Nola news # 7

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Improvisation

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

« Instant Opus Improvised Séries » est une association qui œuvre pour l’évolution de la musique à la Nouvelle Orléans. C’est au »Hi Ho Lounge » que cette année, l’asso a posé ses valises, tous les lundis soirs. Un quartet de base, avec la crème de la modern generation : Cliff Hines (g),

Cliff Hines

Cliff Hines

Charlie Wooton (b) surnommé le Jaco Pastorius de la Nouvelle Orléans, l’extraordinaire batteur (dont on a déjà parlé) Russel Batiste (Joe Krown trio) et le non moins talentueux trompettiste Mario Abney débutaient une série somptueuse d’improvisations. Des impros où tout le monde se laissait aller dans des chorus, littéralement fabuleux. Ils étaient rejoints, alternativement par un superbe saxophoniste qui devait s’avérer aussi bon à la flûte mais aussi à la trompette… ils sont désarmants ces musicos … ! Un autre merveilleux saxophoniste prenait le relai et une batteuse prenait en cours les baguettes, pour enfin terminer ce set d’1h30 d’improvisations devant un public de passionnés venu nombreux, malgré l’heure tardive. Quelle soirée … ! avec une pensée pour mes amis restés à Bordeaux et qui auraient adoré.

Mario Abney

Mario Abney

Oreilles grandes ouvertes au balcon

Sur Frenchmen street, le « Blue Nile » a un deuxième club à l’étage. Outre l’immense balcon d’où l’on voit un Brass Band évoluer devant bon nombre de passants qui, attroupés devant, barre pratiquement le passage des voitures, c’est le « Balcony Room » qui propose aussi des concerts. Ce mardi soir, « l’Open ears music series » donne carte blanche à l’excellent saxophoniste Khari Allen Lee (formateur à la Nocca),

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee

très actif et initiateur de plusieurs projets destinés, entre autre, aux enfants. Et, c’est la musique de son dernier album qu’il nous propose, avec un magnifique quartet dans lequel Jessie McBride tient le clavier.

Jessie McBride

Jessie McBride

Superbes interprétations de compositions originales de Khari où la douceur se mêlait à l’émotion sur des tempos lents mais aussi rapides pour un modern jazz de grande classe. Sur scène, un autre musicien alternait percu et dessein à la craie, au gré de son inspiration. Encore une magnifique soirée.

Khari Allen Lee & friends

Khari Allen Lee & friends

 

Le Jazz au paradis

Soirée dansante au « Café Negril » où le saxophoniste Dominick Grillo et sa bande du « Jazz in Paradise » sévissait avec toujours autant d’efficacité.

Jazz in Paradise

Jazz in Paradise

Un peu plus loin, toujours sur Frenchmen street, c’est Kris Royal au saxophone alto qui animait le « 30°/90° » avec un premier set de folie. Un des jeunes chefs de file du funk néo-orléanais qui joue avec son band dans lequel opère le très demandé bassiste Max Moran, mettait le feu et provoquait une ambiance extraordinaire, malgré les décibels.

Khris Royal

Kris Royal

Max Moran

Max Moran

Autre ambiance, cette fois plus feutrée et plus jazzy au « Snug Harbor » avec l’excellent « Bridge Trio »  que l’on peut retrouver aux côtés de Donald Harrison Jr. Conun Pappas au piano,

Conun Pappas

Conun Pappas

encore Max Moran à la basse et à la contrebasse

Max Moran

Max Moran

et toujours le remarquable Joey Dyson à la batterie,

Joey Dyson

Joey Dyson

nous proposaient la musique de leur dernier album  « The search : Departure » et de magnifiques compositions de chacun d’eux, ainsi qu’un hommage à un musicien qui a laissé son empreinte au jazz local, Harold Batiste. Ils invitaient également Jessie McBride, musicien très impliqué dans le soutien de la « new generation » néo-orléanaise à chanter sur un morceau avec eux et ce, dans un club archi-comble. Superbe soirée.

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Fire on the bayou !

