La Gazette Bleue N° 24 vient de sortir ! Spécial UZEB, Festivals d’Été, Cuba et plus !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°24 • Septembre 2017

Bonjour à tous ! Voici la Gazette n° 24 qui ouvre avec Uzeb, le retour au Rocher de Palmer en juillet dernier. Spécial Festivals de l’Été, mais aussi Cuba et le Jazz, des interviews, des chroniques CD, l’agenda etc… Bref, une riche rentrée musicale !

Bonnes lectures !

Saint-Emilion Jazz Festival : off #1

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Vendredi  21 juillet  2017.

Et c’est parti pour le 6ème Saint Emilion Jazz Festival puisqu’il faut parler en anglais. C’est maintenant avec impatience que les amateurs attendent ce moment, tant ici l’ambiance est agréable. Pensez-donc, une très belle programmation, de très beaux lieux, un parc à l’atmosphère de kermesse et de grands vins, tout est là. La grande inconnue annuelle, qui a joué un sale tour en 2014, c’est la météo. Fraîche cette année, tant mieux pour les Grands Crus !

Pour ce millésime 2017 l’organisation change un peu, toujours bâtie autour du parc Guadet et ses spectacles « off » gratuits, mais ceux-ci s’interrompent lors des concerts « in » payants dans les douves du Palais Cardinal, proximité des deux sites oblige.

A souligner les choix de Dominique Renard et de son équipe, d’associer aux artistes dits internationaux des musiciens qui pour être « locaux » n’en ont pas moins de talent. Quelle belle exposition pour eux.

En vedettes ce soir Hugh Coltman et Stacey Kent. Le premier nous l’avions vu à la salle du Vigean en mars 2016 pour un concert qui s’était avéré une très bonne surprise (chronique sur ce blog) , la seconde deux mois plus tard à l’Auditorium avec l’ONBA, avec une impression plus mitigée.

Un festival de jazz on le sait maintenant – mais ce n’est pas nouveau, Montreux avait ouvert la voie il y a bien longtemps – c’est l’occasion de proposer des passerelles vers d’autres univers, de déguster d’autres saveurs (voir chronique précédente).

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Ce soir c’est Karmarama qui s’y colle. Mêlant des musiciens venus de la pop, du jazz et de la world musique ce projet est d’une réelle beauté, sonore et esthétique. Pas facile, pour ces musiciens pourtant chevronnés, d’ouvrir le festival à presque l’heure de l’apéritif qui ici se décline en rouge autour du stand des vins de Saint-Emilion et ses satellites, où l’offre est large et très accessible ce qui est à souligner. En plus on déguste – car on ne boit pas – dans de jolis et fins verres à pied… mais surprise cette année, en plastique, sécurité oblige. Le saint-émilion finalement ça va avec tout, même avec cette musique aux parfums indiens que nous délivre Karmarama. Le projet, mené par Mark Brenner (chant sitar, basse, guitare) ,

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découvert à l’automne dernier au Rocher (voir chronique) a musicalement pris encore plus d’ampleur. Autour de son équipe habituelle, Thomas Drouart aux claviers et Antony Breyer à la batterie, sont venus se greffer pour ce groupe la grande Shekinah Rodz, un enchantement à la flûte et au chant,

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Emmanuel Lefèvre (claviers et loops), Jean-Christophe Jacques (sax, ce soir avec Post Image ici) et Matthias Labbé aux tablas. Musique riche, mélodieuse, ouverte aux improvisation, des sonorités qui nous font voyager vers l’Inde avec une réelle beauté harmonique. Mark Brenner travaille et se perfectionne régulièrement avec des grands maîtres du sitar et ses compositions quasiment toutes originales sont de grande qualité.

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Mais voilà 20 heures, il faut migrer vers le « in » dont la Gazette de septembre vous parlera en détail. Juste quelques mots, notamment mon premier souvenir de jazz dans ces douves magiques du Palais Cardinal. C’était un concert centré sur les guitares, Boell et Roubach en première partie et ensuite le Philip Catherine Group (le guitariste belge pas le chanteur perché français) en août 1981… Les prémices du SEJF.

