Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Depuis maintenant plus de deux ans Action Jazz suit de très près la carrière du guitariste Tom Ibarra. Installé dans la région depuis quelques années, à Bergerac exactement, il fait partie de ces musiciens locaux et régionaux que notre association a pour but de mettre en avant. Mais il est vrai qu’avec lui et son entourage d’autres liens se sont tissés. C’est donc depuis pas mal de temps déjà que nous savions que sa carrière allait prendre un tournant. C’est déjà Alain Piarou le président et créateur d’Action Jazz qui avait mis en rapport Tom avec le batteur Pierre Lucbert devenu maillon essentiel du groupe. Ils étaient faits pour se rencontrer. Mais là le changement est plus profond, le quartet devenant quintet avec trois nouveaux membres. Jean-Marie Morin le bassiste historique et Christophe de Miras qui avait rejoint le groupe fin 2015 partent vers leurs propres projets, sans amertume, mais par choix de vie. Place aux jeunes, pensez donc ils sont à peine quadras ces deux derniers !

C’est au studio d’enregistrement Cryogène de Bègles que nous faisons connaissance avec le nouveau Tom Ibarra Group, le TIG. Ils sont là pour dix jours à enregistrer le deuxième album de Tom avec Guillaume Thévenin à la console. Neuf compositions originales du guitariste.

Faisons connaissance avec les petits nouveaux.

A la basse Antoine Vidal, 22 ans, un parisien rencontré là-bas par Tom lors des jams du Caveau des Oubliettes. Possédant son propre projet de jazz fusion, le groupe Ishkero, Antoine a de suite accroché avec Tom . Lors des sessions d’enregistrement, il est force de proposition quant aux arrangements et musicalement il possède déjà une belle expérience qui s’entend, maîtrisant aussi la technologie et les effets électros.

Aux claviers, natif de Tourcoing, Auxane Cartigny, 21 ans, une pépite selon certains. Piano classique à l’âge de 7 ans, puis percussions, le jazz spontanément vers 12 ou 13 ans en écoutant des disques puis des prix de jazz et classique ; il vient d’achever avec succès son cycle de trois ans au Centre des Musiques Didier Lockwood où il a rencontré Tom Ibarra qui lui vient de finir sa première année. Il compose aussi pour son propre trio de forme classique, piano, contrebasse, batterie.

Au sax ténor et ça c’est quand même une grosse nouveauté, Jeff Mercadié originaire de Nérac en Lot-et-Garonne où il a commencé la musique avant de poursuivre à Marmande puis en licence au Mirail et en DEM à Montauban. Lui aussi achève son cycle au CMDL. Déjà bien âgé, 27 ans (!) , il mène des projets, funk et salsa, et a monté un quintet de jazz moderne pour lequel il compose. Lui aussi apporte ses idées à Tom pour les compositions.

L’idée du sax est venue à Tom pour étoffer le son du groupe et, attitude pas égoïste du tout, pour créer un contrepoint, une complémentarité avec la guitare. De fait à l’écoute des premières maquettes la différence avec le précédent album et même ses évolutions est flagrante. Un son plus frais, plus jazz, vraiment un univers différent.

A la batterie bien sûr on retrouve Pierre Lucbert, 21 ans, qui vient d’achever ses études de musique et se lance dans le grand bain. Il est devenu un maillon essentiel du groupe de part sa technique, son apport rythmique et son groove.

Tom Ibarra bientôt 18 ans, et oui il va finir par vieillir lui aussi, a donc composé neuf titres, il y travaille dur depuis janvier en parallèle avec ses études au CMDL. L’école leur a d’ailleurs mis des locaux à disposition permettant au groupe de nombreuses sessions de répétition, gain de temps – et d’argent – inestimable pour le passage en studio.

Il faut voir travailler ces jeunes musiciens pour voir le soin qu’ils apportent à leur création ; pas un détail ne leur échappe et le moindre pain, voire la moindre imperfection, provoque aussitôt à la réécoute un chambrage en bonne et due forme.

Car ils s’entendent comme larrons en foire et si tout se passe très sérieusement il règne aussi une très bonne humeur dans le studio. Ils y habitent dans un joyeux capharnaüm pour la durée de l’enregistrement. Mais ils travaillent et aujourd’hui ils avaient même un jour d’avance sur le planning, 4 titres en 3 jours.. Ils commencent déjà à ressentir la fatigue car quand on est méticuleux comme eux il y a une tension et une attention permanentes qui finissent par ronger votre énergie. Mais ils sont jeunes et vu ce qu’ils avalent à table ils devraient tenir.

Le CD est prévu à la vente pour le mois de décembre et sa release officielle aura lieu en mars. En attendant deux concerts du nouveau TIG sont programmés le 6 octobre au Sunset à Paris et le 13 octobre au Club House (ex CdJ)   à Bordeaux . Action Jazz vous tiendra bien sûr au courant mais le résultat vaudra le coup d’après les premières écoutes brutes avant mixage.

Action Jazz fête la musique à la Grande Poste

Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

La Grande Poste, Bordeaux le 21 juin 2017.

