Nola news # 6

par Alain Piarou, photos d’ Irène Piarou

Just in New Orleans !

George Porter Jr

George Porter Jr

George Porter Jr (The Meters), grande figure néo-orléanaise du funk se produit dans quelques lieux incontournables de la ville comme le « Maple Leaf Bar » et c’est toujours très bien accompagné qu’il nous démontre son talent de bassiste et de chanteur. Un vrai plaisir à l’écouter tant il est créatif.

Un privilège nous a encore cette année été fait de participer aux « graduations » (examen de fin d’année) des élèves du 2ième niveau de la classe jazz de la Nocca, fameuse high school de la Nouvelle Orléans. Son directeur, Michael Pellera, éminent pianiste et compositeur, dirige cette classe depuis 14 ans et révèle chaque année quelques jeunes pépites dont on parle déjà et dont on reparlera, tant ils sont déjà bourrés de talent.

Michael Pellera

Michael Pellera

Fier de la dernière acquisition de l’école, un demi-queue Steinway qu’il bichonne, il nous interprétait une de ses compositions et nous faisait découvrir le son merveilleux de ce bijou. Michael Pellera, les excellents musiciens, Chris Severin (basse, contrebasse) et Khari Allen Lee, tous professeurs, initiateurs, notaient les jeunes musiciens en herbe (14-15 ans) qui se produisaient sur des thèmes imposés et bien sûr, préparés, soutenus par 2 anciens de l’école devenu professionnels, un batteur et l’excellent bassiste Max Moran (Bridge trio, Donald Harrison Jr). Et quelques personnalités se faisaient remarquer et notamment un jeune batteur, très en avance sur le programme. Formidable expérience.

Yirmeyahu Yisrael, jeune saxophoniste se produit souvent avec sa sœur à la basse et son frère au piano mais là, au club « 30°-90° » il était dans un quintet qui reprenait quelques succès de la musique funk locale pour faire danser les amateurs de musique de « Frenchmen street ».

Yirmeyahu Yisrael

Yirmeyahu Yisrael

« Jazz in the Park », rendez-vous incontournable des jeudis, voyait le « Preservation Hall Brass Band » animer cette fin d’après-midi. Après la traditionnelle « second line », parade se terminant en dansant devant la statue de Louis Armstrong, le »Pres.Hall Brass » mettait une ambiance de folie, faisant chanter et … toujours danser ce public venu finir la journée, en famille et en musique.

Preservation Hall Brass Band

Preservation Hall Brass Band

Le « Hi Ho Lounge » club sur St Claude avenue, recevait, ce soir-là, 2 formations de jazz fusion. « Noruz » donnait le « la » avec beaucoup de talent

Noruz

Noruz

mais c’est surtout « Max Moran & Neospectric Band » qui mettait le feu. Magnifique quintet réuni par Max Moran,

Max Moran

Max Moran

qu’on retrouve toujours dans les bons plans et qui nous proposait ses superbes compositions qui paraîtront bientôt sur CD. Le saxophoniste alto, Kris Royal nous régalait de quelques arrangements et de quelques distorsions . Formation très électrique puisqu’on y trouvait 2 guitaristes, John Maestas et l’extraordinaire chercheur de sons, Cliff Hines (Christian Scott, Mike Dillon, S. Masakowski, …)

Cliff Hines

Cliff Hines

souvent à quatre pattes pour triturer les boutons. Superbe quintet dont on attendra, avec impatience, leur CD à venir.

Max Moran & Neospectric

Max Moran & Neospectric

C’est au « d.b.a. », sur Frenchmen qu’on retrouvait les indiens autour de Big Chief Monk Boudreaux pour une longue et belle soirée. Le claviériste Tom Worrell,

Tom Worrell

Tom Worrell

spécialiste de cette musique faisait sensation et nous montrait aussi ses talents de chanteur. Monk Boudreaux est toujours heureux sur scène et nous fait partager avec ses autres complices (dont son petit- fils) dans leur magnifique costume de plumes,

Big Chief Monk Boudreaux

Big Chief Monk Boudreaux

leur musique lancinante et répétitive qui frôle la transe, dans une ambiance funky. Toujours une belle ambiance dans un club archi-comble.

Pour la traditionnelle « crawfish party » du dimanche soir, l’organiste Joe Krown

Joe Krown

Joe Krown

nous offrait la musique de son dernier album en trio, avec Braint Henderson à la guitare

Braint Henderson

Braint Henderson

et le spectaculaire Russel Batiste la batterie.

Russel Batiste

Russel Batiste

Encore une soirée bien funky (normal, on est à Nola) qui nous faisait découvrir un excellent guitariste. A New Orleans, on ne sait où donner de la tête, tant il y a de talents !

Nola news # 5

Groove, groove, groove

Ike Stubbelfield

Ike Stubbelfield

Deux heures de groove au « d.b.a. » club sur Frenchmen avec 2 prestigieux musiciens, 2 anciens de la Motown et qui ont joué aux côtés de Marvin Gaye, The Temptations, Four Tops, Stevie Wonder et bien d’autres. Spécialiste de l’orgue Hammond  B3 et aussi du mini- Moog, tout comme George Duke, Ike Stubblefield se produisait aux côtés d’un autre musicien, membre des « Masters of groove » avec Bernard Purdie et Reuben Wilson, le guitariste Grant Green Jr.

Grant Green Jr

Grant Green Jr

Pour former le trio, c’est le batteur local, Terence Higgins,

Terence Higgins

Terence Higgins

spécialiste du funk néo-orléanais qui prenait les baguettes. Sans discontinuer, ces 3 musiciens exceptionnels enchaînaient quelques classiques du genre, se provoquant régulièrement, laissant place à des chorus de toute beauté. Un régal du genre !

 

Fusionnons !

A New Orleans, « Midas » ne fait pas dans le pneumatique mais dans le jazz fusion. Midas est le nom qu’a donné l’excellent bassiste Andrew Elmo Price à son groupe.

