Jazz à la maison ; Sophisticated Ladies

Samedi 9 septembre 2017 quelque part près de Bordeaux

Les occasions d’écouter du jazz sont assez nombreuses même si certains pensent le contraire, festivals, concerts, bars… Mais quand on aime vraiment ça, cela ne suffit pas alors on se les invente et au lieu d’aller vers les musiciens on dit à ceux-ci de venir chez soi. C’est l’esprit de Jean-Gabriel Guichard amateur éclairé et trompettiste à ses heures qui pratique cette formule depuis quelques années. Une soirée à la maison avec un concert de qualité, de quoi se restaurer et désaltérer avec modération. Pas une mince affaire à organiser avec une cinquantaine de personnes tout de même à recevoir et entasser dans son séjour. Réseaux d’amis, de leurs amis, il y a même à chaque fois une liste d’attente.

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Il faut dire que la programmation est ici toujours d’une grande qualité et choisie pour un public qui n’est pas forcément spécialiste. Pensez donc, la plupart des présents ne connaissaient pas Action Jazz ! Mais ça y est il connaissent !

Au programme ce soir les Sophisticated Ladies qui invitent Shekinah Rodz. A la tête du trio Rachael Magidson l’américaine de Bordeaux, trompette, batterie et chant, entourée de Laure Sanchez, contrebasse et chant et Paola Vera, anglaise d’origine vénézuélienne, piano et chant.

La portoricaine Shekinah a déjà fait partie des SL dans le passé, tout comme d’autres musiciennes notamment Valérie Chane-Tef ou Nolwenn Leizour, par contre elle n’a jamais joué avec ce trio là ; mais pas d’inquiétude… Elle est venue avec son sax alto, sa flûte et bien sûr sa voix. Vous trouverez des reportages sur Shekinah, Rachael et Laure dans la Gazette Bleue (liens en bas de page).

Pendant que l’apéritif d’accueil se déroule, la mise en place se fait sur la scène improvisée à côté de la bibliothèque ; réglage de la sono légère, accord des instruments, finalisation de la set list, ces dames travaillent.

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Au fait quelle est la différence entre un groupe de jazz féminin et un groupe de jazz normal masculin (je provoque exprès) ? Musicalement aucune. Récemment j’ai eu la chance de voir le Rhoda Scott Lady quartet et je m’étais fait la même réflexion. Et pourtant quelle suprématie machiste dans ce monde du jazz où les femmes sont souvent cantonnées au rôle de chanteuses. Rachael raconte qu’un jour, arrivant avec les SL, on leur a demandé où étaient leurs musiciens…

Le concert va se dérouler en deux sets, et oui il faut bien se nourrir, dans la proximité – pas promiscuité – obligée et si agréable de ce séjour bondé. Cette proximité elle permet en effet de sentir et voir les choses se faire, d’entendre le son naturel des instruments, les cliquetis des clés du sax, le chuintement délicat des balais sur la peau de la caisse claire, le souffle des chanteuses.

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Nous voilà partis dans le New York des années 20 pour le premier titre où Rachael jongle entre sa trompette et sa batterie légère, une prouesse, puis très vite Shekinah vient enflammer tout ça avec son sax alto ; quelle énergie possède t-elle !

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Belle version d' »Afro Blue » chantée par Laure et sa voix veloutée, très légèrement et agréablement voilée.

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Shekinah en profite pour épater tout le monde à la flûte. Au piano je découvre le talent de Paola que je n’avais vu qu’une fois dans l’ambiance bruyante du Molly Malone’s.

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Plus tard après la pause on prendra le « Tea for Two » qui aura plus des airs de Mojito for Two vu le tempo latino qui lui est donné. Une concession à ma remarque sur le genre, quand elles chantent toutes ensemble on se rend bien compte qu’elles ne sont pas des hommes. En les regardant aussi bien sûr !

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Ces quatre filles sont épatantes de talent, Rachael et son plaisir visible d’être sur scène affichant ce beau sourire permanent,

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Paola avec cette classe anglaise et cette délicatesse au chant, Laure toute frêle derrière son gros instrument qu’elle apprivoise avec grâce, Shekinah éblouissante au sax et à la flûte et si passionnée au chant.

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Mais d’où sont elles me demandent des gens ? Mais de Bordeaux, vous les avez là toute l’année, vous pouvez les voir, les entendre presque aussi souvent que vous le souhaitez ! Ne vous privez pas de ce plaisir !

Voilà « Besa Me Mucho » dont Shekinah va déchirer la langueur à grands coups d’alto, Paola et Laure nous offrant des chorus de haut niveau, Rachael cadrant tout cela avec délicatesse aux balais.

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On est bien alors « C’est si bon » et en rappel « Route 66 » au grand dam de Rachael qui voulait ressortir sa trompette. Thank you Ladies, great job !

