille du lieu, est la signature de ce trio. Un moment très cool avant le bouquet final.

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Le Tom Ibarra Group tenait à être présent ce soir, exprimant ainsi sa reconnaissance à Action Jazz qui le soutient depuis le début. Pas difficile pour nous d’adhérer à un projet d’une telle qualité, de le voir évoluer et se polir au gré des concerts.

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Mais les artistes aiment prendre des risques, explorer de nouvelles pistes et c’est ainsi que le groupe va évoluer Jean-Marie Morin (basse), Christophe de Miras (claviers) partant vers leurs propres projets alors que Tom Ibarra (guitare) et Pierre Lucbert (batterie) vont s’associer avec trois autres jeunes musiciens du CMDL ( Centre des Musiques Didier Lockwood où étudie encore Tom) pour explorer d’autres univers et élargir leur rayon d’action.

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La nouvelle formation entrera en studio chez Cryogène au mois d’août pour un CD de nouvelles compositions. Soutien à leur création à : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

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En attendant le TIG nous a offert un concert étincelant malgré, j’y reviens, l’acoustique complexe du lieu qu’ils ont pu avec l’aide de la régie maîtriser de mieux en mieux. Un set très engagé avec ses compositions jazz-funk, quelques belles ballades et bien sûr un « Mona » éblouissant.

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Un réel cadeau fait au public par ces quatre compères qui sont aussi des personnes d’une gentillesse et d’une simplicité rafraîchissantes.

Un grand succès pour cette première Fête de la Musique à la Grande Poste. Maintenant place à l’été, ses concerts et ses festivals ; je sens qu’on va se régaler !

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Liens :

Mélodious Tonk :

https://www.facebook.com/melodioustonk/

https://www.youtube.com/watch?v=GN1VJe6zb7I

Jean Marie Morin trio :

https://www.facebook.com/jeanmarie.morin.37

Jazzed Up :

https://www.facebook.com/jazzedupband

https://youtu.be/dIZJLPE3jPI

Tom Ibarra Group :

http://www.tomibarra.com/

https://www.facebook.com/TomIbarra.guitariste/

https://www.youtube.com/watch?v=kfpjXML1DCY

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

Le Tom Ibarra group épate le Club-House

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

samedi 17 décembre 2016, le Club-House (Bordeaux)

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Riche semaine musicale à Bordeaux et ses environs – le blog en a relaté certains événements – avant une petite pause pour les fêtes. Pour nous à Action Jazz c’est la fête toute l’année tant la diversité et la qualité de la programmation sont régulières, quand on privilégie le talent des musiciens par rapport au star système. Lui en fera peut-être partie un jour même si ce n’est pas forcément cela qu’il vise, mais il a tous les atouts en main pour y arriver. Du talent, de la créativité, car il compose, de plus en plus de présence sur scène, déjà quelques jeunes groupies sous son charme, car il en a le bougre. Lui c’est Tom Ibarra. Lui et eux, car sans ses trois excellents compères il ne serait pas sur cette pente ascendante.

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Le plus ancien, présent depuis ses débuts tout jeune sur scène, Jean-Marie Morin remarquable bassiste, Christophe de Miras aux claviers qui se révèle de concerts en concerts et l’autre jeunot de l’équipe qui lui aussi commence à embuer les yeux des jeunes filles le tonitruant batteur Pierre Lucbert qui a rejoint Tom au printemps ; la meilleure nouvelle de l’année.

Ce qui est rafraîchissant quand j’assiste à leurs concerts c’est que très vite j’ai le même âge qu’eux ce que ne me confirmaient pourtant pas les miroirs du Club-House hier soir. Plus sérieusement à un moment où le public du jazz, parents et alliés, a une fâcheuse tendance à grisonner l’arrivée de jeunes talents – le blog vous en présente d’autres régulièrement – fait un grand bien, car ils attirent un public plus jeune comme hier soir. Public nombreux en plus et ça aussi c’est une bonne nouvelle et pas forcément là par hasard le groupe commençant à avoir une certaine notoriété ; et vu le succès ça devrait faire boule de neige.

Action Jazz vous l’avez compris a un petit faible pour le Tom Ibarra group et ne rate pas ses prestations ce qui lui permet à chaque fois de constater les progrès et les nouvelles prises de risque. C’était le cas hier sur un répertoire qui est parfaitement rodé et qui permet d’aller plus loin dans les improvisations. Sur cette scène foutraque du Club-House, le bassiste et le batteur surtout étant repoussés quasiment backstage, ils s’en sont livrés à cœur joie. Circulant pas mal parmi l’assistance j’ai pu mesurer son étonnement de découvrir un tel niveau.

