Roger Biwandu : « Three » release

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Rocher de Palmer le mardi 4 avril 2017.

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Roger Biwandu est quelqu’un qui fonctionne à l’amitié, les rapports humains sont une des choses les plus importantes de sa vie et hier soir il était à son aise, il connaissait l’immense majorité du public du Salon de Musiques du Rocher, complet. Mais attention, pas dans le sens de la vieille blague sur la différence entre un concert de rock et un concert de jazz, dans le premier tout le public connaissant le nom de chaque musicien et dans le second les musiciens connaissant le nom de chaque membre du (maigre) public.

Famille, amis du rugby, d’enfance, du quartier – l’appartement familial où vivent toujours ses parents est en face du Rocher de Palmer – collègues musiciens, amis du monde la musique ou d’ailleurs, l’assemblée était acquise et pourtant bien timide au début. Je pense que tous savaient que c’était un moment important pour Roger, l’aboutissement d’un long processus de création et de mise en place scénique. Et oui cela fait plus d’un an que le CD « Three (two girls and a boy)» est né mais il fallait pour le sortir trouver l’occasion de le jouer et réunir tous les talents pour quelques concerts , notamment celui-ci et samedi au Duc des Lombards à Paris.

Car des talents il y en a eu, nous avons vraiment été servis.

L’affaire a commencé en trio avec le fidèle Jérôme Regard à la contrebasse, présent sur le précédent album « From Palmer » et le Cubain Irving Acao au sax ténor que nous avions pu entendre ici même il y a deux ans avec Roger et ce soir là Mario Canonge. Ils avaient fait forte impression.

La voix off de Roger a annoncé le trio de Roger Biwandu et nous avons eu la surprise de voir arriver sur scène ses trois enfants, les « Two Girls and a Boy »,  les fameux « trois enfants à nourrir », un de ses gimmicks, Emmy annonçant Irving Acao au sax, Lisa introduisant Jérôme Regard à la contrebasse pour finir par Marcus tout fier « et à la batterie mon papa ». De l’humain avec Roger, toujours, et de l’humour.

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Premier titre de l’album et du concert « Strut For My Boys From PA » et de suite nous voilà dans le vif du sujet ; ils ne sont pas là pour bricoler. Chorus permanent de Roger impressionnant de rythme et de musicalité aux baguettes, de la musique avec des percussions, un Irving Acao auteur de plusieurs solos explosifs sous la rythmique solide d’un Jérôme Regard qui trace la route avec force et précision. Un premier titre flamboyant. Un rythme de béguine bien punchy de Roger pour « FWI » avec un Jérôme monstrueux, même pas peur, et un Irving extraordinaire ; un tueur.

La formule originale de ce trio est d’une redoutable efficacité comme le confirme « A Train Named Fish » les rafales de caisse claire, les grondements et claquements de contrebasse se complétant parfaitement avec les cris du sax ténor au son souvent proche de l’alto, tant Irving va chercher les aigus comme un guitar héros avec la main en bas du manche.

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Le trio change alors de soliste avec l’arrivée de Christophe Cravero au clavier. Voilà encore un superbe musicien, polyvalent instrumentalement, piano, violon, alto, batterie, polyvalent musicalement, Billy Cobham, Eric Séva pour le jazz mais aussi Sansévérino ou Dick Annegarn et compositeur aussi. Tel son titre « Elegant Elephant » où les échanges de regards et de rires avec Roger sont éloquents de leur complicité. Nous sommes vraiment gâtés. Et c’est pas fini comme dit la pub !

Arrive celle qui va être la découverte de la soirée, la chanteuse sud-africaine Tutu Poane qui va nous éclabousser de son talent, de sa voix, de son élégance. Vraiment Roger sait bien s’entourer. Parfaite dans tous les registres et capable de scats fabuleux et originaux, elle m’a plusieurs fois donné des frissons de plaisir ; et à mes voisins aussi. Magnifique !

