Nola news # 7

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Improvisation

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

« Instant Opus Improvised Séries » est une association qui œuvre pour l’évolution de la musique à la Nouvelle Orléans. C’est au »Hi Ho Lounge » que cette année, l’asso a posé ses valises, tous les lundis soirs. Un quartet de base, avec la crème de la modern generation : Cliff Hines (g),

Cliff Hines

Cliff Hines

Charlie Wooton (b) surnommé le Jaco Pastorius de la Nouvelle Orléans, l’extraordinaire batteur (dont on a déjà parlé) Russel Batiste (Joe Krown trio) et le non moins talentueux trompettiste Mario Abney débutaient une série somptueuse d’improvisations. Des impros où tout le monde se laissait aller dans des chorus, littéralement fabuleux. Ils étaient rejoints, alternativement par un superbe saxophoniste qui devait s’avérer aussi bon à la flûte mais aussi à la trompette… ils sont désarmants ces musicos … ! Un autre merveilleux saxophoniste prenait le relai et une batteuse prenait en cours les baguettes, pour enfin terminer ce set d’1h30 d’improvisations devant un public de passionnés venu nombreux, malgré l’heure tardive. Quelle soirée … ! avec une pensée pour mes amis restés à Bordeaux et qui auraient adoré.

Mario Abney

Mario Abney

Oreilles grandes ouvertes au balcon

Sur Frenchmen street, le « Blue Nile » a un deuxième club à l’étage. Outre l’immense balcon d’où l’on voit un Brass Band évoluer devant bon nombre de passants qui, attroupés devant, barre pratiquement le passage des voitures, c’est le « Balcony Room » qui propose aussi des concerts. Ce mardi soir, « l’Open ears music series » donne carte blanche à l’excellent saxophoniste Khari Allen Lee (formateur à la Nocca),

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee

très actif et initiateur de plusieurs projets destinés, entre autre, aux enfants. Et, c’est la musique de son dernier album qu’il nous propose, avec un magnifique quartet dans lequel Jessie McBride tient le clavier.

Jessie McBride

Jessie McBride

Superbes interprétations de compositions originales de Khari où la douceur se mêlait à l’émotion sur des tempos lents mais aussi rapides pour un modern jazz de grande classe. Sur scène, un autre musicien alternait percu et dessein à la craie, au gré de son inspiration. Encore une magnifique soirée.

Khari Allen Lee & friends

Khari Allen Lee & friends

 

Le Jazz au paradis

Soirée dansante au « Café Negril » où le saxophoniste Dominick Grillo et sa bande du « Jazz in Paradise » sévissait avec toujours autant d’efficacité.

Jazz in Paradise

Jazz in Paradise

Un peu plus loin, toujours sur Frenchmen street, c’est Kris Royal au saxophone alto qui animait le « 30°/90° » avec un premier set de folie. Un des jeunes chefs de file du funk néo-orléanais qui joue avec son band dans lequel opère le très demandé bassiste Max Moran, mettait le feu et provoquait une ambiance extraordinaire, malgré les décibels.

Khris Royal

Kris Royal

Max Moran

Max Moran

Autre ambiance, cette fois plus feutrée et plus jazzy au « Snug Harbor » avec l’excellent « Bridge Trio »  que l’on peut retrouver aux côtés de Donald Harrison Jr. Conun Pappas au piano,

Conun Pappas

Conun Pappas

encore Max Moran à la basse et à la contrebasse

Max Moran

Max Moran

et toujours le remarquable Joey Dyson à la batterie,

Joey Dyson

Joey Dyson

nous proposaient la musique de leur dernier album  « The search : Departure » et de magnifiques compositions de chacun d’eux, ainsi qu’un hommage à un musicien qui a laissé son empreinte au jazz local, Harold Batiste. Ils invitaient également Jessie McBride, musicien très impliqué dans le soutien de la « new generation » néo-orléanaise à chanter sur un morceau avec eux et ce, dans un club archi-comble. Superbe soirée.

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Fire on the bayou !

