Nola news # 8

Par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Ooh Poo Pah Doo !

James Andrews

James Andrews

Toujours une formidable ambiance dans ce club du quartier « Trémé » l’ « Ooh Poo Pah Doo Bar ». Trombone Shorty y a fait des débuts fracassants et c’était devenu le fief de Travis « Trompette Black » son cousin, jusqu’à son décés, l’an dernier. Et ce sont ses autres cousins qui mènent la barque, tous les lundis soirs. James Andrews, trompettiste, chanteur, showman y mettent le feu régulièrement. Et avec lui, on ne reste pas assis 5 minutes car il invite de suite le public à danser, à chanter, à organiser une « second line » (sorte de farandole) jusque dans la rue. Et, d’autres voisins viennent se mêler au show, tel Big Chief Doucette (chanteur que l’on peut voir dans la superbe série « Trémé »)

Big Chief

Big Chief Doucette

et Big Chief Bo Dolis Jr, lui aussi, chanteur, ainsi que d’autres musiciens du quartier.

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Et Judy, la tenancière du bar ne se fait pas prier pour venir prendre le micro et chanter, en dansant, les succès, justement de « Treme ». C’est tous les lundis soirs, une ambiance survoltée dans ce club oublié des touristes … ce qui en fait l’authenticité. Quelle soirée … !

Julie

Judy

 

Instant Opus Improvised Series

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Martin Krusche (sax), Ashley Blume (p), Joesf Butts (ctb), Dan Caro (dr).

Comme tous les lundis, en deuxième partie de soirée, après la réunion Bluegrass, l’ Hi-Ho Lounge donne carte blanche à cette asso qui soutient la  musique improvisée. Et ce soir, c’est un quartet de musiciens chevronnés qui s’y colle. L’excellent saxophoniste Martin Krusche nous régale d’une musique déstructurée mais qui se structure pour encore mieux laisser place à l’improvisation. Il est merveilleusement accompagné dans ses aventures sonores par la discrète mais efficace claviériste Ashley Blume, Joesf Butts à la contrebasse et à la basse électrique et le fougueux batteur Dan Caro. Soirée décoiffante et enrichissante.

 

« 4 Sidemen of the Apocalypse »

Mike & friends

Mike Kobrin & friends

Super quartet de jazz moderne au « Café Negril » emmené par un très bon trompettiste Mike « Trumpet Mike » Kobrin qui a passé en revue quelques excellents standards de Monk à Rollins en passant par Chet Baker. Très bien soutenu par le guitariste Pete Rozé qui s’illustrait dans des solos courts mais bien montés, il bénéficiait également d’un bon drumming de Ethan Shorter et d’une excellente ligne de basse de Mike Robbins qui contribuaient à la réussite de cette soirée.

Mem Shannon Trio

Mem Shannon Trio

C’est le Bluesman Mem Shannon qui officie ce soir au club de Frenchmen street, le 30°/90° devant un bon public venu claquer des doigts et taper du pied. Un trio classique dont Mem Shannon en est le leader qui nous interprète ses compositions pour un Blues original,  très Louisianais, avant de se lancer dans les classiques du Delta Blues.

 

Open ears music series

Jesse Morrow

Jesse Morrow

Upstairs at the « Blue Nile » se trouve le « Balcony room » avec son superbe balcon surplombant Frenchmen Street d’où l’on voit et entend tous les soirs un Brass Band faire sonner ses cuivres pour régaler les curieux. Et, tout comme à l’Hi-Ho Lounge le lundi, c’est une autre asso qui propose de faire écouter des musiciens qui jouent un jazz différent (pour ne pas rentrer dans la polémique), une musique libre, débridée, aux portes du free jazz. Et, à New Orleans aussi, de fantastiques musiciens font évoluer la musique. D’ailleurs, des gens comme Delfeayo Marsalis, Khari Allen Lee et bien d’autres soutiennent cette démarche visant cette évolution. C’est le contrebassiste Jesse Morrow qui anime la scène avec ses complices Simon Lott à la batterie, Anthony Cuccia aux percussions, l’excellent tromboniste Jeff Albert et le talentueux Brad Walker au saxophone ténor.

