Nola’s news # 47

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Une invitation à assister à l’enregistrement d’un CD, ça ne se refuse pas. Nous avons eu la chance d’être invité par un des bassistes néo-orléanais des plus actifs dans le domaine du jazz, James Singleton pour la réalisation de sa dernière œuvre.

James Singleton

James Singleton

Cela se passait dans un studio de la banlieue de New Orleans, ou plutôt un vaste hangar où sont réalisés également des petits tournages de film. Donc, un endroit quelque peu improbable puisqu’on se trouvait au milieu de décors bizarres comme un cercueil et des croix avec des têtes de vaches. James aime bien ces endroits marginaux, sortant du commun. Du matériel performant était mis au service des musiciens par 2 techniciens très professionnels. L’un assurait l’enregistrement et l’autre prenait des photos et filmait le sextet en action.

Séance d'enregistrement

Séance d’enregistrement

James avait souhaité que les musiciens soient disposés en rond afin que tous puissent se regarder et donc mieux communiquer par le regard. James stressait, ne voyant pas arriver un de ses amis musiciens et complice de la mouvance expérimentale. Mike Dillon arrivait enfin et après avoir débarqué tous ses instruments, quelque fois de fortune, la séance pouvait commencer. James Singleton distribuait les partitions déjà étudiées par l’ensemble.

Mike Dillon

Mike Dillon

James Singleton a réuni pour son nouvel ouvrage des musiciens chevronnés et reconnus tels que donc, Mike Dillon au vibraphone et diverses percussions, le guitariste Jonathan Frielich,

Johnatan Frielich

Jonathan Frielich

2 super saxophonistes, Rex Gregory au ténor, piccolo, fifre et à la clarinette,

Rex Gregory

Rex Gregory

l’excellent Brad Walker à l’alto, ténor et baryton,

Brad Walker

Brad Walker

et Justin Peaks à la batterie.

Justin Peaks

Justin Peaks

Le maître assurait la contrebasse et bien sûr les compositions.

James Singleton

James Singleton

Il ne fallait que 3 heures de temps pour réaliser cet enregistrement et tous les musiciens étaient cool, maîtrisant parfaitement les sollicitations de James Singleton. Tous faisaient preuve de grand professionnalisme et démontraient leur talent en interprétant la musique bien écrite de James Singleton.

James Singleton & Mike Dillon

James Singleton & Mike Dillon

Mike Dillon est toujours aussi passionnant à regarder comme à écouter car il saute sans arrêt d’un instrument à un autre avec une imagination débordante. C’est un magicien du son ou des sons. Il faut le voir déballer de sa « caisse à jouer » tous ses instruments improbables et qu’il utilise toujours à propos pour chercher le son adéquat. Un génie qui s’entend forcément bien avec l’autre génial James Singleton.

Mike Dillon

Mike Dillon

Rex passait du picolo au saxophone ténor et au fifre avec brio,

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

et Brad, de l’alto au ténor puis au baryton avec une aisance incroyable.

Brad Walker

Brad Walker

En tous cas, c’est un jeune musicien à suivre de près.

Brad Walker

Brad Walker

Je ne parlerais pas de la musique avant le mixage du CD, d’autant que James Singleton a encore quelques idées qu’il pourrait rajouter mais assurément, ce sera un très bon recueil de musique improvisée mais écrite, allant donc vers le free jazz. Attendons donc avec curiosité la sortie de ce nouvel album qui ravira, j’en suis certain, les amateurs de liberté musicale.

James Singleton

James Singleton

James Singleton est un musicien à suivre (ou à découvrir), débordant d’idées, très demandé par beaucoup de formations et pilier d’ « Astral Project » (à écouter impérativement). Et, il est particulièrement sympathique, ce qui ne gâche rien. C’est un réel bonheur de connaître et de côtoyer un tel musicien et un personnage hors du commun et aussi génial.

Nola’s news # 46

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le célèbre club de New Orleans où bon nombre d’enregistrements sont réalisés a pour principe de donner carte blanche à un musicien, 2 fois par semaine. Hier soir, c’était George Porter Jr qui animait le « Maple Leaf » pour une soirée funky de haut vol.