3 scènes sont érigées près du Bayou St John, bayou se trouvant dans la ville et seul endroit où il y a un peu d’air à cette saison, pour l’annuel « Bayou Boogaloo Fest », durant 3 jours. Festival très familial et gratuit où tous les styles de musique sont représentés, de 11h00 à 20h00. On pouvait passer, d’une scène à l’autre, du rock au zydeco et à la musique Cajun des « Lost Bayou Ramblers », de la soul Queen Irma Thomas au funk de Kris Royal ou encore au jazz de Nolatet sous un soleil de plomb. Le toujours déroutant et imprévisible vibraphoniste « crazy » Mike Dillon

Mike Dillon

Mike Dillon

et ses remarquables complices du « Nolatet », Brian Hass aux claviers,

Brian Haas

Brian Haas

James Singleton à la contrebasse et à la trompette

James Singleton

James Singleton

et le spectaculaire batteur Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

se lâchaient durant 1h30 d’un concert qu’on n’est pas prêts d’oublier.

Nolatet

Nolatet

It’s just in New Orleans !

Nola news # 4

Nocca Jazz Ensemble

Nocca Jazz Ensemble

Cette journée du New Orleans Jazz Fest commençait avec beaucoup de fraîcheur car c’est la Nocca (célèbre high school locale) qui débutait la suite des 6  concerts journaliers. Et ce sont quelques jeunes musiciens prometteurs de 15 ans qui interprétaient 3 standards sous les encouragements du public. Ils laissaient la place à leurs grands frères (17) qui se taillaient, eux aussi, un beau succès sous l’œil vigilent et les consignes professionnelles de leur directeur Mickael Pellera.

Mickael Pellera

Mickael Pellera

 

Les parades sillonnent la grande enceinte du JazzFest et ce sont les indiens qui défilent toutes les heures derrière quelques percussionnistes, pour le plus grand bonheur des photographes … la preuve.

Big Queen

Big Queen

 

The Woodshied : Trombones. Les 2 trombonistes Stephen Walker et David L. Harris nous exposaient leur projet commun et leurs improvisations respectives  démontraient leur talent,

Stephen Walker & David L. Harris

Stephen Walker & David L. Harris

soutenus par le batteur qui monte, qui monte à NewOrleans : Jamison Ross (récemment nominé pour un award).

Jamison Ross

Jamison Ross

 

Le pianiste Larry Sieberth se produisait avec une belle section de cuivres dont Brad Walker et Rex Gregory se faisaient remarquer aux saxophones. Un excellent percussionniste et un batteur soutenaient cette sympathique formation.

Larry Sieberth

Larry Sieberth

 

Un des chefs de file local de la batterie, le magicien  Herlin Riley proposait avec ses baguettes,

Herlin Riley

Herlin Riley

une formation de très haut niveau. Pianiste, contrebassiste, trompettiste et saxophoniste interprétaient de magnifiques compositions du batteur, toujours souriant et d’une créativité débordante. Et tout ça, sous les yeux de … George Wein, son ami.

George Wein

George Wein

 

Pour le duo de choc de la journée, les bénévoles de la sécurité devaient être renforcés pour contenir et canaliser la foule qui s’accumulait sous l’immense chapiteau ainsi qu’aux abords. Et, nos fringants compères sont entrés sur scène très souriants, sous les acclamations de leurs fans. Et là, le miracle s’est avéré réel … nous étions transportés sur une autre planète dans un silence religieux, malgré l’affluence.  Herbie Hancock faisait résonner avec douceur son piano

Herbie Hancock

Herbie Hancock

mais faisait retentir parfois son synthétiseur, ce qui devait diviser par la suite le public et notamment les inconditionnels de l’acoustique qui regrettaient les quelques effets électroniques. Wayne Shorter, très en forme et très attentif ravissait le public en prenant quelques superbes envolées au soprano.

Wayne Shorter

Wayne Shorter

En tous cas, ces deux intarissables musiciens repartaient sous les ovations d’un public qui aurait aimé les entendre plus longtemps. 1h15 de concert n’est déjà pas si mal et ça allait être difficile de retomber sur terre.

Terence Blanchard

Terence Blanchard

Et pourtant, c’est un autre enfant du pays qui nous faisait retomber dans la réalité du moment. Terence Blanchard et son E-Collective nous offraient une musique plus électrique que jamais avec un jeune guitariste qu’on avait pu apprécier déjà aux côtés d’un certain Chick Corea. Une petite partie du public, décontenancée, quittait la Jazz Tent. Il est vrai qu’après le duo des 2 géants, il était difficile d’écouter autre chose. Les organisateurs devaient certainement  avoir des raisons pour programmer dans cet ordre-là. Toujours est-il que nous avons assisté à un superbe concert, avec un Terrence Blanchard plus évolutif que jamais.