Brad Walker

Brad Walker

Court premier set avec 2 compositions du leader du soir, Jesse Morrow puis un deuxième set où chaque participant exécutait un solo/impro avant de se retrouver tous pour des impros collectives. Et non, iI n’ y a pas que des Brass Band à New Orleans…

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Next Generation

On avait parlé de l’énorme travail du pianiste/chanteur Jessie McBride pour les jeunes et c’est au « Prime Example », excellent club convivial de N.Broad qu’il pésente, chaque mercredi, cette nouvelle génération de musiciens, encore dans les écoles de musique (Nocca, UNO à New Orleans et Berkley school à Boston).

Jessie McBride

Jessie McBride

De son piano, Jessie dirige avec beaucoup de discrétion cette jam session et présente le groupe de ce soir dans lequel on peut reconnaître, entre autre le magnifique trompettiste John Michael, issu de la Nocca et maintenant à la Berkley. Voilà des jeunes qui ont déjà, à 16-17 ans, du métier et surtout du talent et Jessie McBride les met à l’honneur et leur donne quelques ficelles.

Next Generation

Next Generation

Et, comme c’est une jam, voilà un « jeune ancien » de la Nocca, qui prend place à la batterie pour soutenir ces musiciens en herbe. Joey Dyson, discret, humble prend les baguettes et la jam prend alors une autre dimension et le public ne s’y trompe pas … que de talents dans cette next generation ! A suivre …

Joey Dyson

Joey Dyson

 

Johnny V & friends

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Johnny V (V pour Vidacovich) invite chaque semaine 2 autres musiciens pour former son trio au Maple Leaf. Ses invités de ce soir sont le remarquable bassiste (à 6 cordes), Chris Severin (entre autre, prof à la Nocca)

Chris Severin

Chris Severin

et celui qu’on ne présente plus, le pianiste-organiste-trompettiste, Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

N. Payton ne prenait que rarement sa trompette et préférait le piano électrique et l’orgue pour interpréter ses compositions. C’est un premier set avec une musique très intimiste qu’il proposait avant de se lâcher un peu plus dans le second. Les 2 sidemen de luxe faisaient tour à tour merveille dans leurs solos.

J. Vidacovich, Chris Severin, Nicolas Payton Trio

J. Vidacovich, Chris Severin, Nicolas Payton Trio

Et le concert se terminait, comme d’habitude, avec une dégustation de cookies préparés par Johnny V. Sympa, non ?

Nola News # 3

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

James Andrews

James Andrews

Ooh Poo Pah Doo !

Et oui, c’est bien le nom d’un club incontournable de Tremé (quartier historique de la Nouvelle Orléans) et il faut venir rencontrer Julie, la sympathique patronne qui fait vivre ce lieu. Ambiance de folie avec James Andrews, trompettiste, chanteur, percussionniste et showman. D’entrée, une second line se forme sur les airs enchaînés des succès de Tremé et croyez-moi, ça balance. Une battle entre James Andrews et un trompettiste norvégien, invité met le feu et ce sera comme çà pendant 3 heures. Les invités se succèdent et Big Chief fait son apparition et chante pendant que tout le public danse, les femmes avec leurs ombrelles et les hommes avec des mouchoirs blancs.

James Andrews, Big Chief

James Andrews, Big Chief

Un « when the saints » de folie, puis quelques tubes de Fats Domino (Blueberry hill, I’m walking, Blue Monday)  avant de se lancer dans le registre Blues puis dans les succès de Marvin Gaye puis James Brown. Soirée mémorable … et c’est comme ça, tous les lundis à l’ Ooh Poo Pah Doo Bar.

Stanton Moore

Stanton Moore

Stanton Moore

Il est des concerts qu’il ne faut pas rater et celui d’un des maîtres néo-orléanais de la batterie, Stanton Moore, en est un. Un trio magique avec David Torkanovski, majestueux et inventif au piano et James Singleton, toujours aussi efficace et créatif, à la contrebasse. Stanton Moore est extraordinaire d’aisance, de facilité sur tous les tempos. Il se plait à jouer avec ces musiciens et s’en donne à cœur joie sur des compositions personnelles mais aussi de David et de James. Encore un grand moment passé au Snug Harbor.

