De simples cordes

De simples cordes … Madeleine Peyroux

Le Rocher de Palmer Cenon/ Bordeaux
16/05/2017

par Annie Robert

Ce qu’il y a de bien avec la simplicité, c’est qu’elle ne pardonne pas grand-chose, ni les approximations, ni le creux du propos, ni la fatuité distante mais qu’elle révèle le meilleur et le profond, la chaleur, la vérité des mots et des notes, l’engagement organique.
Hier soir, dans une salle archicomble, ce fut le cas. De simples cordes étaient à l’honneur, de taille et de nature différentes, celles de la contrebasse de Barak Mori, de la guitare de Jon Herington, et bien sûr de la voix de Madeleine Peyroux, de sa guitare et de son ukulélé fantaisiste ou acidulé.

Madeleine Peyroux trio

Puisant dans un répertoire traditionnel, elle a fait fi des frontières musicales, réinterprétant les chansons choisies dans un mélange de gospel, de funk, de blues et de jazz très attirant. Les titres de Leonard Cohen, Bessie Smith, Bob Dylan, Hank Williams, Joséphine Baker, ou encore Elliott Smith, dont la poésie écorchée vive convient admirablement à son timbre sensible sont certes des valeurs sûres, parfois peu connues et lointaines mais qui lui collent parfaitement. Sans oublier pour autant quelques compositions personnelles, dans la veine du blues qu’elle aime, mettant à l’honneur les titres de son nouvel album qui porte bien son nom : Secular Hymns .
Et avec ce trio épuré et intime, sans effets grandioses, sans boucles, sans distorsion, sans reverb, l’émotion s’est invité comme une vérité nue et familière, dans le cadre doucement éclairé du petit tapis déroulé au sol traçant une tâche rassurante et moelleuse, une maisonnette dans les bois, une confidence au coin du feu. Elle nous a raconté la vie, les moments de dérive, d’humour et d’amour dérisoire ou sublime (« Love me to the end of time »), le sel de la terre, le soleil et le gris des Amériques.
Une voix chaude, de gorge, languissante parfois sur certaines inflexions, une tonalité médium puissante, un grain à la Billie Holliday sur les portées de voix en particulier, font de Madeleine Peyroux une chanteuse à part, légèrement décalée, peu improvisatrice mais une interprète qui touche par son swing étiré et sa présence pleine de fêlures et d’énergie, allant de la gaieté la plus vive à la nostalgie la plus profonde. La demoiselle a vécu, cela se sent, et puise dans le terreau de ses expériences une authenticité universelle qui s’accroche à chacun comme un souvenir oublié.

Madeleine Peyroux

Rieuse et se moquant d’elle-même, elle déclare dans un Français chantant, héritage d’un papa acadien : «  Je chante des chansons d’amour, de blues et d’alcooliques » et entame « If the sea was Whiskey »,  « Shout, Sister, Shout », complice amusée avec ses musiciens qui se révèlent de fantaisistes vocalistes capables de clins d’œil et d’improvisations dans des créations voix / instruments très réussies.
Seule sur scène ensuite pour trois morceaux, c’est notamment Jacques Brel qui est mis à l’honneur avec «  Voir un ami pleurer » d’une douce limpidité, sans insistance, mais rempli de filaments déchirés. Son amour du Français (merci papa, merci maman !) la portera à honorer Eluard et son «  J’écris ton nom liberté » et à mélanger un « J’ai deux amours » à un spiritual plus classique…. Une façon élégante et réussie de remercier un public hexagonal qui la suit fidèlement.
Son charme amusé, sa manière de conserver les tonalités dramatiques des morceaux en les allégeant, sans les dénaturer, la fluidité de sa voix dénuée d’ artifices, en font une interprète séduisante, qui capte naturellement la salle pour un échange d’émotions bien réelles. Elle ne joue pas à être chanteuse, elle est elle-même et vraiment cela nous suffit. D’ailleurs la salle lui a bien signifié son plaisir et les deux rappels non rechignés ont mis un point d’orgue regretté à ce partage.

Madeleine Peyroux trio

Il paraît qu’elle a parfois choisi de se taire, pendant de longs moments, effrayée par le pouvoir du chant, perdue dans des errances personnelles, se trouvant illégitime ou éloignée.
Aujourd’hui, elle a su faire résonner ses silences et ses cordes simplissimes pour faire vibrer des chansons de tous les temps ces Sécular Hymns et c’est tant mieux….

