Capucine au festival « Jazz et Garonne » de Marmande

Le 6 octobre 2017 au 180 à Sainte-Bazeille, chronique de Fatiha Berrak, Photos de Thierry Dubuc

Thomas Gaucher – guitare,

Félix Robin – vibraphone,

Louis Laville – contrebasse,

Thomas Galvan – batterie

 

Ah ! Quel plaisir de nous retrouver de nouveau pour le festival « Jazz et Garonne » et quelle chance d’avoir près de Bordeaux des voisins amoureux fous de musique pour nous ouvrir leurs portes en cette saison. C’est bon cette lueur flamboyante qui danse dans les yeux de nos hôtes et toute l’harmonie qui va avec, pour faire en sorte que chacun se sente parfaitement bien, j’allais dire, « simplement » malgré le travail d’organisation que cela représente, pour les maîtres de cérémonies.

Eric Séva, magnifique musicien et Myriam Esparcia, sa charmante manager, nous accueillent ce soir à la médiathèque de Marmande, pour l’inauguration de l’exposition de photos du collectif « Blue Box » créé par Alain Pelletier, Thierry Dubuc et Philippe Marzat, qui se tiendra jusqu’au 15 Octobre prochain, date de la fin de la 7eme édition du festival.

À noter également, la sortie du nouvel album d’Eric Séva « BODY AND BLUES » à écouter absolument!.

Après quoi nous nous sommes tous rendus au  « 180 » à Sainte-Bazeille, c’est une vieille bâtisse rénovée vaste et cosy à la fois. Sandrine et Eric, le jeune et sympathique couple de créateurs de ce lieu, nous reçoivent à l’heure du dîner, d’ailleurs bon nombre de spectateurs se régalent déjà … Avant d’apprécier le décor original,  nous sommes immédiatement attirés par la grande et belle scène placée au fond de la salle. Il y a aussi les habitués de ces rendez-vous musicaux et des découvreurs heureux et pour cause, ce soir est consacré au talent incontestable du groupe bordelais « Capucine » lauréat du dernier tremplin Action Jazz.

Et bien justement, les voilà installés prêts à entamer avec enthousiasme et sérénité les belles compositions de Thomas Gaucher, entrecroisées de quelques standards. Tissés avec finesse et soin, sur un sillage particulier de crescendo bien dosé, l’accent musical épuré de Capucine s’exprime avec diverses influences mais tend vers le modern jazz.

D’abord, il y a « Eva » de Tim Green qui vous emporte sans vous le demander, dans le mouvement d’une vie trépidante et puis il y a « le chemin des barres » en hommage au grand-père de Thomas, qui débute en rythme lent de l’enfance, puis s’éclaire et s’anime, les notes dorées de guitare s’envolent avec vigueur et se voient cernées par celles du vibraphone, jongleur cristallin et pétillant, soutenus avec élégance par la contrebasse et la batterie en charpente fine et élancée.

Évidemment, tout le monde ici y trouve son compte en bonheur ! Il y a aussi et entre autres jolis moments, « Rosetta » Ah! Lorsque la muse est là tout va! Qu’elle soit vêtue de jean ou de taffetas, de velours ou de soie, tout ce qui compte, c’est qu’elle soit là, sous le lamé, le satin ou le lin, tant mieux parce que ce qu’elle préfère, ce sont les rivières de notes qui l’enveloppent à sa manière. Il y a encore « Casa Pino », l’instant gourmand, souvenir d’un resto sympa désormais fermé.

Sur un air quelque peu nostalgique du bon temps passé, presque plongé dans un film en noir et blanc, voici les bons jours retrouvés, où la joie danse entre plats et les couverts. Le goût des notes papillaires est sucré et léger, lorsque vient le café chaud qui s’excite dans sa tasse aux couleurs d’une Afrique rayonnante sans bracelets ! Une chose est certaine, c’est que ce soir Capucine nous a régalés !