Andrew Elmo Price on bass

Andrew Elmo Price on bass

Elmo est toujours dans les bons coups quand il s’agit de bon jazz fusion à la néo-orléanaise (Magnitude et bien d’autres formations). Et, ce soir, il présentait son septet au « 30°/90° » nouveau club sur Frenchmen Street. Belle section de cuivres (alto/soprano/flûte, trompette, ténor), clavier, guitare, batterie et bien sûr, basse électrique très présente pour interpréter, durant 2 heures, peu de reprises (Hancock, par exemple) mais surtout des compositions personnelles d’ Andrew Elmo Price. Fines compositions, très bien écrites et tous ces musiciens avaient les yeux rivés sur leurs partitions car les superbes arrangements étaient complexes. Tout le monde avait la parole mais c’est Elmo qui dirigeait (normal, c’est sa musique) l’ensemble dans lequel, son complice de bon nombre de projets, le très bon saxophoniste Etienne Jean Stufflet

Etienne Jean Stoufflet, sax rénor

Etienne Jean Stoufflet, sax rénor

(qui n’a de français que le nom) prenait des chorus très remarqués. Très bon concert de ce superbe groupe, Midas, dont on attend avec impatience ces belles compositions gravées sur CD. Pas l’envie d’écouter autre chose après … on reste sur un petit nuage …

 

Thursday in the Park

Stephanie Jordan et Chris Severin on bass

Stephanie Jordan et Chris Severin on bass

Comme tous les jeudis et pour la 9ième saison, le parc Louis Armstrong s’anime de 17h à 21h. Pour cette fin d’après-midi,  c’est la chanteuse Stéphanie Jordan qui ouvrait la série de concerts, après, bien sûr, la « second line » avec un Brass Band. Issue d’une famille de musiciens de la Nouvelle Orléans, elle est la fille de Kidd Jordan (saxophoniste) et a pour frères, Marlon (trompettiste), et Kent (flûtiste) et pour sœur, Rachel (violoniste). Belle voix, charmeuse, entourée d’une belle équipe et notamment l’excellent bassiste, Chris Severin, elle interprète quelques grands succès de jazz classique, très swing avant d’en venir à une musique plus locale, funky donc, et de passer au blues avec beaucoup d’entrain. Bon début de soirée.

Davell Crawford

Davell Crawford

La 2ième partie, c’est le pianiste-chanteur Davell Crawford qui l’assurait avec beaucoup de générosité. Il est une figure de la Nouvelle Orléans et devait rester dans la musique funky pour interpréter principalement ses compositions qui faisaient danser et chanter le public.

Maple Leaf night

Johnny Vadacovich

Johnny Vadacovich

C’est à 23h00 que commence le concert du jeudi soir au « Maple leaf bar ». Le fameux rendez-vous que donne, chaque semaine, le fantastique batteur, Johnny Vidacovich est toujours plein de promesses car il partage la scène avec, à chaque fois, 2 amis différents pour former un trio. Et ce soir, c’est un trio atypique qu’il nous propose dans lequel on retrouve le talentueux contrebassiste-trompettiste, James Singleton pour accompagner l’excellent guitariste électrique, June Yamagishi.

June Yamagishi

June Yamagishi

Ce magnifique trio interprétait un jazz fusion dont on pouvait reconnaître des morceaux de Mike Stern, Herbie Hancock et même Miles Davis. Nous avions droit à de splendides chorus de chacun d’entre eux et James Singleton était au mieux de sa forme. Ils alternaient avec du blues pour finalement jouer les superbes compositions du contrebassiste. Un régal !

James Singleton

James Singleton

 

Jazz Market

L’ouverture de ce lieu, il y a tout juste un peu plus d’un an par le trompettiste néo-orléanais, Irvin Mayfield est très controversée et des histoires d’argent détourné rodent autour de cette pourtant belle initiative. Toujours est-il que ce « Poeple Health New Orleans Jazz Market », au départ, une bibliothèque (et c’est ce qui coincerait au départ), offre dans un joli cadre des rendez-vous musicaux, soit dans l’immense bar ou dans la belle salle de concerts. Et ce soir, c’est dans le bar que nous trouvons, en cette fin d’après-midi, un des grands batteurs d’ici, Shannon Powell, en trio

Shannon Powell

Shannon Powell

dans un répertoire plutôt be bop. Shannon est toujours souriant et le trio joue dans l’indifférence de nombreuses personnes venues arroser la fin de semaine. Qu’importe, nous, on se régale !

Michael Pellera (p), James Singleton (b), Johnny Vidacovich (dr)

Michael Pellera (p), James Singleton (b), Johnny Vidacovich (dr)

Dans la foulée c’est un autre trio qui prend place et quel trio. C’est un trio qui s’est formé il y a déjà très exactement 39 ans, nous avoue le pianiste Mickael Pellera. Mickael est le responsable de la section jazz de la Nocca (fameuse high school) et qui a formé bon nombre de musiciens devenus célèbres ( Jon Batiste, Trombone Shorty, …). Ses complices ne sont autres que le contrebassiste James Singleton et le batteur Johnny Vidacovich (Johnny Vi, comme on l’appelle ici ou le peintre, vu son attitude pour jouer). Autrement dit, un trio de grande classe qui piochait dans le répertoire Monkien avant de nous ravir avec de magnifiques compositions de Mickael et de James durant 2 sets d’1h15 chacun. Quelle soirée … et gratuite en plus !

 

L’Old Mint Museum reçoit régulièrement des jazzmen locaux et c’est l’excellent saxophoniste Khari Allen Lee qui en était l’invité du jour.

Khari Allen Lee (sax ténor)

Khari Allen Lee (sax ténor)

Il venait présenter, avec un mix de musiciens pros et amateurs, un hommage à Allen Toussaint. Outre sa charge de professeur à la Nocca, Khari est un musicien très actif et propose des initiations aux très jeunes et bien d’autres programmes encore. Toujours un bon moment quand on écoute les œuvres d’Allen Toussaint.