 

Durant la période du JazzFest, le disquaire de référence, Music Factory, organise de nombreux showcase, particulièrement intéressants. Ce jour-là, de midi à 19h00 se succédaient, toutes les heures, Bamboula 2000 (formation locale), le pianiste et chanteur, Jon Cleary, NOLATET, Zachary Richard (qui sera en France au mois d’aoû), le Bluesman de Baton Rouge, Kenny Neal (toujours en famille), l’autre Bluesman local, Little Freddie King (presque toujours jeune … il ne passe plus sa jambe par-dessus le manche de sa guitare) et un formidable Brass Band, toujours local, Stooges Brass Band. La superbe formation NOLATET (Brian Haas au piano, Mike Dillon au vibraphone, James Singleton à la contrebasse et à la trompette et enfin « le peintre » Johnny Vidacovich, à la batterie) est vraiment à découvrir et à écouter sans modération. Ils nous faisaient découvrir la musique de leur CD (« Dogs) avec une énergie débordante.

Nolatet at Music Factory

Nolatet at Music Factory

Zachary Richard venait, lui aussi, présenter son dernier CD (« j’aime la vie ») rempli d’émotions, avec beaucoup de chansons en français. (Il vit entre Louisiane et Québec).

Zachary Richard at Music Factory

Zachary Richard at Music Factory

L’émotion était à son comble lorsqu’il faisait monter sur scène son petit-fils (handicapé mental) pour reprendre le refrain d’une chanson qu’il lui a dédié. Harmonica à la bouche, c’est avec amour et tendresse qu’il tenait son papi par le cou. Belle et grande ovation d’un public qui avait les yeux rougis.

Zachary Richard et son petit fils

Zachary Richard et son petit fils

Le Blues du dernier CD (« Favorites ») de Kenny Neal, toujours énergisant, tant au chant, qu’à la guitare ou qu’à l’harmonica faisait taper du pied et claquer des mains, le public compressé entre les rayons de disques.

Kenny Neal at Music Factory

Kenny Neal at Music Factory

 

Le club Gasa Gasa, excentré, sur Freret street, proposait une chaude nuit de musique (de 21h à 5h). A commencer par le NOLATET dont nous avions particulièrement apprécié le showcase. Mike Dillon est un musicien qu’il faut absolument découvrir. C’est un extraterrestre lorsqu’il est au vibraphone ou lorsqu’il sort toute sa « quincaillerie » d’instruments ou d’objets qu’il a transformé en instrument. Toujours heureux d’être sur scène et de partager sa musique, il propose une musique souvent novatrice. Bref, NOLATET … j’adore.

Nolatet at Gasa Gasa

Nolatet at Gasa Gasa

Pour le deuxième concert, Mike Dillon restait sur scène pour nous proposer son « Percussion Consortium » avec un batteur et quatre autres jeunes vibraphonistes. Et Mike joue ses compositions, dirige comme un chef d’orchestre ses jeunes élèves. Mike aime partager et faire partager sa musique avec d’autres musiciens et le public. Encore un grand moment.

Mike Dillon & Percussion Consortium at Gasa Gasa

Mike Dillon & Percussion Consortium at Gasa Gasa

C’est le rock intense d’ Hildegard (Sasha Masakowski, Cliff Hines, Max Moran …) qui nous ont fait jeter l’éponge, déjà tard dans la nuit, car nos oreilles, malgré les bouchons, ne supportaient plus les décibels imposés par une sono trop forte pour une musique déjà très électrique. Les tympans ont besoin parfois de repos …

 

Une autre soirée retenait notre attention et cette fois à l’ Old U.S. Mint – Louisiana State Museum où un des chefs de file du free jazz local, Kidd Jordan, se produisait. Il rendait hommage à un de ses amis disparu, le trompettiste Clyde Kerr Jr. C’est un excellent quartet qui débutait cet hommage en interprétant 2 morceaux, avec beaucoup de talent, de leur maître et professeur, Kidd Jordan.

