Nola News # 3

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

James Andrews

James Andrews

Ooh Poo Pah Doo !

Et oui, c’est bien le nom d’un club incontournable de Tremé (quartier historique de la Nouvelle Orléans) et il faut venir rencontrer Julie, la sympathique patronne qui fait vivre ce lieu. Ambiance de folie avec James Andrews, trompettiste, chanteur, percussionniste et showman. D’entrée, une second line se forme sur les airs enchaînés des succès de Tremé et croyez-moi, ça balance. Une battle entre James Andrews et un trompettiste norvégien, invité met le feu et ce sera comme çà pendant 3 heures. Les invités se succèdent et Big Chief fait son apparition et chante pendant que tout le public danse, les femmes avec leurs ombrelles et les hommes avec des mouchoirs blancs.

James Andrews, Big Chief

James Andrews, Big Chief

Un « when the saints » de folie, puis quelques tubes de Fats Domino (Blueberry hill, I’m walking, Blue Monday)  avant de se lancer dans le registre Blues puis dans les succès de Marvin Gaye puis James Brown. Soirée mémorable … et c’est comme ça, tous les lundis à l’ Ooh Poo Pah Doo Bar.

Stanton Moore

Stanton Moore

Stanton Moore

Il est des concerts qu’il ne faut pas rater et celui d’un des maîtres néo-orléanais de la batterie, Stanton Moore, en est un. Un trio magique avec David Torkanovski, majestueux et inventif au piano et James Singleton, toujours aussi efficace et créatif, à la contrebasse. Stanton Moore est extraordinaire d’aisance, de facilité sur tous les tempos. Il se plait à jouer avec ces musiciens et s’en donne à cœur joie sur des compositions personnelles mais aussi de David et de James. Encore un grand moment passé au Snug Harbor.

 

Maison à la japonaise

June Yamagishi & Keiko Komaki

June Yamagishi & Keiko Komaki

Le club sur Frenchmen street « Maison » se mettait à l’heure japonaise en recevant le formidable guitariste June Yamaghishi et la claviériste Keiko Komaki. Une bonne section rythmique accompagnait ces deux virtuoses qui offraient leurs compositions avant de se laisser aller au funk néo-orléanais. Très bon moment musical dans un club bondé et devant un public très réceptif … et démonstratif … et bruyant aussi.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

A l’Armstrong Park, après la traditionnelle parade (second line) dans le parc et devant la statut de Louis Armstrong, c’est la figure locale, le trompettiste, chanteur, showman, Kermit Ruffins  (que l’on dit ici, l’héritier de King Louis) qui animait la deuxième partie de la soirée avec ses Barbecue Swingers et avec toujours beaucoup d’enthousiasme. Encore un bon moment de musique, de danse … et de crawfish.

Charlie Hunter

Charlie Hunter

Le « Maple Leaf » invitait pour une soirée inoubliable, un duo exceptionnel : Johnny Vidacovich (Astral Project) et Charlie Hunter. Guitariste extraordinaire, Ch. Hunter joue, en même temps, sur sa 8 cordes, une ligne de basse, accords et solo. Un son magnifique et un jeu époustouflant sur des improvisations faisant référence parfois à des chansons de variété ou en rendant hommage à Prince ou encore à Allen Toussaint. J. Vidacovich, batteur incontournable de la Nouvelle Orléans, laisse le plus souvent l’initiative au guitariste mais prend des solos de toute beauté et c’est un spectacle aussi visuel car on dirait un peintre devant sa toile. Les deux compères s’observent et se provoquent avec de grands éclats de rires. Grandiose !

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

 

JazzFest Week 1

Aya Takazama

Aya Takazama

Top départ avec déjà une grosse journée où la crème solaire était de rigueur pour écouter la crème des musiciens invités au New Orleans Jazz & Heritage Festival 2016. Aya Takazawa, excellente trompettiste japonaise se faisait très remarquer ainsi que compatriote saxophoniste. Bon pianiste et un contrebassiste (japonais, lui aussi) faisaient un accompagnement de qualité avec un batteur local qui n’était autre que Jason Marsalis. Excellent début de journée après un passage à la tente Gospel où s’activaient une trentaine de choristes.

Sur la scène « Acura », Buckwheat Zydéco faisait retentir son accordéon chromatique et chantait quelques classiques du genre devant un parterre d’inconditionnels de cette musique.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

On retrouve Jason Marsalis sous la Jazz Tent avec un quintet de qualité. On remarquait, entre autre le talent du trompettiste Ashton Parker sur des thèmes originaux de Jason. De remarquables musiciens formaient ce quintet très agréable à écouter.