Tom Ibarra développe et étire ses chorus vers des sommets et, au delà de la grande technique qu’il possède depuis longtemps, il commence à vraiment transmettre son émotion avec sa belle Ibañez ; avant il ne jouait pas autant les yeux fermés, pénétré par sa musique, il a franchi un pas et ce n’est pas fini. Il travaille dur pour cela au CMDL (l’école Didier Lockwood) et un seul trimestre passé là-bas fait déjà son effet.

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Jean-Marie Morin est d’un soutien essentiel à cette musique – à qui on va coller l’étiquette jazz fusion pour simplifier – et en rythmique, en slap ou lors de ses chorus il est indispensable avec sa basse sur mesure, fabriquée par le luthier périgourdin Baptiste Vergnaud.

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Christophe de Miras a intégré le groupe il y a un an et a vraiment trouvé sa place. Toujours avec le sourire, il se lance désormais dans des chorus pleins de verve et de groove ; du fait de la disposition particulière de la scène il était hier soir en pôle position et ainsi très exposé. Il a drôlement assuré.

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Caché au fond dans la remise, Pierre Lucbert n’a pas eu besoin de forcer son talent pour malgré tout se faire remarquer. Son jeu est époustouflant, d’une grande richesse rythmique, frappe sèche, précise et groove fabuleux sont ses signatures. Tout ça avec une aisance apparente que seul un gros travail autorise. Lui aussi a un bel avenir, une fois terminées ses études au CNR de Bordeaux.

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Pour le répertoire il est à peu de choses près le même que lors du concert de mai au Caillou chroniqué par Dom Imonk et auquel je vous renvoie, c’est la façon de traiter les choses qui a été différente, encore un cran au dessus. http://blog.actionjazz.fr/tom-ibarra-quartet-au-caillou-le-280516/

Ces musiciens jouent le plus sérieusement du monde mais ne se prennent pas au sérieux, pleins de fraîcheur et d’humilité aussi et ça à souligner. Témoin ce rappel commencé par à un tribute to … Tino Rossi et son « Petit Papa Noël » avant de lâcher la bride des rennes et de faire débouler le traîneau à 200 à l’heure !

Longtemps que le Club House n’avait pas bougé comme hier soir !

Plein phare entre les deux tours (1/2)

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

La Rochelle, le vendredi 07 Octobre 2016

1ère partie : Tom Ibarra Groupe

Tom Ibarra : Guitare et composition

Pierre Lucbert : Batterie

Jean-Marie Morin : Basse

Christophe De Miras : Clavier

Nous sommes au «Festival Jazz Entre Les Deux Tours» dans sa 19ème édition. Il y a des ponts qui convergent et viennent se nicher ici Espace Bernard Giraudeau, pour partager l’histoire d’un soir les fruits de leurs éclosions musicales et oui, comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce soir deux jeunes rameaux qui s’épanouissent à leur manière sont mis à l’honneur …

D’abord il y a Tom Ibarra Quartet, coup de coeur du festival et pour cause …

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Tout juste 17 ans compositeur et virtuose de la guitare, endorsé (Ibanez Guitars, Roland & DV Mark) allié à ses attachants compères et formidables musiciens eux aussi. Pierre Lucbert aux tous frais 20 ans, à la batterie, endorsé (Yamaha), Jean-Marie Morin à la basse et Christophe De Miras au clavier.

Ce soir Tom pousse plus loin encore ses limites pour donner davantage de consistance à son jeu, du relief et de la profondeur viennent auréoler un style déjà bien affirmé.

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Qu’il se pose la question ou non, Tom connait son chemin, perçoit sa destination. Il avance pas à pas comme chaussé de bottes de sept lieux, nous mène par le bout du coeur et de l’oreille dans son sillon et pense à dire au passage « thank you Bob » (hommage à Bob Berg) … C’est un hommage qui en appelle un autre avec un « So What » personnel et éclatant en voix de guitare pour dire à sa façon, respect Monsieur Davis. Lorsque soudain, arrive un magnifique orage accompagné de ses éclairs pour un solo batterie de Pierre Lucbert.