Kidd Jordan & friends

Kidd Jordan & friends

Le saxophoniste de 81 ans prenait alors place sur scène aux côtés de ses élèves et régalait le public de ses compositions. Un son formidable et un plaisir de jouer toujours intact faisait de cette soirée un moment exceptionnel. Kidd Jordan a apporté beaucoup comme professeur et initiateur aux jeunes musiciens en herbe. Il est un des plus anciens intervenants au « Summer Jazz Camp », stage annuel très prisé. Encore un musicien Louisianais à découvrir.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

 

Jazz Fest écourté.

Tout avait pourtant bien commencé au Jazz Fest avec un passage à la Gospel Tent avec le « First Baptist church of Vacherie Mass Choir »

First Baptiste Church of Vacherie Mass Choir

First Baptiste Church of Vacherie Mass Choir

puis à la Blues Tent pour Henry Gray avant de rejoindre une des 14 scènes, la Jazz Tent.

Henry Gray

Henry Gray

Une bonne découverte du trompettiste et chanteur « Andrew Baham and 4am » qui nous régalait de ses compositions bien structurées. Une magnifique section de cuivres où l’on retrouvait, entre autre, l’excellent tromboniste « Big Sam » donnait une dimension particulière à ce très bon concert. Apparition également remarquée d’une chanteuse de talent puis de la fille d’Andrew Baham, elle aussi, chanteuse en devenir et déjà un bon sens de la scène.

Andrew Baham

Andrew Baham

Le showman James Rivers faisait rire et chanter le nombreux public. Il passait du saxophone au chant avec brio pour finir à la cornemuse, ce qui ne manquait pas d’attiser la curiosité. Excellent instant musical.

James Rivers

James Rivers

Il laissait la place à une autre grande chanteuse locale, Germaine Bazzle. Influencée par Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, une voix toujours émouvante et un tonus d’enfer, Germaine Bazzle, 84 ans, enthousiasmait l’assistance avec son scat d’une remarquable précision. Elle imitait trompette et saxophone, ce qui faisait lever le public pour l’ovationner. Quel concert !

Germaine Bazzle

Germaine Bazzle

 

Louisianais d’origine, il a fait ses études à la Nocca (fameuse high school de New Orleans) avec, entre autre, Trombone Shorty, le pianiste Jon Batiste est toujours accueilli avec beaucoup de ferveur. Il avait droit à une des plus grandes scènes (Acura Stage) devant laquelle un énorme public se pressait. Maintenant expatrié à New York où il a été nommé Directeur artistique du Musée National de Jazz à Harlem. Il reste toujours fidèle à la musique qui l’a bercé et c’est avec une étonnante vitalité et un sens inné du spectacle qu’il ravit ses fans. Entouré de musiciens de grande classe et notamment une belle section de cuivres, il faisait vibrer l’énorme public venu l’applaudir. Un large succès et un excellent concert.

Jon Batiste

Jon Batiste

 

La pluie s’installait sur le Jazz Fest et les scènes couvertes étaient très recherchées. Affluence pour le concert d’un autre enfant du pays, qui anime aussi son club, tous les jours, Jeremy Davenport. Très bonne prestation du trompettiste, il faut dire aussi, très bien entouré, sur des standards de jazz swing et sur ses compositions.

Jeremy Davenport

Jeremy Davenport

 

Le tonnerre grondait de plus en plus et la pluie redoublait comme je n’avais encore jamais vu. Nous étions encore à l’abri et Gregory Porter commençait à chauffer le public mais il fallait compter avec la pluie qui formait une rivière au milieu de l’immense chapiteau, le coupant en deux parties et perturbant ainsi le concert. Nous avions à faire à d’énormes orages tropicaux qui ont obligé les organisateurs, non seulement à arrêter ce concert mais à faire évacuer totalement le site. Dommage pour Steve Wonder, Rebirth Brass Band, Jeff Beck, Arturo Sandoval, Buddy Guy et beaucoup d’autres qui n’ont pu régaler leur public.

Gregory Porter

Gregory Porter

Nola’s news # 47

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Une invitation à assister à l’enregistrement d’un CD, ça ne se refuse pas. Nous avons eu la chance d’être invité par un des bassistes néo-orléanais des plus actifs dans le domaine du jazz, James Singleton pour la réalisation de sa dernière œuvre.

