La Gazette Bleue N° 11 de Juillet 2015 vient de sortir !

L’été est bien là et la Gazette Bleue n°11 aussi ! Il y a de tout , articles divers, comptes rendus de festivals et de la fête de la musique, des chroniques de disques, des infos concerts, festivals et lieux musicaux, Elle est bourrée comme un sac de voyage, alors bonnes lectures et, surtout, bonnes vacances !

Gazette Bleue N° 11

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MACEO PARKER – FUNKY MONSÉGUR ! 24 heures du SWING le 04 07 2015

Texte et photos par Dom Imonk

Pour la deuxième soirée de leur 26ème édition, Les 24 Heures du Swing de Monségur ont placé la célèbre halle sous les feux de la soul et du funk. Arrivés dans l’après-midi, on est tombé sous le charme de cette bastide, aux belles bâtisses et leurs accueillantes arcades. On y joue du jazz un peu partout, comme celui du quartet de Jean-Claude Oleksiak, qu’on a plaisir à retrouver, avant que de croiser le truculent Éléphant Brass Machine qui déambule dans la rue, joyeux et déluré.
La soirée a commencé par le groupe de la chanteuse soul Leslie Phillips. Formation de neuf musiciens londoniens, qui avaient pour lourde tâche de chauffer la salle pour l’un des papes du funk. Il est vrai qu’on retrouve dans la voix de la chanteuse, un peu de celle d’Erikah Badu, mais on peut aussi penser par moment à celle d’une Chaka Khan, les cœurs savamment placés d’une choriste (malicieuse imitatrice de trompette) et d’un chanteur très doué y aidant. Le reste du groupe est solide et assure, formé d’un trompettiste, d’un saxophoniste, d’un clavier, d’un guitariste, ainsi que d’un batteur et d’un bassiste. Cette belle équipe forme un bel écrin à la soul de Leslie Phillips, dont la voix sincère séduit. On leur souhaite le meilleur des devenirs.

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Après un entracte houblonné indispensable, voici qu’arrive le groupe du maestro, dans la plus pure tradition du funk. A ce moment, on a bien en tête que Maceo Parker, jeune homme d’à peine 72 ans, est l’un des trois « JB Boys » du Godfather James Brown, les deux autres étant Fred Wesley et Pee Wee Ellis. Un gros groove s’installe, on annonce Maceo, et le voici qui arrive, avec cette même classe, lunettes noires, costume gris sombre, cravate, boots noirs vernis, sens inné du geste, une musique visuelle que de le voir ainsi bouger, avec sourire et mystère dans le regard, et cette élégance qui n’appartient qu’à lui. Son chant est toujours aussi précis, il gère les breaks, annonce les fameux « bridges », avec la même science. Quant’ à son sax, ce son unique qu’il a électrise toujours l’atmosphère, même s’il en a peut-être un peu moins joué ce soir. L’autre évènement, c’est que le grand Dennis Chambers est à la batterie, et on va vite comprendre qu’il va beaucoup mieux, suite à des soucis de santé, apparemment résolus. Ses quelques solos nous ont impressionnés, son drive est toujours aussi monstrueux, mais adapté au funk de Maceo. Dennis Chambers est en pays de connaissance, lui qui comme Maceo a joué un temps avec un autre pape du funk, George Clinton. Dans le groupe il a deux autres monuments, ex de chez George Clinton eux aussi, Greg Boyer au trombone, dont les lignes longues sont rouge feu, un peu comme une « hyper » trompette, et Rodney « Skeet » Curtis, bassiste phare, aux lignes abyssales, peu de slap chez lui, mais plutôt une frappe intérieure qui vous pilonne le ventre. Deux autres piliers indispensables du son « Maceo » sont là. D’abord Bruno Speight, dont la guitare, tant en rythmique qu’en chorus somptueux, fait partie de l’histoire du funk. A ses pieds, une simple petite pédale munie d’un bouton, et tout le reste, dans les doigts, qui frottent, pincent et caressent avec amour son historique Fender (associée d’un ampli Marshall). Et le clavier omniprésent d’un Will Boulware, toujours à l’affut, magicien des sons qui colorent dans les moindres interstices le funk du patron. Aux chœurs, deux princesses, dont la sublime Martha High, qui ont eu droit toutes les deux à leurs instants de grâce. Martha High, magnifique, avec cette voix de feu qui a surchauffé un public ravi, sa manière de bouger, son maintien, son âme qui s’échappe de tous ses mots, elle nous a soufflés ! Je ne connais pas le nom de sa jeune collègue, mais elle a su elle aussi conquérir le public, par sa gestuelle élégante, une vraie chorégraphie, et une douce voix, qui a délicieusement su s‘insinuer en nous.
Un concert très chaleureux, où Maceo Parker et son groupe nous ont encore tout donné de cet amour qu’ils ont en eux, nous répétant inlassablement « we love you ». Maceo, nous aussi on vous aime !

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Texte et photos par Dom Imonk

Toutes mes excuses pour la mauvaise qualité des photos, prises avec mon modeste téléphone portable, donc retrouvez les informations et photos sur la page Maceo Parker du site Internet du Festival Jazz Les 24 heures du Swing 2015.

 

Jean-Claude OLEKSIAK Quartet – « A CIEL OUVERT »

JEAN CLAUDE OLEKSIAK 4TET A CIEL OUVERT

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Il y a dix ans, Jean-Claude Oleksiak a créé « JCO4 », nom du présent quartet avec le lequel il signe « A ciel ouvert », son premier disque, sur le label de Lafabrica’son, association versée dans la musique improvisée et qui défend les projets innovants de musiciens de cette mouvance. Il s’est entouré d’amis, dont le batteur Antoine Paganotti, ex de chez Magma. Toutes les compositions, signées du leader, révèlent une écriture brillante, elles sont ouvertes à des interactions, qui créent des territoires sonores neufs. Il n’y a pas de positions quiètes pour ces quatre musiciens, rien n’est jamais acquis, mais des surgissements de propositions de toutes parts, des relances et des remises en question ébouriffantes. Les intitulés des morceaux sont beaux et poétiques. On est frappé par cette capacité à créer des thèmes/tubes potentiels, où le jazz est tatoué au vif d’une encre rock omniprésente. C’est surtout Pierre Perchaud qui entraine le groupe dans cette direction, lui qu’on a connu plus calme (ONJ). Mais c’est un vrai plaisir, car ces vagues acides créent un chaud et froid avec un Émile Parisien dont les envolées au soprano sont d’un lyrisme éblouissant. Jean-Claude Oleksiak assure des lignes de basse profondes et ça pompe, ça pointille, mais ça se durcit parfois, surtout au contact d’Antoine Paganotti, qui drive sa batterie avec du muscle rock. Tout le disque nous a conquis, avec des coups de cœur appuyés pour « Les pieds dans la lune », « Lala Paris bounce », « La contrebasse grimace » et « Nous trois », avec sa magnifique intro de contrebasse, et ce somptueux solo de guitare. Ce quartet se livre à cœur ouvert !

Par Dom Imonk

www.fabrica-son.com

LAFABRICA’SON LABEL – 2014 – FA01