George Porter Jr

George Porter Jr

Alors, on connait bien sûr, George Porter Jr (The Meters) mais j’ai découvert 2 autres formidables musiciens. George Porter lançait ses morceaux à la basse et très vite, l’excellent claviériste Mike Lember entrait dans le jeu

Mike Lember

Mike Lember 

et le sensationnel batteur, Terrance Houston lui emboîtait le pas avec puissance, justesse et vélocité. Une mitraillette en même temps qu’un « B52 ». On avait l’impression qu’il jouait avec des éventails, tant il était rapide.

Terrance Houston

Terrance Houston

Pas de flash et l’éclairage déficient ne nous permet pas d’apprécier ces merveilleux musiciens en action mais les photos en donnent tout de même une idée. George Porter ne se contentait pas d’introduire les morceaux et d’exécuter de magnifiques lignes de basse mais il réalisait des chorus de toute beauté.

George Porter Jr

George Porter Jr

Mike Lember faisait par moment, sonner ses claviers comme un steel drum et était très imaginatif. Mais, les surprises ne s’arrêtaient pas là car le leader appelait un autre invité de marque, Kris Royal.

Kris Royal

Kris Royal

Et là, quelle claque ! Du grand art. Un son magnifique à l’alto, une imagination débordante et un groove exceptionnel faisaient réagir le public avec frénésie. Quel saxophoniste à découvrir (en playlist dans la dernière Gazette Bleu n° 10) impérativement. Et puis, c’est un jeune guitariste, Chris Adtkins qui devait le remplacer sur la scène. Alors, difficile de passer après un tel phénomène bourré de talent.

Chris Adtkins

Chris Adtkins

Mais Chris s’en sortait honorablement. Il était efficace dans l’accompagnement et bon dans les 2 ou 3 chorus effectués. Pendant ce temps, un artiste réalisait une peinture représentant les musiciens sur la scène.

Peinture réalisée en direct

Peinture réalisée en direct

Le concert (2 fois 1h15) se terminait en feu d’artifice avec un « Twist and shout » qui ne laissait personne assis. Les spectateurs enthousiastes en redemandaient mais le concert ayant été d’une telle intensité qu’on devait se quittaient là. Un grand moment et du funk de grande classe. (Pardon pour la mauvaise qualité des photos mais, sans flash et avec aussi peu de lumière, et en plus, des spots rouges et bleus …)

 

Nola’s news # 45

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Old Mint Museum New Orleans

Old Mint Museum New Orleans

L’ Old Mint est un très intéressant musée qui dans sa salle de spectacle, organise de très nombreux concerts dans la journée. Cet après-midi, l’orchestre formé principalement par des employés du musée racontait en musique une partie de l’histoire de la musique du Sud des Etats Unis et donc du jazz à la Nouvelle Orléans. Le guitariste-narrateur expliquait la naissance de certains styles en citant quelques anecdotes sur sur les musiciens.

"Dolto" Band

« Dolto » Band

Le très bon pianiste exécutait des standards du ragtime et du boogie puis passait du swing au blues et tout cela fort bien accompagné par (entre autre) le guitariste et le bassiste qui chantait du blues, du rythm’n blues et du funk. Et l’histoire était très bien racontée et expliquée à l’auditoire (conséquent) composé principalement de touristes. Les conditions d’écoute étaient également excellente. Outre le concert dans le bel auditorium, le musée présentait une exposition de photos d’artistes ayant contribué à la naissance ou au développement du jazz à New Orleans. De très belles photos avec des légendes retraçaient bien cette musique. Et puis, dans une autre salle, sont exposés toute l’année, quelques instruments de musique ayant appartenu à des musiciens majeurs de Nola. C’est ainsi que l’on peut voir le premier cornet de Louis Armstrong (acheté 2 ou 3 dollars),

1er cornet de Louis Armstrong

1er cornet de Louis Armstrong

le saxophone soprano de Sidney Bechet,

saxophone soprano de Sidney Bechet

saxophone soprano de Sidney Bechet

le trombone de Kid Ory,

Trombone de Kid Ory

Trombone de Kid Ory

la trompette de Louis Prima,

Trompette de Louis Prima

Trompette de Louis Prima

le magnifique piano Steinway de 1980 de Fats Domino. Le dernier piano de Fats Domino ayant été récupéré dans un état lamentable après la catastrophe de 2005 est exposé au Katrina museum (à côté de la cathédrale St Louis).