3 scènes sont érigées près du Bayou St John, bayou se trouvant dans la ville et seul endroit où il y a un peu d’air à cette saison, pour l’annuel « Bayou Boogaloo Fest », durant 3 jours. Festival très familial et gratuit où tous les styles de musique sont représentés, de 11h00 à 20h00. On pouvait passer, d’une scène à l’autre, du rock au zydeco et à la musique Cajun des « Lost Bayou Ramblers », de la soul Queen Irma Thomas au funk de Kris Royal ou encore au jazz de Nolatet sous un soleil de plomb. Le toujours déroutant et imprévisible vibraphoniste « crazy » Mike Dillon

Mike Dillon

Mike Dillon

et ses remarquables complices du « Nolatet », Brian Hass aux claviers,

Brian Haas

Brian Haas

James Singleton à la contrebasse et à la trompette

James Singleton

James Singleton

et le spectaculaire batteur Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

se lâchaient durant 1h30 d’un concert qu’on n’est pas prêts d’oublier.

Nolatet

Nolatet

It’s just in New Orleans !

Nola news # 6

par Alain Piarou, photos d’ Irène Piarou

Just in New Orleans !

George Porter Jr

George Porter Jr

George Porter Jr (The Meters), grande figure néo-orléanaise du funk se produit dans quelques lieux incontournables de la ville comme le « Maple Leaf Bar » et c’est toujours très bien accompagné qu’il nous démontre son talent de bassiste et de chanteur. Un vrai plaisir à l’écouter tant il est créatif.

Un privilège nous a encore cette année été fait de participer aux « graduations » (examen de fin d’année) des élèves du 2ième niveau de la classe jazz de la Nocca, fameuse high school de la Nouvelle Orléans. Son directeur, Michael Pellera, éminent pianiste et compositeur, dirige cette classe depuis 14 ans et révèle chaque année quelques jeunes pépites dont on parle déjà et dont on reparlera, tant ils sont déjà bourrés de talent.

Michael Pellera

Michael Pellera

Fier de la dernière acquisition de l’école, un demi-queue Steinway qu’il bichonne, il nous interprétait une de ses compositions et nous faisait découvrir le son merveilleux de ce bijou. Michael Pellera, les excellents musiciens, Chris Severin (basse, contrebasse) et Khari Allen Lee, tous professeurs, initiateurs, notaient les jeunes musiciens en herbe (14-15 ans) qui se produisaient sur des thèmes imposés et bien sûr, préparés, soutenus par 2 anciens de l’école devenu professionnels, un batteur et l’excellent bassiste Max Moran (Bridge trio, Donald Harrison Jr). Et quelques personnalités se faisaient remarquer et notamment un jeune batteur, très en avance sur le programme. Formidable expérience.

Yirmeyahu Yisrael, jeune saxophoniste se produit souvent avec sa sœur à la basse et son frère au piano mais là, au club « 30°-90° » il était dans un quintet qui reprenait quelques succès de la musique funk locale pour faire danser les amateurs de musique de « Frenchmen street ».

Yirmeyahu Yisrael

Yirmeyahu Yisrael

« Jazz in the Park », rendez-vous incontournable des jeudis, voyait le « Preservation Hall Brass Band » animer cette fin d’après-midi. Après la traditionnelle « second line », parade se terminant en dansant devant la statue de Louis Armstrong, le »Pres.Hall Brass » mettait une ambiance de folie, faisant chanter et … toujours danser ce public venu finir la journée, en famille et en musique.

Preservation Hall Brass Band

Preservation Hall Brass Band

Le « Hi Ho Lounge » club sur St Claude avenue, recevait, ce soir-là, 2 formations de jazz fusion. « Noruz » donnait le « la » avec beaucoup de talent

Noruz

Noruz

mais c’est surtout « Max Moran & Neospectric Band » qui mettait le feu. Magnifique quintet réuni par Max Moran,

Max Moran

Max Moran

qu’on retrouve toujours dans les bons plans et qui nous proposait ses superbes compositions qui paraîtront bientôt sur CD. Le saxophoniste alto, Kris Royal nous régalait de quelques arrangements et de quelques distorsions . Formation très électrique puisqu’on y trouvait 2 guitaristes, John Maestas et l’extraordinaire chercheur de sons, Cliff Hines (Christian Scott, Mike Dillon, S. Masakowski, …)

Cliff Hines

Cliff Hines

souvent à quatre pattes pour triturer les boutons. Superbe quintet dont on attendra, avec impatience, leur CD à venir.