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Plus rien ne bouge, jusqu’a ce que surgisse au détour d’un chemin, « Monsieur chat » dans toute sa splendeur fier et élégant il daigne tout de même nous accorder son félin regard avant de prendre la poudre d’escampette pour se jeter aux bras de la douce et tendre « Mona » qui ne rêve que d’une lointaine « Exotic city »…

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  • Question
  • Thank You Bob
  • So What
  • Solo batterie
  • Mr Chat
  • Mona
  • Exotic City

2ème partie : Panam Panic Featuring Beat Assailant

Robin Notte : Fender Rhodes – Piano

Max Pinto : Sax ténor

Julien Alour : Trompette – Bugles

Julien Herné : Basse

Aurélien Lefebvre : Batterie

Adam Turner (Beat Assailant)

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De quoi vous tenir éveillé toute une nuit sans caféine avec une telle équipe ! Soudée comme un seul homme dans un alliage à la fois souple et résistant qui partage maintes influences musicales, dont Jazz Funk, Groove, en passant par le Rap qui s’invite en beauté !

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Ce soir toutes ces sonorités se mêlent avec soin dans une composition générale absolument chatoyante aux extraits de calme vif et de vif éclatant. Nous sommes dès le début propulsés dans un drôle de vaisseau au rythme d’une trompette lumineuse et aérienne qui tranche dans le vif du silence, soutenus par un sax qui nous plaque et nous charme totalement. Maintenue suspendus pour le reste du concert où le clavier souffle la pluie et le beau temps. Il est clair que le soleil n’a pas voulu se coucher ce soir et nous non plus !!!

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Tom Ibarra Quartet au Caillou le 28/05/16

Par Dom Imonk, photos Thierry Dubuc

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Tom Ibarra Quartet

Il n’y a pas que le Petit Poucet qui sème des cailloux pour retrouver son chemin, Tom Ibarra fait ça très bien aussi, il en a même retrouvé un gros, le Caillou du Jardin Botanique, dans le ventre duquel il s’était déjà produit il y a à un peu plus de trois mois, avec un quartet pour moitié renouvelé, se cherchant encore un peu, mais qui annonçait la couleur future du groupe. C’est le dernier concert du Printemps de Music [at] Caillou, avant que ne démarrent les très attendues Estivales dès le 1° juin. Beaucoup de monde pour cette ultime soirée, il y en a dedans, qui se régalent déjà de mets gouteux et de fins élixirs, d’autre préfèrent le grand air, mais les oreilles aux aguets. Le quartet c’est donc toujours Tom Ibarra à la guitare et aux compositions, Pierre Lucbert à la batterie, Christophe de Miras aux claviers et Jean-Marie Morin à la basse électrique. Ils sont tout sourire, pas de stress, mais aux regards entendus que l’on croise, quelque chose nous dit qu’on va passer une soirée mémorable, si l’on se souvient du feu qu’avaient mis début Mai ces quatre diables au Siman Jazz Club, dont on salue au passage l’équipe de passionnés.

Un premier set particulièrement riche a mis le public en condition, en piochant des thèmes de « 15 », l’album de Tom sorti fin 2015. L’énergie du live transfigure les « Be careful » , « Mr Chat » et autres « Thank you Bob » (dédié à Bob Berg). Ils sont développés et dévoilent à chaque fois une âme neuve, alors qu’on se délecte des petits nouveaux, de vrais brûlots, qui se rodent au mieux comme« I’m sick », « Question », « Inside » et « My Red Book », envoutante allusion au projet « Jazz India » dont on reparlera. Autant dire que ceux qui ne connaissaient pas en ont pris pour leur grade et sont repartis le cd dédicacé sous le bras, même si d’aucuns ont pu trouver le groupe un peu sous-sonorisé au début, mais ça s’est arrangé par la suite. Il est clair que depuis sa refondation, le quartet a gagné en cohésion et en rigueur, ce qui renforce l’impact de la musique, servie par un son de plus en plus affuté et évolutif. Chacun est à sa place pour alimenter le groove d’une musique qui, de façon presqu’imperceptible, précise son essence, parée d’habits jazz-funk, voire soul, en délaissant tant soit peu l’écharpe fusion des tout débuts.

Le deuxième set a carrément mis l’aiguille dans le rouge en ouvrant avec le « So what » de Miles Davis, très pêchu et funky. Mais de petits soucis techniques sur le clavier ont agacé le groove qui, n’y tenant plus, est reparti de plus belle dès les choses réparées par Benoît Lamarque, bienveillant maître des lieux. Résultat des courses, un son gros comme ça, de la patate dans tous les virages et un final sur le « Billie Jean » de Michael Jackson, plus funky que soul cette fois-ci, ingrédients savamment épicés qui ont achevé la conquête d’un public qui n’en revenait pas. Et il n’avait d’ailleurs pas tout vu, car d’autres nouveautés sont venues enfoncer le clou dans le sol d’un Caillou réjouit, comme « The notes », « The Lego », dédié à un fan anonyme, et « Death », autre extrait gorgé de spiritualité, tiré du projet « Jazz India ». C’est un « Mona » au feeling encore renouvelé et plus profond, qui est venu conclure ce set. Morceau mystérieux, le petit secret de son auteur…