Friday fever night: Manu Katché au Rocher de Palmer

Photo: Thierry Dubuc

C’est vendredi soir, et on se dirige au Rocher de Palmer guidés par l’envie de partir loin avec la musique. Une fois sur place, tout laisse penser qu’on est au bon endroit pour ce voyage. On peut presque sentir la musique sur la peau. Même en dehors de la salle de concert l’ambiance est bouillante : il y a du monde partout. C’est la conjonction de deux concerts qui ont suscité beaucoup d’intérêt : d’un côté le hip hop funky de Smokey Joe & The Kid dans la grande salle ; et de l’autre côté le « maestro » français du rythme : Manu Katché, le même qui a accompagné les grands noms de la musique comme Peter Gabriel, et qui se produit dans la salle 650. La queue est longue pour rentrer à cause de la révision des sacs obligatoire, et le monsieur de la sécurité qui réitère « si vous avez des choses à manger, vous vous mettez à coté et les mangez avant de rentrer ». Heureusement (on va dire) on n’a rien à manger, donc on a pu rentrer immédiatement.

On entre dans salle et la folie continue comme une prolongation de ce qui se passait dehors. Ce n’est pas encore l’heure mais les gens bataillent pour trouver une place assise, et ceux qui gardent des places pour les retardataires ont du mal à convaincre les arrivants que ces places sont prises et qu’ils ne peuvent pas s’assoir.

Finalement le concert commence (heureusement on a réussi à trouver une place après s’être battu pendant 5 minutes avec un monsieur qui ne voulait pas lâcher les 6 places qu’il gardait). Un rythme latino sort de l’obscurité de la scène, et les musiciens arrivent un par un.  Laurent Vernerey, le bassiste, est le premier et commence un riff qui sera suivi par le piano, le sax et la trompette. Ils sont là et la soirée s’annonce chaude mais, où est Manu Katché ? Après un moment, l’homme de la soirée arrive. Il monte sur la batterie, et comme un tonnerre il frappe la caisse claire et le riff hypnotisant s’arrête. En un instant le registre change et commence un rythme funky qui va marquer l’esprit de la soirée.

C’est parti, le concert a commencé, et la musique réchauffe, nous transporte avec elle. Les solos de trompette de Luca Aquino sont puissants et habillent magnifiquement les morceaux. Le saxo Stéphane Chausse, le nouveau membre du groupe, fait de même. Il est intéressant de noter que le son du groupe passe souvent d’un son organique, acoustique, vers un son électrique. Jim Watson fait un travail exceptionnel tant au piano comme au clavier. Mais le son électrique vient aussi de la trompette, grâce aux pédales d’effet qui donnent un son qui change son registre, et du saxophoniste qui utilise par moments un sax électrique EWI.

Photo: Thierry Dubuc

Manu Katché parle peu. Il vient une fois au micro pour parler de son nouvel album « Unstatic » et présenter les musiciens (et en profite pour flatter l’acoustique de la salle du Rocher de Palmer).  Le concert continue et la richesse mélodique des compositions et les solos se déroulent sur la couche rythmique parfaite que constituent la batterie et la basse. Cette dernière fait un travail exceptionnel, avec un son clair et un dynamisme qui devient une pièce clé de la formation. La fin du concert s’annonce, mais avant de partir Manu Katché nous laisse un solo de batterie qui laisse voir sa grande technique et au même temps son tempérament.  Le groupe part et le concert est fini, après deux rappels du public durant lesquels Manu Katché va en profiter pour faire chanter le public, qui a vécu une soirée exceptionnelle.

 

 

 

The Greg Abate Quintet – Chronique de « Featuring Phil Woods »