Depuis 1982 la Fête de la Musique lance officiellement la saison d’été, semblant séculaire pour les plus jeunes, les plus anciens se demandant comment elle n’a pu exister avant. A Bordeaux l’an dernier elle a pourtant été réduite à sa portion congrue officielle, la musique s’effaçant devant le dieu football et l’Euro 2016. Ainsi Action Jazz qui animait traditionnellement la scène de la place du Palais mise à disposition par la Ville de Bordeaux en avait fait les frais.

En 2017 pas de foot mais malheureusement toujours l’état d’urgence, cette menace permanente sur les événements et son corollaire, les mesures de sécurité draconiennes. Nécessité de lieux « fermés », d’agents de sécurité qui grèvent les budgets aux dépens des musiciens, du matériel et des techniciens et donc une impossibilité pour Action Jazz, cette petite association sans fonds , d’accepter les conditions proposées.

 

Mais la bonne fée de la musique veillait et a suggéré à Guillaume Thévenin le programmateur jazz de La Grande Poste – et responsable du studio d’enregistrement Cryogène de Bègles – de se tourner vers nous pour l’aider à organiser la première Fête de la Musique du lieu. Et c’est ainsi que l’aide s’est transformée en carte blanche à Action Jazz.

Ce 21 juin grâce à ce concert beaucoup de gens et presque tous les musiciens, découvraient la Grande Poste, cet « espace improbable » comme le définissent ses responsables, un lieu majestueux au style Art Déco devenu par la volonté et l’investissement de Maryline Minault et de ses fils, un espace culturel pour les créateurs, les musiques, le théâtre… assorti d’un bar et d’un restaurant. Il accueille en ce moment une très belle exposition des toiles monumentales de Patrick Marquès. Ouvert il y a quelques mois son développement est en train de monter en charge à mesure que sa notoriété s’accroît. http://lagrandeposte.com/fr/

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Une chance donc pour nous et un défi d’y organiser cette soirée, aux conditions premières de la fête de la musique, c’est à dire librement pour le public et bénévolement pour les artistes. L’occasion pour ces derniers d’avoir une belle exposition et de se faire connaître pour certains, du public et du lieu. Encore fallait-il que l’affluence fut là… Elle y était , malgré l’offre très riche des autres établissements, des scènes publiques et des scène sauvages. Et en plus en ce soir de canicule elle y découvrait une bonne surprise, la climatisation !

C’est ainsi que Melodious Tonk a commencé à jouer devant une salle pleine à craquer, des tables et des chaises devant être rajoutées. Ce duo composé de Marina Kalhart (chant et contrebasse) et Patrick Bruneau (guitare) comme son nom le suggère, revisite à sa manière le répertoire de Thelonious Monk.

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Plutôt intimiste le duo a dû s’adapter au volume de la salle pas facile à sonoriser et au public bavard content de partager ces moments. «Les Français ne ne taisent donc jamais »  nous lance amusée une personne faisant partie d’un groupe d’une quinzaine de touristes indiens venus là par hasard. Belle émotion – et beau succès – pour Marina qui jouait pour la première fois devant une telle assistance, Patrick plus ancien dans le métier étant lui plus habitué.

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Une entrée en matière très agréable à l’heure de l’apéritif.

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Changement radical de registre avec le Jean-Marie Morin trio , lui à la basse, Christophe de Miras aux claviers et exceptionnellement Pierre Lucbert à la batterie, Olivier le titulaire étant empêché.

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Certains auront bien sûr reconnus dans ce trio la rythmique du Tom Ibarra Group mais ce projet est différent, fait de compositions de Jean-Marie toujours dans le style jazz fusion. Une musique bien en place, vive et mélodieuse sur une rythmique carrée et un avenir intéressant pour les deux premiers musiciens, les vieux (!), qui vont partir de leur côté laissant les jeunes Tom et Pierre en retrouver d’autres.

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On en reparle plus loin. Tom est invité sur le dernier titre, une sorte de teaser pour son set de fin de soirée.

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Après ce set musclé, retour à de la musique plus légère avec le trio Jazzed Up : Yazu (Chant), Alexandre Jian (Contrebasse), Alexandre Turco (Guitare).

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Le trio adapte avec talent les plus beaux thèmes du jazz, du swing et autres trésors de la chanson française et internationale. La belle présence de Yazu, elle aussi impressionnée par la taille du lieu, est la signature de ce trio. Un moment très cool avant le bouquet final.

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Le Tom Ibarra Group tenait à être présent ce soir, exprimant ainsi sa reconnaissance à Action Jazz qui le soutient depuis le début. Pas difficile pour nous d’adhérer à un projet d’une telle qualité, de le voir évoluer et se polir au gré des concerts.

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Mais les artistes aiment prendre des risques, explorer de nouvelles pistes et c’est ainsi que le groupe va évoluer Jean-Marie Morin (basse), Christophe de Miras (claviers) partant vers leurs propres projets alors que Tom Ibarra (guitare) et Pierre Lucbert (batterie) vont s’associer avec trois autres jeunes musiciens du CMDL ( Centre des Musiques Didier Lockwood où étudie encore Tom) pour explorer d’autres univers et élargir leur rayon d’action.