Jam Jazz Bordeaux – Rentrée 2017/2018

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

Quand arrive Septembre et ses rentrées plus ou moins gaies, il faut bien se faire une raison, c’est la reprise ! Alors pour se consoler, rien n’interdit de lorgner un peu sur les soirées de ce qui est encore un peu l’été. Et là, bizarrement, le sourire revient vite si l’on parle des concerts à venir, mais aussi et surtout, des fameuses « jam » jazz, car il s’en passe de bien bonnes dans le Bordeaux by night, on est ravi de les retrouver et la saison 2017/2018 se présente au mieux. Tout a commencé pour nous le 1° septembre au Bar l’Avant-Scène au 42 Cours de l’Yser, où le mystérieux trio « Mimoon » doit y démarrer les hostilités. Ici, on aime aussi le rock, comme en témoignent quelques affiches, AC/DC, Frank Zappa etc… Un lieu très accueillant et chaleureux, vraiment ouvert à toutes influences. « Mimoon » c’est Clément Bourciquot à la batterie, Félix Robin au vibraphone et Louis Laville dit « Vendeen » à la contrebasse, ces deux loustics formant la moitié du groupe Capucine. Le concert est filmé par Jérôme Mascotto, saxophoniste qu’on retrouvera plus tard, et féru de cinéma. Les choses jazz vont déjà bon train, les standards se bousculent et s’étirent avec  passion, alimentés de chorus et d’échanges qui instaurent une ambiance club dans laquelle on se sent bien.  Les « jam addicts » sont arrivés, et c’est du costaud ! Mathieu Calzan, qui investit le piano droit du bar et en titille avec délice l’ivoire, Louis « Cash Express © » Gachet (from « SF »), qui dompte sa brûlante trompette à la « hubbarde » et en extirpe des sons très « shaw », Jérôme Mascotto donc, et son beau saxophone tout neuf, et ce son engagé et chaleureux qui est sa marque. On n’oubliera surtout pas les « drumming » impeccables que distillent tour à tour Yoann Dupuy et Thomas Galvan, ainsi que la finesse de la contrebasse de la douce Marina Kalhart, qui nous quitte pour Copenhague (mais que l’on reverra), fidèle de ces jam et dont on avait apprécié le récent projet « Melodious Tonk » en trio avec le batteur Simon Lacouture et le guitariste Patrick Bruneau.

Mimoon Trio

Clément Bourciquot et Marina Kalhart

La semaine suivante, cette joyeuse animation n’allait certes pas se calmer, vu que dès le lundi, ce fut au tour de Thomas Despeyroux, exquis batteur et grand artificier de la jam bordelaise, d’ouvrir celle du Café des Moines au 12 rue des Menuts, pour laquelle il a invité deux jeunes pointures de la scène parisienne : Simon Chivallon aux claviers, que l’on connait bien chez nous (Edmond Bilal Band, Alexis Valet 4tet & 6tet, Gaëtan Diaz 5tet, JarDin…), et Gabriel Pierre à la contrebasse, excellent musicien et hyper actif dans foule de jams parisiennes, mais que l’on a aussi grandement apprécié à Marciac, au sein du trio d’Alexandre Monfort. On a plaisir à le retrouver le lendemain pour une nouvelle jam jazz, organisée elle aussi par Thomas Despeyroux tous les mardis en un nouveau lieu : Le Bad Motherfucker Pub (ce nom !) 16 Cours de l’Argonne. Accueil sympathique, salle assez vaste avec un beau billard tout au fond, on peut grignoter et la bière est bonne, bref. Il nous propose un trio très pointu et bien en jambes, d’autant qu’il marque le retour de Guillaume « Doc » Tomachot en excellente forme, qui nous gratifiera d’un suprême chorus enflammé sur le « Mr P.C. » du Trane, son sax est chaud bouillant ! Pour la jam arrivent un batteur mystérieux, mais aussi Alexis « Elastic » Cadeillan qui s’empare de la basse et va la faire danser, ainsi qu’à ses côtés le fort talentueux Rémi Dugué-Luron, armé d’une guitare acoustique électrifiée un peu vintage, dont il extirpera les plus beaux sons de son âme manouche.  Superbe entente improvisée qui fait de cette première une réussite, on y reviendra !

De g à d : Gabriel Pierre, Thomas Despeyroux et Guillaume « Doc » Tomachot.