Steinway 1980 de Fats Domino

Steinway 1980 de Fats Domino

Le violon, lui aussi sorti de l’eau pendant Katrina de Clarence « Gatemouth » Brown, musicien qui refusait d’être classé dans le blues, le jazz ou la country était également présenté, évidement tout « destroy ». Clarence Brown voulait simplement être un musicien américain.

Violon de Clarence "Gatemouth" Brown

Violon de Clarence « Gatemouth » Brown

Bref, l’Old Mint Museum est un lieu incontournable à visiter. Enfin, à la sortie, et comme on en rencontre souvent à New Orleans, un Brass Band de jeunes musiciens joue au coin d’une rue, ce qui donne cet aspect festif, bien réel à cette merveilleuse ville.

Brass Band de rue

Brass Band de rue

Nola’s news # 44

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

A New Orleans, 2 clubs de blues sur Bourbon street : le « Sing Sing » et le « Funky Pirate ».

Funky Pirate Blues Bar

Funky Pirate Blues Bar

Le Funky Pirate est tenu et animé 4 soirs par semaine, de 20h00 à 01h00 par l’incontournable Big Al Carson.

Big Al Carson

Big Al Carson

Il est accompagné depuis de nombreuses années par la même équipe des « Blues Masters », autant dire qu’ils se connaissent parfaitement bien et que la complicité est totale. Plusieurs sets de 30 à 40 minutes sont assurés par l’équipe.

Big Al Carson & The Blues masters

Big Al Carson & The Blues masters

Big Al Carson possède une belle voix et chante des standards de blues du Delta mais aussi de Chicago. Il interprète aussi quelques chansons connues et bien arrangées. Il est cabotin et parfois ses chansons personnelles ont des paroles un peu salasses, à connotation sexuelle, mais ça fait toujours rire le public, surtout quand il s’adresse à quelques femmes, gestes à l’appui.

Big Al Carson

Big Al Carson

Ce n’est pas le plus grand chanteur de blues de la région mais c’est le seul qui ait un intérêt sur Bourbon street. Et puis, au Funky Pirate, on y déguste un breuvage très spécial que l’on ne trouve que dans cette rue : the hand grenade. Oui, oui, vous avez bien compris : la grenade à main ! Vous pouvez imaginer les dégâts que ça fait dans la gorge puis dans l’estomac. D’ailleurs, certains spectateurs ont quelque fois du mal à s’en remettre. Mais le blues est là et bien là et on passe toujours un agréable moment dans ce club.

Big Al Carson

Big Al Carson

 

 

Nola’s news # 43

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

17h30, la musique a déjà commençait depuis longtemps dans les clubs mais là, c’est dans un restaurant/lounge réputé de New Orleans, au nom bien français (« Tableau ») juste à côté du « Petit Théâtre » et de la cathédrale, à Jackson square, que nous avions décidé de nous poser, d’autant que la pluie avait annulé le traditionnel rendez-vous du jeudi à l’Armstrong Park. Quelques amis ont bien fait de nous conseiller ce lieu pour y prendre un verre car nous y retrouvions un petit quartet de rêve pendant l’apéro. En effet, l’excellent pianiste David Torkanowski

David Torkanowski

David Torkanowski

avait réuni autour de lui quelques amis et non des moindres, puisqu’on trouvait à la basse, George Porter Jr,

George Porter Jr

George Porter Jr

le magicien Stanton Moore, à la batterie,

Stanton Moore

Stanton Moore

et un trompettiste, également local, du nom de Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Un grand merci à mes amis de nous avoir donné l’info car on a passé un moment délicieux (comme les cocktails) avec cette belle affiche. Aucune publicité particulière n’avait été faite mais, le bouche à oreille a bien marché puisqu’en quelques minutes, le restaurant/lounge s’est rempli. Certes, un bus de touristes Israéliens venus faire un « music tour » ont envahi le lieu et le bar, le salon et la salle de restaurant étaient pleins. Ce quartet de rêve, confiné dans un tout petit emplacement nous a offert un sublime concert  en 2 sets.