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La nouvelle formation entrera en studio chez Cryogène au mois d’août pour un CD de nouvelles compositions. Soutien à leur création à : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

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En attendant le TIG nous a offert un concert étincelant malgré, j’y reviens, l’acoustique complexe du lieu qu’ils ont pu avec l’aide de la régie maîtriser de mieux en mieux. Un set très engagé avec ses compositions jazz-funk, quelques belles ballades et bien sûr un « Mona » éblouissant.

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Un réel cadeau fait au public par ces quatre compères qui sont aussi des personnes d’une gentillesse et d’une simplicité rafraîchissantes.

Un grand succès pour cette première Fête de la Musique à la Grande Poste. Maintenant place à l’été, ses concerts et ses festivals ; je sens qu’on va se régaler !

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Liens :

Mélodious Tonk :

https://www.facebook.com/melodioustonk/

https://www.youtube.com/watch?v=GN1VJe6zb7I

Jean Marie Morin trio :

https://www.facebook.com/jeanmarie.morin.37

Jazzed Up :

https://www.facebook.com/jazzedupband

https://youtu.be/dIZJLPE3jPI

Tom Ibarra Group :

http://www.tomibarra.com/

https://www.facebook.com/TomIbarra.guitariste/

https://www.youtube.com/watch?v=kfpjXML1DCY

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

Le Tom Ibarra group épate le Club-House

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

samedi 17 décembre 2016, le Club-House (Bordeaux)

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Riche semaine musicale à Bordeaux et ses environs – le blog en a relaté certains événements – avant une petite pause pour les fêtes. Pour nous à Action Jazz c’est la fête toute l’année tant la diversité et la qualité de la programmation sont régulières, quand on privilégie le talent des musiciens par rapport au star système. Lui en fera peut-être partie un jour même si ce n’est pas forcément cela qu’il vise, mais il a tous les atouts en main pour y arriver. Du talent, de la créativité, car il compose, de plus en plus de présence sur scène, déjà quelques jeunes groupies sous son charme, car il en a le bougre. Lui c’est Tom Ibarra. Lui et eux, car sans ses trois excellents compères il ne serait pas sur cette pente ascendante.

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Le plus ancien, présent depuis ses débuts tout jeune sur scène, Jean-Marie Morin remarquable bassiste, Christophe de Miras aux claviers qui se révèle de concerts en concerts et l’autre jeunot de l’équipe qui lui aussi commence à embuer les yeux des jeunes filles le tonitruant batteur Pierre Lucbert qui a rejoint Tom au printemps ; la meilleure nouvelle de l’année.

Ce qui est rafraîchissant quand j’assiste à leurs concerts c’est que très vite j’ai le même âge qu’eux ce que ne me confirmaient pourtant pas les miroirs du Club-House hier soir. Plus sérieusement à un moment où le public du jazz, parents et alliés, a une fâcheuse tendance à grisonner l’arrivée de jeunes talents – le blog vous en présente d’autres régulièrement – fait un grand bien, car ils attirent un public plus jeune comme hier soir. Public nombreux en plus et ça aussi c’est une bonne nouvelle et pas forcément là par hasard le groupe commençant à avoir une certaine notoriété ; et vu le succès ça devrait faire boule de neige.

Action Jazz vous l’avez compris a un petit faible pour le Tom Ibarra group et ne rate pas ses prestations ce qui lui permet à chaque fois de constater les progrès et les nouvelles prises de risque. C’était le cas hier sur un répertoire qui est parfaitement rodé et qui permet d’aller plus loin dans les improvisations. Sur cette scène foutraque du Club-House, le bassiste et le batteur surtout étant repoussés quasiment backstage, ils s’en sont livrés à cœur joie. Circulant pas mal parmi l’assistance j’ai pu mesurer son étonnement de découvrir un tel niveau.

Tom Ibarra développe et étire ses chorus vers des sommets et, au delà de la grande technique qu’il possède depuis longtemps, il commence à vraiment transmettre son émotion avec sa belle Ibañez ; avant il ne jouait pas autant les yeux fermés, pénétré par sa musique, il a franchi un pas et ce n’est pas fini. Il travaille dur pour cela au CMDL (l’école Didier Lockwood) et un seul trimestre passé là-bas fait déjà son effet.

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Jean-Marie Morin est d’un soutien essentiel à cette musique – à qui on va coller l’étiquette jazz fusion pour simplifier – et en rythmique, en slap ou lors de ses chorus il est indispensable avec sa basse sur mesure, fabriquée par le luthier périgourdin Baptiste Vergnaud.

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Christophe de Miras a intégré le groupe il y a un an et a vraiment trouvé sa place. Toujours avec le sourire, il se lance désormais dans des chorus pleins de verve et de groove ; du fait de la disposition particulière de la scène il était hier soir en pôle position et ainsi très exposé. Il a drôlement assuré.

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Caché au fond dans la remise, Pierre Lucbert n’a pas eu besoin de forcer son talent pour malgré tout se faire remarquer. Son jeu est époustouflant, d’une grande richesse rythmique, frappe sèche, précise et groove fabuleux sont ses signatures. Tout ça avec une aisance apparente que seul un gros travail autorise. Lui aussi a un bel avenir, une fois terminées ses études au CNR de Bordeaux.