the greg abate quintet featuring phill woods - 2012

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Greg Abate Quintet « Featuring Phil Woods » est sorti en 2012. Son titre est explicite puisque Phil Woods joue sur cinq des dix morceaux qui composent l’album, et ça s’entend ! Greg Abate signe huit compositions, reprend « Marny » de John Patrick, alors que Phil Woods lui offre un remarquable « Goodbye Mr Pepper ».Très touchante collaboration en forme d’échanges à base de dialogues subtils entre les deux hommes, qui se respectent et se vouent mutuelle estime. Phil Woods est à l’alto, tandis que, outre l’alto, Greg Abate joue aussi du baryton et de la flûte. On est toujours dans ces atmosphères bop/post-bop, où tout est abordé, des tempos les plus soutenus aux balades les plus rafraîchissantes. Mentions spéciale au délicieux échange alto (Woods)/flûte (Abate) sur un « J.A.G. » bien guilleret. « Contemplation » est prétexte à des envolées de flûte et sont autant d’invitations à voler comme un oiseau, surtout que le suscité « Goodbye Mr Pepper » qui suit, ne nous engage pas à redescendre. Le disque se termine par un agile « Realization (Living the dash)», composition de Greg Abate, sur un tempo de course, qui confirme l’élégance de son jeu et la qualité de son écriture. Un mot sur les musiciens de la session, tous excellents et rompus à cet exercice : Jesse Green (piano), Evan Gregor (basse) et Bill Goodwin (batterie). Quand on reçoit Monsieur Phil Woods, on doit réunir les meilleurs, et c’est le cas ici. Un disque qu’on est fier d’avoir dans sa discothèque !

Par Dom Imonk

http://www.gregabate.com/

Rhombus Records – RHO 7112 (2012)

 

Nola’s news # 21

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Club Rock'n Bowl à New Orleans

Club Rock’n Bowl à New Orleans

Immense salle que ce « Rock’n Bowl » à New Orleans. On y joue bien sûr au booling, on y mange, on y boit et on y écoute de la musique en live. Hier soir, c’ était le début du « Rock’n Bowl JazzFest » et, dans une ambiance de fête (comme toujours à Nola), nous assistions, avec près de 500 spectateurs, à 3 mémorables concerts de blues.

Kenny Neal

Kenny Neal

20h30, c’est le Louisianais de Baton Rouge, Kenny Neal qui ouvrait les débats et qui devant un public très enthousiaste, présentait son dernier projet. Je dis Kenny Neal mais en fait, c’est la famille Neal qui, comme toujours est sur scène. Seul, le batteur ne fait pas partie de la famille. L’orgue, le piano électrique et synthétiseur, la basse et bien sûr, la guitare et le chant sont l’affaire des Neal. Et c’est bien un blues du delta, un blues du sud que Kenny nous offrait.

Kenny Neal

Kenny Neal

La foule était aux anges et reprenait allègrement les paroles des chansons pendant que Kenny sillonnait la scène de long en large pour venir au plus près de ses fans. Il se promenait même dans la salle, au milieu des spectateurs, pour jouer de l’harmonica et faire quelques pas de danses avec quelques spectatrices. Sa voix est toujours aussi agréable à écouter et son jeu de guitare toujours aussi fougueux.

Kenny Neal

Kenny Neal

Après un rappel et 1h30 de concert et un triomphe ô combien mérité, il venait discuter avec qui voulait et dédicacer son dernier CD.

La soirée avait donc commencée très fort et la Neal family avait placé la barre haute. Et pourtant, ça allait monter crescendo.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

C’est l’immense, le formidable guitariste Sonny Landreth. Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez vite le découvrir sur le net. Il est aussi l’invité permanent d’ Eric Clapton dans ses « crossroads ». En trio et soutenu par une basse et une batterie sur sonorisée (comme presque toujours, ici) , il délivrait une musique entre jazz rock, blues rock, et rock avec une virtuosité époustouflante. Littéralement saisissant cet humble musicien.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Le public, en connaisseur ne s’y trompait pas et l’acclamait avec ferveur à chaque fin de morceaux souvent chantés. La formule du trio l’obligeait à jouer en permanence et il déversait un nombre de notes d’une beauté incroyable. Sa voix est juste mais c’est son jeu de guitare et sa créativité qui prévalaient.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Un vrai régal que cet intelligent et prolifique guitariste-chanteur, Sonny Landreth. On pensait que ça ne pouvait pas aller plus haut. Et pourtant, le 3ème concert de la soirée en était l’apothéose. En effet, c’est un triomphe que le public, encore nombreux en ce dimanche soir, réservait au bluesman Louisianais (Cajun) Tab Benoit.