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Christophe de Miras et Jean-Marie Morin

Le groupe évolue et murit en mode accéléré. Chaque concert  réserve sa part de surprises et de petits signes témoignent de ces changements, comme par exemple le jeu expert de Christophe de Miras, qui privilégie de plus en plus des envols jazzy, teintés de groove vintage, laissant à Jean-Marie Morin et sa superbe basse six cordes au son de velours, le soin de garder le temple du fusionnel dont ses lignes longues et racées raffolent. Quant à Tom Ibarra et Pierre Lucbert, leur complicité les soude d’une joie évidente de jouer dans l’échange incessant, et chacun sourit sans retenue des trouvailles de l’autre, qui jaillissent d’un peu partout. C’est presqu’un spectacle dans le spectacle. On ressent de plus en plus une sorte de gémellité entre eux, voire une « union sacrée ».  Je chipe « le diamant s’affine » à ma voisine, et c’est tout à fait ça. Du haut de ses 16 ans, Tom Ibarra est, rappelons-le, endorsé par Ibanez, mais son jeu s’est enrichi du soutien de la marque Roland. En effet, il utilise désormais un GT 100 (Boss) qu’il manie déjà à merveille pour offrir un nouveau son particulièrement riche et profond, ceci s’accordant à ravir à son souhait de jouer moins de notes, laissant toute la lumière à celles qui demeurent. Il nous a encore enthousiasmés par la limpide beauté de son jeu, sa justesse, mais aussi par sa direction de groupe très précise. Quant à Pierre Lucbert, c’est un batteur qui impressionne par sa déconcertante facilité à nourrir d’un drive riche et puissant le groove du quartet, et à savoir aussi gérer les accalmies. Alternances de climats parfaitement maitrisées, petits roulements par-ci, gros breaks ajustés au millimètre par-là, bref, ce n’est pas pour rien qu’à 19 ans, il est le plus jeune endorsé de la marque Yamaha, et qu’il a récemment obtenu son DEM Musiques Actuelles avec d’excellentes notes.

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Tom Ibarra

Pierre Lucbert

Pierre Lucbert

Comme si ces quatre garçons n’avaient pas suffisamment mis le feu au Caillou, deux rappels torrides ont suivi, avec « Exotic City » et le « Happy » de Pharrell Williams, qui ont sérieusement ravivé les braises de ce jazz-funk agile et efficace en diable. Et, croyez-le ou non, à peine la scène quittée et une ovation d’un public ébahi, que voici déjà de retour Tom, aux claviers, et Pierre à la batterie pour une sympathique jam improvisée, histoire de remettre le couvert du groove, alors que Christophe et Jean-Marie les rejoignent bien vite. Une sorte d’after-show de folie, dont le grand Prince était friand, on pense très fort à lui. Ne soyez pas tristes si vous avez loupé leurs concerts, le Tom Ibarra Quartet sera le 04 juin à Molières (Dordogne), le 06 juillet au Club House Rugby à Bordeaux (Ancien Comptoir du Jazz), le 23 juillet au Festival de Jazz de Saint-Émilion et le lendemain au Festival de Jazz d’Andernos.  Et le 02 septembre, ils seront de retour au Caillou du Jardin Botanique dans le cadre des Estivales 2016 !