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Pour le répertoire il est à peu de choses près le même que lors du concert de mai au Caillou chroniqué par Dom Imonk et auquel je vous renvoie, c’est la façon de traiter les choses qui a été différente, encore un cran au dessus. http://blog.actionjazz.fr/tom-ibarra-quartet-au-caillou-le-280516/

Ces musiciens jouent le plus sérieusement du monde mais ne se prennent pas au sérieux, pleins de fraîcheur et d’humilité aussi et ça à souligner. Témoin ce rappel commencé par à un tribute to … Tino Rossi et son « Petit Papa Noël » avant de lâcher la bride des rennes et de faire débouler le traîneau à 200 à l’heure !

Longtemps que le Club House n’avait pas bougé comme hier soir !

Plein phare entre les deux tours (1/2)

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

La Rochelle, le vendredi 07 Octobre 2016

1ère partie : Tom Ibarra Groupe

Tom Ibarra : Guitare et composition

Pierre Lucbert : Batterie

Jean-Marie Morin : Basse

Christophe De Miras : Clavier

Nous sommes au «Festival Jazz Entre Les Deux Tours» dans sa 19ème édition. Il y a des ponts qui convergent et viennent se nicher ici Espace Bernard Giraudeau, pour partager l’histoire d’un soir les fruits de leurs éclosions musicales et oui, comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce soir deux jeunes rameaux qui s’épanouissent à leur manière sont mis à l’honneur …

D’abord il y a Tom Ibarra Quartet, coup de coeur du festival et pour cause …

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Tout juste 17 ans compositeur et virtuose de la guitare, endorsé (Ibanez Guitars, Roland & DV Mark) allié à ses attachants compères et formidables musiciens eux aussi. Pierre Lucbert aux tous frais 20 ans, à la batterie, endorsé (Yamaha), Jean-Marie Morin à la basse et Christophe De Miras au clavier.

Ce soir Tom pousse plus loin encore ses limites pour donner davantage de consistance à son jeu, du relief et de la profondeur viennent auréoler un style déjà bien affirmé.

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Qu’il se pose la question ou non, Tom connait son chemin, perçoit sa destination. Il avance pas à pas comme chaussé de bottes de sept lieux, nous mène par le bout du coeur et de l’oreille dans son sillon et pense à dire au passage « thank you Bob » (hommage à Bob Berg) … C’est un hommage qui en appelle un autre avec un « So What » personnel et éclatant en voix de guitare pour dire à sa façon, respect Monsieur Davis. Lorsque soudain, arrive un magnifique orage accompagné de ses éclairs pour un solo batterie de Pierre Lucbert.

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Plus rien ne bouge, jusqu’a ce que surgisse au détour d’un chemin, « Monsieur chat » dans toute sa splendeur fier et élégant il daigne tout de même nous accorder son félin regard avant de prendre la poudre d’escampette pour se jeter aux bras de la douce et tendre « Mona » qui ne rêve que d’une lointaine « Exotic city »…

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  • Question
  • Thank You Bob
  • So What
  • Solo batterie
  • Mr Chat
  • Mona
  • Exotic City

2ème partie : Panam Panic Featuring Beat Assailant

Robin Notte : Fender Rhodes – Piano

Max Pinto : Sax ténor

Julien Alour : Trompette – Bugles

Julien Herné : Basse

Aurélien Lefebvre : Batterie

Adam Turner (Beat Assailant)

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De quoi vous tenir éveillé toute une nuit sans caféine avec une telle équipe ! Soudée comme un seul homme dans un alliage à la fois souple et résistant qui partage maintes influences musicales, dont Jazz Funk, Groove, en passant par le Rap qui s’invite en beauté !

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Ce soir toutes ces sonorités se mêlent avec soin dans une composition générale absolument chatoyante aux extraits de calme vif et de vif éclatant. Nous sommes dès le début propulsés dans un drôle de vaisseau au rythme d’une trompette lumineuse et aérienne qui tranche dans le vif du silence, soutenus par un sax qui nous plaque et nous charme totalement. Maintenue suspendus pour le reste du concert où le clavier souffle la pluie et le beau temps. Il est clair que le soleil n’a pas voulu se coucher ce soir et nous non plus !!!

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Tom Ibarra Quartet au Caillou le 28/05/16

Par Dom Imonk, photos Thierry Dubuc

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Tom Ibarra Quartet

Il n’y a pas que le Petit Poucet qui sème des cailloux pour retrouver son chemin, Tom Ibarra fait ça très bien aussi, il en a même retrouvé un gros, le Caillou du Jardin Botanique, dans le ventre duquel il s’était déjà produit il y a à un peu plus de trois mois, avec un quartet pour moitié renouvelé, se cherchant encore un peu, mais qui annonçait la couleur future du groupe. C’est le dernier concert du Printemps de Music [at] Caillou, avant que ne démarrent les très attendues Estivales dès le 1° juin. Beaucoup de monde pour cette ultime soirée, il y en a dedans, qui se régalent déjà de mets gouteux et de fins élixirs, d’autre préfèrent le grand air, mais les oreilles aux aguets. Le quartet c’est donc toujours Tom Ibarra à la guitare et aux compositions, Pierre Lucbert à la batterie, Christophe de Miras aux claviers et Jean-Marie Morin à la basse électrique. Ils sont tout sourire, pas de stress, mais aux regards entendus que l’on croise, quelque chose nous dit qu’on va passer une soirée mémorable, si l’on se souvient du feu qu’avaient mis début Mai ces quatre diables au Siman Jazz Club, dont on salue au passage l’équipe de passionnés.