Jam Badmotherfucker Pub

Le lendemain mercredi, c’est probablement la jam jazz la plus en vue de Bordeaux, la « Jazz Night Session » du Quartier Libre (lequel fête d’ailleurs ses deux ans d’existence !), 30 rue des Vignes aux Capus, tout ça grâce à Julian et son équipe, qui y ont cru dès le début mais aussi à celui dont c’est presque la fille spirituelle, Thomas Despeyroux, vrai « master of ceremony » que revoila en super forme, à la tête d’un quartet sacrément musclé. Avec lui on retrouve Guillaume « Doc » Tomachot visiblement ragaillardi par la soirée d’hier, il le prouvera tout au long du set, alors que la belle Laure Sanchez tient la contrebasse et nourrit le groove, son associé de trio Robin Magord s’y entendant à merveille pour faire jongler les bulles herbiennes. Tout fonctionne au quart de tour et cette superbe mécanique jazz poursuivrait bien sa route dans la nuit, si dame jam ne piaffait pas d’impatience à venir en découdre avec la note bleue improvisée. Ce soir c’est noir de monde et les musiciens sont légion. Alexis Valet a laissé son vibraphone à Paris, mais le clavier encore tiède de Robin Magord n’a pas de secret pour lui, alors il s’en empare avec élégance, bien décidé à ne pas s’en laisser compter et à en tirer les phrases perchées que l’on aime chez lui. La bande des aficionados est réunie pour écouter ses potes ou s’en donner à cœur joie sur scène. On cite Marina Kalhart, Louis Gachet, Mathieu Calzan, Jéricho Ballan, Louis Laville, Félix Robin et surement quelques autres… Vous ne croyez tout de même pas qu’ils allaient laisser passer une telle occasion, mince, c’est la rentrée ! Soirée de rêve dans un torrent jazz bien fresh, jusqu’à tard dans la nuit, ce sera dur de se lever le lendemain, mais quel pied ! Puisqu’on parle du Quartier Libre, profitons-en pour rappeler qu’il offre aussi une table inventive et gouteuse, et qu’en plus d’une riche programmation de concerts en tous genres, où ne sont pas oubliés le rock, le slam, l’electro, l’avant-garde, bruitiste ou pas, bref, tout ce qui sonne « mutant sound », d’autres jams que celle jazz s’y tiennent comme la « Jam Old Jazz » (le mardi), la « Jam Blues Funk » (tous les 1° jeudis du mois) et la «Soul Jam Party » (le samedi) , alors ne les manquez surtout pas !

 

De g à d : Thomas Despeyroux, Guillaume « Doc » Tomachot, Laure Sanchez et Robin Magord.

De g à d : Jericho Ballan, Louis Gachet, Louis Laville et Alexis Valet.

Le jeudi de la semaine suivante, nous voici rendus au Starfish Pub, 24 rue Sainte Colombe. C’est la rentrée d’une jam qui existe depuis un an et s’y tiens les 1° et 3° jeudis du mois. Menée par le groupe Capucine – on ne présente plus Thomas Gaucher, Félix Robin, Louis Laville et Thomas Galvan – les festivités sont reconduites pour la nouvelle saison et on s’en réjouit ! La journée a été rude pour certains car il y avait audition au Conservatoire tout proche, sous la houlette de l’invité du soir, Julien Dubois, leur professeur et aussi leader du groupe JarDin. Nos musiciens arrivent fourbus, mais ils n’en laisseront rien paraître tout au long d’un set consacré au grand Wayne Shorter, dont on fêtait en août les 84 ans ! Peu de thèmes mais magnifiquement développés et un Julien Dubois au jeu riche, militant et combatif, et quelque fois risqué, sa patte « mbase » ressortant par moment ses griffes pour aciduler ses remarquables phrases, dont certaines un soupçon free style. La fatigue a comme disparu et Capucine tient bien le rythme, le flow et les chorus assurent, nos quatre jeunes gaillards rendant élégamment honneur à leur professeur, même si les doigts de Vendeen sont en surchauffe. La jam va suivre et ça va jouer du feu de Zeus jusqu’à pas d’heure ! Quelle énergie, quelle passion, quelle force collective ! On a retrouvé là toute la « bande » déjà croisée précédemment, avec de nouvelles têtes comme Mathieu Tarot et David Bonnet à la trompette, Joseph Rouet-Torre à la guitare et Alexandre Aguilera, sans sa flûte car il a décidé de reprendre son sax pour les jam, et c’était très réussi pour une première ! Bordeaux, la « belle endormie » ? Pas si sûr ! Ces jams le prouvent et vous font de l’œil, ne vous en détournez pas ! Tous ces lieux et ces musiciens vous ouvrent en grand les portes de leurs nuits étoilées ! Alors n’hésitez pas, venez donc y faire un tour, ils n’attendent que ça, et vous ne serez pas déçus !

Capucine et Julien Dubois

Jam Starfish

Jérôme Mascotto et Mathieu Calzan

Jam Starfish

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

barlavantscene.fr

cafedesmoines33.com/

quartierlibrebordeaux.com/v2

starfishbordeaux.fr

 

Un dimanche aux 24 heures du Swing

par Philippe Desmond, texte et photos.

