La Gazette Bleue N° 23 vient de sortir ! Spécial Thomas Bercy « Coltrane Jubilé » et bien plus encore !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

 
Bonjour à tous ! C’est l’été et c’est un spécial Thomas Bercy et le « Coltrane Jubilé »qui ouvrent les festivités d’été, avec la Gazette Bleue N° 23 de Juillet 2017. On y parle aussi de Frank Catalano, de Jazz 360, du Jazz Day # 2 à St Macaire, de Snarky Puppy, de Jazz au pluriel, de Vacances et Jazz à Montreal et de Canapé bleu.
Retrouvez-y aussi vos rubriques, chroniques de cds et agenda.
Nous vous souhaitons de très bonnes vacances, une maximum de bonnes musiques, et d’excellentes lectures !

La course des lièvres à travers les champs …

Par Annie Robert, Photos : Thierry Dubuc

Chroniques Marciennes  # 2
Marciac 31 Juillet 2016

La course des lièvres à travers les champs….

Gogo Penguin / Snarky Puppy

Ce soir sous le chapiteau de Marciac, c’est l’apogée des galopeurs, des sauteurs de barrière, des dévoreurs de poussière, des faunes bondissants.
De l’énergie, de l’énergie, de l’énergie, une course poursuite échevelée qui va raccourcir les souffles et accélérer les battements cardiaques.
La première partie est assurée par le groupe Gogo Penguin, un trio anglais (basse, batterie, piano) à la réputation montante, dont l’adresse et la force sautent aux oreilles dès la première mise en notes. Un parti prix rythmique imposant, un travail structuré, quasi symphonique. Au centre à la fois de la scène, mais aussi du groupe Nick Blacka. L’âme de sa contrebasse ne cesse d’illustrer un contre-chant délié et inventif, superbe autant à la corde pincée qu’à l’archet. Il porte le trio, le bonifie, lui donne sa fluidité, impulse son harmonie. À ses côtés la batterie efficace, tonique, roulante comme une locomotive de Rob Turner qui ne faiblira à aucun moment et le piano délié de Chris Illingworth  qui manque parfois de folie, surtout dans les impros.
On est emporté dans un tourbillon puissant, qui nous arrache du sol, loin du schéma habituel thème/ impro. C’est une vraie création de groupe, une couleur, un univers particulier, rempli d’ostinatos expressifs. Ca griffe et ça ébouriffe. Pourtant, au bout d’un certain nombre de morceaux, l’inventivité  s’essouffle un peu, les schémas et les mélodies se reproduisent et leur développement (surtout au piano) nous laissent sur notre faim. Cela manque peut-être de contre-pieds, de feintes, et de demi-tours.  Pas vraiment grave mais un peu dommage au vu de ce qu’ils peuvent produire. Mais pour faire un jeu de mots vaseux et trouvé par d’autres, ces pingouins-là ne sont pas manchots et ils ont su briser la glace…

En seconde partie, attendus comme des lièvres blancs, voici Snarky Puppy, son son d’enfer, son inspiration permanente, sa liberté, son sens du partage et de la joie !!

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Garez vos rhumatismes, sortez votre enthousiasme !!
Le groupe est à géométrie variable et ce soir les baroudeurs de Brooklyn sont neuf pour faire galoper leur musique dans tous les sens, pour ruer du talon, pour franchir les haies. Le groupe de Michael League achève à Marciac sa tournée en Europe et entend faire de ses adieux (provisoires) un feu d’artifice.

Michael League

Michael League

La première partie du set repose sur leur dernier CD et  si les compos proposées  prennent une allure moins cinglée que d’habitude (à peine), elles sont sans en avoir l’air toujours aussi structurées et harmoniques, aussi puissantes et cohérentes. Les trois soufflants dans des unissons parfaits ont la part belle (Mike Maher, Chris Bullock, Justin Stanton) et le reste de la folle troupe : les deux batteries pulsatiles, d’une entente  parfaite de  Larnel Lewis et Marcelo Woloski, la guitare extraordinaire de Bob Lanzetti et les deux claviers de Bill Laurance et de Shaun Martin s’en donnent à cœur joie. Pas un raté, pas une scorie, pas un déchet…

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Oh là, c’est pour mieux vous manger ce petit moment de pseudo calme, tout relatif!! Ce n’est qu’un élan pour reprendre le bond en avant, la cavalcade sauvage !!!
Et on ne résiste pas longtemps à ces compositions aux petits oignons, à ces soli éclairés et enthousiasmants (ils sont tous exceptionnels !!) à ces  prestations torrides et décomplexées, au sourire permanent de chaque musicien. Tout cela dans une ambiance de fête et de partage.
La course des lièvres à travers les champs est enclenchée. Sautons partout, battons des mains… Snarky Puppy nous amène tard dans la nuit, à pas d’heure. Trois rappels enthousiastes, une foule debout, qui se rapproche de la scène et un chapiteau qui perd sa sagesse rangée, pour finir en chantant à tue-tête…
Même si Bill Laurance qui en fait un peu trop derrière son moog, en selfies et autres effets faciles en direction du public, on a du mal à les laisser partir et ils ont du mal à s’en aller.