Ashton Parker

Ashton Parker

Le Big Band du pianiste Matt Lemmler avec une chanteuse qui sût se mettre le public dans la poche et un batteur de classe qui véritablement s’amusait, du nom de … Brian Blade.

Matt Lemmler

Matt Lemmler

Brian Blade

Brian Blade

Big Chief Donald Harrison Jr évoluait sur l’immense scène « Congo Square ». Cet infatigable saxophoniste était accompagné d’un jeune pianiste cubain, d’un percussionniste porto ricain, du guitariste local Detroit Brooks et du Bridge Trio. Au clavier, Connun Papas, à la basse électrique, l’excellent Max Moran et le superbe batteur néo-orléanais, maintenant, plus Newyorkais, qui a fait ses classes à Nocca (célèbre high school de Nola) : Joe Dyson. Donald Harrison le congratulait avec beaucoup de paternalisme car c’était son dernier concert avec lui. En effet, Joe Dyson se consacre maintenant à sa propre formation à New York. Il présentait son jeune remplaçant (21 ans) très prometteur. Très bon concert.

Géri Allen

Géri Allen

Après quelques coups de soleil, retour à la Jazz Tent pour écouter un magnifique concert de la pianiste Géri Allen entouré d’un autre jeune pianiste de 21 ans qui paraît-il se fait déjà un nom à New York, Christian Sanders.

Christian Sanders

Christian Sanders

Des duos exceptionnels puis Géri Allen lui laissait les commandes du camion sur 2 compositions personnelles, avant de revenir pour quelques solos qui faisaient lever l’assistance. Le guitariste, Russell Malone se taillait, lui aussi, une belle part, certes avec quelques impros de classe et sur une de ses splendides compositions. Une standing ovation récompensait cette très belle prestation, devant … George Wein, créateur de cet événement.

Russell Malone

Russell Malone

Enfin, pour clôturer cette première journée, place encore à un musicien local en la personne du trompettiste Christian Scott qui venait présenter sa stretch music.

Christian Scott

Christian Scott

Accompagné d’un saxophoniste alto Newyorkais, d’un saxophoniste ténor, néo-orléanais, d’un jeune guitariste, lui aussi néo-orléanais que l’on a vu grandir à la Nocca,

d’un très bon batteur et de … Joe Dyson aux percussions africaines,

Joe Dyson

Joe Dyson

Christian Scott dédiait une de ses compositions à sa grand-mère, présente au concert.

Les choix étaient difficiles en cette première journée de festival car, à la même heure, sur d’autres scènes, se produisaient Steely Dan, Janelle Monaé, Sharon Jones and the Dap-Kings, Dwayne Dopsie & the Zydeco Hellraisers, Walter Trout et Shades of Praise … entre autres…

THE BRIDGE TRIO – « The Search : Departure »

THE BRIDGE TRIO

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Bridge Trio est formé de jeunes musiciens de la Nouvelle-Orléans (Là-bas, on dit « NOLA »). Ce disque est leur deuxième, nous avions chroniqué leur premier dans la gazette n°2 (janvier 2014). Conun Pappas (piano, Fender Rhodes, synths), Max Moran (basse et contrebasse) et Joe Dyson (batterie, percussions), sont tous issus du célèbre « NOCCA » (New Orleans Center for Creative Arts). Joe Dyson et Max Moran se sont aussi formés au Berklee College of Music de Boston et Conun Pappas a été diplômé de The New School for Jazz and Contemporary Music de New York City. Ils ont chacun déjà accompagné les plus grands, citons Alvin Batiste, Donald Harrison, Terence Blanchard, Christian Scott et bien d’autres. Ils font partie de cette nouvelle génération de jeunes musiciens surdoués, dons les talents fleurissent un peu partout à « Nola ». Le nouveau disque est toujours aussi riche en compositions, treize au total, dont neuf signées Conun Papas, deux de Max Moran et deux de Joe Dyson. Dès le premier morceau, « Acces approved », on est soufflé par un jazz groove rappelant un peu Herbie Hancock période Head hunters. C’est épais et sensuel, une pépite. D’autres morceaux restent dans la fraîche couleur acoustique des débuts (« The encourager »), mais l’ambiance est à plus de groove, grâce à la maîtrise du Fender Rhodes, alliée à une utilisation plus fréquente de la basse électrique, renforcée par la puissante batterie. On trouve aussi des accalmies comme « Wondering », une superbe balade. Ce disque est revigorant, pêchu en diable, et on est impressionné par le chemin parcouru. Belle réussite, NOLA n’a pas de souci à se faire !