James Singleton

James Singleton

Cela se passait dans un studio de la banlieue de New Orleans, ou plutôt un vaste hangar où sont réalisés également des petits tournages de film. Donc, un endroit quelque peu improbable puisqu’on se trouvait au milieu de décors bizarres comme un cercueil et des croix avec des têtes de vaches. James aime bien ces endroits marginaux, sortant du commun. Du matériel performant était mis au service des musiciens par 2 techniciens très professionnels. L’un assurait l’enregistrement et l’autre prenait des photos et filmait le sextet en action.

Séance d'enregistrement

Séance d’enregistrement

James avait souhaité que les musiciens soient disposés en rond afin que tous puissent se regarder et donc mieux communiquer par le regard. James stressait, ne voyant pas arriver un de ses amis musiciens et complice de la mouvance expérimentale. Mike Dillon arrivait enfin et après avoir débarqué tous ses instruments, quelque fois de fortune, la séance pouvait commencer. James Singleton distribuait les partitions déjà étudiées par l’ensemble.

Mike Dillon

Mike Dillon

James Singleton a réuni pour son nouvel ouvrage des musiciens chevronnés et reconnus tels que donc, Mike Dillon au vibraphone et diverses percussions, le guitariste Jonathan Frielich,

Johnatan Frielich

Jonathan Frielich

2 super saxophonistes, Rex Gregory au ténor, piccolo, fifre et à la clarinette,

Rex Gregory

Rex Gregory

l’excellent Brad Walker à l’alto, ténor et baryton,

Brad Walker

Brad Walker

et Justin Peaks à la batterie.

Justin Peaks

Justin Peaks

Le maître assurait la contrebasse et bien sûr les compositions.

James Singleton

James Singleton

Il ne fallait que 3 heures de temps pour réaliser cet enregistrement et tous les musiciens étaient cool, maîtrisant parfaitement les sollicitations de James Singleton. Tous faisaient preuve de grand professionnalisme et démontraient leur talent en interprétant la musique bien écrite de James Singleton.

James Singleton & Mike Dillon

James Singleton & Mike Dillon

Mike Dillon est toujours aussi passionnant à regarder comme à écouter car il saute sans arrêt d’un instrument à un autre avec une imagination débordante. C’est un magicien du son ou des sons. Il faut le voir déballer de sa « caisse à jouer » tous ses instruments improbables et qu’il utilise toujours à propos pour chercher le son adéquat. Un génie qui s’entend forcément bien avec l’autre génial James Singleton.

Mike Dillon

Mike Dillon

Rex passait du picolo au saxophone ténor et au fifre avec brio,

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

et Brad, de l’alto au ténor puis au baryton avec une aisance incroyable.

Brad Walker

Brad Walker

En tous cas, c’est un jeune musicien à suivre de près.

Brad Walker

Brad Walker

Je ne parlerais pas de la musique avant le mixage du CD, d’autant que James Singleton a encore quelques idées qu’il pourrait rajouter mais assurément, ce sera un très bon recueil de musique improvisée mais écrite, allant donc vers le free jazz. Attendons donc avec curiosité la sortie de ce nouvel album qui ravira, j’en suis certain, les amateurs de liberté musicale.

James Singleton

James Singleton

James Singleton est un musicien à suivre (ou à découvrir), débordant d’idées, très demandé par beaucoup de formations et pilier d’ « Astral Project » (à écouter impérativement). Et, il est particulièrement sympathique, ce qui ne gâche rien. C’est un réel bonheur de connaître et de côtoyer un tel musicien et un personnage hors du commun et aussi génial.

Nola’s news # 41

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Quand on la chance de voir Mike Dillon, entre ses nombreuses tournées dans le pays, il faut en profiter et c’est ce que nous faisons. Comme tous les lundis, le club « Gasa Gasa » organise ses « mondays impros » et c’était Mike Dillon

Mike Dillon

Mike Dillon

qui se prêtait à l’exercice avec, tout d’abord le guitariste néo-orléanais Rob Cambry

Rob Cambry

Rob Cambry

dans un premier set. Tous deux dialoguaient en improvisant et donnaient une première partie de concert, remarquable. Pour le deuxième set, Mike avait invité 3 jeunes musiciens pour une improvisation collective. Mike lançait les débats et bassiste, batteur et percussionniste se jetaient dans la fosse au lion avec beaucoup d’envie et d’à propos. L’excellent bassiste (6 cordes) se faisait remarquer par un son de basse magnifique et le batteur avec un jeu rapide et sec. Le percussionniste assurait avec intelligence sa partie, cherchant à trouver et à imposer un tempo.