Nous vivons dans un drôle de monde, drôle au sens de pas drôle. Suprématie des « grands » médias, principe de précaution, plan Vigipirate, risque zéro (tu parles…), une ode au repli sur soi. Bienheureusement certains résistent , jouent les villages gaulois comme dans cette belle bastide de Monségur, au fin fond de l’Entre deux Mers mais si près de Bordeaux et d’ailleurs. Je parle des organisateurs des 24 heures du Swing qui depuis plus de 25 ans prennent eux des risques. Ils en ont été récompensés, car alors qu’une alerte orange sévissait sur notre belle Gironde, que nous étaient promis des orages terribles, des déluges de pluie et de grêle, que justement ces foutus « grands » médias et leurs bulletins météo alarmistes nous incitaient à nous calfeutrer dans nos caves. Malheureusement je suis sûr que certains ont été refroidis par cette pleutrerie organisée, et bien ils ont eu tort !

Après deux jours de festival que je n’ai pas pu avoir la chance de suivre, la journée du dimanche s’annonçait festive et variée, elle le fut.

Arrivé trop tard pour une messe gospel mémorable m’a t-on dit, c’est à la Guinguette que j’ai pris mon café au son du trio French Quarter et leur jazz New Orléans, entourés de danseurs de swing entamant leur marathon. A noter les œuvres du sculpteur Freddish parsemant le festival.

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Un petit tour sous la halle – une merveille dans le genre – avec le Combo des classes jazz du collège de Monségur. Créé en 2002 à l’image de celui de Marciac, il est une étonnante pouponnière de talents. Le temps d’un « Watermelon Man » bien funky et d’un « All Blues » très groovy arrive l’heure de l’apéritif sous les arcades.

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J’y retrouve trois amis et nous voilà plongés dans l’univers de Bullit, un quartet très sixties jouant du Lee Morgan, Wes Montgomey, Horace Silver… avec un son très marqué par cette instrument que j’adore, un orgue et sa cabine Leslie. Amis, apéro, bonne musique, what else….

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Ce moment comme son nom le suggère nous ayant mis en appétit nous nous retrouvons à table au stand du boucher local où nous dégustons un pavé de bœuf d’un autre monde. La chance d’avoir à notre table l’organisateur du festival Philippe Vigier venu nous rejoindre, étonnamment calme et serein, lui en charge d’une si grosse machine qui se prépare déjà depuis presque un an. Un combo du collège assure sous la halle notre fond sonore, et là-bas l’assistance est importante pour les soutenir.

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La halle justement nous y repartons et assistons avec émotion à un moment très touchant avec la prestation des Percutemps . Les résidents du foyer de vie pour adultes handicapés de Monségur viennent restituer les travaux de leur atelier de percussions. Quelle belle initiative et quelle prouesse de réussir à faire se produire en public des personnes souvent très repliées sur elles-même.

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Action Jazz est dans la place et pas peu fière de voir s’y produire le gagnant de son dernier tremplin, le groupe bordelais Capucine. Pas forcément le type de salle à leur convenance avec ce volume énorme, cette structure métallique pour leur musique de cristal, mais une magnifique prestation pleine de fraîcheur, avec bien sûr leurs propres compositions et une surprenante reprise des Beatles, « Norvegian Wood ». Et un moment spécial pour Louis Laville, le contrebassiste, ancien élève du collège local, jouant sous les yeux de son ancien professeur François Mary, celui-ci me confiant sa fierté.

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Mais vite il faut filer place des Tilleuls car le Hot Swing Sextet est déjà en train de mettre le feu, remplissant la piste de danse. Le public arrive cette fois en masse et à l’ombre des tilleuls – et oui il y a du soleil messieurs les météorologues – l’ambiance monte. Ce groupe bordelais est magnifique capable de faire bouger les plus timides et leur spectacle est toujours un festival plein de gaieté.

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Fin du set, retour vers la halle avec Amam’s Family de l’atelier musiques actuelles de Monségur. Autour de trois pros, François Mary (basse), Célia Marissal et Mathieu Grenier (chant) de jeunes musiciens dont un jeune chanteur, un petit Prince qui nous livre une superbe version de « Kiss ». Ça groove, ça funke, ça promet !

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Il paraît qu’il y a une super chanteuse aux Tilleuls alors on repart. Quel métier ! En effet la nommée Leslie Lewis chante et même très très bien ! Quelle découverte pour moi !