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Nouvel invité en la personne de Mickaël Chevalier au bugle pour « Footprints » de Wayne Shorter (titre que vous trouverez sur l’album… ou pas) , enchaîné sur l’hymne de Roger, le morceau qui est sa signature, « From Palmer », réarrangé avec Stéphane Belmondo dans le nouvel album « Three » ; quelle belle composition.

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Puis on se « Ballade A Vélo avec Huyên » avec deux « l » avant de revenir au match et au trio initial avec « la Hargne de FF », pas celui qui aime les jolis costumes, mais Florian Fritz le joueur du Stade Toulousain (dont Roger a la serviette pour s’essuyer ce soir) , que je débaptiserais bien Freetz tant le morceau vire du hard bop aux fulgurances du free.

Fausse fin et rappel enthousiaste ; et oui on a envie de tous les revoir et particulièrement la merveilleuse Tutu. Pour ceux qui connaissent l’album on se doute bien qu’elle va revenir car il manque le titre « Black or White » de Michael Jackson si cher à Roger. Les premières notes nous rassurent, voilà un dessert délicat que l’on savoure avec gourmandise.

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Chapeau Monsieur Biwandu pour ce concert plein de surprises, c’était la grande classe et il ne pouvait en être autrement avec tous ces talents réunis.

Et dire que pendant ce temps sur un autre plateau, télévisé celui-là, onze joueurs de pipeau tentaient de placer leur chorus dans une cacophonie insupportable… On était tellement mieux ici.

 

Portrait de Roger Biwandu et chronique du CD dans la dernière Gazette Bleue :

http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n21-mars-2017/

 

Apéro Jazz au Cuvier : Roger Biwandu Trio

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc

Depuis cette année, à l’initiative de la nouvelle équipe municipale, la salle de spectacle du Cuvier à Artigues-près-Bordeaux diversifie sa programmation jusqu’ici quasiment réservée la danse moderne. En effet  le Cuvier en est un lieu de référence national et y accueille régulièrement les plus grands. Ainsi le service culturel m’a demandé –et donc Action Jazz – de les mettre en relation avec des musiciens de divers horizons pour trois dates.

Le principe de l’ « Apéro Jazz » est simple, le spectacle est gratuit – pas pour le service culturel de la Ville – et une association, différente à chaque fois, assure le bar et les tapas, ce soir c’est le club de basket. Ça commence à 19 heures, évidemment à l’heure de l’apéro,  jusqu’à 21h30. Ça ne se passe pas – encore  – dans la grande salle mais dans le hall équipé d’un très joli bar ; on y est plus près de l’Apollo que du Fémina si vous voyez.

Ce soir Roger Biwandu joue en trio lors d’un « Apéro Jazz ». Celui-ci fait suite à deux « Apéro Pop » en janvier et mars où il s’était produit avec ses potes, les remarquables Mark Brenner (basse, guitare, ukulélé, chant) et Thomas Drouart (claviers). Ils avaient d’ailleurs mis le feu avec un répertoire de tubes pop, soul qui avait enchanté un public de tous âges ; certains n’étaient venus que pour l’apéro et ils ont été contents du voyage…musical. Ils retrouveront d’ailleurs ici-même, mais dans la grande salle, les deux derniers le 3 octobre prochain pour le spectacle « 100 % Beatles » avec le reste du Mark Brenner Band.

Ce soir ambiance plus cool et jazzy (Roger Biwandu a horreur de ce mot c’est pour le taquiner que je l’emploie) avec autour du batteur, le guitariste Dave Blenkhorn (mon jumeau dit Roger, ils sont nés le même jour de Noël) et le contrebassiste Laurent Vanhée.

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Le milieu du jazz les connaît mais pas forcément le public présent ce soir ; c’est donc amusant de voir les réactions d’étonnement devant la qualité musicale du trio. Mais d’où sont-ils ? D’ici ! L’un d’entre eux à même été élevé tout près à Cenon Palmer où vivent toujours les parents Biwandu.