Par Dom Imonk

www.thebridgetrio.com

Auto produit par The Bridge Trio – 2015 – 0002

Nola’s news # 26

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Dernier jour du JazzFest … déjà ! Temps chaud et orageux mais, sous la tente Jazz, les brumisateurs rafraîchissaient un peu, dès le matin 11h00. Et la journée commençait avec une jeune et belle pianiste (à tous les sens du terme) de Nola, qui a été formée, comme presque tous les grands musiciens locaux, à la Nocca (célèbre high school). Elle est maintenant, malgré son jeune âge, Docteur en musique et donne des cours.

Courtney Bryan

Courtney Bryan

C’est en quartet, avec une chanteuse, qu’elle avait décidé de se produire. Ca commençait un peu free et Courtney montrait sa parfaite maîtrise du piano. La chanteuse délivrait un message de paix et d’amour et se contentait de vocaliser, utilisant sa voix comme un instrument. Les magnifiques chorus, mains à plat sur le piano ou avec les poings fermés faisaient réagir le public qui l’ovationnait. D’autres morceaux plus structurés, mais toujours très modernes faisaient de ce concert une sacrée découverte et une bonne entame.

Courtney Bryan Quartet

Courtney Bryan Quartet

Un excellent bassiste et un bon batteur assuraient le soutien à cette musicienne qu’il faut suivre de près. La journée s’annonçait belle au vu du programme proposé. On poursuivait donc avec un remarquable quintet que les deux leaders avaient concocté.

Khari Allen Lee & Gregory Agid Quintet

Khari Allen Lee & Gregory Agid Quintet

Encore une formation locale dont les protagonistes sont issus de la Nocca. Certains y enseignent d’ailleurs encore  (Khari Allen Lee). Tous ces talentueux musiciens représentent l’évolution du jazz néo-orléanais. Ils interprétaient principalement des thèmes de grands compositeurs locaux qu’étaient Alvin Batiste et Harold Battiste (il y a beaucoup de Batiste à la Nouvelle Orléans avec plusieurs orthographes différentes).

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee, excellent saxophoniste disait au micro qu’il fallait perpétuer cette musique à l’adaptant et en la faisant évoluer. Et c’est bien ce qui se passe. Le jeune Kyle Russell était au piano acoustique et électrique,

Kyle Russell

Kyle Russell

Barry à la contrebasse,

Barry

Barry

et l’exceptionnel Joe Dyson (The Bridge Trio) à la batterie.

Joe Dyson

Joe Dyson

Ces 3 superbes musiciens assuraient un soutien plus que confortable aux 2 leaders et prenaient, chacun leur tour, de magnifiques chorus, très applaudis. Du haut niveau et une belle musique revisitée. Gregory Agid, remarquable clarinettiste et très inspiré,faisait des merveilles sur les thèmes de son mentor.

Gregory Agid

Gregory Agid

Les duettistes étaient bien entendu ovationnés par le très large public venu, en connaisseur, les écouter. Ils réalisaient une prestation exceptionnelle qui se traduisait par une standing ovation de tous les spectateurs présents.

Khari Allen Lee & Gregory Agid

Khari Allen Lee & Gregory Agid

C’était vraiment un concert à ne pas manquer. Un beau répertoire et d’excellents musiciens déjà reconnus qui ont séduit le public qui avait du mal à accepter que ce concert se termine. Espérons que ça débouche sur un enregistrement pour prolonger ce moment unique de bonheur.

Suivait ensuite le quartet de Jason Marsalis.

Jason Marsalis Quartet

Jason Marsalis Quartet

C’est vrai que dans la famille Marsalis, un musicien peut en cacher un autre et c’est le plus jeune de la fratrie qui proposait un middle jazz très intéressant. D’autant qu’il présentait un trio de jeunes musiciens qu’il venait de découvrir en Californie et à qui il donnait une première chance, aujourd’hui. Ces 3 jeunes gens se produisaient donc, pour la première fois, sur une grande scène, lors d’un festival d’exception et avec Jason Marsalis. Le vibraphoniste laissait généreusement s’exprimer ses musiciens et démontrait son formidable talent.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

Lui aussi disait qu’il fallait, avec la « next génération » pousser les portes et faire évoluer cette musique et l’esprit de la Nouvelle-Orléans et de sa musique. Décidément, ça devient un lei motiv et, effectivement, on assiste à cette évolution. Jason nous faisait une surprise et appelait l’aînée de ses filles (8ans) pour assurer au piano un magnifique thème « Just Blues » dont elle en réalisait l’intro.