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Accompagnée d’un trio du feu de Dieu celui du pianiste Philippe Duchemin elle va faire un tabac. « Feeling Good » attaqué a cappella me donne la chair de poule, son « Lady is a Tramp » n’a quasiment rien à envier à la version d’Ella, son scat est parfait. Merci à Philippe Vigier de nous avoir fait connaître cette belle artiste.

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Señor Météo a décidément tout faux, le temps est au beau, juste ce qu’il faut pour faire pousser les haricots, rouges en l’occurrence. Les Haricots Rouges sont de retour à Monségur.

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Le groupe formé en 1963 a bien sûr vu sa composition évoluer mais le sextet actuel a déjà de la bouteille, ce qui dans ce cas et comme à Bordeaux est une qualité. Véritable institution du jazz New Orléans,  ils sont capables, grâce à leur talent de musiciens et à leurs pitreries, d’emballer le public, grand ou de spécialistes, avec une bonne humeur communicative.

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Le jazz on l’oublie trop souvent c’est aussi la fête ! Pour clôturer le festival et dans ce lieu magique de la place des Tilleuls c’était un choix idéal.

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Et bien voilà on a survécu à cette alerte orange, rouge donc vers la fin ! Des bénévoles se donnent du mal pour nous faire du bien, aidons les, soutenons-les, sortons, communions, communiquons ! Bravo à eux et un grand merci de nous faire vivre des journées pareilles.

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Il faut rentrer vers Bordeaux maintenant, quoi faire ? Un tour au Molly Malone’s le trio de Thomas Bercy y accompagne le chanteur américain Jack Pollard en tournée en France. Voix de velours, crooner plein de charme et un trio au top comme d’habitude, voilà une journée qui se termine en apothéose.

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Capucine’s Jam n°3 au Starfish Pub le 17/11/2016

Par Ivan Denis Cormier, photos Dom Imonk

Capucine Quartet feat. Louis Gachet (tp)

Capucine Quartet feat. Louis Gachet (tp)


En jazz comme en politique, pour bousculer la hiérarchie, se faire une place au soleil, il faut  des tueurs, instinctifs mais intelligents, de préférence roués, fins stratèges, persévérants et impitoyables, animés par de vrais projets personnels et collectifs. S’ils ne sont pas encore arrivés au sommet de la pyramide, les musiciens de Capucine en prennent assurément le chemin.
La cohésion du groupe est la condition première. Dressons l’oreille, car nous avons affaire à une meute habile, structurée et organisée, qui ne tombe pas dans les pièges grossiers, économise sa salive, son souffle, son mouvement et progresse sournoisement, implacablement. Les adeptes de la volubilité et du jeu irréfléchi devraient en prendre de la graine. Gare à ces jeunes loups, dont le goût s’affine et l’appétit grandit, qui ont déjà ravi la vedette aux vieux loups solitaires et s’apprêtent à détrôner les mâles dominants.
Malgré tout le respect qu’ils portent aux anciens, envers lesquels ils reconnaissent qu’ils ont une dette sacrée (ils en ont repris les codes d’honneur et les tics de langage musical, ils ont aussi assimilé les signes de ralliement, ayant dès le départ prêté allégeance à la race des jazzmen pour mieux en phagocyter l’âme et le swing, ils se sont dernièrement ralliés à la tribu des hard-boppers…), ils s’attaquent désormais à Wes Montgomery comme à Freddie Hubbard.
Ils s’approprient avec audace des territoires longtemps considérés comme des chasses gardées, gravissent des pentes harmoniques réputées casse-gueule, et poussent leurs hurlements toujours plus fort et plus loin, se calmant parfois pour hululer une ballade langoureuse. On se dit qu’ils ne seraient pas mécontents de pousser à l’exil les musiciens vivants moins intrépides ni même de reléguer aux oubliettes les symboles mythiques d’un passé glorieux. Méfiez-vous, se sont-ils déguisés en Freddie Hubbard 5tet pour mieux vous croquer ? En tout cas, le charme opère, et on se laisse volontiers dévorer par une passion commune.

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 La Jam, ils se reconnaîtrons !

Retrouvons-les donc le jeudi 01/12/2016 au Starfish Pub, 24 Rue Sainte Colombe à Bordeaux, de 21h à 1h du matin, pour un tribute à Julian « Cannonball » Adderley, avec en invité spécial,  le saxophoniste  Jonathan Bergeron.