Tab Benoit

Tab Benoit

Encore un formidable bluesman au style particulier, à découvrir. Il joue et chante le blues des bayous (immenses marécages Louisianais). Pour autant, s’il commençait, sous les ovations du public, par son blues particulier, Cajun, ventant le bien vivre Louisianais, il s’en écartait peu à peu pour présenter un blues moins roots et donc plus moderne, mais toujours en parlant de sa Louisiane. Et puis, le feu d’artifice commençait quand il opérait des changements dans son trio, offrant la batterie à un autre enfant du pays, le grand Brian Blade. Mais oui, ce formidable batteur de jazz venait accompagner, et de quelle façon, ce magnifique bluesman. Le blues se musclait et le public était sous le charme. Mais, l’embrasement n’était pas pour autant terminé puisqu’il invité un organiste (dont j’ai oublié le nom) qui donnait une autre couleur à cette formation. Le blues devenait encore plus subtil et les quelques chansons lentes faisaient danser les gens. La soirée atteignait alors le sommet quand il invitait à la basse, l’incontournable représentant du funk Louisianais, George Porter Jr (les Meters).

George Porter Jr

George Porter Jr

 

Tab Benoit

Tab Benoit

Brian Blade

Brian Blade

C’est aussi ça, la Nouvelle Orléans et le blues du sud que proposait Tab Benoit qui raconte en permanence que, si par exemple on va faire un tour à New York, on revient vite dans les bayous de Louisiane où il fait bon vivre et ou on « laisse le bon temps rouler ». Pour Tab, la Louisiane et les swamps sont toujours, toujours présents. Pour preuve, sur son ampli, il dépose une tête d’alligator, habitant omniprésent de ces lieux.

Alligator

Alligator

 

 

Nola’s news # 18

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Jazz Fest 2015

Jazz Fest 2015

Cette édition 2015 du Jazz Fest débutait avec une chaleur intense et orageuse mais les festivaliers étaient toujours aussi nombreux et nous y retrouvions quelques relations venues pour l’occasion, de divers états. Le JazzFest est toujours un marathon et nous commencions avec du blues.

Larry Garner

Larry Garner

Larry Garner, sa superbe voix et son jeu de guitare sensible nous proposait un blues du Delta bien sûr avec beaucoup de tendresse et de générosité. C’est un bluesman à part qui, comme Kenny Neal, revendique cette forme de blues si particulière et émouvante.

Larry Garner

Larry Garner

Toujours un ravissement d’écouter ce merveilleux artiste et le public était venu nombreux sous cet immense chapiteau appelé « Blues Tent ».

On passe au chapiteau à côté , « Jazz Tent » pour écouter cette fois un jeune homme de 81 ans (je dis un jeune homme car, si vous aviez vu la pêche …), saxophoniste réputé puisque néo-orléanais et qui s’adonne depuis toujours au free jazz.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Kidd Jordan commençait donc en présentant son 4Tet et en saluant le public nombreux (connaisseurs et curieux) et en le remerciant d’être là au début de son concert car il ne sait pas s’il y aura autant de monde à la fin … Son humour est intact, sa fougue et son plaisir de jouer le sont aussi. Il se régale à improviser avec ses complices et joue des thèmes personnels qu’il déstructure pour mieux les restructurer avec une vivacité surprenante.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Il joue sans arrêt et ses compagnons de jeu s’amusent tout autant. Bref, un très bon moment musical.

Un petit tour au Village Indien pour voir différentes danses indiennes expliquées par un narrateur venu des tribus du nord, à la frontière canadienne.

Tribu indienne du nord

Tribu indienne du nord

Quelques belles démonstrations retraçant les coutumes de ces premiers occupants des Etats Unis et du Canada.

Indien du nord

Indien du nord

Je vous passe le moment si agréable du repas (cochon de lait Po-boy) avec quelques crawfish (écrevisses) et ce goûteux sandwich au cochon de lait … un régal. Bon, le coca par-dessus va faire sursauter les épicuriens mais, on est au Jazz Fest et le vin n’est pas le breuvage courant …

Restauration au Jazz Fest

Restauration au Jazz Fest

Sur la scène « Fais Do Do », c’est un blues cajun que proposait le chanteur/guitariste Paul Sanchez. Toujours beaucoup de monde devant cette scène où les Cajuns se donnent rendez-vous pour danser le one step. Les paroles sont le plus souvent en cajun, ce mélange de vieux français et de créole et quelques spectateurs chantent les refrains aux consonances  acadiennes.

Scène "Fais Do Do"

Scène « Fais Do Do »

C’est vraiment amusant d’entendre parler ces gens si sympathiques parler ce cajun et qui revendiquent leur appartenance à la culture française. Un moment agréable.