Max Moran & Neospectric

Max Moran & Neospectric

C’est au « d.b.a. », sur Frenchmen qu’on retrouvait les indiens autour de Big Chief Monk Boudreaux pour une longue et belle soirée. Le claviériste Tom Worrell,

Tom Worrell

Tom Worrell

spécialiste de cette musique faisait sensation et nous montrait aussi ses talents de chanteur. Monk Boudreaux est toujours heureux sur scène et nous fait partager avec ses autres complices (dont son petit- fils) dans leur magnifique costume de plumes,

Big Chief Monk Boudreaux

Big Chief Monk Boudreaux

leur musique lancinante et répétitive qui frôle la transe, dans une ambiance funky. Toujours une belle ambiance dans un club archi-comble.

Pour la traditionnelle « crawfish party » du dimanche soir, l’organiste Joe Krown

Joe Krown

Joe Krown

nous offrait la musique de son dernier album en trio, avec Braint Henderson à la guitare

Braint Henderson

Braint Henderson

et le spectaculaire Russel Batiste la batterie.

Russel Batiste

Russel Batiste

Encore une soirée bien funky (normal, on est à Nola) qui nous faisait découvrir un excellent guitariste. A New Orleans, on ne sait où donner de la tête, tant il y a de talents !

Nola’s news # 46

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le célèbre club de New Orleans où bon nombre d’enregistrements sont réalisés a pour principe de donner carte blanche à un musicien, 2 fois par semaine. Hier soir, c’était George Porter Jr qui animait le « Maple Leaf » pour une soirée funky de haut vol.

George Porter Jr

George Porter Jr

Alors, on connait bien sûr, George Porter Jr (The Meters) mais j’ai découvert 2 autres formidables musiciens. George Porter lançait ses morceaux à la basse et très vite, l’excellent claviériste Mike Lember entrait dans le jeu

Mike Lember

Mike Lember 

et le sensationnel batteur, Terrance Houston lui emboîtait le pas avec puissance, justesse et vélocité. Une mitraillette en même temps qu’un « B52 ». On avait l’impression qu’il jouait avec des éventails, tant il était rapide.

Terrance Houston

Terrance Houston

Pas de flash et l’éclairage déficient ne nous permet pas d’apprécier ces merveilleux musiciens en action mais les photos en donnent tout de même une idée. George Porter ne se contentait pas d’introduire les morceaux et d’exécuter de magnifiques lignes de basse mais il réalisait des chorus de toute beauté.

George Porter Jr

George Porter Jr

Mike Lember faisait par moment, sonner ses claviers comme un steel drum et était très imaginatif. Mais, les surprises ne s’arrêtaient pas là car le leader appelait un autre invité de marque, Kris Royal.

Kris Royal

Kris Royal

Et là, quelle claque ! Du grand art. Un son magnifique à l’alto, une imagination débordante et un groove exceptionnel faisaient réagir le public avec frénésie. Quel saxophoniste à découvrir (en playlist dans la dernière Gazette Bleu n° 10) impérativement. Et puis, c’est un jeune guitariste, Chris Adtkins qui devait le remplacer sur la scène. Alors, difficile de passer après un tel phénomène bourré de talent.

Chris Adtkins

Chris Adtkins

Mais Chris s’en sortait honorablement. Il était efficace dans l’accompagnement et bon dans les 2 ou 3 chorus effectués. Pendant ce temps, un artiste réalisait une peinture représentant les musiciens sur la scène.

Peinture réalisée en direct

Peinture réalisée en direct

Le concert (2 fois 1h15) se terminait en feu d’artifice avec un « Twist and shout » qui ne laissait personne assis. Les spectateurs enthousiastes en redemandaient mais le concert ayant été d’une telle intensité qu’on devait se quittaient là. Un grand moment et du funk de grande classe. (Pardon pour la mauvaise qualité des photos mais, sans flash et avec aussi peu de lumière, et en plus, des spots rouges et bleus …)

 