Par Ivan Denis Cormier, photos Dom Imonk

http://capucinequartet.wix.com/jazz

http://www.starfishbordeaux.fr

Capucine’Jams au Starfish Pub, Bordeaux 2016

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (13/10) et Dom Imonk (03/11)

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The Starfish Pub est un endroit bien accueillant, situé au centre-ville, 24 rue Sainte Colombe, dont la nouvelle spécialité est de proposer, outre une belle carte de bières, des concerts et jams jazz un jeudi sur deux, de 21h à 1h du matin. Un nouveau lieu du jazz à Bordeaux, et quatre heures de musique quasi non-stop, pas mal ! Ceci à l’initiative d’un groupe qui monte, le Capucine Quartet, que nous avions déjà eu le plaisir de voir à l’œuvre, il n’y a pas si longtemps au Quartier Libre (cf chronique Blog Bleu du 07/06/16). Thomas Gaucher (guitare) et Félix Robin (vibraphone), principaux compositeurs du quartet, avaient proposé l’idée à Juliette, programmatrice du lieu et fervente habituée des jam sessions londoniennes. Elle avait été emballée par cette perspective. Le but est simple, faire de ces évènements des occasions de rencontre entre divers musiciens, sur des thèmes et musiques variés, moyen pour Capucine de faire mieux connaître de talentueux musiciens, mais trop éloignés des feux de la rampe, et gagnant à être connus. Les festivités ont donc démarré le 13 octobre et ce soir-là, le quartet s’est carrément payé le luxe d’un concert basé sur l’intégrale d’un album culte de Wes Montgomery et Milt Jackson : « Bags meets Wes ». Jouée avec beaucoup de cœur et de ferveur inventive, cette musique a pris un sérieux bain de jouvence, et on a retrouvé avec bonheur les belles envolées de guitare et de vibraphone des frontmen, dont l’élégance et le tact savent pouvoir s’appuyer sur une rythmique de mieux en mieux assurée par les vifs et prometteurs Louis Laville (contrebasse) et Thomas Galvan (batterie), des jazz grooveurs dans l’âme. Nous voici donc embarqués dans une bonne heure d’un vigoureux revival, où la maîtrise impeccable de nos quatre jeunes n’a pas un seul instant failli. On en aurait presque demandé un peu plus sauf que, jam oblige, nos désirs ont été exaucés. Ça a joué du feu de Zeus et des figures bien connues de la jazz night bordelaise se sont succédé jusqu’à pas d’heure.

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Quel plaisir de retrouver une telle fougue et cette brûlante envie de jouer ! Soirée communion offerte par des jeunes passionnés, qui bottent un peu les fesses de la « belle endormie, et ça lui fait un bien fou ! Zig zag de chorus en tous sens, une pèche d’enfer, pourquoi s’en priver ! On se croirait dans un club de Paname ou de la Big Apple, c’est fou ! Aux manettes de la jam, rien que des incontournables : Marina Kalhart (contrebasse), fine et délicate, mais qui ne s’en est certainement pas laissé compter, Charlotte Desbondant (vocal), Louis Gachet (trompette), chaud bouillant, tout comme Jonathan Bergeron et Jérôme Mascotto (saxe), Robin Magord et Mathieu Calzan (claviers). Question batterie, il y avait aussi de la grosse pointure : Louis Lubat, Yoann Dupuy et Thomas Despeyroux, maître des Jazz Night sessions du Quartier libre. Quant aux guitares, Thomas Boudé et Jean-Loup Siaut Surmer, excusez du peu ! Quelques oublis surement, ils nous pardonneront, ou nous le feront savoir, on éditera. Vue l’intensité d’un tel spectacle, impossible de zapper la jam suivante, le 03 novembre !

Là, changement de répertoire pour Capucine Quartet. Ils n’ont pratiquement joué que leurs compositions  comme « Chemin de Barres », « Casa Pino », « Praldo et Fricadin », mais aussi « Take the Coltrane ». Même qualité de jeu pour nos quatre sympathiques capucins du jazz qui nous réjouissent, et un tout nouveau vibraphone aux couleurs stendhaliennes pour Félix Robin : Malletech remplace Bergerault. Une jam d’anthologie suivra ce joli concert, et encore une fois de sérieuses pointures du cru vont se succéder, avec en particulier Alexis Valet, impressionnant,  aussi à l’aise au vibraphone qu’aux claviers. Une playlist très classe : «Half Nelson », « Up Jumped Spring », « I’ll remember april », « All the things you are »,  « I mean you », « Line for lions » et « Freedom Jazz Dance » et une liste de guests à faire pâlir les clubs parisiens. Pour notre plus grand plaisir, retour de Louis Gachet, Thomas Boudé (à la batterie cette fois-là), Mathieu Calzan, Yoann Dupuy, et des petits nouveaux : Guillaume Vallot (contrebasse), Alexandre Priam-Doizy (basse), Pascal Rauzet, Nicolas Allard, Nicolas Baraud  et Martin Arnaux  (guitare);  Simon Lacouture, Jeremy Martin et Clément Bourciquot (batterie) ; Alexandre Aguilera (flûte) ; Mathis Polack et Arthur Laville (sax). Encore une grande soirée et un grand merci à tous ces musiciens, à Capucine quartet en particulier, et à la direction bienveillante et éclairée du Starfish Pub.

