Combat de Swing : Flora Estel Swingtet vs Rix’tet

Le Carré des Forges, Fargues Saint-Hilaire

samedi 23 septembre 2017

Aujourd’hui je ne vais pas vous raconter un concert mais une soirée sportive, pas à la salle Wagram, célèbre pour ses combats de catch, mais au Carré des Forges pour un combat de swing !

AFFICHE-COMBAT-DE-SWING-23-SEPT.-2017-A-FARGUES-SAINT-HILAIRE

Devant nous deux groupes vont s’affronter pour une rencontre très engagée… musicalement. « Chiffes molles s’abstenir ! » a prévenu Joris Seguin le batteur du Rix’Tet, une des deux formations. En face le Flora Estel Swingtet.

Les deux leaders Flora et Rix font leur entrée en musique dans la salle, comme à la boxe, peignoir rouge pour elle, bleue pour lui, le ton est donné !

La salle, très belle, est pleine avec une grande piste de danse car ça va danser et drôlement même. Plusieurs écoles de swing sont présentes signe du renouveau de cette discipline qui et c’est tant mieux ramène vers le jazz un public varié et nouveau et surtout jeune souvent. Le swing et le jazz c’est la même famille, une porte d’entrée comme une autre.

Qui dit combat dit arbitre, il est là plutôt elle est là en la personne d’Emmanuelle Cazal épatante dans son rôle et la tenue qui va avec.

DSC01441

Explication des règles du jeu : les deux groupes sont sur scène, le Flora Estel Swingtet à jardin et le Rix’Tet à cour (petit moyen mnémotechnique, en regardant la scène vous pensez à Jésus Christ, JC, ou à Jacques Chirac et ainsi vous avec jardin à gauche et cour à droite) et vont s’affronter en plusieurs « battles . Soit en « mixte », les deux formations jouant ensemble, soit en « relais » avec deux variantes : l’une succède à l’autre sur le même titre avec un changement de tempo – plus rapide – soit avec un titre différent mais sur le même tempo. L’arbitre ou le public récompense d’un point le groupe vainqueur de chaque battle. Ah oui c’est pas de la rigolade !

DSC01436

Dès le premier titre les provocations commencent entre musiciens, mais est-ce bien sérieux tout cela ? N’est-on pas dans la parodie, bien sûr que si vous vous en doutez et dès le départ on sent le trucage arriver et le match nul se dessiner, on sent surtout qu’on va se régaler !

DSC01471

Les deux groupes ne sont pas n’importe qui, deux leaders dans le genre musical du swing, d’un côté l’énergie et la verve étincelante de Flora Estel, de l’autre l’élégance de crooner de Rix et bien sûr des musiciens hors pair, bien connus des lecteurs habituels de ce blog ; line-up, comme on dit pour faire chic, en fin d’article.

DSC01454

Nous voilà partis pour près de quatre heures avec certes des pauses mais pas pour les danseurs, un DJ set meublant les intermèdes.

Première manche de battles, deuxième manche où chaque groupe joue seul sept titres et enfin dernière manche à nouveau de battles. Le répertoire est swing bien sûr reprenant les derniers albums de chaque formation, très Sinatra pour le Rix’Tet , plus 40’s 50’s pour le Swingtet.

DSC01461

C’est un bonheur que de voir ces deux groupes faire danser tant de monde, des plus chevronnés danseurs et danseuses de swing, de lindy hop, de balboa, de claquettes, de collegiate shag aux simples danseurs de rock comme moi. Tenues travaillées pour certaines et certains rappelant l’époque des grosses voitures américaines aux couleurs acidulées et bardées de chromes, tout un petit monde bien gai.

DSC01466

Si on ne danse pas, pas de problème le spectacle est là avec un très bel éclairage et musicalement c’est du haut niveau ; avant de « s’affronter » les deux formations ont travaillé ensemble et l’osmose déguisée en rivalité est totale.

DSC01489

Il est plus de minuit trente et le résultat est proclamé par l’arbitre. Devinez, match nul ? Non, l’adjectif n’a ici aucun sens tant la qualité était présente, disons plutôt égalité. Le public en voudrait encore et il aura droit à un rappel avec un « Sing Sing Sing » bien enlevé mais pitié pour ces lutteurs qui depuis des heures sont sur la brèche ; en plus ils ont tout le matériel à ranger…

DSC01491

Respect les musiciens ! Et merci à la commune de Fargues Saint Hilaire d’avoir permis l’organisation de ce spectacle à priori unique en son genre.