 

Tremé, toujours et encore Tremé

Il y a tous les jeudis, « Jazz in the Park » et cette année, les organisateurs ont voulu marquer l’anniversaire en faisant un festival de 3 jours supplémentaires intitulé « Tremé Art and Music Festival ». Une belle réussite avec, le vendredi, Davell Crawford dans un duo avec un DJ et 5 formations pour chaque jour de samedi et dimanche. Le samedi, Raw Oyster Cult avec l’organiste toujours aussi funky, John « Papa » Gros,

John "Papa" Gros

John « Papa » Gros

COREY Henry and the Treme Funktet, le toujours fringant Walter Wolfman Washington & the Roadmasters,

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

le Treme Brass Band et les indiens de Cha Wa. Pour le dimanche, Headliner TBA, Little Freddie King, les Soul Rebels, Darcy Malone and the Tangle et un hommage au Big Chief Juan Pardo par Caesar Brothers qui animaient la scène.

Mais, comme à la Nouvelle Orléans, tout est prétexte à la fête, c’est un autre festival qui voyait le jour. Sous le nom de « Zulu on the Bayou », le festival fêtait aussi Mother Day. Grosse affluence au bayou St John pour cette première avec un podium animé, de 11h à 20h par 6 formations. Dans cette journée très bon enfant, on pouvait écouter et danser sur les musiques de la tonitruante violoniste cajun Amanda Shaw

Amanda Shaw

Amanda Shaw

et le non moins showman qu’est le tromboniste Glen David Andrews.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

 

Next generation

Nocca Jass Ensemble

Nocca Jass Ensemble

Comme tous les ans, le Snug Harbor reçoit les lauréats de la dernière promo de l’année de cette prestigieuse high school qu’est la Nocca. Dirigée de main de maître par le talentueux pianiste, Michael Pellera, la classe jazz est une véritable référence et un tremplin extraordinaire pour les jeunes musiciens en formation. C’était donc un sextet de ces meilleurs représentants qui nous proposaient quelques standards arrangés par ces jeunes gens. On se passera de pianiste puisque la lauréate a dû déménager pour la Floride. Croyez-moi, la relève est là, bien présente et ce sont principalement les saxophonistes ténor, Orlando Gilbert,

Orlando Gilbert

Orlando Gilbert

qui part d’ailleurs en fin de programme pour la fameuse Berkley Scholl de Boston et alto, Noah Boshera

Noah Boshera

Noah Boshera

qui se faisaient remarquer. L’excellent batteur Brian Richburg qui arrive du Gospel dans les églises s’illustrait également comme métronome et soutien mais aussi par deux très intelligents chorus. Le public, par une standing ovation, honorait ces jeunes dont on entendra sûrement parler mais aussi l’excellent formateur Michael Pellera. Toujours un régal de découvrir cette belle relève.

Brian Richburg

Brian Richburg

Nola news # 4

Nocca Jazz Ensemble

Nocca Jazz Ensemble

Cette journée du New Orleans Jazz Fest commençait avec beaucoup de fraîcheur car c’est la Nocca (célèbre high school locale) qui débutait la suite des 6  concerts journaliers. Et ce sont quelques jeunes musiciens prometteurs de 15 ans qui interprétaient 3 standards sous les encouragements du public. Ils laissaient la place à leurs grands frères (17) qui se taillaient, eux aussi, un beau succès sous l’œil vigilent et les consignes professionnelles de leur directeur Mickael Pellera.

Mickael Pellera

Mickael Pellera

 

Les parades sillonnent la grande enceinte du JazzFest et ce sont les indiens qui défilent toutes les heures derrière quelques percussionnistes, pour le plus grand bonheur des photographes … la preuve.

Big Queen

Big Queen

 

The Woodshied : Trombones. Les 2 trombonistes Stephen Walker et David L. Harris nous exposaient leur projet commun et leurs improvisations respectives  démontraient leur talent,

Stephen Walker & David L. Harris

Stephen Walker & David L. Harris

soutenus par le batteur qui monte, qui monte à NewOrleans : Jamison Ross (récemment nominé pour un award).

Jamison Ross

Jamison Ross

 

Le pianiste Larry Sieberth se produisait avec une belle section de cuivres dont Brad Walker et Rex Gregory se faisaient remarquer aux saxophones. Un excellent percussionniste et un batteur soutenaient cette sympathique formation.

Larry Sieberth

Larry Sieberth

 

Un des chefs de file local de la batterie, le magicien  Herlin Riley proposait avec ses baguettes,

Herlin Riley

Herlin Riley

une formation de très haut niveau. Pianiste, contrebassiste, trompettiste et saxophoniste interprétaient de magnifiques compositions du batteur, toujours souriant et d’une créativité débordante. Et tout ça, sous les yeux de … George Wein, son ami.

George Wein

George Wein

 

Pour le duo de choc de la journée, les bénévoles de la sécurité devaient être renforcés pour contenir et canaliser la foule qui s’accumulait sous l’immense chapiteau ainsi qu’aux abords. Et, nos fringants compères sont entrés sur scène très souriants, sous les acclamations de leurs fans. Et là, le miracle s’est avéré réel … nous étions transportés sur une autre planète dans un silence religieux, malgré l’affluence.  Herbie Hancock faisait résonner avec douceur son piano

Herbie Hancock

Herbie Hancock

mais faisait retentir parfois son synthétiseur, ce qui devait diviser par la suite le public et notamment les inconditionnels de l’acoustique qui regrettaient les quelques effets électroniques. Wayne Shorter, très en forme et très attentif ravissait le public en prenant quelques superbes envolées au soprano.

Wayne Shorter

Wayne Shorter

En tous cas, ces deux intarissables musiciens repartaient sous les ovations d’un public qui aurait aimé les entendre plus longtemps. 1h15 de concert n’est déjà pas si mal et ça allait être difficile de retomber sur terre.