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Il faudra même que JIM coupe les micros et rallume la salle pour que le chapiteau  accepte de se vider…

Les lièvres bondissants de Snarky Puppy, nous auront largement embarqué avec eux dans leur course folle à travers les champs. On en ressort rincés de bonheur.

Beaucoup mieux qu’une pastille !

Par Annie Robert, photos : Thierry Dubuc

Snarky Puppy Rocher de Palmer 10 octobre 2015

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Adieu Prozac, Seroplex ou LSD, adieu trou de la sécurité sociale, on a trouvé un remède à la déprime, au moral en berne, à la fatigue chronique, à la dépression saisonnière. On a une ordonnance pas chère et efficace, une pastille colorée dont l’effet se fait sentir à court et à long terme, un nouveau médicament au nom de cartoon à proposer : voici Snarky Puppy: 100% naturel, 100 % groove , 100% musique.

Créé par le docteur Michael League, bassiste, compositeur et arrangeur, Snarky Puppy est une merveille de prescription, un tonique inspiré.
On n’y résiste pas longtemps : des compositions aux petits oignons, des solistes éclairés, des  prestations torrides et décomplexées, tout cela dans une ambiance de fête et de partage, une atmosphère à chambouler tout un hôpital, à faire danser les culs de jatte et à mettre au chômage tous les  kinés.
Un concert du collectif brooklynois, c’est une expérience, un vrai shoot. On ne sait pas trop quel genre de musique, on est  en train de déguster : du jazz, du funk, du ska, de la soul ? Et à vrai dire, on s’en fiche un peu. Ça a le goût du jazz fusion, sans en avoir la longueur ou l’aridité.  Ça a le goût du funk sans en avoir la redite…Ce n’est pas sucré, ce n’est pas acide, c’est Snarky Puppy.

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Cuivres, cordes, claviers, percussions et vents, les ingrédients sont nombreux, se démarquent, s’entrelacent et forment un ensemble puissant. Ils entraînent aussi bien amateurs que mélomanes aguerris dans un live magistral, un laboratoire d’idées et d’échanges et  très vite, ce sont pleins de petites bulles de joie qui éclatent partout dans les yeux des spectateurs. Plus d’ombres dans les âmes, plus de grisaille sous les bonnets mais des fourmis dans les pieds.
Hier soir, nous étions nombreux , la grande salle du Rocher, archi pleine,1200 places debout : des jeunes, des très jeunes, des moins jeunes, des chauves, des chevelus, des foutraques et des sages à réclamer cette potion non amère dans laquelle s’incluent des molécules d’ acoustique, d’électrique et d’ électronique. Signe qu’il y en avait pour tous les goûts. Cela pourrait être un danger et créer une espèce de gloubiboulga sans trop de tenue, avec juste un alléchant packaging, mais non. Chaque influence semble intégrée, digérée et surtout orchestrée.

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Ce mélange est une vraie réussite. Snarky Puppy a un son, un style, une approche qui n’appartient qu’à lui. Et une véritable épaisseur musicale.
Pas de grosse cavalerie, même si le son est balèze avec deux batteries et percus pulsatiles. Pas de grosses ficelles racoleuses. C’est finement composé, travaillé et innovant.
Le groupe est d’ailleurs à géométrie variable, un collectif qui peut aller de neuf (c’était le cas ce soir) à quarante artilleurs potentiels, une façon intelligente d’envisager la création et la musique, centrée non pas sur la concurrence entre musiciens mais sur le partage et la collaboration. Le résultat est à la hauteur de leur investissement.

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Sur scène, ça dégage de façon inspirée : répétitions, superpositions, extensions, variations : tout y passe et jamais dans la même configuration. L’idée clé semble être ; pas de routine !!! De l’étonnement permanent et de l’énergie généreuse.
Vous croyez vous installer dans un funk groovy des familles et voilà qu’une ballade chopino- keithjarettienne pointe le bout de son nez. Vous vous  émerveillez d’un moment de rock psychédélique et les trois soufflants vous jettent deux mesures de bossa ou trois accords à la Glenn Miller. Du coup, on en oublie un saxophone parfois peu lisible dans des effets électros  trop appuyés et des synthés qui flirtent parfois avec les suraigus. Ce sont des peccadilles que tout cela.
Car Snarky Puppy ça vous ramone les narines et vous aère les neurones. Ça vous booste les défenses immunitaires et vous dégage les poumons. Pas de redites, pas de moments faibles. La pastille fait donc bien ses effets. Elle est effervescente en diable!!

