La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Guillaume Perret & The Electric Epic – Au Rocher de Palmer le 06/05/2015

Écrit par Dom Imonk
Photographies par Alain Pelletier

©AP_GuillaumePerret-7576

Parfois, si l’on scrute les cieux nocturnes, on peut voir par moment de bizarres lumières, provenant d’on ne sait où, et dont l’évocation nous ferait passer pour des « David Vincent ». Sauf qu’hier soir, au Rocher de Palmer, l’une de ces lueurs, d’un rouge brûlant et changeant, est bel et bien venue se loger tout au fond de la gorge enflammée d’un saxophone, et toute la salle, bien remplie, pourra en témoigner : L’ovni Guillaume Perret & The Electric Epic a atterri sur les hauteurs de la belle endormie, pour venir palper le velours tiède de sa nuit.
Partout où ils passent, ces hommes sèment de la matière volcanique, mais salvatrice. Je me souviens il y a quelques années à Marciac, où, non contents d’avoir généreusement enflammé le chapiteau, ils avaient ensuite continué cette fête impie, dans les bois environnants, en une after-hours d’anthologie, terminée à l’aube. C’était leur premier album qui se jouait, paru en 2012 sur Tzadik (le label de John Zorn), une petite bombe furieuse et novatrice, qui voyait entre autres la lumineuse participation de l’ion libre Médéric Collignon.
Le disque qui a suivi est sorti l’automne dernier sur Kakoum Records, label de Guillaume Perret. « Open Me », c’est tout un programme, et celui du concert, où la plupart de ses titres ont été joués, manière pour le groupe de nous présenter leurs nouvelles orientations.
« Opening » et « Shoebox » enchainés ouvrent le bal, le ton est donné. Le saxophoniste crée une atmosphère éthérée, drapée d’un parfum oriental suave, mais les choses s’accélèrent bien vite et se muent en un speed jazz à l’électro mutant, assorti d’un beau thème, accrocheur et obsédant. On ressentira ensuite un climat plus « éthiopique », « Ethiopic Vertigo » (du 1°album) ou « Ponk » (de « Open Me ») ? Peu importe, on se laisse emporter par ce flow vintage. Suivront foule d’impressions variées. On percevra par moment des murmures électroniques, puis de lourds ondoiements de sax à la voix trafiquée. Des instants de pure finesse fleuriront, comme ce doux morceau où Guillaume Perret soufflera une belle comptine, dans son bec de sax délicatement aidé d’effets. On vivra aussi d’intenses palpitations telluriques au cœur du groove. L’occasion d’écouter, outre ses élégantes et précises parties rythmiques, les chorus majestueux de Nenad Gajin (guitare), et d’être rivé au sol par les lignes de basses abyssales de Laurent David, homme au look de viking, dont le jeu le place (pour moi) dans la lignée des Jack Bruce et autre John Wetton. Le drive puissant de Yoann Serra (batterie) est indispensable à la tenue du cap de cette navette cosmique. Il calme tout le monde, et épice même son propos de petits samples. Quant’ à Guillaume Perret, qu’il joue en mode acoustique ou en électro, son jeu est de haute soufflée et sa vision est celle d’une musique universelle. On le verrait même un jour créer un follow-up du genre « Acoustic Epic » ou même « Ethno Epic ». Mais pour l’heure, il y en a qui parlent de « heavy metal jazz », pourquoi pas ? De quoi faire toussoter les panassié(passé)istes. Souvenons-nous des Brecker Brothers, qui en 1978 avaient ouvert la voie avec leur très funky « Heavy metal be bop ». Que je sache, ça n’a tué personne ! Alors oui, il faut qu’existe et se perpétue ce genre de musique fusionnelle. Elle ouvre au monde et marie les styles. Elle est une passerelle d’échanges entre le jazz, le rock, le prog, le funk, l’électro, et même plus, et puis ce clin d’œil affectueux et insistant vers l’Afrique, permet qu’on pense un peu plus à elle.
En guise d’au revoir, deux rappels. Le premier, heavy en diable, épais, une électricité crépusculaire, lézardée par un chorus de guitare réellement éblouissant, mais les autres étaient aussi très chauds sur l’affaire. Et pour finir, un mood plus léger avec une sorte d’électro swing speedé, en forme de rengaine qui ne vous lâche plus, comme Miles Davis savait en jouer dans les 80/90s. Ce soir-là, on a ouvert la boîte à musique magique de Guillaume Perret & The Electric Epic, et les quatre diables qui en sont sortis nous ont invités à les suivre dans un voyage au bout des nuits étoilées de leur groove.

Écrit par Dom Imonk
Photographies par Alain Pelletier
www.guillaume-perret.fr

©AP_GuillaumePerret-7516