Terence Blanchard

Terence Blanchard

Et pourtant, c’est un autre enfant du pays qui nous faisait retomber dans la réalité du moment. Terence Blanchard et son E-Collective nous offraient une musique plus électrique que jamais avec un jeune guitariste qu’on avait pu apprécier déjà aux côtés d’un certain Chick Corea. Une petite partie du public, décontenancée, quittait la Jazz Tent. Il est vrai qu’après le duo des 2 géants, il était difficile d’écouter autre chose. Les organisateurs devaient certainement  avoir des raisons pour programmer dans cet ordre-là. Toujours est-il que nous avons assisté à un superbe concert, avec un Terrence Blanchard plus évolutif que jamais.

 

Durant la période du JazzFest, le disquaire de référence, Music Factory, organise de nombreux showcase, particulièrement intéressants. Ce jour-là, de midi à 19h00 se succédaient, toutes les heures, Bamboula 2000 (formation locale), le pianiste et chanteur, Jon Cleary, NOLATET, Zachary Richard (qui sera en France au mois d’aoû), le Bluesman de Baton Rouge, Kenny Neal (toujours en famille), l’autre Bluesman local, Little Freddie King (presque toujours jeune … il ne passe plus sa jambe par-dessus le manche de sa guitare) et un formidable Brass Band, toujours local, Stooges Brass Band. La superbe formation NOLATET (Brian Haas au piano, Mike Dillon au vibraphone, James Singleton à la contrebasse et à la trompette et enfin « le peintre » Johnny Vidacovich, à la batterie) est vraiment à découvrir et à écouter sans modération. Ils nous faisaient découvrir la musique de leur CD (« Dogs) avec une énergie débordante.

Nolatet at Music Factory

Nolatet at Music Factory

Zachary Richard venait, lui aussi, présenter son dernier CD (« j’aime la vie ») rempli d’émotions, avec beaucoup de chansons en français. (Il vit entre Louisiane et Québec).

Zachary Richard at Music Factory

Zachary Richard at Music Factory

L’émotion était à son comble lorsqu’il faisait monter sur scène son petit-fils (handicapé mental) pour reprendre le refrain d’une chanson qu’il lui a dédié. Harmonica à la bouche, c’est avec amour et tendresse qu’il tenait son papi par le cou. Belle et grande ovation d’un public qui avait les yeux rougis.

Zachary Richard et son petit fils

Zachary Richard et son petit fils

Le Blues du dernier CD (« Favorites ») de Kenny Neal, toujours énergisant, tant au chant, qu’à la guitare ou qu’à l’harmonica faisait taper du pied et claquer des mains, le public compressé entre les rayons de disques.

Kenny Neal at Music Factory

Kenny Neal at Music Factory

 

Le club Gasa Gasa, excentré, sur Freret street, proposait une chaude nuit de musique (de 21h à 5h). A commencer par le NOLATET dont nous avions particulièrement apprécié le showcase. Mike Dillon est un musicien qu’il faut absolument découvrir. C’est un extraterrestre lorsqu’il est au vibraphone ou lorsqu’il sort toute sa « quincaillerie » d’instruments ou d’objets qu’il a transformé en instrument. Toujours heureux d’être sur scène et de partager sa musique, il propose une musique souvent novatrice. Bref, NOLATET … j’adore.

Nolatet at Gasa Gasa

Nolatet at Gasa Gasa

Pour le deuxième concert, Mike Dillon restait sur scène pour nous proposer son « Percussion Consortium » avec un batteur et quatre autres jeunes vibraphonistes. Et Mike joue ses compositions, dirige comme un chef d’orchestre ses jeunes élèves. Mike aime partager et faire partager sa musique avec d’autres musiciens et le public. Encore un grand moment.

Mike Dillon & Percussion Consortium at Gasa Gasa

Mike Dillon & Percussion Consortium at Gasa Gasa

C’est le rock intense d’ Hildegard (Sasha Masakowski, Cliff Hines, Max Moran …) qui nous ont fait jeter l’éponge, déjà tard dans la nuit, car nos oreilles, malgré les bouchons, ne supportaient plus les décibels imposés par une sono trop forte pour une musique déjà très électrique. Les tympans ont besoin parfois de repos …

 

Une autre soirée retenait notre attention et cette fois à l’ Old U.S. Mint – Louisiana State Museum où un des chefs de file du free jazz local, Kidd Jordan, se produisait. Il rendait hommage à un de ses amis disparu, le trompettiste Clyde Kerr Jr. C’est un excellent quartet qui débutait cet hommage en interprétant 2 morceaux, avec beaucoup de talent, de leur maître et professeur, Kidd Jordan.

Kidd Jordan & friends

Kidd Jordan & friends

Le saxophoniste de 81 ans prenait alors place sur scène aux côtés de ses élèves et régalait le public de ses compositions. Un son formidable et un plaisir de jouer toujours intact faisait de cette soirée un moment exceptionnel. Kidd Jordan a apporté beaucoup comme professeur et initiateur aux jeunes musiciens en herbe. Il est un des plus anciens intervenants au « Summer Jazz Camp », stage annuel très prisé. Encore un musicien Louisianais à découvrir.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

 

Jazz Fest écourté.

Tout avait pourtant bien commencé au Jazz Fest avec un passage à la Gospel Tent avec le « First Baptist church of Vacherie Mass Choir »

First Baptiste Church of Vacherie Mass Choir

First Baptiste Church of Vacherie Mass Choir

puis à la Blues Tent pour Henry Gray avant de rejoindre une des 14 scènes, la Jazz Tent.

Henry Gray

Henry Gray

Une bonne découverte du trompettiste et chanteur « Andrew Baham and 4am » qui nous régalait de ses compositions bien structurées. Une magnifique section de cuivres où l’on retrouvait, entre autre, l’excellent tromboniste « Big Sam » donnait une dimension particulière à ce très bon concert. Apparition également remarquée d’une chanteuse de talent puis de la fille d’Andrew Baham, elle aussi, chanteuse en devenir et déjà un bon sens de la scène.

Andrew Baham

Andrew Baham

Le showman James Rivers faisait rire et chanter le nombreux public. Il passait du saxophone au chant avec brio pour finir à la cornemuse, ce qui ne manquait pas d’attiser la curiosité. Excellent instant musical.