D. Torkanowski, G. Porter Jr, S. Moore, N. Payton 4Tet

D. Torkanowski, G. Porter Jr, S. Moore, N. Payton 4Tet

Ces néo-orléanais se connaissent bien mais c’est David Torkanowski qui dirigeait les débats et choisissait le répertoire. Répertoire qui tournait autour de standards, de thèmes de Harold Batiste et de compositions de chacun d’eux. Il y avait pas mal de bruit ambiant mais nous étions presque assis sur les genoux des musiciens, alors, l’écoute était correcte. Que dire de plus ? … un régal !

Après quoi, nous nous dirigions, d’un coup de street car (Tramway) vers le club « Chickie Wah Wah » sur Canal street pour écouter, dans une toute autre ambiance, une toute autre musique, cette fois, plus intimiste mais non moins intéressante avec un duo bien rodé. Dave Easly est guitariste mais joue le plus souvent, comme ce soir d’ailleurs, du peedal steel (voir photos).

Dave Easly

Dave Easly

magnifique son quelque peu inhabituel chez nous où cet instrument n’est pas ou très peu utilisé (dommage). Il chante et joue aussi très bien de la guitare.

Dave Easly

Dave Easly

Un ami à lui assurait avec brio et intelligence une ligne de basse magnifique. Le brillant contrebassiste James Singleton ne se contentait pas d’assurer l’accompagnement mais réalisait (comme d’habitude) des chorus magnifiques et reprenait souvent la mélodie à son compte.

James Singleton

James Singleton

Il prenait également sa trompinette pour faire quelques belles interventions.

James Singleton

James Singleton

Le répertoire était varié puisque le duo interprétait des thèmes tels que « Bye Bye Blackbird », des thèmes de Cole Porter, de Louis Armstrong, du folk. La musique était douce et reposante et les quelques spectateurs (pas plus d’une trentaine) adhéraient à leur musique (de salon).

Dave Easly-James Singleton Duo

Dave Easly-James Singleton Duo

Belle musique, bonne ambiance amicale avant d’allait se coucher.

Nola’s news # 40

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

La dernière journée du Bayou Boogaloo Festival a commencé sous une chaleur étouffante, torride et à 14h20, c’est le « Mike Dillon’s New Orelans Punk Rock Percussion Consortium » qui animait 1 des 3 scènes installées au bord du Bayou St John, pratiquement le seul endroit où à la Nouvelle Orléans il y a un peu d’air (relativement) frais.

Mike Dillon's New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Mike Dillon’s New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Avec ce génial musicien (Mike Dillon), il faut s’attendre toujours à tout et le style Punk rock n’était pas la bonne étiquette. En effet, Mike Dillon avait rassemblé autour de lui, 4 autres vibraphonistes et non des moindres (Jason Marsalis, Otto Schrang, entre autre)  et un certain nombre de percussionnistes (dont l’extraordinaire batteur, Stanton Moore)

Jason Marsalis

Jason Marsalis

pour interpréter ses compositions. Tout ce beau monde passait du vibraphone aux percussions et on assistait à une suite de plus ou moins longs morceaux qui sidéraient littéralement le public. Mike Dillon est certes un magnifique compositeur mais aussi, un remarquable vibraphoniste, un percussionniste hors pair, un meneur, un animateur, un showman et un formidable chef d’orchestre.

Mike Dillon

Mike Dillon

Sous sa direction, les 12 musiciens sur scène se transcendaient et offraient un spectacle exceptionnel. On passait du jazz fusion au free en passant par la musique de fanfares, ce qui caractérise bien ce musicien inclassable. Otto Schrang, un de ses élèves s’en donnait à coeur joie

Otto Schrang

Otto Schrang

et les musiciens assurant les percussions, dont l’extraordinaire batteur Stanton Moore, se régalaient sur cette suite de mouvements, écrite par Mike Dillon.

Stanton Moore

Stanton Moore

Le public exultait à chaque morceau et les musiciens prenaient un plaisir particulier sur scène. Jason Marsalis se trouvait (pour une fois) interprète et visiblement s’amusait bien lorsque Mike, face à lui, le provoquait.