Paul Sanchez

Paul Sanchez

 

Nola’s news # 10

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Yirmeyahu Yisrael Family

Yirmeyahu Yisrael Family

C’est dans la célèbre Bourbon street que l’on peut écouter, du jeudi au dimanche, de 14h00 à 16h00 le quarter de Y. Yisrael. Alors, dans la famille Yisrael, vous en prenez 4 et vous formez un super quartet de jazz moderne. Le leadeur, c’est l’excellent saxophoniste Yirmeyahu qui joue également du piano comme de la batterie : c’est l’homme à tout faire puisqu’il compose et qu’il arrange. Beaucoup de touristes dans ce club où, à cette heure là, on sirote déjà des « hand grenades » (cocktail à base de tequila de jus de pomme et autre chose, mais surtout de téquila !). L’ambiance est sympathique et l’auditoire attentif. Il est vrai que la tequila a tendance à assommer un peu. Toujours est-il que la Yisrael family s’en donne à coeur joie, alternant les standards (Miles, Coltrane, Rollins, etc…) et les compositions de chacun des protagonistes. Car, non seulement, individuellement, ce sont de très bons musiciens mais, en plus, ils composent tous … et c’est beau ! L’aîné est à la batterie et assure un max, le meneur de la troupe, Yirmeyahu est au sax ténor et c’est lui qui dirige, oriente et prend de superbes longs chorus.

Yirmayahu Yisrael

Yirmayahu Yisrael

Le 3ème, lui aussi se fait remarquer par son jeu de piano et ses chorus appellent les applaudissements fournis.

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Et la petite dernière, si elle ne prend que de rares solos, assure une solide ligne de basse. Voila donc une après-midi qui commence bien. Les autres clubs de la rue (une bonne vingtaine) proposent d’autres styles musicaux : Blues, jazz traditionnel, musique cajun, rock, … et, au milieu de la rue, les sons s’entrechoquent quelque peu mais au « My Bar », le moderne jazz y est bien implanté et l’ambiance y est bonne.

Yirmayahu Yisrael

Yirmayahu Yisrael

Tendresse et complicité …


Richard Galliano / Sylvain Luc  salle du Vigean à Eysines 

par Annie Robert. Photos Thierry Dubuc

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Pas besoin de présenter longuement ces deux là.. Même s’ils n’appartiennent pas tout à fait à la même génération de musiciens, ils sont reconnus et aimés. Quasiment incontournables. Reconnaissables entre tous.
La guitare souple, délicate et pleine de soleil de Sylvain Luc, l’accordéon inspiré  accompagnateur des plus grands  de Richard Galliano se retrouvent pour un double hommage, à la fois à Edith Piaf et à sa compositrice Marguerite Monod mais aussi à Gus Viseur , compagnon de Django Reinhardt et un des premier à quitter le musette pour le jazz. Ah, l’amour, toujours l’amour, l’amour toujours…
Assis face à face sur scène, ils se quittent peu des yeux, sans surenchères, avec pudeur. Le thème et l’accompagnement passent en souplesse de l’un à l’autre, les improvisations se font souvent à deux sans qu’aucun ne s’y fourvoie.
Petits défis amicaux et  surprises musicales finissent dans des éclats de rire.
Richard Galliano sifflote « la vie en rose » sous le regard souriant de Sylvain Luc. On se surprend, on s’étonne, on s’amuse.
Des couleurs de swing, de brésil, de manouche ou de flamenco se déploient parfois pendant le même morceau. La nostalgie se fait tonique, le bonheur mélancolique… On se sent si bien avec eux deux, si proches, si complices de leur échange que les notes se font presque réelles voltigeantes comme des fleurs de pommiers. Cela pourrait être compassé, c’est simplement revigorant.
On ressort du concert apaisés et heureux. Etonnés également de voir que tous ces airs un peu désuets, si souvent remâchés et chantés, ont encore des secrets, des  trésors cachés, des pépites de  rythmes et de mélodies à offrir. Les deux complices ont donc su par leur spontanéité, leur technique sans faille mais aussi par la grande écoute et le respect mutuel dont ils ont fait preuve, nous les dévoiler.

Un concert qui fait du bien… tout simplement.