Mike Dillon et invités

Mike Dillon et invités

Quand à ce génie de Mike Dillon, ingénieur des sons, toujours créatif, suggère, relance, change de tempo, construit puis déconstruit pour mieux repartir sur autre chose. Ce musicien est un phénomène qu’il faut impérativement découvrir. Il sait tout faire, tout jouer et jouer avec tout. Il est entouré d’une multitude d’instruments (vibraphone, timbale, congas, tablas, etc …) et d’objets que j’appelle ses casseroles, avec lesquels il trouve des sons improbables. Et,quand il trouve une mélodie, il l’exploite à fond et ses musiciens lui emboîte rapidement le pas. Rob Gambry finit par se joindre à eux pour quelques impros complètement folles qui ravissaient les nombreux mélomanes présents. Il ne faut absolument pas passer à côté d’un concert du fabuleux Mike Dillon car ce n’est jamais pareil et c’est toujours plein de surprises.

Mike Dillon et son invité

Mike Dillon et son invité

Encore un superbe concert de musique improvisée et la découverte de jeunes musiciens que Mike Dillon félicitait après chaque morceau. Mike Dillon est un vrai magicien du son !

Nola’s news # 40

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

La dernière journée du Bayou Boogaloo Festival a commencé sous une chaleur étouffante, torride et à 14h20, c’est le « Mike Dillon’s New Orelans Punk Rock Percussion Consortium » qui animait 1 des 3 scènes installées au bord du Bayou St John, pratiquement le seul endroit où à la Nouvelle Orléans il y a un peu d’air (relativement) frais.

Mike Dillon's New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Mike Dillon’s New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Avec ce génial musicien (Mike Dillon), il faut s’attendre toujours à tout et le style Punk rock n’était pas la bonne étiquette. En effet, Mike Dillon avait rassemblé autour de lui, 4 autres vibraphonistes et non des moindres (Jason Marsalis, Otto Schrang, entre autre)  et un certain nombre de percussionnistes (dont l’extraordinaire batteur, Stanton Moore)

Jason Marsalis

Jason Marsalis

pour interpréter ses compositions. Tout ce beau monde passait du vibraphone aux percussions et on assistait à une suite de plus ou moins longs morceaux qui sidéraient littéralement le public. Mike Dillon est certes un magnifique compositeur mais aussi, un remarquable vibraphoniste, un percussionniste hors pair, un meneur, un animateur, un showman et un formidable chef d’orchestre.

Mike Dillon

Mike Dillon

Sous sa direction, les 12 musiciens sur scène se transcendaient et offraient un spectacle exceptionnel. On passait du jazz fusion au free en passant par la musique de fanfares, ce qui caractérise bien ce musicien inclassable. Otto Schrang, un de ses élèves s’en donnait à coeur joie

Otto Schrang

Otto Schrang

et les musiciens assurant les percussions, dont l’extraordinaire batteur Stanton Moore, se régalaient sur cette suite de mouvements, écrite par Mike Dillon.

Stanton Moore

Stanton Moore

Le public exultait à chaque morceau et les musiciens prenaient un plaisir particulier sur scène. Jason Marsalis se trouvait (pour une fois) interprète et visiblement s’amusait bien lorsque Mike, face à lui, le provoquait.

Jason Marsalis & Mike Dillon

Jason Marsalis & Mike Dillon

Malgré la chaleur intense, musiciens et public prenaient un réel plaisir. D’ailleurs, les festivaliers avaient du mal à laisser partir tous ces extraordinaires musiciens car ils avaient envie de les pousser dans leurs derniers retranchements. Bon, il faudra attendre l’année prochaine, peut-être, pour voir ça. Toujours est-il que nous avons assisté (encore une fois) à un concert exceptionnel (malgré la chaleur). Suivait ensuite un autre concert sur la même scène avec une toute autre musique. Dans les « 101 runners », on retrouvait l’exceptionnel guitariste June Yamagushi

June Yamagushi

June Yamagushi

et l’incontournable pianiste, Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et quand on voit Tom Worrell (Wild Magnolias, Big Chief Bo Dollis, etc …), les indiens ne sont pas loin … d’ailleurs, les voila qui arrivent sur scène.