 

Maison à la japonaise

June Yamagishi & Keiko Komaki

June Yamagishi & Keiko Komaki

Le club sur Frenchmen street « Maison » se mettait à l’heure japonaise en recevant le formidable guitariste June Yamaghishi et la claviériste Keiko Komaki. Une bonne section rythmique accompagnait ces deux virtuoses qui offraient leurs compositions avant de se laisser aller au funk néo-orléanais. Très bon moment musical dans un club bondé et devant un public très réceptif … et démonstratif … et bruyant aussi.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

A l’Armstrong Park, après la traditionnelle parade (second line) dans le parc et devant la statut de Louis Armstrong, c’est la figure locale, le trompettiste, chanteur, showman, Kermit Ruffins  (que l’on dit ici, l’héritier de King Louis) qui animait la deuxième partie de la soirée avec ses Barbecue Swingers et avec toujours beaucoup d’enthousiasme. Encore un bon moment de musique, de danse … et de crawfish.

Charlie Hunter

Charlie Hunter

Le « Maple Leaf » invitait pour une soirée inoubliable, un duo exceptionnel : Johnny Vidacovich (Astral Project) et Charlie Hunter. Guitariste extraordinaire, Ch. Hunter joue, en même temps, sur sa 8 cordes, une ligne de basse, accords et solo. Un son magnifique et un jeu époustouflant sur des improvisations faisant référence parfois à des chansons de variété ou en rendant hommage à Prince ou encore à Allen Toussaint. J. Vidacovich, batteur incontournable de la Nouvelle Orléans, laisse le plus souvent l’initiative au guitariste mais prend des solos de toute beauté et c’est un spectacle aussi visuel car on dirait un peintre devant sa toile. Les deux compères s’observent et se provoquent avec de grands éclats de rires. Grandiose !

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

 

JazzFest Week 1

Aya Takazama

Aya Takazama

Top départ avec déjà une grosse journée où la crème solaire était de rigueur pour écouter la crème des musiciens invités au New Orleans Jazz & Heritage Festival 2016. Aya Takazawa, excellente trompettiste japonaise se faisait très remarquer ainsi que compatriote saxophoniste. Bon pianiste et un contrebassiste (japonais, lui aussi) faisaient un accompagnement de qualité avec un batteur local qui n’était autre que Jason Marsalis. Excellent début de journée après un passage à la tente Gospel où s’activaient une trentaine de choristes.

Sur la scène « Acura », Buckwheat Zydéco faisait retentir son accordéon chromatique et chantait quelques classiques du genre devant un parterre d’inconditionnels de cette musique.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

On retrouve Jason Marsalis sous la Jazz Tent avec un quintet de qualité. On remarquait, entre autre le talent du trompettiste Ashton Parker sur des thèmes originaux de Jason. De remarquables musiciens formaient ce quintet très agréable à écouter.

Ashton Parker

Ashton Parker

Le Big Band du pianiste Matt Lemmler avec une chanteuse qui sût se mettre le public dans la poche et un batteur de classe qui véritablement s’amusait, du nom de … Brian Blade.

Matt Lemmler

Matt Lemmler

Brian Blade

Brian Blade

Big Chief Donald Harrison Jr évoluait sur l’immense scène « Congo Square ». Cet infatigable saxophoniste était accompagné d’un jeune pianiste cubain, d’un percussionniste porto ricain, du guitariste local Detroit Brooks et du Bridge Trio. Au clavier, Connun Papas, à la basse électrique, l’excellent Max Moran et le superbe batteur néo-orléanais, maintenant, plus Newyorkais, qui a fait ses classes à Nocca (célèbre high school de Nola) : Joe Dyson. Donald Harrison le congratulait avec beaucoup de paternalisme car c’était son dernier concert avec lui. En effet, Joe Dyson se consacre maintenant à sa propre formation à New York. Il présentait son jeune remplaçant (21 ans) très prometteur. Très bon concert.

Géri Allen

Géri Allen

Après quelques coups de soleil, retour à la Jazz Tent pour écouter un magnifique concert de la pianiste Géri Allen entouré d’un autre jeune pianiste de 21 ans qui paraît-il se fait déjà un nom à New York, Christian Sanders.