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Pourtant, chers grands malades mélomanes, il faut se méfier, car ce médoc de choc est porteur d’un énorme  danger: il est addictif !!
Une fois tombé dedans, on a du mal à s’en passer…

Nola’s news # 19

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

La chaleur est toujours étouffante pour l’ouverture de ce Jazz Fest 2015 et le ciel s’assombrit. Un petit passage à la « Gospel Tent » pour écouter les 3 excellents chanteurs de cette formation « collage 3 » très bien accompagnés et qui, entre rap et prêche, ravissent les spectateurs, debout , les mains levées au ciel.

Collage 3

Collage 3

Et puis, retour à la « Jazz Tent » après une visite rapide des 11 scènes installées sur cet hippodrome. On découvrait alors un très bon trompettiste/chanteur Maurice « Mobetta » Brown accompagné d’une jeune saxophoniste et soutenu par une section rythmique efficace. Musique entraînante, moderne et des compositions bien faites.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Un très bon moment alors qu’il alternait le chant et le jeu de trompette très au point. De très bons musiciens que l’on reverrait bien en club.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Et puis, après le père, voici le fils. En effet, c’est au tour de Kent Jordan (fils de Kidd Jordan) de montrer ses talents. Très bon flûtiste et pourtant très bien secondé par un jeune saxophoniste et le brillant clarinettiste Gregory Agid, Kent avait l’ai un peu perdu sur cette scène.

Kent Jordan

Kent Jordan

Il n’était pas très à l’aise, prenant certes quelques bons chorus mais il devait laisser la vedette à Gregory Agid qui, restant pourtant à sa place de sideman, ravissait le public sur 2 ou 3 interventions. Un très bon bassiste et un bon batteur créaient, avec un inventif jeune pianiste, une excellente assise mais ça ne suffisait pas pour faire un triomphe.

Kent Jordan et Gregory Agid

Kent Jordan et Gregory Agid

Un Gregory Agid qui va jouer à 5 reprises, dans diverses formations, durant ces 3 premiers jours du Jazz Fest. C’est un sideman qui, aujourd’hui, a volé la vedette au leader supposé. Toutefois, la musique proposée était bonne, s’apparentant par moment au latin jazz. Si le leader n’était pas dans son meilleur jour, nous passions quand même un moment agréable.

Sur la plus grande scène « Acura stage » (du nom de la marque de voitures et qui sponsorise cette scène), à quelques pas seulement de la « jazz tent », se rassemblaient des milliers de spectateurs pour écouter le très attendu « Tedeschi Trucks Band ».

Tedeschi Trucks Band

Tedeschi Trucks Band

La foule faisait une ovation à l’arrivée des 2 stars et rapidement, Derek démontrait son talent de guitariste en accompagnant sa femme. Il prenait des chorus de toute beauté avec un son de guitare bien à lui et une virtuosité qui en font un grand Monsieur. Suzan Tedeschi déployait son talent de chanteuse et son mari, guitariste des « Allman Brothers » partageait bien la vedette. Ils étaient accompagnés par un belle section de cuivre, de très bons choristes, et soutenus par une excellent rythmique, notamment un batteur omniprésent. Un triomphe pour ce couple.

Retour à la Jazz Tent où s’aglutinaient de nombreux fans de cet artiste local Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Un Nicolas Payton, plus organiste/pianiste que trompettiste, en trio. Et quel trio. Un magnifique contrebassiste Vicente Archer et le très créateur Bill Stewart à la batterie accompagnait Nicolas Payton pour un répertoire rafraîchissant. Le public était conquis et le leader prenait quelques courts chorus à la trompette.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Il alternait ses interventions entre orgue, trompette et claviers. Il jouait même du piano électrique et de la trompette, en même temps.Il s’adonnait aussi au chant, en fin de concert. Prestation pas époustouflante (on devient difficile) mais très honnête et un Bill Stewart très présent.

Bill Stewart

Bill Stewart

Et puis, subitement, le public rajeunissait et envahissait littéralement cette jazz tent. Le service d’ordre avait même des difficultés à faire asseoir tout ce jeune public venu applaudir et danser avec leurs idoles de « Snarky Puppy ».

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Immense ovation à l’arrivée de cette petite bande (9 musiciens) de Texans, toujours de bonne humeur, communiant avec leurs fans. Ils faisaient chanter le public qui s’était déjà adonné à la danse. Ambiance formidable sous ce chapiteau où la gaieté prévalait.

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Et, tout d’un coup, patatras, le speaker vient annoncer au micro qu’un gros orage, voire une tornade se prépare et doit arriver dans la demi heure qui suit et demande donc l’évacuation immédiate. Tout le monde est frustré, musiciens et public, déçus mais, à New Orleans, on ne plaisante plus avec la météo. Il y a tellement de mauvais souvenir … (Katrina). Alors, tout s’arrête, au bout de 3 chansons et on s’exécute, avec ponchos et parapluies. Dommage, la fête a tourné court mais tout de même, encore un bon moment passé.

Snarky Puppy

Snarky Puppy