Un premier set particulièrement riche a mis le public en condition, en piochant des thèmes de « 15 », l’album de Tom sorti fin 2015. L’énergie du live transfigure les « Be careful » , « Mr Chat » et autres « Thank you Bob » (dédié à Bob Berg). Ils sont développés et dévoilent à chaque fois une âme neuve, alors qu’on se délecte des petits nouveaux, de vrais brûlots, qui se rodent au mieux comme« I’m sick », « Question », « Inside » et « My Red Book », envoutante allusion au projet « Jazz India » dont on reparlera. Autant dire que ceux qui ne connaissaient pas en ont pris pour leur grade et sont repartis le cd dédicacé sous le bras, même si d’aucuns ont pu trouver le groupe un peu sous-sonorisé au début, mais ça s’est arrangé par la suite. Il est clair que depuis sa refondation, le quartet a gagné en cohésion et en rigueur, ce qui renforce l’impact de la musique, servie par un son de plus en plus affuté et évolutif. Chacun est à sa place pour alimenter le groove d’une musique qui, de façon presqu’imperceptible, précise son essence, parée d’habits jazz-funk, voire soul, en délaissant tant soit peu l’écharpe fusion des tout débuts.

Le deuxième set a carrément mis l’aiguille dans le rouge en ouvrant avec le « So what » de Miles Davis, très pêchu et funky. Mais de petits soucis techniques sur le clavier ont agacé le groove qui, n’y tenant plus, est reparti de plus belle dès les choses réparées par Benoît Lamarque, bienveillant maître des lieux. Résultat des courses, un son gros comme ça, de la patate dans tous les virages et un final sur le « Billie Jean » de Michael Jackson, plus funky que soul cette fois-ci, ingrédients savamment épicés qui ont achevé la conquête d’un public qui n’en revenait pas. Et il n’avait d’ailleurs pas tout vu, car d’autres nouveautés sont venues enfoncer le clou dans le sol d’un Caillou réjouit, comme « The notes », « The Lego », dédié à un fan anonyme, et « Death », autre extrait gorgé de spiritualité, tiré du projet « Jazz India ». C’est un « Mona » au feeling encore renouvelé et plus profond, qui est venu conclure ce set. Morceau mystérieux, le petit secret de son auteur…

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Christophe de Miras et Jean-Marie Morin

Le groupe évolue et murit en mode accéléré. Chaque concert  réserve sa part de surprises et de petits signes témoignent de ces changements, comme par exemple le jeu expert de Christophe de Miras, qui privilégie de plus en plus des envols jazzy, teintés de groove vintage, laissant à Jean-Marie Morin et sa superbe basse six cordes au son de velours, le soin de garder le temple du fusionnel dont ses lignes longues et racées raffolent. Quant à Tom Ibarra et Pierre Lucbert, leur complicité les soude d’une joie évidente de jouer dans l’échange incessant, et chacun sourit sans retenue des trouvailles de l’autre, qui jaillissent d’un peu partout. C’est presqu’un spectacle dans le spectacle. On ressent de plus en plus une sorte de gémellité entre eux, voire une « union sacrée ».  Je chipe « le diamant s’affine » à ma voisine, et c’est tout à fait ça. Du haut de ses 16 ans, Tom Ibarra est, rappelons-le, endorsé par Ibanez, mais son jeu s’est enrichi du soutien de la marque Roland. En effet, il utilise désormais un GT 100 (Boss) qu’il manie déjà à merveille pour offrir un nouveau son particulièrement riche et profond, ceci s’accordant à ravir à son souhait de jouer moins de notes, laissant toute la lumière à celles qui demeurent. Il nous a encore enthousiasmés par la limpide beauté de son jeu, sa justesse, mais aussi par sa direction de groupe très précise. Quant à Pierre Lucbert, c’est un batteur qui impressionne par sa déconcertante facilité à nourrir d’un drive riche et puissant le groove du quartet, et à savoir aussi gérer les accalmies. Alternances de climats parfaitement maitrisées, petits roulements par-ci, gros breaks ajustés au millimètre par-là, bref, ce n’est pas pour rien qu’à 19 ans, il est le plus jeune endorsé de la marque Yamaha, et qu’il a récemment obtenu son DEM Musiques Actuelles avec d’excellentes notes.

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Tom Ibarra

Pierre Lucbert

Pierre Lucbert

Comme si ces quatre garçons n’avaient pas suffisamment mis le feu au Caillou, deux rappels torrides ont suivi, avec « Exotic City » et le « Happy » de Pharrell Williams, qui ont sérieusement ravivé les braises de ce jazz-funk agile et efficace en diable. Et, croyez-le ou non, à peine la scène quittée et une ovation d’un public ébahi, que voici déjà de retour Tom, aux claviers, et Pierre à la batterie pour une sympathique jam improvisée, histoire de remettre le couvert du groove, alors que Christophe et Jean-Marie les rejoignent bien vite. Une sorte d’after-show de folie, dont le grand Prince était friand, on pense très fort à lui. Ne soyez pas tristes si vous avez loupé leurs concerts, le Tom Ibarra Quartet sera le 04 juin à Molières (Dordogne), le 06 juillet au Club House Rugby à Bordeaux (Ancien Comptoir du Jazz), le 23 juillet au Festival de Jazz de Saint-Émilion et le lendemain au Festival de Jazz d’Andernos.  Et le 02 septembre, ils seront de retour au Caillou du Jardin Botanique dans le cadre des Estivales 2016 !