Fille de Jason Marsalis

Fille de Jason Marsalis

On n’ a donc pas fini d’entendre parler des Marsalis ! Bon, maintenant, c’est l’heure des crawfish (écrevisses) et du cochon de lait po-boy (sandwich).

 

 

 

Nola’s new # 23

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Très longue soirée musicale en ce mercredi. Cela commençait par le « Lafayette square Fest ». En effet, comme tous les mercredis, dans ce square, 2 concerts sont proposés. Ce mercredi, on passera sous silence le 1er concert … du folk variétoche … banal, inintéressant (du moins, pour nous). Cela nous aura permis de déguster tranquillement un excellent « cochon de lait Po-boy » et une non moins excellent crêpe nutella/bananas. Quant au régime musical, le second concert était assuré par la pianiste/chanteuse du cru, Marcia Ball. Le nombreux public était venu pour elle. Malheureusement, une maladresse (en cause sûrement, la digestion lente) nous prive de photos. Marcia Ball commençait par un bon swing des familles, accompagnant son chant au piano électrique. Elle s’était entourée de quelques musiciens locaux, tous aussi bons les uns que les autres et, en particulier un sax ténor que l’on peut croiser tous les soirs, dans divers clubs et avec plusieurs formations différentes. Un rock suivait avant de calmer le jeu et interpréter  2 slows, 2 chansons, à la Fats Domino pendant que dans le ciel, un avion dessinait un magnifique smile et un love. Et puis, on restait sur ces chansons (shuffle ou tempo rapide) qui vantent la Lousiane, ses bayous et bien sûr, New Orleans. Et, croyez-moi, cela a un ton et un son bien particuliers. L’orchestre groovait à merveille et le public dansait et ovationnait la vedette qui se donnait à fond. Et pourtant, elle devait assurer par la suite, 30 mn plus tard, un autre concert au Snug Harbor, lors d’un « piano night » avec Tom McDermott et Joe Krown. Un très bon moment.

Après quoi, direction Frenchmen street et le « Frenchmen Theater », grande salle de spectacle, au fond du club « Boogaloo » et dotée d’une immense scène, pour assister à la « 2nd Annual Guitar Night ». Enorme affluence pour écouter et applaudir le fabuleux guitariste/chanteur Sonny Landreth, puis Eric Krasno, Eric McFadden, Luther Dickerson et enfin, Ian Cunningham. (Toujours pas de photos, suite au dérapage incontrôlé). Excellente prestation de ce magicien des cordes qui rendait un hommage, fort apprécié, à Johnny Winter. Du rock au Blues, du Blues au Funk pour un très bon concert. Après quoi, nous avons jeté l’éponge car, d’une part, le répertoire du second et sa médiocre qualité de chanteur ne nous attirait pas, mais surtout, à quelques pas de là, à « Maison », c’est le trio de Kris Royal qui nous attendait.

Kris Royal Trio

Kris Royal Trio

Kris Royal est un remarquable saxophoniste que vous devez absolument découvrir si vous ne le connaissez pas. Un son et une inventivité formidables, tant dans le style fusion que dans le funk. Là, nous étions dans le « fusion » et le trio jouait dans une salle pas très garnie.

Kris Royal

Kris Royal

Mais, ceux qui étaient là, appréciaient et applaudissaient à tout rompre les chorus des uns et des autres. Il faut dire qu’il partageait la scène avec deux superbes musiciens, le batteur et le bassiste de « The Bridge Trio et de Donald Harrison. Extraordinaire ligne de basse que réalisait Max Moran et qui ne se contentait pas d’accompagner mais de créer, prenant des chorus de toute beauté et proposant quelques unes de ses compositions.

Max Moran

Max Moran

Quant au troisième, c’est l’excellent Joe Dyson qui tenait la batterie et faisait des merveilles, soutenant, pulsant, jouant avec aisance et créativité. Il faisait, lui aussi, des solos très remarqués et assurait une assise au trio sans jamais donner l’impression de forcer ou de peiner. Pourtant, il joue avec une rapidité déconcertante et une finesse sans égal.

