Olivier Gatto Spiritual Warriors Orchestra at work

par Philippe Desmond.

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A l’Entrepôt du Haillan il règne en cette après-midi d’hiver une ambiance studieuse. Plus un atelier qu’un entrepôt d’ailleurs, un atelier de fabrication de musique avec tout ce que cela comporte de difficultés, techniques notamment. Sur scène un amoncellement de câbles, des boîtes à outils, des flight-cases, des caissons et bien sûr des musiciens de jazz.

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Olivier Gatto en a réuni autour de lui une sélection très cosmopolite et tout ce beau monde qui n’a jamais travaillé ensemble dans cette configuration ou même jamais avec lui est encore en train de tâtonner ; mais pas pour longtemps. La résidence n’a commencé qu’en fin de matinée retardée par l’arrivée in extremis de la batterie mais déjà à 16 heures on parle de capter les premiers titres pour la réalisation d’un CD.

Cependant des problèmes techniques n’arrivent pas à se résoudre notamment pour le guitariste JC Dook qui ne s’entend pas comme il le souhaite dans son casque de retour. JC comme tout musicien de talent paraît avoir une forte personnalité et il a des exigences liées à son sérieux artistique. Une solution va être trouvée au grand soulagement d’Olivier qui dans sa grande sagesse s’est armé de patience : il va jouer en coulisse devant son ampli pour ne pas gêner les autres ! D’où son absence sur les photos.

Parlons des musiciens et de leur diversité. JC Dook est un remarquable guitariste de blues, d’origine camerounaise, qui a fait ses classes à la Berklee School de Boston où il a connu Olivier. Il vit à Berlin.

Un autre congénère d’Olivier à Berklee est présent, Sam Newsome ; saxophoniste américain de NYC spécialisé uniquement dans le soprano, il collabore avec de nombreux artistes et notamment la chanteuse de jazz Elisabeth Kontomanou.

Terreon Gully est originaire d’Atlanta ; il est arrivé dans le projet un peu par hasard. Le tout jeune fils d’Olivier et Shekinah faisait tourner en boucle un CD de Diane Reeves et le batteur a accroché leur oreille et c’est ainsi qu’il se retrouve au Haillan. C’est un batteur aux multiples influences, du latino (il joue dans Yerba Buena) au Hip Hop en passant par le jazz (Jacky Terrasson, Abbey Lincoln…) et la pop (Sting).

Un autre américain mais de Puerto Rico est aux percussions : Tito Matos, déjà vu ici en 2016 avec Olivier Gatto. Des références avec Eddie Palmieri, David Sanchez étoffent son CV.

Parmi tous ces musiciens US un Grec a réussi à se glisser, Dimitris Sevdalis le pianiste européen au toucher latino ; nous avons déjà eu la chance de l’entendre en 2015 et 2016 avec la formation d’Olivier, à Andernos, Lesparre et Saint-Emilion.

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Bien entouré comme vous le voyez notre chef de projet avec bien sûr son inséparable Shekinah Rodz au chant au sax et à la flûte où elle excelle.

Olivier Gatto tient la contrebasse, il en joue même, et s’occupe des arrangements et de la direction musicale.

Il est prévu en plus de la préparation des spectacles de mercredi et samedi d’enregistrer un CD de 6 ou 7 titres ; Deux compositions de Shekinah, une d’Olivier, une de Sam, peut-être une de Terreon – mais tellement complexe, « une compo de batteur » me dit Olivier – et des standards pas trop standards. Le style c’est de la B.A.M. mâtinée de latino bien sûr.

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Il est 17 heures, plus qu’une heure avant la fin de la session du jour, ils sont enfin prêts et après les instructions d’Olivier sur l’ordre des solos, etc, attaquent un premier thème « Belize ». Et là impression curieuse de solitude du chroniqueur qui réalise que la captation se fait en sortie d’instruments, les retours se faisant dans les casques ! Si ce n’est le son naturel du beat de la batterie et des percus, un filet de soprano ou de voix de Shekinah je n’entend pas de musique. Un moment la batterie s’arrête, silence, tiens drôle de fin… non c’est le chorus de piano électrique ! Moi qui bricole à la batterie ça me permet de me concentrer sur le jeu de Terreon et de me régaler devant tant d’aisance, de souplesse féline et de précision métronomique. Fin de prise, on en discute, on la refait, c’est bon on la garde. Et d’une. 17h30.

Une composition de Shekinah maintenant « What Would Be My Life ? » même frustration pour moi -mais pas pour longtemps – on la refait, super, on la garde. Et de deux. 18 heures.

« Ah mince j’aurais dû te donner un casque ! » réalise Olivier. Et bien finalement non car ensuite la découverte des morceaux autour de la console de mixage est une révélation, le résultat est magnifique et tout ça en si peu de temps.

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Cette chronique vous a peut-être alléché mais s’il reste des places pour mercredi (Concert Roots Blues Jazz grand public à l’église du Haillan) et samedi (Accords à Corps, jazz et ballets à l’Entrepôt) elles se comptent sur les doigts de la main… Tentez votre chance !

Avec ce projet Olivier Gatto signe son grand retour avec toujours cette exigence de qualité sans aucune concession à autre chose que ses idées.