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Tom Ibarra Quartet

Tom Ibarra

Le Caillou du Jardin Botanique

Tom Ibarra Quartet au Caillou le 20/02/16

Par Domimonk, photos Thierry Dubuc

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Ce samedi, c’était le retour du Tom Ibarra Quartet au Caillou du Jardin Botanique, lieu indispensable à la vie du jazz et musiques alliées à Bordeaux, il faut le dire et le répéter ! La salle est pleine à craquer et fourmille de fans irréductibles de ces sonorités, les parents et amis sont là, les yeux luisants d’impatience. Des quelques concerts passés de Tom Ibarra, on sentait qu’il y avait un devenir certain dans la démarche musicale du jeune homme, et une éclosion irrésistible de son talent. Cela s’est confirmé par la récente sortie de son tout premier album « 15 » (*), proposant de belles compositions qui seront en partie jouées ce soir. L’évolution qu’un jeune groupe peut vivre, s’accompagne souvent d’un « tumulte » créatif qui se retrouve dans les arrangements que l’on peaufine, d’un concert à l’autre, dans des sonorités qui varient, mais aussi quelquefois dans un choix de musiciens différents. Ainsi, Christophe de Miras a tout d’abord remplacé Thibault Daraignes aux claviers, puis c’est Pierre Lucbert qui prend désormais la suite de Thomas Galvan à la batterie. Saluons avec respect et amitié Thibault et Thomas pour leur talent et le beau travail accompli aux côtés de Tom, et souhaitons-leur qu’une belle carrière s’ouvre à eux aussi, ce qu’ils méritent amplement.
Le concert a débuté sur les chapeaux de roues par un « I’m sick » qui a posé le décor et ne donnait pas l’impression, malgré son titre, que tous ces jeunes gens soient le moins du monde malades, bien au contraire ! Le quartet commence à chauffer l’espace et « Distance » et « Exotic City », un vrai tube, accélèrent la cadence. D’entrée, on sent une réelle entente entre tous, quelques clins d’yeux échangés ça et là, au moment de breaks ou de reprises, confirment que, même s’ils confient ne pas avoir beaucoup répété, tous sont en phase et bien dans leurs baskets, pour ce jazz groove frais et très énergisant. Se révèle aussi une complicité particulière naissante, entre Tom Ibarra, jeune endorsé de la marque Ibanez, et Pierre Lucbert, qui lui est endorsé par Yamaha. Ils se sont déjà rencontrés et ont joué sur la scène Action Jazz de la fête de la Musique à Bordeaux, en Juin dernier, Tom et son quartet de l’époque, et Pierre, d’abord au sein du groupe jazz soul de Marine Garein-Raseta, puis avec la formation plutôt jazz funk Hyperloops. Gageons qu’ils avaient certainement du mutuellement s’observer et se dire qu’un jour peut-être, ils joueraient ensembles. Retour au concert, on joue maintenant « Thank you Bob », une belle composition de Tom, dédiée au grand Bob Berg. Émotion, calme et paix. « Inside » suit et c’est un « So what » de folie, notre bon Miles ne l’aurait pas renié, qui clôt le 1° set, avec, grosse cerise sur le gâteau, « Billie jean », brûlant tatouage soul, qui fait de ce final un vrai « thriller » jazz funk.

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Un petit break, et voici nos garçons de retour guillerets, pour un 2° set qui démarre avec « Mr Chat » et « Be careful », deux cartouches bien affutées, des tubes là aussi, où le quartet s’en donne à cœur joie, s’étant rodé lors de la première partie. Ne vous fiez pas au sourire de Jean-Marie Morin, le bassiste en profite pour vous assener de solides lignes de basse, charpentant la musique d’un groove souple et élégant, qui claque parfois en mode funk, en télépathie avec le batteur. Sourires aussi de Christophe de Miras, qui, après avoir résolu quelques difficultés de son, a pu délivrer de belles parties de clavier assez fusion, des chorus inspirés, alternant avec la jazzité servie sur un plateau par ses beaux sons de piano.