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Et puis, comme jamais deux sans trois, nous vous conseillons très vivement de venir retrouver Capucine Quartet et cette bande de jeunes allumés du jazz le Jeudi 17/11/2016 à 21 h. Freddie Hubbard sera au programme, alors pas d’hésitation possible !

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Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (13/10) et Dom Imonk (03/11)

http://capucinequartet.wix.com/jazz

http://www.starfishbordeaux.fr

Du Quartier Libre au Chat qui Pêche. Bordeaux 03 juin 2016

Par Dom Imonk

 

Capucine Quartet

Capucine Quartet

En quelques mois, le Quartier Libre est devenu un lieu incontournable des nuits Bordelaises, en accordant certains soirs une attention particulière au jeune jazz émergeant de la Cité. En effet, beaucoup de nouveaux talents, dont une majorité formée au Conservatoire tout proche, viennent y jammer tous les mercredis, à partir de 18h, et c’est l’occasion de les découvrir, dans ce lieu que peu à peu ils s’approprient, pour notre plus grand plaisir. Grâce en soit rendue aux clairvoyants programmateurs. Mais il n’y a pas que le mercredi qu’on y festoie, pour preuve, vendredi dernier se produisait « Capucine Quartet », un tout nouveau groupe formé de quatre jeunes et talentueux musiciens du cru, qui sont venus raconter leur histoire en quelques thèmes bien inspirés, et joliment tournés. L’écriture, c’est surtout le fait de Thomas Gaucher (guitare) et de Felix Robin (vibraphone) mais, à ce qu’ils nous ont confié, cela devient vite affaire commune, en partage d’idées avec Louis Laville (contrebasse) et Thomas Galvan (batterie). Thomas Gaucher nous cite ses riches influences, de Grant Green à Lage Lund, en passant par Kurt Rosenwinkel, et on en retrouve quelques sucs dans son jeu agile, au boisé élégant, tout en restant sobre et roots dans ses effets et ses sons. Il y a une réelle complicité entre tous, et en particulier avec Felix Robin qui, d’une belle envolée, a ouvert « Intership », l’un des titres phare du quartet. Grâce, fluidité et couleurs marquent son jeu déjà bien assuré, sur un magnifique Bergerault, et fondent une vraie alliance avec le guitariste. L’autre moitié du groupe est indispensable. Une rythmique solide et inventive, qui charpente à ravir ce jazz frais et acidulé, par les lignes de basse sobres et efficaces de Louis Laville, se partageant entre walkings effrénés mais domptés et chorus volubiles, et par le subtil drumming de Thomas Galvan, dont on retrouve avec plaisir le tact et la délicatesse sur les balades, aux balais et dans quelques bruissements coloristes, mais qui se révèle redoutable s’il s’agit de grossir le trait et d’initier un puissant pouls binaire, quand le ciel du tempo s’obscurcit. D’autres compositions comme « Armand », « Journal du Dimanche », « Casa Pino »et les standards « If I should lose you » (Robin/Rainger) ou « Pent-Up house » (Rollins), achèvent de nous convaincre qu’il faudra suivre de près ce « Capucine quartet », dont on se régalera des floraisons futures !