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Ah oui on allait oublier le dessert ! C’est bien le jazz à la maison ; un seul regret, ce n’est pas la mienne alors il faut reprendre la route qui n’est pas 66…

Un grand merci à toi Jean-Gabriel et à ton épouse !

http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n20-janvier-2017/

http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n5/

Akoda au Jazz Club [at] Sortie 13

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Sortie 13, vendredi 3 février 2017.

Une soirée comme celle-là ça fait plaisir, découvrir un nouveau lieu culturel au milieu d’amis et pour écouter des musiciens qu’on aime, en plus quand l’apocalypse est annoncée pour la fin de la nuit !

Ce nouveau lieu c’est « Sortie 13 » tout près de la sortie 13 – sans blague – de la rocade bordelaise à Pessac. Des anciens bâtiments d’un journal gratuit local transformés en lieu culturel. 600 m² dédiés aux expositions de peinture, photo, sculpture (en ce moment des œuvres magnifiques de Lucile Callegari – Phil Meyer – Mikki sur le thème « Instants de femmes »), aux concerts de tous styles et donc ce soir de jazz.

La programmation jazz est assurée pat [at] évènements comme au Caillou. Le tempo prévu est d’une fois par mois sous le nom de « Jazz Club [at] Sortie 13 ». L’endroit est composé de trois espaces, une salle d’exposition, une salle de concert de 120 places debout et une salle de bar de taille modulable, grande ouverte hier soir.

C’est Akoda et son jazz créole qui ouvre le bal à l’occasion de la sortie – une release pour les initiés – de son dernier EP « Résonances » récemment enregistré au studio Cryogène de Bègles. Des nouveautés donc dans la lignée de leur tonalité exotique et bien sûr leurs « standards » comme la version fulgurante de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg.

Le concert se déroule dans la salle du bar mêlant chaises, poufs, canapés mange-debout, tables, un endroit sympa. Quelques tapas, un verre – pour commencer – et c’est parti.

Valérie Chane-tef est vraiment très émue, elle s’est beaucoup investie dans ce nouveau projet et en plus de ses fidèles Franck Leymerégie aux percus et Benjamin Pellier à la basse elle a invité d’autres musiciens pour se rassurer. Intro de piano et ensuite une succession de rythme et de douceur, et toujours cette émotion joyeuse dégagée par le groupe comme dans « Amour Content » une des compos originales de VCT.

Pour « Résonances » Laure Sanchez nous offre sa douce voix – je suis fan – et François-Marie Moreau ajoute ses touches de sax, c’est cool. « Easy » et sa mélodie nostalgique , un titre pas si facile que ça, qui commence délicatement comme un concerto de piano – ah si elle avait un vrai piano ! – et se termine en transe permet d’admirer la palette de chacun.

Un vieux tube des Îles arrive maintenant sur un bien joli arrangement, « Maladie d’Amour » d’Henri Salvador, pas celle de Sardou faut pas charrier ! Une surprise sur ce titre avec la venue du guitariste Gaston Pose qui fait un bond de son Argentine natale vers les Antilles.

Sur l’indémodable « Nature Boy » c’est au tour de FMM de nous étaler ses talents de crooner en duo avec Laure, la rythmique bien souvent très virevoltante de Franck et Benjamin se faisant ici délicate sur un arrangement latino très réussi . Un concert comme celui-là sans Ceïba ce n’était pas possible alors la voilà bien sûr avec toujours ce corps ondulant de rythme et cette voix chaude.

Valérie va exceptionnellement laisser sa place au piano à FMM pour nous montrer qu’elle aussi sait chanter et drôlement bien en plus ; elle s’est détendue tout au long du concert et elle est maintenant rayonnante.

Encore une surprise dansante et bondissante cette fois, Agnetha Dihy en solo puis en duo mixte magnifique lors du rappel !

L’air de rien, un concert de deux heures, le temps est passé très vite.

Vraiment une soirée bien agréable, cool, cosy et très amicale, avec des musiciens bourrés de talent et de gentillesse, dans un lieu à découvrir et qui manquait dans ce coin.

http://www.sortie-13.com/

http://akoda.e-monsite.com/

 

La Gazette Bleue N° 20 vient de sortir ! Bonne année 2017 !

Bonjour !

Voici la Gazette Bleue N°20 • Janvier 2017

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Bonne année 2017 ! De la part de toute la rédaction, avec le n° 20 de notre Gazette bleue, un spécial Alex Golino, et bien d’autres artistes, et toutes nos rubriques habituelles.

Bonnes lectures !

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Plus près que « là-bas », Monségur et son festival.