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Escale au port de la sérénité pour un superbe « Death », en mode mid tempo, composition de Tom, tirée du projet « Live & Death », formé lors de son récent voyage en Inde, avec de jeunes musiciens du cru. Elle s’enflammera vers la fin, illuminée de vie. Autre thème inédit dédié à un anonyme, « Le Discret », un jazz funk bien huilé impeccablement joué par la bande, qui est en mode « échappement libre », le rodage étant chose passée. Sachez que non, Tom Ibarra n’est pas Mao, mais ça ne l’a pourtant pas empêché de nous proposer, juste avant les rappels, un « My Red Book » bourré d’enseignements. Le public est enthousiaste, il n’en croit pas ses oreilles, nous non plus ! Deux titres en cadeaux, «Mona », tendre et gorgé de feeling, et un 2° « Exotic city », speedé, brûlant comme de la braise. Le quartet nouvelle formule a impressionné le Caillou, Tom et Pierre se sont jaugés et entendus, ils se sont trouvés. Ils ont chacun superbement joué, rythmique, chorus, magnifiques envolées de guitare pour l’un, polyrythmie experte et maitrisée des futs et cymbales pour l’autre, du grand art, en totale harmonie avec la toile savante tissée par la basse et les claviers, et ce, sur des compositions bien nées qui fédèrent. Une soirée magique, la leçon donnée par la jeunesse, on en redemande, mais on sait déjà qu’il y en aura d’autres, on y sera, nombreux !

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Tom Ibarra
(*) Chronique de « 15 » dans la Gazette Bleue à paraître début Mars.
Tom Ibarra quartet, récompensé « Espoir Action Jazz 2016 » au 4e Tremplin Action Jazz samedi 30 janvier 2016 au Rocher de Palmer.

Jazz360 millesime 2014 – Du Jazz en vision grand angle

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2014 dans la Gazette Bleue N° 5

Baptiste Herbin

Baptiste Herbin – Photo Alain Pelletier

Cénac est une sympathique petite ville juchée rive droite, non loin de Latresne et Quinsac, avec lesquelles elle forme un triangle vers l’Entre-deux-Mers.
On y aime le jazz et les 06, 07 et 08 juin dernier, c’était la 5° édition de son Festival « Jazz360 ».
Comme chaque année, Richard Raducanu a fait preuve d’un « nez » particulièrement fin pour programmer des musiciens, frais et inventifs, des plus jeunes et avides d’apprendre, aux plus établis mais qui apprennent encore. Cette édition a comblé les habitués, tout en rameutant un public croissant de curieux aux goûts pointus.

Les festivités ont démarré le vendredi en fin d’après-midi avec les ateliers jazz de l’Art de la Fugue mais une rocade capricieuse ne nous a permis d’assister qu’à une partie du concert qui suivait, celui du Big Band de la classe Jazz du collège de Monségur. Fraîcheur et savoir-faire déjà de ces tout jeunes gens, dont on nous a dit qu’ils n’ont que trois années d’études, chapeau bas !
Alors qu’un dîner concert avec Djamano Duo se donnait au restaurant Les Acacias, nous nous sommes dirigés vers le premier concert de la soirée, Asix Quintet. Excellent groupe au jazz élégant et raffiné, où se mêlent avec bonheur standards et compositions. Ce fût un vrai plaisir de retrouver la voix cuivrée de Freddy Buzon ( tp,bu) et le drive puissant de Simon Pourbaix (bat), alors que Thomas Lachaise (sax) et Xavier Duprat (p) nous contaient de belles histoires, s’appuyant sur le groove boisé et volubile de Lazid Ketfi (b).
La partie n’était donc pas gagnée pour le Christophe Laborde quartet qui suivait. Pourtant, les compositions lumineuses du leader, ainsi que son jeu très inspiré au saxophone soprano, ont tôt fait de nous convaincre. D’autant qu’à ses côtés, s’épanouissait avec tact et élégance la sensualité et le romantisme d’un duo italien très complice, formé par le grand Giovanni Mirabassi (p), et Mauro Gargano (b), très fin musicien que nous découvrions. A de tels musiciens, il fallait une forte pulsation rythmique, qui leur fût offerte par la dynamique presque rock d’un Louis Moutin (bat) en fusion. (CD de ce quartet : Wings of Waves – © 2013 – Cristal Records).

Le samedi, vers midi, un apéro concert avec les ateliers jazz du conservatoire de Bordeaux devait permettre d’apprécier la qualité des enseignements apportés à ses jeunes élèves, et leur maturité en devenir. Mention spéciale à toutes ces jeunes pousses, et en particulier au batteur Pierre Lucbert dont il faudra vraiment suivre l’évolution.
C’est sous un soleil de plomb qu’a débuté l’après-midi avec Jazzméléon Trafic, collectif atelier multi jazz, rondement mené par Pascale Martinez à la batterie, qui a agréablement surfé sur des standards (de Stolen Moments de Oliver Nelson à Speak No Evil de Wayne Shorter), et sur deux ambitieuses compositions du guitariste Jordan Cauvin (La dernière Note enchainée à Polivinka). Philippe Cauvin jubilait aux percussions, avec entre autres ses délicieuses clochettes tibétaines. Une solide section de saxes soufflait sa flamme, Thierry Taveaux à l’alto, Rémy Brown au ténor, et en « special guest », le « barbierien » Grat Martinez qui nous a régalés de belles échappées free. Alain Duffort nous a gratifiés de quelques chorus bienvenus de trompette, sous l’œil bienveillant d’un Fred Villega aux lignes de basse imperturbables.