The Rix’tet
Chant/Guitare : Eric Delsaux
Guitare : Joachim Montbord

Trompette : Jérôme Dubois
Contrebasse : Pascal Fallot
Percussions : Joris Seguin

Flora Estel Swingtet

Chant : Flora Estel
Piano / Chant : Hot Pepino
Guitare : Eddie Dhaini
Saxophone : Pierre Maury
Contrebasse : Aurélien Gody
Batterie : Thierry Oudin

Maîtresse de cérémonie et arbitre : Emmanuelle Cazal

Conception Lumière : Art’ty
Son : B. Michelina

Aux marches du palais

texte de Philippe Desmond, photos de Thierry Dubuc

TDBC2071

Nous voilà au Palais Rohan construit au XVIIIème siècle pour l’Archevêque de Bordeaux et, depuis presque deux cents ans, siège de l’Hôtel de Ville. La dernière fois que j’ai traversé cette cour c’était pour déclarer la naissance d’une de mes filles, ça fera bientôt 29 ans … Ce soir le lieu a un autre visage, avec une jolie scène plantée au milieu et des chaises pour le public. Une demi-heure avant le début du concert de jazz, objet de la chronique, les places sont déjà chères. Le public déjà installé bien à l’avance, vu la moyenne d’âge et le style, semble sorti directement de la messe à la cathédrale voisine… Non je plaisante.

Insolite dans ce lieu, un combi VW régénéré en food truck est garé à l’intérieur et distille ses parfums de grillades et fumets de bacon.

C’est le quatrième et dernier concert de l’été – des jeudis de juillet – deux soirées de musique classique et une de pop ayant déjà eu lieu. Au programme Flora Estel et Hot Pepino sextet puis Taldea.

TDBC2140

Du swing, du blues, du boogie-woogie et des standards pour commencer avec la pimpante Flora Estel qui va se faire un malin plaisir de chauffer une assistance timide. Au fil de titres de Louis Armstrong à Nat King Cole, de « Fever » – dans une interprétation originale magnifique – à «Cheek to Cheek » le public va se détendre et participer jusqu’à l’explosion finale de « Just a Gigolo ».

TDBC2107

 

Le pari de Hot Pepino de faire lever le tout public de l’Hôtel de Ville bordelais est gagné ! Belle présence vocale et scénique d’une Flora rayonnante, ainsi que de Hot Pepino dans leurs duos de scat notamment et belle qualité des autres musiciens, Thierry Oudin à la batterie, Aurélien Gody à la contrebasse ainsi que Laurent Lenain et Thomas Lachaize aux sax. Idéal pour la majorité de néophytes composant le public ; et oui il y’en a tant encore !

TDBC2082

Arrive ensuite dans un jazz d’un tout autre genre le groupe Taldea. On y retrouve Thomas Lachaize au sax soprano cette fois ; Thomas en plus d’être un musicien très éclectique, du classique à la pop en passant par le jazz, participe aussi depuis l’an dernier à la programmation jazz de ces jeudis ; avec lui le guitariste Jean Lassallette, le bassiste Nicolas Mirande, le pianiste Stéphane Mazurier et le batteur Christophe Léon Schelstraete.

TDBC2160

On change donc radicalement de style avec une ambiance musicale fortement colorée d’Espagne, la guitare flamenca de Jean y participant pour beaucoup ainsi que le cajon de Léon. Sympathique de retrouver celui-ci comme batteur dans un répertoire jazz, habitué que nous étions de l’entendre jouer de la pop et du rock.

 

TDBC2185

Très belles compositions, très écrites, mettant en avant le soprano de Thomas – qui nous épate à chaque fois – et la guitare acoustique de Jean autour d’une rythmique subtile (batterie/cajon) mais solide (basse) ; utilisation très riche par Stéphane de ses claviers, du piano « acoustique » à l’électrique en passant par de l’orgue.

TDBC2211

Des morceaux très subtils, faits d’atmosphères andalouses, cool et parfois groovy au fil de montées superbes ; du jazz du Sud (Le récent CD du groupe sera chroniqué dans la prochaine Gazette Bleue). Le public un peu désarçonné par le court prélude électro du concert est resté et il est conquis ; il a découvert autre chose.

Belle réussite avec plus de mille personnes présentes, des Bordelais, des touristes, des amateurs, des néophytes, des jeunes des vieux, tout ce que permet ce type de manifestation populaire mais de grande qualité. Merci à la Mairie de Bordeaux et à l’année prochaine donc !