Jason Marsalis & Mike Dillon

Jason Marsalis & Mike Dillon

Malgré la chaleur intense, musiciens et public prenaient un réel plaisir. D’ailleurs, les festivaliers avaient du mal à laisser partir tous ces extraordinaires musiciens car ils avaient envie de les pousser dans leurs derniers retranchements. Bon, il faudra attendre l’année prochaine, peut-être, pour voir ça. Toujours est-il que nous avons assisté (encore une fois) à un concert exceptionnel (malgré la chaleur). Suivait ensuite un autre concert sur la même scène avec une toute autre musique. Dans les « 101 runners », on retrouvait l’exceptionnel guitariste June Yamagushi

June Yamagushi

June Yamagushi

et l’incontournable pianiste, Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et quand on voit Tom Worrell (Wild Magnolias, Big Chief Bo Dollis, etc …), les indiens ne sont pas loin … d’ailleurs, les voila qui arrivent sur scène.

Indians

Indians

Les voici donc avec leurs chants lancinants et répétitifs mais tellement entraînants. Et, le groupe, amené avec beaucoup de métier et de compétence par Tom et June, donnent la vrai mesure de ce funk indien,si particulier.

101 Runners

101 Runners

La foule se rue au bord de la scène pour reprendre les refrains et danser sur ce rythme transcendant. Et, croyez-moi, les indiens savent mettre l’ambiance en se pavanant dans leurs splendides costumes.

Indian

Indian

Mais la chaleur aura eu raison de nous et nous avons dû déclarer forfait pour le concert de Ian Neuville’s Dumstafunk. On reviendra l’an prochain …

La soirée n’était pas pour autant terminée car elle se poursuivait, cette fois à la clim, au club de Frenchmen street, « Vaso » où se produisait le bluesman louisianais, Troy Turner.

Troy Turner

Troy Turner

Alors, comme chaque formation au Bayou Boogaloo Fest, Troy Turner rendait un bel hommage à Mr BB King qui a tellement influencé de musiciens, en interprétant, entre autre, un « Thrill is gone » poignant que tout le très large public qui avait investi le lieu, applaudissait avec ferveur, comme pour remercier le « maître du blues ». Gros succès pour ce trio qui se produit chaque semaine.

Troy Turner Trio

Troy Turner Trio

Excellent concert qui clôturait, grâce à la clim et une bonne margarita, une magnifique journée.

 

Nola’s news # 39

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Encore un festival à New Orleans ? Les néo-orléanais disent qu’il n’y a pas assez de week end dans l’année pour organiser des festivals. Celui-ci marque en principe le début de la saison chaude … et c’est vrai. Heureusement, le « Bayou Boogaloo Fest » est organisé au bord du bayou St John et c’est le seul endroit à Nola où il y a un peu d’air … pas frais mais ça donne l’impression. Durant 3 jours, 3 grandes scènes sont installées le long de ce bayou et c’est un festival (gratuit) ou les gens viennent en famille et certain font même du canoé, du pédalo … du radeau et de toute autre forme d’embarcation (ils ont de l’imagination). Côté musique, on y trouve du jazz (Tom McDermott, Meshiya Lake, Davis Rogan,…), du Blues (Kim Carson …), du punk rock (Mike Dillon, …), du Zydeco (Terrance Simien …), des Brass Band et beaucoup de funk. Et c’est justement le funk des « Wild Magnolias » qui nous a intéressé. C’est une magnifique formation avec un guitariste extraordinaire, Jake (John « papa » Gros)

Jake

Jake

et l’incontournable pianiste Tom Worrell, toujours aussi efficace.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et bien entendu, on trouve au chant Bo Dollis Jr, superbe chanteur et showman.

Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

Et Big Chief Bo Dollis Jr est toujours accompagné d’ indiens en costume qui viennent parader et assurer des chants.

Wild Magnolias Indians

Wild Magnolias Indians

Indian

Indian

Cette musique et l’ambiance qu’elle procure ne peut vous laisser indifférents et assis dans votre fauteuil. Car, c’est une véritable invitation à la danse que proposent ces musiciens. Et Bo Dollis et ses indiens viennent même se mêler à la foule pour faire quelques pas de danse.

Indians

Indians

Bo Dollis et sa soeur

Bo Dollis et sa soeur

Le spectacle est total car les costumes des indiens sont magnifiques et la musique excellente. Du funk de toute beauté.