Nola’s new # 23

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Très longue soirée musicale en ce mercredi. Cela commençait par le « Lafayette square Fest ». En effet, comme tous les mercredis, dans ce square, 2 concerts sont proposés. Ce mercredi, on passera sous silence le 1er concert … du folk variétoche … banal, inintéressant (du moins, pour nous). Cela nous aura permis de déguster tranquillement un excellent « cochon de lait Po-boy » et une non moins excellent crêpe nutella/bananas. Quant au régime musical, le second concert était assuré par la pianiste/chanteuse du cru, Marcia Ball. Le nombreux public était venu pour elle. Malheureusement, une maladresse (en cause sûrement, la digestion lente) nous prive de photos. Marcia Ball commençait par un bon swing des familles, accompagnant son chant au piano électrique. Elle s’était entourée de quelques musiciens locaux, tous aussi bons les uns que les autres et, en particulier un sax ténor que l’on peut croiser tous les soirs, dans divers clubs et avec plusieurs formations différentes. Un rock suivait avant de calmer le jeu et interpréter  2 slows, 2 chansons, à la Fats Domino pendant que dans le ciel, un avion dessinait un magnifique smile et un love. Et puis, on restait sur ces chansons (shuffle ou tempo rapide) qui vantent la Lousiane, ses bayous et bien sûr, New Orleans. Et, croyez-moi, cela a un ton et un son bien particuliers. L’orchestre groovait à merveille et le public dansait et ovationnait la vedette qui se donnait à fond. Et pourtant, elle devait assurer par la suite, 30 mn plus tard, un autre concert au Snug Harbor, lors d’un « piano night » avec Tom McDermott et Joe Krown. Un très bon moment.

Après quoi, direction Frenchmen street et le « Frenchmen Theater », grande salle de spectacle, au fond du club « Boogaloo » et dotée d’une immense scène, pour assister à la « 2nd Annual Guitar Night ». Enorme affluence pour écouter et applaudir le fabuleux guitariste/chanteur Sonny Landreth, puis Eric Krasno, Eric McFadden, Luther Dickerson et enfin, Ian Cunningham. (Toujours pas de photos, suite au dérapage incontrôlé). Excellente prestation de ce magicien des cordes qui rendait un hommage, fort apprécié, à Johnny Winter. Du rock au Blues, du Blues au Funk pour un très bon concert. Après quoi, nous avons jeté l’éponge car, d’une part, le répertoire du second et sa médiocre qualité de chanteur ne nous attirait pas, mais surtout, à quelques pas de là, à « Maison », c’est le trio de Kris Royal qui nous attendait.

Kris Royal Trio

Kris Royal Trio

Kris Royal est un remarquable saxophoniste que vous devez absolument découvrir si vous ne le connaissez pas. Un son et une inventivité formidables, tant dans le style fusion que dans le funk. Là, nous étions dans le « fusion » et le trio jouait dans une salle pas très garnie.

Kris Royal

Kris Royal

Mais, ceux qui étaient là, appréciaient et applaudissaient à tout rompre les chorus des uns et des autres. Il faut dire qu’il partageait la scène avec deux superbes musiciens, le batteur et le bassiste de « The Bridge Trio et de Donald Harrison. Extraordinaire ligne de basse que réalisait Max Moran et qui ne se contentait pas d’accompagner mais de créer, prenant des chorus de toute beauté et proposant quelques unes de ses compositions.

Max Moran

Max Moran

Quant au troisième, c’est l’excellent Joe Dyson qui tenait la batterie et faisait des merveilles, soutenant, pulsant, jouant avec aisance et créativité. Il faisait, lui aussi, des solos très remarqués et assurait une assise au trio sans jamais donner l’impression de forcer ou de peiner. Pourtant, il joue avec une rapidité déconcertante et une finesse sans égal.

Joe Dyson

Joe Dyson

Un formidable concert que ces 3 déjà grands jazzmen venaient de donner en interprétant des compositions de chacun d’eux. Enfin, avant d’arpenter Bourbon Street et rejoindre le street car (Tramway) pour rentrer, une courte halte à « BMC » pour écouter « Abney Effect » avec un Mario Abney, toujours dans une forme explosive, qui jouait de la trompette à tout rompre, chantait et dansait devant un public conquis qui venait faire la fête et terminer la soirée en beauté. Demain sera un autre jour.