James Rivers

James Rivers

Il laissait la place à une autre grande chanteuse locale, Germaine Bazzle. Influencée par Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, une voix toujours émouvante et un tonus d’enfer, Germaine Bazzle, 84 ans, enthousiasmait l’assistance avec son scat d’une remarquable précision. Elle imitait trompette et saxophone, ce qui faisait lever le public pour l’ovationner. Quel concert !

Germaine Bazzle

Germaine Bazzle

 

Louisianais d’origine, il a fait ses études à la Nocca (fameuse high school de New Orleans) avec, entre autre, Trombone Shorty, le pianiste Jon Batiste est toujours accueilli avec beaucoup de ferveur. Il avait droit à une des plus grandes scènes (Acura Stage) devant laquelle un énorme public se pressait. Maintenant expatrié à New York où il a été nommé Directeur artistique du Musée National de Jazz à Harlem. Il reste toujours fidèle à la musique qui l’a bercé et c’est avec une étonnante vitalité et un sens inné du spectacle qu’il ravit ses fans. Entouré de musiciens de grande classe et notamment une belle section de cuivres, il faisait vibrer l’énorme public venu l’applaudir. Un large succès et un excellent concert.

Jon Batiste

Jon Batiste

 

La pluie s’installait sur le Jazz Fest et les scènes couvertes étaient très recherchées. Affluence pour le concert d’un autre enfant du pays, qui anime aussi son club, tous les jours, Jeremy Davenport. Très bonne prestation du trompettiste, il faut dire aussi, très bien entouré, sur des standards de jazz swing et sur ses compositions.

Jeremy Davenport

Jeremy Davenport

 

Le tonnerre grondait de plus en plus et la pluie redoublait comme je n’avais encore jamais vu. Nous étions encore à l’abri et Gregory Porter commençait à chauffer le public mais il fallait compter avec la pluie qui formait une rivière au milieu de l’immense chapiteau, le coupant en deux parties et perturbant ainsi le concert. Nous avions à faire à d’énormes orages tropicaux qui ont obligé les organisateurs, non seulement à arrêter ce concert mais à faire évacuer totalement le site. Dommage pour Steve Wonder, Rebirth Brass Band, Jeff Beck, Arturo Sandoval, Buddy Guy et beaucoup d’autres qui n’ont pu régaler leur public.

Gregory Porter

Gregory Porter

THE BRIDGE TRIO – « The Search : Departure »

THE BRIDGE TRIO

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Bridge Trio est formé de jeunes musiciens de la Nouvelle-Orléans (Là-bas, on dit « NOLA »). Ce disque est leur deuxième, nous avions chroniqué leur premier dans la gazette n°2 (janvier 2014). Conun Pappas (piano, Fender Rhodes, synths), Max Moran (basse et contrebasse) et Joe Dyson (batterie, percussions), sont tous issus du célèbre « NOCCA » (New Orleans Center for Creative Arts). Joe Dyson et Max Moran se sont aussi formés au Berklee College of Music de Boston et Conun Pappas a été diplômé de The New School for Jazz and Contemporary Music de New York City. Ils ont chacun déjà accompagné les plus grands, citons Alvin Batiste, Donald Harrison, Terence Blanchard, Christian Scott et bien d’autres. Ils font partie de cette nouvelle génération de jeunes musiciens surdoués, dons les talents fleurissent un peu partout à « Nola ». Le nouveau disque est toujours aussi riche en compositions, treize au total, dont neuf signées Conun Papas, deux de Max Moran et deux de Joe Dyson. Dès le premier morceau, « Acces approved », on est soufflé par un jazz groove rappelant un peu Herbie Hancock période Head hunters. C’est épais et sensuel, une pépite. D’autres morceaux restent dans la fraîche couleur acoustique des débuts (« The encourager »), mais l’ambiance est à plus de groove, grâce à la maîtrise du Fender Rhodes, alliée à une utilisation plus fréquente de la basse électrique, renforcée par la puissante batterie. On trouve aussi des accalmies comme « Wondering », une superbe balade. Ce disque est revigorant, pêchu en diable, et on est impressionné par le chemin parcouru. Belle réussite, NOLA n’a pas de souci à se faire !

Par Dom Imonk

www.thebridgetrio.com

Auto produit par The Bridge Trio – 2015 – 0002

HILDEGARD

HILDEGARD

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Hildegard est un groupe explosif et incroyablement doué, mêlant divers courants musicaux, rock, pop, expérimental, jazz. A la base, Sasha Masakowski (vocaux, synths) et Cliff Hines (guitare, basse VI, vocaux, synths, arrangts cordes), les leaders, sont issus de la scène jazz de NOLA, puisqu’ayant étudié à « NOCCA ». Ils ont d’ailleurs des albums à leur actif, citons entre autres « Old Green River » (avec les Sidewalk Strutters) et « Wishes » (avec Musical Playground) pour Sasha, et « Like Mystics of old » et « Wanderlust » pour Cliff. Ils ont beaucoup tourné et participé à des expériences solaires, comme Cliff Hines et le Mike Dillon Band. Pour Hildegard, ils se sont entourés de Max Zemanovic (batterie, percussions), de John Maestas (guitare, synths), de Max Moran (basse) et d’Andrew McGowan (piano, rhodes, orgue). C’est ce qui participe à donner ce son et cette richesse au disque. En toute simplicité, ils indiquent quelques influences comme Little Dragon, Knower, Tool, The Mars Volta et autres Tigran Hamasyan. On ne les citera pas toutes. Dix compositions aux ambiances très variées composent cet album, quatre de Sasha Masakowski et six de Cliff Hines. Parmi elles, il y a des atmosphères survoltées comme « A-Z » et « Sally Brown » qui ouvrent l’album, des mi-teintes comme « Siren Song » et « Witness » et des morceaux au feeling éthéré comme « Cabin 72 » et « Isolation ». La liste des invités révèle d’autres pointures de NOLA comme par exemple Oliver Bonie, Paul Thibodeaux et Martin Masakowski (bassiste, frère de Sasha). Signalons enfin le jeu de très haut niveau de tous ces musiciens, et le plaisir intense qu’on a pris à écouter ce disque.