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Jazzméléon Trafic – Photo Dom Imonk

Puis le Thomas Mayeras Trio, Thomas Mayeras (p), Germain Cornet (bat) et Julien Daudé (b), vainqueur du tremplin Jazz360 en 2012, a joué le rôle de « brumisateur » jazz, en offrant au public une musique fraîche, moderne et très bien jouée.
Il le fallait car quelques instants plus tard c’est une belle machine jazz groove qui est venue raviver les braises. Le Ebop Quartet ! Quatre garçons dans le vent fort d’une musique évolutive, ayant un pied dans les années 70s et l’autre dans la fureur électronique du 21° siècle. Ebop Quartet, c’est Guillaume Schmidt avec ce phrasé sax déjà magnifique en acoustique, mais donc l’impact se trouve démultiplié par les effets électroniques. Même démarche pour Christophe Maroye, qui nous a encore prouvé que sa guitare évolue sans cesse, avec ces inserts électronisés dont il est lui aussi friand. Coup de cœur pour ce magnifique morceau à l’ambiance éthéré façon ECM, rappelant Terje Rypdal. Enfin, on a succombé à la rythmique imparable formée par la batterie très technique de Didier Ottaviani, associée au deep groove avec slap intérieur dit « en morse » du redoutable Benoît Lugué.

BENOIT LUGUE ET CHRISTOPHE MAROY - EBOP DIDIER OTTAVIANI EBOP Guillaule Schmidt EBOP

Ebop Quartet – Photo Alain Pelletier

Quelques temps plus tard, l’on pouvait diner aux Acacias, avec la musique à tête chercheuse du Soundscape Trio, lauréat du Tremplin Action Jazz 2014.
Le Sextet d’Anne Quillier, vainqueur du tremplin jazz de la Défense, a débuté la soirée avec beaucoup de grâce. Elle est l’auteure de toutes les compositions jouées, et l’on est impressionné par une telle qualité d’écriture. L’ambiance est celle d’un jazz très moderne, beaucoup d’espace, de changements.
Le groupe est soudé, très réceptif, et les musiciens sont tous très talentueux. Anne Quillier mène bien son monde, elle joue du piano et du Fender Rhodes avec beaucoup d’à-propos et de finesse. Nous avons été épatés, par le jeu d’Aurélien Joly (tp, bu), et avons beaucoup apprécié la qualité de jeu des autres musiciens, Grégory Sallet (saxes), Pierre Horckmans (clarinettes) et Michel Molines (contrebasse). Enfin, on détecte une fibre rock dans le drumming de Guillaume Bertrand, tirant un peu son drive vers celui d’un David King (The Bad Plus), quand il ne « ralentit » pas son tempo à la façon d’un Bill Bruford. (CD de ce sextet : Daybreak – © 2014 – Collectif Pinceoreilles 001/1).

Anne Quillier 6tet

Anne Quillier Sextet – Photo Alain Pelletier

Dans l’après-midi, Jazz360 a organisé une rencontre avec Baptiste Herbin, lequel a d’abord joué quelques morceaux en solo, donnant déjà une idée de sa virtuosité, puis a répondu avec ouverture, précision et gentillesse aux questions de son public.
Le soir, c’est un peu à la lumière de cet échange qu’on a écouté son quartet, une sorte de dream team. Jugez plutôt, Pierre de Bethmann (piano, Fender Rhodes), musicien de grande classe, phrasé magnifique, homme aux multiples sessions. C’est la même chose avec l’excellent Sylvain Romano (contrebasse). Avec qui n’ont-t-ils pas joué ? Et une légende vivante à la batterie, Monsieur André Ceccarelli en personne, qui une fois de plus nous a conquis. Baptiste Herbin a ouvert le concert par une longue introduction, puis ce sont ses compositions qui ont été jouées, dans divers climats, tous très prenants, en particulier le très émouvant Faits d’Hiver, dédié à son père. Son jeu est impressionnant pour un musicien de seulement 26 ans. Il est virtuose certes, mais il n’est jamais ennuyeux ou démonstratif. Densité, richesse et profondeur. Ils reprendront Une Île de Jacques Brel, autre moment d’intense émotion. Baptiste Herbin a le sens du contact et s’adresse avec aisance et simplicité à son public, et on se sent bien à son écoute. Le concert a été une réussite, mais ça on s’en doutait ! (CD de ce quartet : Brother Stoon – © 2012 – Just Looking Productions JLP01).

André Ceccarelli 2

André Ceccarelli – Photo Alain Pelletier

Nous n’avons pas pu être présents le Dimanche, mais nous savons que le temps était au beau fixe pour un programme qui a commencé par une randonnée matinale de Cénac à Quinsac.
Il s’est poursuivi au Château Lestange, par un concert en fin de matinée d’Akoda Quintet, vainqueur du Tremplin Action Jazz 2014.
Le déjeuner s’est déroulé dans le même château, au rythme jazz-funk de Mil&Zim.
Enfin, c’est le Cadijo Vagabond Blues Project qui a conclu cette journée en gare de Latresne.

Encore un grand merci à toute l’équipe de Jazz360, et en particulier à Richard Raducanu, pour son amabilité et la qualité de son accueil.
Merci aussi à tous les partenaires de ce festival que l’on peut retrouver sur le site http://festivaljazz360.fr/
Et vivement la 6° édition de Jazz360 qui, à ce qu’on sait, devrait se dérouler quasiment aux mêmes dates en 2015.

Par Dom Imonk