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Tom Ibarra Quartet

Tom Ibarra

Le Caillou du Jardin Botanique

Tom Ibarra Quartet au Caillou le 20/02/16

Par Domimonk, photos Thierry Dubuc

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Ce samedi, c’était le retour du Tom Ibarra Quartet au Caillou du Jardin Botanique, lieu indispensable à la vie du jazz et musiques alliées à Bordeaux, il faut le dire et le répéter ! La salle est pleine à craquer et fourmille de fans irréductibles de ces sonorités, les parents et amis sont là, les yeux luisants d’impatience. Des quelques concerts passés de Tom Ibarra, on sentait qu’il y avait un devenir certain dans la démarche musicale du jeune homme, et une éclosion irrésistible de son talent. Cela s’est confirmé par la récente sortie de son tout premier album « 15 » (*), proposant de belles compositions qui seront en partie jouées ce soir. L’évolution qu’un jeune groupe peut vivre, s’accompagne souvent d’un « tumulte » créatif qui se retrouve dans les arrangements que l’on peaufine, d’un concert à l’autre, dans des sonorités qui varient, mais aussi quelquefois dans un choix de musiciens différents. Ainsi, Christophe de Miras a tout d’abord remplacé Thibault Daraignes aux claviers, puis c’est Pierre Lucbert qui prend désormais la suite de Thomas Galvan à la batterie. Saluons avec respect et amitié Thibault et Thomas pour leur talent et le beau travail accompli aux côtés de Tom, et souhaitons-leur qu’une belle carrière s’ouvre à eux aussi, ce qu’ils méritent amplement.
Le concert a débuté sur les chapeaux de roues par un « I’m sick » qui a posé le décor et ne donnait pas l’impression, malgré son titre, que tous ces jeunes gens soient le moins du monde malades, bien au contraire ! Le quartet commence à chauffer l’espace et « Distance » et « Exotic City », un vrai tube, accélèrent la cadence. D’entrée, on sent une réelle entente entre tous, quelques clins d’yeux échangés ça et là, au moment de breaks ou de reprises, confirment que, même s’ils confient ne pas avoir beaucoup répété, tous sont en phase et bien dans leurs baskets, pour ce jazz groove frais et très énergisant. Se révèle aussi une complicité particulière naissante, entre Tom Ibarra, jeune endorsé de la marque Ibanez, et Pierre Lucbert, qui lui est endorsé par Yamaha. Ils se sont déjà rencontrés et ont joué sur la scène Action Jazz de la fête de la Musique à Bordeaux, en Juin dernier, Tom et son quartet de l’époque, et Pierre, d’abord au sein du groupe jazz soul de Marine Garein-Raseta, puis avec la formation plutôt jazz funk Hyperloops. Gageons qu’ils avaient certainement du mutuellement s’observer et se dire qu’un jour peut-être, ils joueraient ensembles. Retour au concert, on joue maintenant « Thank you Bob », une belle composition de Tom, dédiée au grand Bob Berg. Émotion, calme et paix. « Inside » suit et c’est un « So what » de folie, notre bon Miles ne l’aurait pas renié, qui clôt le 1° set, avec, grosse cerise sur le gâteau, « Billie jean », brûlant tatouage soul, qui fait de ce final un vrai « thriller » jazz funk.

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Un petit break, et voici nos garçons de retour guillerets, pour un 2° set qui démarre avec « Mr Chat » et « Be careful », deux cartouches bien affutées, des tubes là aussi, où le quartet s’en donne à cœur joie, s’étant rodé lors de la première partie. Ne vous fiez pas au sourire de Jean-Marie Morin, le bassiste en profite pour vous assener de solides lignes de basse, charpentant la musique d’un groove souple et élégant, qui claque parfois en mode funk, en télépathie avec le batteur. Sourires aussi de Christophe de Miras, qui, après avoir résolu quelques difficultés de son, a pu délivrer de belles parties de clavier assez fusion, des chorus inspirés, alternant avec la jazzité servie sur un plateau par ses beaux sons de piano.

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Escale au port de la sérénité pour un superbe « Death », en mode mid tempo, composition de Tom, tirée du projet « Live & Death », formé lors de son récent voyage en Inde, avec de jeunes musiciens du cru. Elle s’enflammera vers la fin, illuminée de vie. Autre thème inédit dédié à un anonyme, « Le Discret », un jazz funk bien huilé impeccablement joué par la bande, qui est en mode « échappement libre », le rodage étant chose passée. Sachez que non, Tom Ibarra n’est pas Mao, mais ça ne l’a pourtant pas empêché de nous proposer, juste avant les rappels, un « My Red Book » bourré d’enseignements. Le public est enthousiaste, il n’en croit pas ses oreilles, nous non plus ! Deux titres en cadeaux, «Mona », tendre et gorgé de feeling, et un 2° « Exotic city », speedé, brûlant comme de la braise. Le quartet nouvelle formule a impressionné le Caillou, Tom et Pierre se sont jaugés et entendus, ils se sont trouvés. Ils ont chacun superbement joué, rythmique, chorus, magnifiques envolées de guitare pour l’un, polyrythmie experte et maitrisée des futs et cymbales pour l’autre, du grand art, en totale harmonie avec la toile savante tissée par la basse et les claviers, et ce, sur des compositions bien nées qui fédèrent. Une soirée magique, la leçon donnée par la jeunesse, on en redemande, mais on sait déjà qu’il y en aura d’autres, on y sera, nombreux !

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Tom Ibarra
(*) Chronique de « 15 » dans la Gazette Bleue à paraître début Mars.
Tom Ibarra quartet, récompensé « Espoir Action Jazz 2016 » au 4e Tremplin Action Jazz samedi 30 janvier 2016 au Rocher de Palmer.