Par Dom Imonk

http://hildegardband.com/

Auto produit par HILDEGARD – 2015

Nola’s news # 30

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

New Orleans est sous le choc. Un de ses musiciens qui montait en flêche a été rattrapé par la grande faucheuse. Travis « Trompet Black » Hill, jeune trompettiste de 28 ans qui remplaçait souvent dans les clubs, Kermit Ruffins lorsque celui-ci était en tournée, est décédé brutalement d’une septicémie provoquée par une infection dentaire, alors qu’il se trouvait, avec son groupe, au Japon. De nombreuses « second line » se sont formées un peu partout, depuis lundi pour lui rendre hommage. « Jazz in the Park » de ce jeudi lui était forcément dédié et l’orchestre du célèbre club « Preservation Hall », le « Press Hall Brass Band » ne manquait pas de jouer, avec beaucoup de respect, à la mémoire de ce jeune néo-orléanais, cousin de Try Andrews (Trombone Shorty), de Glen David Andrews.

Press Hall Brass

Press Hall Brass

Et Comme tout enterrement est joyeux à la Nouvelle Orléans, tout le monde dansait au son des airs traditionnels.

Press Hall Brass

Press Hall Brass

Après quoi, nous ne pouvions manquer le traditionnel rendez-vous que proposait Michael Pellera (Directeur de la classe jazz de Nocca) et ses jeunes étudiants, pour le concert annuel au Snug Harbor.

Nocca Jazz Ensemble

Nocca Jazz Ensemble

Ce septet de jeunes étudiants, de 15 à 17 ans avait vraiment fière allure. Le « chef de file » de cette formation, John Michael Bradford, trompettiste qui joue déjà depuis 3 ans dans la cour des grands menait ses copains d’école d’une façon très humble.

John Michael Bradford (tp)

John Michael Bradford (tp)

Si John Michael a un niveau exceptionnel, les autres ont fait preuve aussi de talent.

Robert Gray

Robert Gray

Le jeune pianiste prenait un long et superbe chorus sur Footprins. Il alternait le piano acoustique et le piano électrique avait brio. Robert Gray échangeait les claviers avec Sydney Blanchard (la fille de Terence), elle aussi âgée de 17 ans et un avenir prometteur. Encore une grande famille de musiciens néo-orléanais en perspective.

Sydney Blanchard

Sydney Blanchard

Tous ces brillants jeunes gens interprétaient quelques standards avec talent et le surdoué John Michael Bradford se taillait un gros succès avec 2 chorus magnifiques sur « Stardust ». Chacun des musiciens réalisaient de belles envolées sur « Dona Lee » et bien d’autres beaux morceaux choisis, toujours encouragés et stimulés par John Michael.

Sydney Blanchard et Robert Gray

Sydney Blanchard et Robert Gray

On peut vraiment saluer Michael Pellera et tous les profs de Nocca pour la formation qu’ils apportent à tous ces jeunes et d’en faire des musiciens reconnus. C’est un moment de bonheur que de voir ces jeunes jouer avec enthousiasme, moment que nous ne ratons jamais et qui, chaque année, nous permet de constater leur évolution. Retenez ces noms, on en entendra parler, encore : John Michael Bradford (tp), Brandon Shelton (alto sax), Brand Carcamo (g), Robert Gray et Sydney Blanchard (claviers), Jud Mitchell (b), Brayden Turner dm).

 

 

 

Nola’s news # 28

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Pour cette fin de journée au JazzFest, nous visitions le pavillon de la Nocca. En effet, pour la 1ère fois au JazzFest, était dressé un magnifique pavillon en l’honneur de la Nocca et de l’apprentissage des arts (danse classique, contemporaine, musique classique et jazz, photographie, art culinaire, etc …). C’ était bien sûr, la classe jazz qui était représentée et une exposition de photos revenait sur les débuts de cette high school créée en 1974. Particulièrement intéressante, cette expo, car on y voit des photos de Troy Andrews (Trombone Shorty) à l’âge de 6 ans, avec son prof, Wynton Marsalis, Harry Connick Jr à 10 ans et bien d’autres musiciens devenus des personnages marquants du Jazz.

Pavillon Nocca (JazzFest 2015)

Pavillon Nocca (JazzFest 2015)

Une belle scène y était également dressée et les élèves, actuels et anciens, venaient y jouer tout au long de la journée (et de la durée de JazzFest) devant un public intéressé. Et ce pavillon aura eu beaucoup de succès durant toute cette édition. Quand on sait que le record d’affluence au JazzFest a été pulvérisé samedi (plus de 100 000 spectateurs) on imagine bien la fréquentation des 12 scènes et donc de celle de Nocca.

John Michael et ses collègues (élèves de Nocca)

John Michael et ses collègues (élèves de Nocca)

On y retrouvait bien entendu, un des élèves prodiges de cette école, le jeune trompettiste John Michael qui, à 17 ans, est déjà invité par les chefs de file néo-orléanais (Irvin Mayfield, Donald Harrison, etc …). Un très bon moment entre passé et futur.

Et nous arrivions déjà au dernier concert, de la journée mais aussi du JazzFest 2015. Quel choix cornélien à faire, encore une fois. Sur « Acura stage », Trombone Shorty, sur « Gentilly stage », Dr John, à la « Blues tent », Buddy Guy, the Blind Boys of Alabama à la « Gospel Tent ». On aurait bien aimé se démultiplier mais, finalement, notre choix s’est porté sur le Christian McBride Big Band, à la Jazz Tent.

Ch. McBride Big Band

Ch. McBride Big Band

Quel plaisir de retrouver ce prodigieux contrebassiste qu’est Christian McBride. Dans son Big Band, 11 musiciens chevronnés dont le saxophoniste alto Antonio Hart (photo, ci-dessus, 2ème à gauche et ci-dessous)

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et le guitariste David Gilmore.