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Aller à Monségur aux « 24 heures du swing » c’est un peu comme une préparation à un autre festival plus couru, vous savez là-bas, au mois d’août dans ce coin un peu perdu du Gers… Le parallèle est assez frappant, déjà pour arriver jusqu’ici au fin fond de l’Entre deux Mers, comme pour là-bas ça se mérite. La ville de Monségur est elle aussi une bastide avec ses traditionnelles galeries à arcades – chez moi à Créon on parle d’arceaux » – et ici aussi la place est animée par des bars, des restaurants, des boutiques, des stands de tout et de rien, d’artisans et de marchands avec un fond musical perpétuel de circonstance. Mais si on veut clore la comparaison, j’y trouve un avantage ici dans la mesure où l’on est encore à une échelle plus artisanale que là-bas. Mais avec une sacré belle organisation, ne vous méprenez pas sur mes propos.

A mon arrivée j’ai juste le temps d’assister à la dernière partie du concert de Laure Sanchez Trio sur la jolie petite scène installée rue Barbe, comme ça en plein milieu. Le trio, prix de la Note Bleue au dernier tremplin Action Jazz est désormais bien rodé et offre un répertoire de compositions originales plein de fraîcheur de musicalité et de groove. Pour ce dernier Laure n’hésite pas à utiliser sa basse électrique tout en chantant.

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Robin Magord est vraiment épatant au piano, quant à Nicolas Girardi il invente sans cesse à la batterie celle-ci avec sa toute petite grosse caisse paraissant sortie d’un magasin de jouet. Invité surprise, un chien, celui du voisin, fait un moment les chœurs !

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Il reste moins d’une heure avant le concert sous la halle, le temps d’aller se régaler au stand du boucher local dont le pavé de bœuf va s’avérer à tomber ; un petit vin des voisins de Duras et nous voilà prêts pour affronter la soirée ; elle va être longue, deux heures du matin pour la fin du dernier concert !

La halle se remplit doucement, la fouille est bon enfant. Quelle beauté cette construction de fonte et de verre du XIX siècle ! Pour l’acoustique par contre…

Ce soir, que des Anglais au programme, comme quoi ils ne sont pas tous prêts à se replier frileusement sur leur île. La chanteuse Malia pour commencer, accompagnée d’un trio piano, basse, batterie. J’attendais une brune, c’est une blonde qui arrive vêtue de blanc et noir un chapeau melon sur la tête, référence à John Steed ou à Malcolm McDowell dans Orange Mécanique ? Vous ne verrez pas de photo, les instructions de la diva étant claires, les photographes accrédités peuvent agir sur le seul premier titre et pas de gros plan ! Et le service d’ordre est vigilant. Thierry n’aura pas eu le temps de mitrailler et après tout si elle ne veut pas qu’on fasse sa promo, ça la regarde. D’autant que le concert ne va pas nous marquer, elle chante très bien et dans plusieurs tessitures, les musiciens jouent bien mais, est-ce le son difficile ici, le répertoire un peu plan-plan, nous n’avons pas accroché. Les « Fipettes » de Bordeaux qui étaient à nos côtés ont, elles, adoré !

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Un petit tour sur la place avant que la deuxième partie ne démarre, la soirée est douce, c’est vraiment l’été. Place à Incognito, présenté comme du soul-jazz-funk ; exact.  Neuf musiciens, trois chanteuses, un gros son. Le leader Jean Paul Maunick, Mauricien d’origine, va animer le concert, présentant les titres avec ses commentaires humanistes et en français.

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A tour de rôle les trois chanteuses occupent le devant de la scène dans des registres allant d’Aretha Franklin à Randy Crawford des Crusaders avec parfois un light show à la Soul Train. Mais à mon avis c’est en instrumental que le groupe donne toute sa puissance, la musique partant en liberté avec un groove d’enfer, la fin du concert étant ainsi énorme !

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Il est minuit bien tassé, direction la place des Tilleuls ; les stands de cuisine espagnole, marocaine sentent bien bon en passant, on se laisserait presque tenter.

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Latin Spirit joue déjà ; ils se définissent ainsi : « des harmonies salsa, des chorus jazz, des rythmes cubains » ; voilà vous savez tout. Ou presque. Au programme du Tito Puente, Poncho Sanchez ou Paquito Riviera et surtout de la joie ! Le public un peu timide au début ne va plus vouloir s’arrêter de danser !

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Avec un super son (enfin) dans ce lieu magnifique les musiciens vont nous régaler ; on en connaît bien certains à Action Jazz, notamment Franck Leymerégie (congas) et Benjamin Pellier (b) d’Akoda et même Valérie Chane-Tef (p) pigiste de luxe ce soir, associés à d’autres excellents musiciens bordelais.