Indians

Indians

Les voici donc avec leurs chants lancinants et répétitifs mais tellement entraînants. Et, le groupe, amené avec beaucoup de métier et de compétence par Tom et June, donnent la vrai mesure de ce funk indien,si particulier.

101 Runners

101 Runners

La foule se rue au bord de la scène pour reprendre les refrains et danser sur ce rythme transcendant. Et, croyez-moi, les indiens savent mettre l’ambiance en se pavanant dans leurs splendides costumes.

Indian

Indian

Mais la chaleur aura eu raison de nous et nous avons dû déclarer forfait pour le concert de Ian Neuville’s Dumstafunk. On reviendra l’an prochain …

La soirée n’était pas pour autant terminée car elle se poursuivait, cette fois à la clim, au club de Frenchmen street, « Vaso » où se produisait le bluesman louisianais, Troy Turner.

Troy Turner

Troy Turner

Alors, comme chaque formation au Bayou Boogaloo Fest, Troy Turner rendait un bel hommage à Mr BB King qui a tellement influencé de musiciens, en interprétant, entre autre, un « Thrill is gone » poignant que tout le très large public qui avait investi le lieu, applaudissait avec ferveur, comme pour remercier le « maître du blues ». Gros succès pour ce trio qui se produit chaque semaine.

Troy Turner Trio

Troy Turner Trio

Excellent concert qui clôturait, grâce à la clim et une bonne margarita, une magnifique journée.

 

Nola’s news # 29

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Free Jazz concert à Nola ? Mais bien sûr. Il y a toute une génération de musiciens qui « enfoncent les portes » comme le disait Jason Marsalis au JazzFest et qui font évoluer cette belle musique. Les Kidd Jordan, Mike Dillon, Cliff Hines, Sasha Masakowski et bien d’autres. Et évidemment, on trouve sur la route de la liberté, James Singleton.

Free Trio

Free Trio

Plusieurs clubs ouvrent la porte à cette mouvance et à ces musiciens, dont le club « Gasa Gasa » sur Freret street. Et, tous les lundis, on s’y retrouve pour faire de la musique expérimentale. C’était au tour du contrebassiste James Singleton d’animer la soirée.

James Singleton

James Singleton

Et James se lance toujours à corps perdu, avec une telle fougue, une telle envie de jouer, d’aller toujours plus loin que l’on a assisté à un concert d’exception. Il avait invité un musicien d’origine Californienne et qui, se rendant à New York où il réside (bien évidemment) s’arrêtait à New Orleans (quelle bonne idée).

Will Bernard

Will Bernard

Will Bernard, superbe guitariste, était en phase avec James et, c’est avec beaucoup de complicité qu’ils improvisaient. Will triturait les boutons de ses pédales pour aller chercher des sons qui inspiraient bien le contrebassiste mais aussi, le troisième larron qu’est le magnifique saxophoniste (alto, ténor et baryton), Brad Walker.

Brad Walker

Brad Walker

Brad nous avait déjà fait forte impression aux côtés de Sasha Masakowski et Cliff Hines il y a quelques jours. Ces 3 compères structuraient leurs improvisations et nous amenaient, peu à peu, dans leur monde, dans un monde imaginaire. James nous avait appelé pour nous convier à ce concert et comme l’on sait que lorsqu’il est présent, il se passe toujours quelque chose et quelque chose de bien, nous y avons accouru. C’était tellement planant qu’à la fin du concert, nous sortions tous presque déboussolés. Nous étions dans l’irréel (mais non, j’ai pas fumé de la luzerne) et avions du mal à retrouver la réalité. Bon, on l’a vite retrouvée car il fallait trouver un taxi de libre … Zut, on rêve plus ! En tous cas, nous avons passé 1h30 sur un petit nuage et comme il en est ainsi toutes les semaines, on y retournera lundi prochain.