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Dans le sillage de la petite fée…

Youn Sun Nah au Rocher de Palmer
par Annie Robert

Salle comble ce jeudi soir au Rocher, salle debout, enthousiaste, émue, étonnée, ravie, éblouie, subjuguée, conquise, bouleversée.  Les adjectifs se bousculent, se pressent en masse et se ressemblent…..
Il faut dire qu’à l’instar d’un de ses titres, le « momento magico » a une nouvelle fois agi avec force et douceur. La petite fée coréenne a tout  emporté sur son passage.
Autour de Youn Sun Nah, dans sa robe papillon de nuit, un trio de rêve, son trio habituel : accordéon, guitare, contrebasse : Vincent Peirani , pieds nus comme à son habitude, dont on ne peut plus dire qu’il soit l’étoile montante de l’accordéon tellement il a porté haut les multiples facettes de cet instrument qu’il sait faire chanter comme un oiseau, valser en musette pour un clin d’oeil, ou  assombrir comme une menace ; Ulf Vakenius, un guitar hero tel qu’on les aime, qui se faire tendre dans une ballade suédoise, ou virtuose à couper le souffle avec des accents de  rockeur déchaîné et Simon Tailleu à la contrebasse, mélodique, solide et attentif qu’on redécouvrait avec grand plaisir .
Et puis bien sûr Youn Sun Nah, la voix exceptionnelle de Youn Sun Nah. En voix pleine, en voix de gorge pour des reprises rock ou folk , en voix de tête pour des virtuosités de dentelle, la voix est toujours belle, équilibrée, puissante ou délicate. Elle joue d’une incroyable palette de timbres et de couleurs, d’une technique exceptionnelle qui lui permet de passer des aigus aux graves avec une étonnante facilité et met en relief la beauté d’une voix tout en nuances et en subtilité.
Et chacun se demande alors de quoi sont faites ses cordes vocales.
Avec un petit plus qui fait toute la différence, la présence permanente d’une émotion et d’un plaisir véritable de partager un moment avec ses spectateurs.
Son  répertoire varié avec des compositions originales et des reprises fait voyager le public du «  Mistral » d’Avignon ( ah le bruit du vent dans le souffle de la voix)  à la Suède, en passant par le folklore irlandais ou suédois ou des reprises  de Nat King Cole. C’est chaque fois étonnant, décalé et à propos.
Le dernier morceau, où seule sur scène avec son looper, elle superpose  deux puis quatre  puis huit, puis douze fois sa propre voix  pour une polyphonie jazzy  est un vrai moment de bonheur et le public après des applaudissements debout  quitte à grand regret la petite fée et son sillage d’émotions  musicales.
Il fallait en profiter car sous cette forme le quartet va arrêter là son chemin dans quelques temps pour voguer vers d’autres ailleurs et de nouvelles recherches.

Nouvelle vidéo sur le site Action Jazz

Nouvelle vidéo sur le site Action Jazz

Florent Corbou Organic Quintet

Leila Martial : chant
Pierre Tereygeol : guitares
Illya Amar : vibraphone
Julien Augier : Batterie
Folrent Corbou : basse électrique, compositions.

Organic Quintet est le nouveau groupe de Florent Corbou. Il s’inscrit dans la continuité d’une esthétique axée essentiellement sur la répétition, la transformation et le développement de motifs. Développée depuis quelques années dans l’écriture au sein de ses anciens projets, l’influence de la musique minimaliste est ici évidente et prédominante.

A travers le choix de son instrumentation, Organic est un groupe aux sonorités atypiques qui permet une large palette sonore. La voix, les instruments et leurs amplifications permettent d’inscrire Florent Corbou dans une recherche de timbres oscillant entre une utilisation acoustique et une transformation électrique aux couleurs plus pop que contemporaines.

Les musiciens réunis au sein d’ Organic, tous issus de la scène improvisée et du Jazz, ont en commun le goût de l’improvisation, l’échange et la liberté qui leur permettent d’inscrire leur individualité et leur originalité au sein d’une architecture commune.
Oscillations permanentes entre écriture et improvisation, compositions subtiles et énergiques, ce quintet sort véritablement des sentiers battus.
enregistré au Comptoir du Jazz à Bordeaux pour l’association Action Jazz par Jean RABY président de l’Association pour l’Aide à la Création d’Images pour le Spectacle (A.A.C.I.S.)

Christophe Rontey / Webmaster Action Jazz

Nouvelle vidéo sur le site d’Action jazz…

Nouvelle Vidéo sur le site d'Action jazz...

Jérome GATIUS 4tet Jazz enregistré au Comptoir du Jazz à Bordeaux pour l’association Action Jazz par Jean RABY président de l’Association pour l’Aide à la Création d’Images pour le Spectacle (A.A.C.I.S.)…

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo

Christophe Rontey / Webmaster Action Jazz.