La Jam du Quartier Libre

La Jam du Quartier Libre

Et comme toujours au Quartier Libre, après une pause houblon bien rafraîchissante, voici venu le moment tant attendu : une jam libre et délurée, et de celle-ci, on se souviendra. Alexis Valet, figure marquante de ces lieux (et de quelques autres…) et musicien très pointu, s’empare du vibraphone, dont il semble jouer à quatre mains, et c’est reparti ! On rappelle que son sextet a remporté le Prix du Jury du Tremplin Action Jazz 2016, et qu’on retrouvera cette vive formation à Quinsac, le dimanche 12 juin à 13h30 Place de l’Église, dans le cadre du Festival Jazz360. La fête a donc repris, en un bien joyeux festival où se succèderont Louis Gachet à la trompette, Alexandre Aguilera à la flûte, Alexandre Priam-Doizy à la basse, Nicolas Girardi puis Yoan Dupuy à la batterie, Charlotte Desbondant et Émeline Marcon au chant, ainsi qu’un grand gaillard à l’accordéon. L’un des doigts de Jonathan Bergeron n’étant pas disponible pour jouer du sax, celui-ci nous a quand même offert en final un scat d’anthologie, qu’on n’est pas prêt d’oublier ! Soirée bouillante, finie sur les chapeaux de roue, on en redemande ! Il faut vraiment assister à de tels concerts dès qu’on le peut, venir voir ces jeunes musiciens, discuter avec eux, être présent et les encourager. Il y a de la vie pour un jazz tous âges dans la nuit Bordelaise, il faut bien la pister, elle serpente un peu partout. Preuve en est que, sur les conseils d’un avisé camarade, nous nous sommes ensuite retrouvés à cinq minutes de là, au Chat qui Pêche, pour un autre superbe concert…

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Alex Golino Quartet

Alex Golino Quartet

Il est presque minuit, rien de mieux que les choses imprévues même s’il se fait tard. Nous voilà donc arrivés au Chat Qui Pêche, cercle associatif qui, une bonne partie de l’année, propose des artistes de diverses tendances, dont celle du jazz. Thomas Saunier, responsable du lieu, nous accueille chaleureusement, pour l’un des derniers concerts de la saison, la programmation devant reprendre en septembre. Ce soir, c’est le quartet du grand Alex Golino qui se produit. Muni de son imposant saxophone ténor, il va nous faire rêver, accompagné de trois superbes pointures : Hervé Saint-Guirons à l’orgue électronique, Didier Ottaviani à la batterie et Yann Pénichou à la guitare. Le concert est à peine commencé et l’on admire le cadre de ce lieu, à la touche kitsch intemporelle qui ravive les mémoires, comme cette affiche du festival Sigma 1985. On s’assoie dans de profonds canapés un peu usés, ou sur des chaises au bar, on est bien calé, et en position idéale pour l’écoute. La musique flotte tel un nuage ensoleillé et les envolées d’Alex Golino soufflent des brises d’été dont la grâce et la volupté sont d’une classe assez irrésistible. Son jeu subtil et patiné nous envoute. Les thèmes abordés sont variés et mettent quelques glorieux aînés à l’honneur. On fond à l’écoute des « Corcovado », « Wave » et autre « O grande amor » de Jobim, qui placent notre saxophoniste à de limpides altitudes, jadis fréquentées par Stan Getz et Joe Henderson, quoiqu’on puisse parfois penser à un Harold Land. Le groove a aussi marqué cette intime soirée, le public arrivant petit à petit en quête d’after hours. Ainsi, quelques perles de Kenny Burrell, mais aussi de Wes Montgomery, sont  venues à point nommé souligner la belle inspiration du jeu précis et expert d’Hervé Saint-Guirons et de Yann Pénichou, deux associés défenseurs du son vintage, pur et sans fard, qui vénèrent ces artistes et n’ont pas hésité à prêter leur âme à ce fin répertoire. Rappelons que l’an dernier, nos deux compères s’étaient retrouvés sur le superbe « Up & Down » du Yann Pénichou Organ Trio. Tout le monde s’est donc visiblement régalé de « Far Wes », « SOS » et du mélancolique « West Coast Blues » de Wes Montgomery, mais aussi de thèmes plus classiques tels que  « Kenny’s sound » et « Chtilin’s con carne » de Kenny Burrell. Autre artisan du son du quartet, Didier Ottaviani, qui est probablement l’un des batteurs les plus passionnants qui soient, car une élégance naturelle se retrouve en tous points et coins de son jeu. Chez lui, tout est affaire de couleurs savamment dosées, de scintillements qui luisent plus qu’ils n’éblouissent,  ses roulements, attaques et breaks d’une délicate précision, effleurent à baguettes retirées dès l’impact, en faisant danser les sons, avec légèreté et en douce vélocité. Au cours des deux sets, comme pour adoucir un peu plus l’atmosphère, le groupe nous a aussi joué quelques autres pépites, gorgées de feeling, parmi lesquelles « Invitation » (Kaper/Washington) et « Love letters » (Victor Young), histoire de jouer les chats, avec nous les souris, et de pêcher l’envie de bien vite les retrouver.

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