Joe Dyson

Joe Dyson

Un formidable concert que ces 3 déjà grands jazzmen venaient de donner en interprétant des compositions de chacun d’eux. Enfin, avant d’arpenter Bourbon Street et rejoindre le street car (Tramway) pour rentrer, une courte halte à « BMC » pour écouter « Abney Effect » avec un Mario Abney, toujours dans une forme explosive, qui jouait de la trompette à tout rompre, chantait et dansait devant un public conquis qui venait faire la fête et terminer la soirée en beauté. Demain sera un autre jour.

 

Nola’s news # 22

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Notre rituel du mardi commence toujours par le 4Tet du clarinettiste/saxophoniste Gregory Agid. Et hier soir, il ne fallait pas rater ce rendez-vous car c’était vraiment particulier. En effet, le quartet débutait avec de belles compos de Gregory, des anciennes et des nouvelles (du prochain CD en gestation). Toujours beaucoup de monde au club « Maison » à 19h00 pour ce concert de 3h00 en 3 sets. D’autant que, ce soir là, le quartet était transformé en quintet puisque le super saxophoniste Khari Allen Lee (enseignant à la célèbre high school Nocca) s’était joint à eux.

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Le 3ème set voyait un autre invité de choix, cette fois imprévu, venir faire la jam : le tromboniste Delfeayo Marsalis, en personne. Le public était donc comblé et très attentif aux chorus de chacun qui sortait évidement le grand jeu. Vraiment du haut niveau. En fin de set, Gregory appelait à la batterie un petit frenchy en vadrouille à Nola et que nous connaissons bien puisqu’il s’agit de Tom Peyron, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015 avec « Isotope ». Et Tom, un peu impressionné au début, était à la hauteur de cette invitation à jouer avec tout ce beau monde et de cet honneur qui lui était fait. Mais, ça se passe toujours comme ça à Nola. Tout le monde joue avec tout le monde, sans distinction de « hiérarchie » ou de niveau.

Tom Peyron

Tom Peyron

La soirée commençait donc très bien. Et puis, nous réussissions à obtenir 2 tickets pour le concert, à quelques dizaines de mètres de là, au Snug Harbor, pour écouter Dr Lonnie Smith – Donald Harrison quartet. Le 1er concert de 20h00 était archi complet, on s’en doute et le second, de 22h00 aussi.

Dr Lonnie Smith - Donald Harrison Quartet

Dr Lonnie Smith – Donald Harrison Quartet

Quel bonheur d’avoir pu assister à un tel concert. Le Snug Harbor était gavé de monde, de fans de l’un ou de l’autre, d’inconditionnels. Lonnie Smith faisait chanter son orgue Hammond avec, comme d’habitude, douceur, intelligence et subtilité.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

DonaldHarrison faisait des merveilles et suscitait les ovations du public. Ce n’était pourtant pas facile de suivre le maître de l’orgue Hammond car il s’amusait tellement qu’il partait d’un thème à un autre, changeant souvent de tempo.

Donald Harrison

Donald Harrison

Plus timide mais tout aussi efficace, le guitariste local, Detroit Brooks qui se contentait de suivre. Il prenait toutefois trois superbes chorus qui suscitait d’importants applaudissements.

Detroit Brooks

Detroit Brooks

Et puis, derrière,  un jeune magicien avec ses baguettes faisait des merveilles. Humble, discret mais d’une redoutable efficacité et d’une intelligence de jeu extraordinaire, Joe Dyson (Bridge Trio, Donald Harrison quartet, …) faisait preuve d’une aisance et d’un facilité déconcertantes. Non seulement, il assurait un groove incroyable mais il réalisait 2 ou 3 solos qui forçaient l’admiration, certes du public, mais aussi des autres musiciens qui pourtant ont joué avec les plus grands. Ce jeune homme est déjà un grand batteur, dans la tradition de New Orleans (Johnny Vidacovich, Stanton Moore, Shannon Powell, etc …).

Joe Dyson

Joe Dyson

Quelques gags avaient étoffé ce concert comme par exemple, Lonnie Smith qui jouait de sa canne qu’il avait amplifié et qui avait un son de basse ou de guitare. L’humour et le plaisir étaient bien présents lors de cette soirée … exceptionnelle. Remarquable concert qui laissait à la sortie tout le monde sur un petit nuage. On en redemande.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

Alain Piarou, Photos : Irène Piarou