Indian

Indian

Du funk, oui, mais avec une touche tellement particulière comme, seuls Bo Dollis et ses indiens savent proposer. Tant et si bien qu’après ça, le concert qui suivait paraissait presque fade. Et pourtant, là encore de très bons musiciens offraient une musique, peut-être (pour moi, du moins) trop variée. Mené par le bassiste-chanteur  Tony Hall,

Tony Hall

Tony Hall

nous passions du funk au rythm’n blues en passant par du reggae et du rock. Bon, très bien fait mais pas passionnant. Il fallait attendre le dernier concert de la soirée pour se relancer dans la frénésie d’une superbe prestation des « New Orleans Suspects ». On y retrouve encore ce merveilleux guitariste (que finalement beaucoup de groupes s’arrachent) Jake. Et, tout de suite, c’est lui en tant que guitariste mais aussi chanteur qui attire l’attention.

Jake

Jake

Un très bon pianiste qui prenait également des initiatives au chant ou sur l’instrument,

pianiste

pianiste

et un saxophoniste tonitruent qui faisait des interventions magnifiques.

Saxophoniste N.O. Suspects

Saxophoniste N.O. Suspects

Particulièrement bien soutenus par un bassiste efficace et une batterie performante, ils offraient un funk d’une qualité extrême. Une autre sonorité que les Wild Magnolias et la guitare et le saxophone étaient mis en avant.

New Orleans Suspects

New Orleans Suspects

Le guitariste faisait évidement un hommage au maître disparu, BB King, très apprécié du public qui n’a pas cessé de gigoter pendant 1h30. Magnifique concert.

 

Nola’s news # 11

Indians saturday night.

Indians & Big Chief Monk Boudreau

Indians & Big Chief Monk Boudreau

Le fameux club « Maple Leaf » accueillait en ce samedi soir le célèbre Big chief Monk Boudreau et l’affluence était au rendez-vous. C’est effectivement un spectacle haut en couleurs et toujours une découverte d’une autre culture. Le quartet emmené par le pianiste Tom Worrell (que l’on voit avec tous les plus grands orchestres Indiens, entre autre) mettait le public en condition en jouant funky. Et puis, les indiens arrivent depuis le fond de la salle, se frayant un chemin au milieu de l’assistance.

Indians & Big chief Monk Boudreau

Indians & Big chief Monk Boudreau

Et là, le spectacle commence vraiment. La guitare et le piano électrique ne font plus que de l’accompagnement. La basse, très forte, trop forte est à saturation (mes tympans aussi) et le batteur ne se sert plus que de ses fûts. La musique est martelée, les longs refrains répétitifs des Indians sont repris par le public et les morceaux à la gloire des tribus indiennes de Louisiane durent une bonne vingtaine de minutes. Monk Boudreau et son large sourire chante, dialogue, esquisse quelques pas de danse indienne et s’amuse de voir le public l’imiter.

Big chief Monk Boudreau

Big chief Monk Boudreau

De la percussion puisque, même les indians jouent du tambourin et du chant, lancinant et répétitif et l’on va vers la transe. Le public se déchaîne (aidé par quelques bières et margaritas) et le Big chief se régale et nous aussi. Leurs somptueux costumes et leurs chants perpétuent la tradition de leurs ancêtres qu’ils se transmettent de génération en génération. Big chief chante la gloire des tribus Louisianaises (les Houmas), les souffrances de ce peuple mais aussi, la fierté d’être indien.

Indian

Indian

Il chantait à la gloire de cet état de Louisiane où il fait bon vivre. Monk Boudreau me confiait après le concert qu’il était heureux de vivre à New Orleans et racontait les difficultés que les indiens de sa tribu rencontraient dans l’Alabama et le Mississippi car ils étaient indiens noirs. Et c’est avec toujours un sourire généreux qu’il parle de sa musique et de ses traditions et avoue combien il regrette de ne pas parler français (juste quelques mots) car sa grand-mère le parlait (créole) mais, lorsqu’il était enfant, on leur interdisait le parler français. Un vrai bonheur de rencontrer cet homme plein de sagesse. Après un tel concert, on a vraiment l’impression d’avoir mis un pied dans un autre monde. Surprenant,décoiffant et riche, ce sont toutes ces cultures différentes que l’on croise à New Orleans.

Indian

Indian