Le concert en deux mots, Hugh Coltman toujours aussi talentueux et grande classe, Stacey Kent délicate et dynamique ce soir, merveilleuse sur le «  Smile » de Charlie Chaplin. Tiens, au détour d’un gradin rencontre et échange sympathique avec Jean-Luc Ponty et Kyle Eastwood qui seront sur scène aujourd’hui avec Bireli Lagrène.

Mais la journée n’est pas finie, loin de là, retour au parc Guadet pour ce qui va se révéler un concert de feu.

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Rix y a carte blanche. Lui aussi est un artiste polymorphe, nécessité faisant souvent loi, du jazz acoustique au tribute à Franck Sinatra en passant par de la soul et du funk, il promène sa guitare et sa voix avec une élégance certaine.

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Autour de lui, une équipe de tueurs, bien installés sur le groove de basse de Shob,

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Jean-Loup Siaut (g),

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Xavier Duprat (kb), Joachim Montbord (chant),

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Jérôme Dubois (tp, demain avec On Lee Way), Olivier Léani (dr) et Lucas Saint Cricq (sax) vont dérouler un tapis de funk très punchy – des compositions originales – qui finira pas faire danser une partie de l’assistance. Et oui certains sont toujours attablés il faut dire que l’offre gastronomique est variée et délicieuse. Quant au vin à cette heure-ci on ne prononce plus le mot modération…

Très belle organisation, accueil chaleureux des responsables et des bénévoles, tiens j’y repars de suite !

Liens :

Hugh Coltman : http://blog.actionjazz.fr/de-charme-et-dombre/

Karmarama : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Programme (scène du parc Guadet gratuite)

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Saint Emilion Jazz Festival : Kind of Blue et Kind of Red.

Sur le net en ce moment, suite à un article du journal la Croix, ça discute ferme sur l’évolution du jazz, sa survie sans mélange des genres, sans cross over ; influence de la pop, de la soul, de l’électro, du hip-hop, les tenants du jazz « pur » contre ceux du jazz métissé, la famille contre parents et alliés. Voir le lien en bas de page.

Pour moi il y a deux façons de regarder les choses, une très prosaïque et commerciale qui consiste à élargir la sphère du jazz pour attirer du public et rentabiliser, l’autre plus noble et stratégique qui consiste certes à attirer du public mais sur une passerelle vers le « vrai » jazz. Je n’en donnerai pas la définition, j’en suis bien incapable mais on se comprend je suppose.

En 1975, j’avais 20 ans, ne suis-je pas entré en jazz grâce au jazz-rock tel qu’on disait avant l’apparition de l’expression jazz fusion ? Les très électriques Return to Forever, Jean-Luc Ponty, Larry Coryell, Mahavishnu Orchestra, the Headhunters, Weather Report ont inondé ma discothèque me permettant de découvrir que Chick Corea, Herbie Hancock, John McLaughlin, Zawinul… avait eu une vie avant et m’embarquant pour des années de bonheur dans leurs univers variés. Et ainsi sans aucune chronologie ai-je découvert (!) Miles en combinaison pailletée puis en costard cravate, Coltrane, McCoy Tyner… puis toute la scène française.

Reconnaissons que le procès en élitisme fait au jazz est d’une grande injustice. De la même façon que le grand public ne va pas spontanément se déplacer dans des expositions pour admirer des toiles mais va y être sensible voire bouleversé si on lui met devant les yeux, le jazz si on y emmène les gens par des chemins détournés ou flirtant avec le mainflow, a certainement à y gagner, du moment que des artistes continuent à créer et innover. Il y en a des tas il faut les montrer.

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Cette longue introduction pour parler de l’ouverture ce vendredi du Saint Emilion Jazz festival et notamment de son premier concert celui de Karmarama. On ne peut pas faire au passionné Dominique Renard un procès en trahison pour ce choix. Il correspond d’abord à la philosophie du festival, faire connaître les musiciens du cru – grand ici – en les associant dans la programmation à des « stars » internationales. Et donc ensuite il procède aussi de ce « cross over », cette passerelle évoquée ci-dessus. Le métissage est ici indien et pop mais le jazz y est présent, de par les musiciens dont certains sont des spécialistes et de par la structure des titres permettant des improvisations.

Je vous renvoie à la chronique détaillée sur ce même blog lors du premier concert du groupe au Rocher : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Pour les pressés j’en rappelle juste mes lignes de conclusion qui alimenteront le débat évoqué plus haut : « Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals, ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en ! »

Merci à Dominique Renard d’avoir suivi ces recommandations.

Merci aussi d’avoir intégré deux groupes récemment primés au tremplin Action Jazz 2017 : On Lee Way et Capucine, des jeunes artistes qui créent et composent du jazz.

Venez-donc à Saint Emilion ce week-end, entre les vieilles pierres, les macarons, le vin et la musique vous allez vous régaler ! Et il y aura du jazz !

A noter que tous les concerts au parc Guadet sont gratuits et que sur place, en plus du plaisir musical, vous trouverez tout pour le bonheur de votre palais : Kind of Blue et Kind of Red !

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.fr/2017/07/une-croix-sur-le-jazz.html?spref=fb

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La Gazette Bleue n°18 vient de sortir ! Spécial Yoann Loustalot, les festivals & bien plus !

Bonjour ! Voici la Gazette Bleue N° 18 Sept 2016 !

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C’est Yoann Loustalot qui vous y accueille. On a aussi rencontré Thomas Julienne et Stéphane Séva. Visite au Quartier Libre (Bordeaux) et flashback sur des festivals comme Andernos, Monségur, Respire Jazz et Saint-Émilion. Sans oublier les chroniques de disques et vos rubriques habituelles.

Bonne rentrée et bonnes lectures !

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Dégustation de jazz

Par Philippe Desmond

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Le Saint-Émilion Jazz Festival est un très bel événement, il se déroule dans un cadre et des endroits merveilleux, le breuvage y est légendaire et les artistes présents toujours de grande qualité. C’est un festival de très haute tenue. Tout y est soigné, la communication, la signalisation, les uniformes des bénévoles avec une charte graphique bien voyante mais très élégante. Quelques témoignages – et leurs sourires – de bénévoles confirment la qualité et le bon esprit de l’organisation. Ces bénévoles nombreux et efficace sans qui rien ne se passerait.

A la lecture de la liste des partenaires, amis et mécènes on a vite fait de comprendre qu’ici on ne fait pas les choses à moitié. Ces personnes on se doit donc de les gâter, de les remercier, de les associer ce qui nous amène à l’objet de cette chronique, la Dégustation musicale.

Celle du samedi s’intitulait « Si votre vin était une musique… Racontez-nous. ». Ainsi, le Conseil des Vins de Saint-Émilion accueillait partenaires et public – payant – dans la belle salle des Dominicains autour du piano – un Steinway and Sons, long comme une Jaguar type E – d’Eric Legnini le pianiste de jazz belge. Le principe, une dégustation de huit grands crus classés accompagnée des commentaires d’un œnologue, chaque propriétaire venant présenter son vin en y associant une musique interprétée par Eric Legnini.

Tables rondes dressées, huit verres par personnes, une assiette de fromage et le concert peut commencer. Concert ? Pas vraiment.

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Le jazz est quand même mis à l’honneur dès le début avec l’intronisation par la Jurade de China Moses, Eric Légnini et Stéphane Belmondo qui la veille a ouvert de sa trompette le festival du haut de la Tour du Roy. Moment solennel, rite immuable, on est à Saint-Émilion, terre de tradition et c’est très bien ainsi.

Et donc vont se succéder, présentations, dégustations et illustrations musicales de vins magnifiques. Un piano seul aussi beau soit-il dans une salle immense, on est plus près du piano bar (à vins) que du récital et la musique reste ici relativement en retrait. Au répertoire, Etta James, Nina Simone, Duke et son « in a sentimental mood », la BO de Whiplash… Eric Légnini remarquable pianiste s’est vu rejoindre deux fois par Stéphane Belmondo, les deux nouveaux membres de la Jurade arborant leur écharpe d’impétrant. De jolis moments intimistes.

Au fil de l’après-midi, des conversations qui deviennent de plus en plus enjouées, un niveau sonore qui monte, comme la chaleur de la salle, mais heureusement des vins servis à la température idéale.

Evénement mondain plus que musical, passage obligé pour le rayonnement du festival qui lui se déroule vraiment pour les amateurs dans le parc Guadet voisin, dans une ambiance et une douceur incomparables, mais on en reparlera.