David Gilmore

David Gilmore

Ce magnifique Big Band dirigé de mains de maître par le leader, interprétait des compositions de Christian McBride avec des arrangements de tout beauté. Quelques très bons chorus de quelques uns des musiciens étaient appréciés du public mais quand le leader proposait ses solos de grande classe, avec le son bien rond qu’il a, ça provoquait des ovations. Il avait invité pour ce concert de clôture, la grande Dinne Reeves qui était visiblement très heureuse de se retrouver dans ce contexte et cette configuration.

Dianne Reeves

Dianne Reeves

Sa superbe voix et sa qualité de scat mêlées au son de contrebasse et ou de basse électrique du maître avec le soutien du Big Band, faisait de ce concert un des grands moments forts.

Christian McBride & Dianne Reeves

Christian McBride & Dianne Reeves

Elle interprétait quatre chansons et dialoguait à plusieurs reprises et longuement avec Christian McBride provoquant des éclats de rires.

Christian McBride

Christian McBride

Il invitait ensuite le chanteur Jeffrey Osborne que, pour ma part, je découvrais.

Jeffrey Osborne

Jeffrey Osborne

Belle voix de crooner et showman.

Christian McBride & Jeffrey Osborne

Christian McBride & Jeffrey Osborne

Tous deux s’amusaient bien et le public prenait du plaisir, mais le rideau devait tomber et cette édition 2015 du JazzFest, prendre fin. C’est toujours un moment particulier lorsqu’on quitte cette gigantesque enceinte et ses 12 scènes et que l’on converge vers la sortie. Les gens se regardent avec une joie mêlée toutefois de tristesse car, si le spectacle a été, encore fois à la hauteur, il faudra attendre 12 mois pour retrouver ce moment de bonheur. Heureusement pour nous, nous avons d’autres moments intenses et de grands rendez-vous musicaux qui nous attendent. Vive JazzFest !

 

Nola’s news # 27

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

La longue journée au JazzFest continue sous le soleil et la chaleur  sur la plus grande scène, « l’Acura stage ». Au pied de la scène, plusieurs milliers de spectateurs sont amassés, les uns confortablement installés sur leur siège et les autres, debout devant les barrières à une quinzaine de mètres de la très haute scène. Le retour des « Meters » était un événement.

 George Porter Jr (Meters)

George Porter Jr (Meters)

C’était un délire quand les musiciens arrivaient sur scène et des les premières notes, tout le monde se mettait à danser, enfin essayait car il y avait tellement de monde … Heureusement, les immenses écrans permettaient aux spectateurs qui se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres, d’assister tout de même au formidable spectacle proposé.

Léo Nocentelli (Meters)

Léo Nocentelli (Meters)

Du funk Louisianais comme on l’aime ici. Et ces soixantenaires n’ont pas perdu de leur fougue, bien au contraire. Du funk de grande classe.

Joseph "Zigaboo" Modeliste (Meters)

Joseph « Zigaboo » Modeliste (Meters)

Zigaboo avait une pêche d’enfer et martelait les peaux comme dans les années … 60, imposant un rythme d’enfer et ne laissant pas de répit à ses partenaires, entre les morceaux.

Art Neuville (Meters)

Art Neuville (Meters)

Excellent concert donc pour les inconditionnels de funk.

Changement de scène et c’est à la Blues Tent que l’on se dirigeait en essayant de se frayer un chemin pour se rapprocher de la scène, ce qui était un véritable parcours du combattant, tant il y avait de monde. Et tout ça, pour écouter une des superstars de cette musique black du sud, Buckweat Zydeco.

Buckweat Zydeco

Buckweat Zydeco

C’était un délire, là aussi, dès le début du concert et tous les spectateurs se levaient et dansaient avec une frénésie débordante. Buckweat provoquait et le public chantait avec lui. Quelle ambiance ! J’en ai encore la chair de poule tellement c’était intense.

Buckweat Zydeco

Buckweat Zydeco

Et, lorsqu’il duellisait avec le musicien qui jouait du rupboard (le frottoir comme disent les Cajuns), on frôlait l’hystérie.

joueur de rupboard

joueur de rupboard

Un concert vraiment délirant et une musique qui ne peut pas vous laisser assis. Prenez la peine d’ écouter du Zydeco par les grands représentants de cette musique (Buckweat Zydeco, Clifton Chenier, etc …). L’ accordéon au son très particulier est toujours très présent et les chansons sont souvent en français … enfin, en Cajun (parler Créole et Acadien). En tous cas, on s’est bien dépensé.

Retour à la Jazz Tent pour assister au concert de l’enfant chéri des néo-orléanais : le chanteur John Boutté. Encore une grande famille de musiciens, tout comme les Marsalis, les Neuville, les Jordans,etc …

John Boutté

John Boutté

Le chouchou des néo-orléanais est toujours cabotin et plaisantin pour le plus grand plaisir de ses fans. Et il y en avait énormément, plus que la tente, pourtant prévue pour 2500, ne pouvait en accepter. Les gens étaient assis par terre, dans les allées et au dehors. Et le crooner faisait son show, accompagné par une superbe formation, provoquant même quelques larmes lorsqu’il chantait « la vie en rose ».

On enchaîne, toujours sur cette même scène avec le « Nocca Allstar Alumni » pour une jazz jam de grande classe.

Nocca jazz jam

Nocca jazz jam

Tous les participants qui se succédaient étaient ou avaient été élèves de la Nocca (célèbre high school). Ca commençait avec un trio et Kyle Russell au piano puis c’est Jessie McBride qui prenait le clavier et les jeunes

Jessie McBride

Jessie McBride

élèves s’en donnaient à coeur joie. Mais, à 16 ou 17 ans, ils ont déjà une maturité, une maîtrise et une assurance incroyable.