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Le répertoire est fait de standards, de Cole Porter, George Gershwinn, Wes Montgomery, Coltrane, un peu de bossa, un peu de blues… La voix de Dave fait souvent penser à celle de Chet Baker et question guitare le kangourou bordelais est vraiment excellent, tout ça sans pédales d’effets, un bon son jazz. On sent les dames sous le charme, les messieurs aussi.

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Tout se passe dans une belle ambiance…d’apéro. Les amis se retrouvent, débriefent la semaine (la seule sans jour férié de mois de mai, dur dur !) on bavarde, on écoute, on boit, on n’écoute pas, on grignote, on écoute, on boit, on tape des mains, on grignote, on applaudit et pour beaucoup on découvre avec bonheur ce fameux jazz qui fait tant peur. D’ailleurs ce soir il y a moins de monde que les fois précédentes, concurrence de la grosse machine de la Fête du Fleuve, week-end prolongé ou bien timidité ou crainte envers le « d’jazz ». Combien de fois avons-nous entendu ce « j’aime pas le jazz » auquel je réponds que c’est aussi absurde que de dire « j’aime pas la nourriture », il y a forcément des choses qu’on aime et bien sûr d’autres qu’on n’aime pas ; « goûte au moins » disaient nos mères.

Les présents, nombreux quand-même, en tout cas eux se régalent, il faut dire qu’ils ont la chance d’entendre de fameux musiciens. Quel travail nous fait Roger avec seulement la caisse claire, la grosse caisse une cymbale et le charley ! Baguettes, balais, mailloches sont à la fête, son cou moins, il  est quasi bloqué ce soir. Laurent assure l’assise de tout ça avec délicatesse ou groove, il réussit à capter l’attention avec de beaux chorus ; jamais simple avec cet instrument. Et Dave, en tenue d’été, qui ensoleille l’atmosphère de sa voix et du beau son de sa demi-caisse.

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A la fin le rappel fait danser la salle, une magnifique et aérienne version de « Sunny ». Sourires partout sur les visages.

Merci à la ville d’Artigues de cette initiative qui doit se poursuivre en 2015-2016 sur le même principe. Des concerts payants cette fois dans la grande salle du Cuvier sont aussi à l’étude.

Carte blanche à Roger Biwandu à L’Apollo

par Philippe Desmond ; photos Thierry Dubuc, X

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Depuis des années l’Apollo – pas de Harlem, celui de Bordeaux – donne régulièrement carte blanche à Roger Biwandu musicien et batteur éclectique. C’est le mercredi, une fois par mois environ et à l’heure de l’apéro, de 19 h à 22 h pétantes, voisinage oblige.

A chaque fois il s’entoure d’excellents musiciens – Roger est exigeant et il a raison – leur choix dépendant du répertoire et du thème de la soirée. En général c’est un hommage à un artiste, quelquefois à un genre comme la musique West Coast. Ainsi avons-nous eu droit à du jazz, Art Blakey Wayne Shorter, Miles Davis, Herbie Hancock, Franck Sinatra, Al Jarreau… de la pop avec les Beatles, Sting et Police, Mickael Jackson… de la soul avec Earth Wind & Fire, Stevie Wonder, James Brown, etc. Roger Biwandu est inclassable – et ne le souhaite pas – il aime la musique et en possède une culture des plus larges.

Du trio à un orchestre de neuf musiciens comme ce soir le résultat est toujours enthousiasmant. Le lieu est à chaque fois bondé, la température y monte vite, les gorges s’assèchent et donc au bar la belle équipe de l’Apollo ne chôme pas. Les potes se retrouvent, souvent en bandes c’est bruyant et à la fois attentif à la musique. Les musiciens – qui sont ici chez eux et s’y retrouvent nombreux – prennent la place d’une des attractions habituelles du lieu, le billard et le public s’entasse comme il peut devant eux. Mojitos, bières belges, rosé circulent au milieu de ce chaos.

Ce soir avec neuf musiciens c’est aussi l’embouteillage « sur scène » (il n’y en a pas).  Pour sûr l’Apollo ce n’est pas la salle Pleyel, le son n’est pas non plus génial (sauf ce soir justement). Le concert se mérite mais quel plaisir au final ! Ça se passe comme au tennis en deux sets gagnants et toujours gagnés et à 22heures pile donc ça s’arrête, public en délire ou pas ; souvenir de fermeture administrative passée…

Musicalement la qualité est toujours au rendez-vous, le boss a des exigences et s’il y a très peu – ou pas – de répétitions c’est que chacun a ses devoirs à faire à la maison longtemps à l’avance. Ils ont certes tous l’habitude de jouer ensemble, tout cela a l’air facile mais il y a du boulot derrière.

Ce soir une partie de la fine fleur bordelaise est là pour régaler. Tous  de vrais musiciens sans étiquettes trop marquées même si certains sont plus proches du jazz que d’autres. Le flyer annonce « Tribute to Ray Charles and artists soul/Rythm’n blues », on va voir que ce n’est qu’une vague indication.

Quand j’arrive les musiciens sont en train de se faire photographier tous en costumes sombres et cravatés. La grande classe et le concert va le confirmer, le ramage étant à la hauteur du plumage…

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Ce soir c’est la fête du Mirror, pas moins de cinq cuivres sont disposés en première ligne derrière les pupitres. Orgue, basse, batterie complètent le dispositif avec en « leader » Dave Blenkhorn à la guitare et au chant.

L’Apollo se remplit d’un coup aspirant tous ceux qui sirotaient en terrasse et c’est parti ! Avec du Floyd, non pas Pink mais Eddie et son très musclé Knock on Wood. La puissance des cuivres, avec deux trompettes, un sax ténor, un sax baryton (trop rare et si indispensable avec la Soul) et un trombone ! Avec ce dernier Sébastien Iep Arruti va nous faire un festival toute la soirée régalant ses compères musiciens en même temps.

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Dès le premier titre tout le monde est décoiffé et pour calmer l’assistance arrive comme une surprise « La Mer » de Charles Trenet en version « Beyond the Sea » magnifiquement chantée par Dave Blenkhorn et sa chaude guitare jouée sans aucun effet électronique.

Puis on repart à fond avec « Hot Pants Road » de James Brown. Ah le son du sax baryton avec Guillaume Schmidt aux commandes ! Je me souviens enfant d’un concert de Nino Ferrer époque « cornichons » et du son de ce sax qui m’avait marqué et de l’orgue bien sûr. Et ce soir justement Hervé Saint-Guirons lui d’habitude si posé se déchaîne avec le sien ; longtemps que je ne l’avais vu aussi démonstratif ! La cabine de l’orgue ventile à 10000 tours. (portrait d’Hervé dans la dernière Gazette Bleue #10)

« Do nothing till you hear from me » d’Ella Fitzgerald et Dave fait son crooner. Il fait aussi sonner magnifiquement sa demi-caisse. « Il joue en la » me précise Dany guitariste bordelais légendaire. Si tu le dis…

« Mustang Sally »  de Mark Rice et non de Wilson Pickett qui lui l’a rendue célèbre, déchaîne la foule qui répond à Dave par des « ride Sally ride » ; Laurent Agnès et Régis Lahontâa et leurs trompettes lâchent les chevaux, des mustangs donc, Loïc Demeersseman et son ténor déboulent  au grand galop, Sébastien et Guillaume font du rodéo. Derrière Roger Biwandu très présent et Marc Vullo impeccable tiennent les rênes de cette cavalerie, ce dernier avec la discrétion habituelle d’un poste pourtant indispensable ; pas de basse pas de groove. Et là gros groove…

Tiens une intro de batterie fameuse, Roger l’adore, c’est « Blues March » d’Art Blakey, avec cette formation c’est tout simplement de la dynamite. Et là on comprend que c’est lui Roger le patron, celui qui commande les chorus, les breaks, les relances. On voit aussi qu’il est heureux, ça tombe bien nous aussi !

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Bon ça sent quand-même un peu l’arnaque de concert, il est où Ray Charles ? Le voilà enfin avec la reprise de « What I said », inusable. Dave le crooner se lâche dialogue avec le public sur ce tube interplanétaire : Heyyy ! Heyyy ! Hooo ! Hooo ! Derrière c’est toujours aussi flamboyant.

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La pause arrive à point nommé. Tout le monde est épaté même nous qui avons l’habitude.

Ça reprend, pas de chapeau, pas de lunettes noires mais une belle version de « Everybody needs somebody » puis le titre jazzy et chaloupé « Killer Joe » de Bennie Golson, un morceau des Meters, à nouveau Art Blakey et  « Moanin’  » et enfin « Hit the Road » de qui vous savez. Le feu à l’Apollo. Rappel avec Ray jusqu’à 22 heures pile, c’est la règle.

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Un tel concert ça vous regonfle, une vraie thérapie, même mon mal au dos a – presque -disparu. Une amie s’approche de moi les yeux brillants « c’est le bonheur » me dit-elle ; ah bon ce n’était pas pour moi ces scintillements…

Pour vous dire la qualité du concert, même le Messi et son Barça en ont attendu la fin pour marquer enfin des buts constatera Roger.

Je redis la chance que nous avons de vivre des moments de cette qualité grâce à ces artistes et aussi à l’Apollo qui entretient cette flamme depuis toujours.

Prochaine carte blanche à Roger Biwandu le dimanche 21 juin ici pour la Fête de la Musique.

Heyyy ! Heyyy ! Hooo ! Hooo ! On rentre de l’Apollo….

Apollo en orbite hier soir grâce à Roger « Kemp » Biwandu et son septet !

Par Philippe Desmond

Shekinah Gatto (Sax alto), Laurent Agnès (trompette), Sébastien Iep Arruti (trombone), Alex Golino (sax ténor), Francis « Doc » Fontès (piano), Olivier Gatto (contrebasse et direction musicale), Roger Biwandu (batterie).
Hommage flamboyant au grand Art Blakey hier soir à l’Apollo à l’occasion de la traditionnelle carte blanche à Roger Biwandu. Le sextet composé de fidèles et très solides compères nous a offert une prestation de très haut niveau mais ça on s’en doutait car on les connaît et apprécie tous.
L’Apollo bondé a vite été mis sur orbite par le répertoire d’Art Blakey magnifiquement interprété par nos amis. Shekinah déchainée nous tissant des solos plein de folie et de fantaisie, Alex et son suave ténor partant vers des sommets, Sébastien faisant groover son trombone avec virtuosité – pas facile avec cette grosse bébête – Laurent nous offrant toute la gamme de ses pistons avec enthousiasme et finesse, le Doc impassible au clavier sauf ces mains qui virevoltent avec précision et chaleur. Et derrière ou devant, car avec Art Blakey on ne sait pas trop, une rythmique d’enfer ou de paradis – là aussi on ne sait plus – Olivier marquant ce tempo tendu avec ces accélérations si typiques de ce répertoire et Roger – hyper concentré – qui nous a tout fait ; quelle densité lors de son solo dont le rythme insensé n’a pas baissé d’un iota Que dire de la magnifique battle entre le Doc et Roger dans l’incontournable Moanin’, arbitrée par Olivier dont tous les trois sont sortis vainqueurs ! Ça c’est du sport ! ! Mais surtout un septet en parfaite harmonie prenant et donnant du plaisir à une salle vite chauffée à blanc. Et Alex Golino de me confier à la fin du concert « dommage qu’on ne répète pas davantage car ce serait encore meilleur » ; ben dis donc…
Deux rappels – une prouesse à l’Apollo où le temps est compté pour des raisons de voisinage grincheux – dont la légendaire Blues March exécutée au pas de course. Public nombreux et comme nous les vieux l’avons remarqué, bourré de jeunes. C’est bon tout ça pour le jazz, et c’est grâce à des soirées comme ça accessibles à tous. Merci à ces musiciens et à l’Apollo de ces cadeaux.

Texte et photo par Philippe Desmond

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