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Mayomi Moreno mène la danse au chant ; Rodolphe Russo (fl, direction musicale) Bertrand Tessier (st) Rémy Béesau (tr) Renaud Galtier (tb) Frédéric Jarry (dr). Chaud bouillant ce concert et qui nous amène à deux heures du matin sans aucun effort, le genre de moment qu’on adore dans les festivals.

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L’air de rien il y a une heure de route pour rentrer à Bordeaux, bon mais c’est quand même plus près que là-bas… Dire que demain avec le programme swing qu’il y a je ne vais pas pouvoir revenir…

Sophisticated Ladies, trois d’un coup au Caillou le 28 /01/16
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Par Annie Robert, photos Alain Pelletier, Thierry Dubuc, 

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Comme dans l’histoire du Vaillant Petit Tailleur des frères Grimm, il y en avait non pas sept mais trois d’un coup, hier soir au Caillou du jardin botanique.
Trois quoi ? Mais trois filles voyons, trois nénettes qui jazzaient à l’envi, trois donzelles dans ce monde d’hommes.
Le jazz n’est pas un monde de parité, pas besoin de longues recherches  pour s’en rendre compte et si à présent les filles se fraient un petit chemin  timide sur les scènes, cela reste tout de même un phénomène plutôt rare.
Longtemps elles ont été cantonnées au rôle d’oiseaux de paradis, chantant avec  les grands orchestres de swing. Certaines à coup d’épaules, de talent, de personnalité ont été plus que de belles chanteuses. Merci Ella, Sarah, Billie, Anita et bien d’autres. Et leurs jeunes émules n’ont à présent rien à leur envier. Mais par contre où étaient donc, où sont donc les instrumentistes ?
Qui peut citer une « batteuse » ( y a t- il même un mot pour cela ? ) une guitariste, une bassiste de jazz ?   Seules quelques pianistes, quelques saxophonistes, quelques contrebassistes, une ou deux trompettistes, flûtistes ou violonistes se produisent régulièrement… Et on les remarque, il y en a si peu.
Le jazz aurait-il  donc un sexe et les instruments également ?
Loin des polémiques et des constats, je n’allais donc pas bouder mon plaisir d’écouter trois musiciennes. Pour une fois. D’ailleurs si les choses étaient bien faites cela ne devrait pas même pas m’étonner….
On va gommer directement les réflexions du style, «  elles jouent bien pour des filles… » «  elles sont plutôt mignonnes et si gracieuses .. »  Allez Zou  à la poubelle, les stéréotypes, les sous entendus et le reste. On s’en fiche.

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Ce trio-là s’est bien trouvé, chant pour toutes les trois en lead ou en vocals, contrebasse pour Laure Sanchez, trompette et bugle pour Rachaele Magidson et piano pour Paola Vera, rien ne manque à son équilibre et à sa fluidité.
«  Commençons par du jazz, ensuite un peu de jazz et on finira par …du jazz »
déclare Rachaele qui démarre le set.

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Elles ont choisi un répertoire de standards câlins et enveloppants, cools et presque soyeux. La voix en lead circule de l’une à l’autre, légère pour Laure, médium pour Rachaele et  plus profonde pour Paola, toujours justes et bien  timbrées. Scats et solos se répondent et se complètent. Chacune a son charme et lorsqu’elles chantent à trois, l’harmonie se fait  presque naturellement. Bien sûr revers du vocal jazz , forcément très « calé » un peu moins de liberté et d’impro possible, mais elles n’en abusent pas ( d’ailleurs ce ne serait pas un problème !).
Avec le son inventif d’une contrebasse très « parlante », un piano délié et alerte, des drums caressés  ou toniques et quelques notes de trompette bouchée, on se croirait  dans une boîte de middle jazz à claquer des doigts embarqués par le swing. Quelques notes de latino ou de chansons françaises et une ballade irlandaise nostalgique  se faufilent entre un « black Coffee » bien bluesy  et  un  «  Lullaby of Birdyland » élégant. Tout va bien, on est en terrain connu et confortable. La soirée est douce et souriante. Ca roule.
Elles terminent par un clin d’œil riant à la féminité, à toutes les femmes sympas ou pas, charmantes ou pas, attachantes ou pas  avec la célèbre chanson  « Lady is a tramp » pleine de tonus.
Ces trois-là dégagent une belle vitalité, un grand plaisir de jouer, une joie légère. Elles vont bien heureusement au-delà  du concept de « groupes de filles » qui ne serait que du marketing musical. Non elles sont heureuses de jouer ensemble, prennent plaisir à faire partager leur amour du swing.

Bon les filles, assez parlé du fait que vous soyez des nanas, vous êtes juste des musiciennes et des excellentes, on a passé un délicieux moment. Même les mecs ont oubliés que vous étiez jolies, c’est dire !!!