Elève prometteur

Elève prometteur

Jeune élève à suivre

Jeune élève à suivre

Et puis, c’est Jason Marsalis qui s’installait à la batterie, cette fois, et non au vibraphone. Et oui, les Marsalis sont aussi passés par la Nocca.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

Il groovait avec tous ces jeunes qu’il connait bien puisqu’ils viennent « jammer » dans les clubs. Le trompettiste Marlon Jordan issue, lui aussi d’une grande famille de musiciens, (c’est le frère de Kent et le fils de Kidd Jordan) se joignait à eux.

Marlon Jordan

Marlon Jordan

Enfin, honneur était rendu à Ellis Marsalis, d’abord pour sa carrière mais aussi pour son soutien à toutes les initiatives qui permettent aux jeunes de pratiquer la musique.

Ellis Marsalis, honoré

Ellis Marsalis, honoré

Tout heureux de l’honneur qui lui était fait en public, il se mettait au piano (comme il le fait, une fois par semaine au « Snug Harbor) pour interpréter une de ses compositions et 2 standards.

Ellis Marsalis

Ellis Marsalis

La journée n’était pas terminée pour autant, mais on en reparlera.

 

Nola’s news # 20

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Un nouveau super club à Nola : the Prime Example. Il y régnait une ambiance de fête pour cet « Album release Party ». En effet, The Bridge Trio présentait son 2ème CD, juste sorti 2 jours avant. Les familles des musiciens étaient bien sûr présentes, les amis et petites amies, aussi, évidemment et tout le monde était très excité de découvrir la musique de ce nouvel album.

Max Moran

Max Moran

Superbe musique, que de nouvelles compositions de chacun des membres. Sans fioriture mais une musique élégante, intelligente et bien écrite. Dom Imonk, par sa chronique, vous fera découvrir la musique de ce nouveau CD. Ces 3 compères se connaissent bien car ils étaient ensemble à Nocca (fameuse high school de Nola) sous la vigilance de Michael Pellera. Ils ont suivi le même cursus et donc terminé leurs études à la U.NO. (Université de New Orleans) sous la responsabilité de Steve Masakowski.

Connun Papas

Conun Pappas

Ces 3 copains ne se sont jamais vraiment quittés, même si Conun et Joe sont désormais plus souvent à New York. Ils accompagnent régulièrement le saxophoniste néo-orléanais Donald Harrisson, ce qui est une sacrée référence. Ce 1er concert à 20h00 tenait toute ses promesses et tout le monde était impressionné et allait de ses commentaires élogieux à la pause. Pour le 2ème concert de 22h00, encore plus de monde et quelques stars venus soutenir ce trio. Dr Lonnie Smith était très attentif et applaudissait allègrement les chorus. Il doit d’ailleurs jouer avec eux 3 et Donald Harrisson dans quelques jours au Snug Harbor. Nicolas Payton était également présent avec le batteur Bill Stewart et le contrebassiste Vicente Archer. Les copains Martin et Sasha Masakowski et bien d’autres étaient là aussi.

Joe Dyson

Joe Dyson

Ces 3 jeunes hommes ont bien grandi après leur passage, il y a déjà quelques années, à Marciac, justement avec l’orchestre de la Nocca et les voila maintenant en passe de pouvoir y revenir, en vedette, cette fois. Bref, une plus que belle soirée.

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Petite pensée particulière pour Dom Imonk qui les connaît bien et qui va se faire un plaisir d’évoquer leur musique.

Nola’s news # 17

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Battle of N.O. by Nocca Big Band

Battle of N.O. by Nocca Big Band

Le musée « U.S. Mint Theater » fêtait aujourd’hui la bataille de New Orleans (janvier 1815) et pour ce faire, il invitait le Big Band de la fameuse high school « Nocca ». 20 jeunes musiciens, de 14 à 16 ans, tous étudiants à Nocca se retrouvaient autour des compositions, pour l’occasion, et la direction de Michael Rihner, pour interpréter une suite d’une dizaine de pièces sur le thème de cette fameuse bataille, de l’appel aux armes à la célébration de la  victoire finale, face aux Anglais. La salle était pleine (150 personnes) et l’ambiance à son comble pour soutenir ces jeunes musiciens, stars de demain, du moins, la relève, comme je le disais à Khari Allen Lee, excellent saxophoniste et  professeur de cette célèbre école et lui conseillant de garder le cap car les jeunes poussaient fort. Bref, 1h30 de musique de jazz en Big Band évoquant l’événement. On ne pouvait faire mieux pour commencer l’après-midi.

Nocca Big Band

Nocca Big Band

Après-midi qui ne faisait que commencer car, c’est à « l’Armstrong Park » qu’elle devait se poursuivre avec son festival qui réunit, tous les jeudis, sur « Congo Square » les représentants locaux du jazz et du funk néo-orléanais. A new Orleans, tout commence par une parade.

Parade à "Jazz in the Park" Parc Louis Armstrong

Parade à « Jazz in the Park » Parc Louis Armstrong

Et ce soir, c’est un des musiciens des plus représentatifs de Nola qui se produisait devant un parterre  gavé de monde. Les odeurs de jambalaya, de pork shop et de crawfish venaient se mêler aux sons typiquement locaux. Kermit Ruffins, superbe trompettiste, chanteur et showman évoluait sur cette magnifique scène, face à la statut de King Louis (Armonstrong, bien sûr).  Les tubes s’enchaînaient et tout le monde dansait et reprenait les refrains des célèbres airs de Treme et des chansons contant les louanges de New Orleans.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

Non seulement il faisait danser les gens mais il leur faisait reprendre, en coeur, quelques refrains ou mélodies des célèbres chansons de King Louis, des thèmes de Treme ou de ses propres compositions que tout les néo-orléanais connaissent bien. Les jeudis du Parc Louis Armstrong sont toujours pleins de promesses, de partage, de bonne humeur et de bonne musique.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

Et, c’est avec beaucoup d’humour, car c’est un bon vivant à qui la devise « laissez les bons temps rouler » veut dire quelque chose, que nous devions mettre fin à cette après-midi de musique. Pour autant, le spectacle n’était pas terminé puisqu’à la suite, venaient les Soul Rebells. Mais, ce sera pour une autre fois.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins