Nola’s news # 42

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Depuis 1 semaine et l’annonce du décès d’une des figures montantes du jazz de la Nouvelle Orléans, Travis « Trumpett Black » Hill, à l’âge de 28 ans, lors d’une tournée au Japon, tous les jours sont organisées des « second line » (défilé derrière un Brass Band) dans les rues de Tremé. Elles partent toutes du club « Ooh Poo Pah Doo » où Trompett Black animait la scène, tous les lundis. Hier soir, après la second line, c’est le « Cafe Istambul » qui appelait les très nombreux musiciens à se recueillir en musique (on est à New Orleans) et rendre hommage à Travis.

Peinture hommage

Peinture hommage

Un peintre avait réalisé un portrait et l’on pouvait, comme pour un livre de condoléances y apposer sa signature. Le plus émouvant, et j’en ai encore la chair de poule, c’est lorsque le Preservation Hall Orchestra entra dans le club en jouant la fameuse marche funèbre néo-orléanaise.

Preservation Hall Orchestra

Preservation Hall Orchestra

Après quoi, l’hommage commençait toujours en musique, mais cette fois dans la joie avec un morceau qui faisait déjà danser le public. Et, il y avait un nombre impressionnant de gens venus partager avec la famille ce moment de recueillement. Plusieurs « têtes d’affiches » étaient présentes et venaient se produire pendant 30 minutes. Et c’est Walter Wolfman Washington qui commençait cet hommage.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

« Wolfman » jouait et chantait du blues mais aussi 2 thèmes rapides et entraînants. Puis, c’est Brother Tyrone qui prenait la suite et venait chanter quelques standards du rythm’n blues avec beaucoup de ferveur, comme il le fait à chaque représentation.

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Le public se déchaînait, chantait et dansait. Brother Tyrone partageait régulièrement la scène avec Travis à Ooh Poo Pah Doo, ainsi d’ailleurs que le très apprécié pianiste Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Nous étions dans un spectacle comme pouvait le faire James Brown et on oubliait presque pourquoi on était là.

Brother Tyrone Band

Brother Tyrone Band

C’est comme ça à la Nouvelle Orléans, on partage joies et peines, toujours en musique. C’était au tour du « Dirty Dozen Brass Band » de rendre hommage, et on connaît leur entrain. 30 minutes de folies durant lesquelles ils demandaient aux spectateurs de rester debout et de danser.

Dirty Dozen Brass Band

Dirty Dozen Brass Band

L’excellent trompettiste Leroy Jones était venu se joindre a à eux pour une prestation à tout casser.

Leroy Jones

Leroy Jones

Puis, le « Big Sam’s Funky Nation » occupait à son tour la scène pour un moment de frénésie car Big Sam est un showman qui sait « mettre le feu » … et c’est bien ce qu’il a fait. Il a même organisé des chorégraphies depuis la scène que les spectateurs exécutaient.

Big Sam

Big Sam

Et les « Funky Nation » donnaient, comme d’habitude tout ce qu’ils avaient et le public adhérait à cent pour cent.

Big Sam's Funky Nation

Big Sam’s Funky Nation

Le « New Breed Brass Band » poursuivait cet hommage et quand on parle de Brass Band, on parle bien sûr, de musique entraînante et joyeuse, comme pour parader dans les rues.

New Breed Brass Band

New Breed Brass Band

Cette excellente formation devait laisser la place à un autre Brass Band tout aussi important à Nola, le « Brass-A-Holic »

Brass-A-Holic Band

Brass-A-Holic Band 

qui lui aussi jouait cette musique de Brass Band si particulière. Chaque demi heure donc, les groupes se succédaient et l’ambiance n’avait pas le temps de retomber. Corey Henry, autre tromboniste- chanteur, faisait son show d’une intensité incroyable.

 

Corey Henry

Corey Henry

Sa formation s’était étoffée et l’on y retrouvait avec plaisir le saxophoniste Calvin

Calvin

Calvin

et le guitariste June Yamagushi qui donnaient une dimension encore plus importante à cet orchestre.

June Yamagushi

June Yamagushi

J’ai rarement connu une telle ambiance et lorsque Corey Henry et James Andrews (cousin de Travis) faisaient monter sue scène la mère de Trumpett Black pour l’honorer, on atteignait alors le sommet de l’émotion.

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Quoiqu’il en soit, tous étaient là pour honorer Travis et James Andrews, très ému, au bord des larmes se présentait sur scènes avec ses musiciens et chantait et jouait en montrant le ciel du doigt.

James Andrews

James Andrews

Peu à peu, le groupe grossissait sur la scène qui n’était plus assez grande.

une partie de la section de cuivres

une partie de la section de cuivres

James Andrews Band

James Andrews Band

Des éléments de « Bonerama » venaient participer à l’hommage dans une ambiance surréaliste.

Tromboniste de Bonerama

Tromboniste de Bonerama

L’ambiance était à son comble quand les indiens faisaient leur entrée et traversaient le club pour rejoindre la scène en chantant et en dansant.

Indian

Indian

Indian

Indian

Big Chief Bo Dollis Jr était également présent

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Le temps n’avait plus d’importance et tous ces musiciens jouaient avec la ferveur que Travis avait sur scène.

Indian et Bo Dollis Jr

Indian et Bo Dollis Jr

James Andrews avait donc réussi à regrouper tous ces musiciens pour une véritable communion.

James Andrews

James Andrews

James Andrews + invités

James Andrews + invités

Enfin, l’autre cousin de Travis, Glen David Andrews venait lui aussi rendre hommage dans une ambiance qui n’arrêtait pas de monter.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Lui aussi, très ému, invitait le public à chanter et à danser, encore et encore. La longue soirée se terminait avec un chanteur de gospel bien connu à Nola, Josh. Sa voix atteignait des extrêmes dans les aigus.

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

Et comme dans les églises de Louisiane, Josh faisait monter l’ambiance par ces chants de gospel impressionnants

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

et entraînait le public à crier le nom de Trompett Black en finissant allongé par terre. 5 heures de musique pour un hommage extraordinaire, un partage et une solidarité hors du commun. C’est vraiment la première fois de ma vie que j’assistais à un tel événement de cette ampleur, d’une telle intensité et d’une émotion aussi bouleversante. Il fallait bien toutes ces photos pour témoigner de cet hommage. Travis « Trompett Black » allait avoir 29 ans le 7 août prochain. RIP.

 

 

Nola’s news # 40

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

La dernière journée du Bayou Boogaloo Festival a commencé sous une chaleur étouffante, torride et à 14h20, c’est le « Mike Dillon’s New Orelans Punk Rock Percussion Consortium » qui animait 1 des 3 scènes installées au bord du Bayou St John, pratiquement le seul endroit où à la Nouvelle Orléans il y a un peu d’air (relativement) frais.

Mike Dillon's New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Mike Dillon’s New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Avec ce génial musicien (Mike Dillon), il faut s’attendre toujours à tout et le style Punk rock n’était pas la bonne étiquette. En effet, Mike Dillon avait rassemblé autour de lui, 4 autres vibraphonistes et non des moindres (Jason Marsalis, Otto Schrang, entre autre)  et un certain nombre de percussionnistes (dont l’extraordinaire batteur, Stanton Moore)

Jason Marsalis

Jason Marsalis

pour interpréter ses compositions. Tout ce beau monde passait du vibraphone aux percussions et on assistait à une suite de plus ou moins longs morceaux qui sidéraient littéralement le public. Mike Dillon est certes un magnifique compositeur mais aussi, un remarquable vibraphoniste, un percussionniste hors pair, un meneur, un animateur, un showman et un formidable chef d’orchestre.

Mike Dillon

Mike Dillon

Sous sa direction, les 12 musiciens sur scène se transcendaient et offraient un spectacle exceptionnel. On passait du jazz fusion au free en passant par la musique de fanfares, ce qui caractérise bien ce musicien inclassable. Otto Schrang, un de ses élèves s’en donnait à coeur joie

Otto Schrang

Otto Schrang

et les musiciens assurant les percussions, dont l’extraordinaire batteur Stanton Moore, se régalaient sur cette suite de mouvements, écrite par Mike Dillon.

Stanton Moore

Stanton Moore

Le public exultait à chaque morceau et les musiciens prenaient un plaisir particulier sur scène. Jason Marsalis se trouvait (pour une fois) interprète et visiblement s’amusait bien lorsque Mike, face à lui, le provoquait.

Jason Marsalis & Mike Dillon

Jason Marsalis & Mike Dillon

Malgré la chaleur intense, musiciens et public prenaient un réel plaisir. D’ailleurs, les festivaliers avaient du mal à laisser partir tous ces extraordinaires musiciens car ils avaient envie de les pousser dans leurs derniers retranchements. Bon, il faudra attendre l’année prochaine, peut-être, pour voir ça. Toujours est-il que nous avons assisté (encore une fois) à un concert exceptionnel (malgré la chaleur). Suivait ensuite un autre concert sur la même scène avec une toute autre musique. Dans les « 101 runners », on retrouvait l’exceptionnel guitariste June Yamagushi

June Yamagushi

June Yamagushi

et l’incontournable pianiste, Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et quand on voit Tom Worrell (Wild Magnolias, Big Chief Bo Dollis, etc …), les indiens ne sont pas loin … d’ailleurs, les voila qui arrivent sur scène.

Indians

Indians

Les voici donc avec leurs chants lancinants et répétitifs mais tellement entraînants. Et, le groupe, amené avec beaucoup de métier et de compétence par Tom et June, donnent la vrai mesure de ce funk indien,si particulier.

101 Runners

101 Runners

La foule se rue au bord de la scène pour reprendre les refrains et danser sur ce rythme transcendant. Et, croyez-moi, les indiens savent mettre l’ambiance en se pavanant dans leurs splendides costumes.

Indian

Indian

Mais la chaleur aura eu raison de nous et nous avons dû déclarer forfait pour le concert de Ian Neuville’s Dumstafunk. On reviendra l’an prochain …

La soirée n’était pas pour autant terminée car elle se poursuivait, cette fois à la clim, au club de Frenchmen street, « Vaso » où se produisait le bluesman louisianais, Troy Turner.

Troy Turner

Troy Turner

Alors, comme chaque formation au Bayou Boogaloo Fest, Troy Turner rendait un bel hommage à Mr BB King qui a tellement influencé de musiciens, en interprétant, entre autre, un « Thrill is gone » poignant que tout le très large public qui avait investi le lieu, applaudissait avec ferveur, comme pour remercier le « maître du blues ». Gros succès pour ce trio qui se produit chaque semaine.

Troy Turner Trio

Troy Turner Trio

Excellent concert qui clôturait, grâce à la clim et une bonne margarita, une magnifique journée.