Christian Sanders

Christian Sanders

Des duos exceptionnels puis Géri Allen lui laissait les commandes du camion sur 2 compositions personnelles, avant de revenir pour quelques solos qui faisaient lever l’assistance. Le guitariste, Russell Malone se taillait, lui aussi, une belle part, certes avec quelques impros de classe et sur une de ses splendides compositions. Une standing ovation récompensait cette très belle prestation, devant … George Wein, créateur de cet événement.

Russell Malone

Russell Malone

Enfin, pour clôturer cette première journée, place encore à un musicien local en la personne du trompettiste Christian Scott qui venait présenter sa stretch music.

Christian Scott

Christian Scott

Accompagné d’un saxophoniste alto Newyorkais, d’un saxophoniste ténor, néo-orléanais, d’un jeune guitariste, lui aussi néo-orléanais que l’on a vu grandir à la Nocca,

d’un très bon batteur et de … Joe Dyson aux percussions africaines,

Joe Dyson

Joe Dyson

Christian Scott dédiait une de ses compositions à sa grand-mère, présente au concert.

Les choix étaient difficiles en cette première journée de festival car, à la même heure, sur d’autres scènes, se produisaient Steely Dan, Janelle Monaé, Sharon Jones and the Dap-Kings, Dwayne Dopsie & the Zydeco Hellraisers, Walter Trout et Shades of Praise … entre autres…

Nola nous voilà !

Par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

What’s up in Nola ?

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Après une journée d’orages, quelques rues très vite inondées, direction « Frenchmen Street où la musique reprenait ses droits et abrité sous un superbe grand balcon, un Brass Band fait hurler soubassophone, trompettes et trombones pour le plus grand plaisir des touristes. Dans les clubs, toujours autant d’effervescence et des musiciens qui donnent sans compter. C’est au Café Négril que débutait la soirée de retrouvailles où la plantureuse Dana Abbott, guitare en mains, reprenait de sa voix de rockeuse quelques standards de Blues et de Rhythm’n Blues avec une énergie toujours aussi impressionnante. A ses côtés, l’excellent Dominick Grillot, saxophoniste spécialiste des aigus  participait amplement au show.

Pour la deuxième partie de soirée, on découvrait un « BMC » (super club) entièrement rénové (bon, ça en avait besoin) et une ambiance encore Blues avec le super guitariste Texan, à la voix de BB King, Ed Wills.

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Nous sommes rassurés car New Orleans est toujours la ville de la musique et de la fête !

Nuit des maîtres de la percussion.         ( Snug Harbor)

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Le célèbre club de Frenchmen street proposait la nuit des maîtres de la percussion. Horacio « El Negro » Hernandez, véritable force motrice de la musique populaire à influence Latine partageait la scène avec un autre musicien de premier ordre, Bill Summers.  Les 2 compères et complices se produisaient en sextet. Clarence Johnson, excellent saxophoniste, prenait avec aisance et virtuosité, des chorus de toute beauté. Le pianiste Oscar Rosingnola s’avérait plus discret mais tout aussi efficace. Chris Severin, un des locaux de cette magnifique formation faisait chanter sa basse à 7 cordes avec beaucoup d’enthousiasme. Aux percussions, un redoutable joueur de conga drums dont j’ai oublié le nom mais pas la performance remarquable et John Wooton qui impressionnait par sa maîtrise du stell pans. Et puis, les maîtres de cérémonie et spécialistes des percussions latino-africaines, Horacio « El Negro » Hernandez à la batterie et Bill Summers faisaient le show avec une virtuosité déconcertante.

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Horacio Hernandez batteur mais aussi compositeur, arrangeur et producteur, s’identifiait par son style unique dans ce domaine de musique « Latin Fusion » mêlant le folklore au jazz, à la pop et au rock d’aujourd’hui. Toujours souriant, il s’amusait à provoquer les autres percussionnistes. Bill Summers est un musicien de premier ordre, spécialiste de tous les instruments traditionnels africains mais aussi de la « pop bottle » comme il le dit si bien. Sa « pop bottle » n’est autre qu’un vulgaire bouteille de bière, piquée aux consommateurs de la table de devant et dans laquelle il souffle pour jouer des mélodies avec humour. Impressionnant ! Petit moment de raillerie quand il montrait son tee shirt,  d’une des formations dans laquelle il évolue : Trumpet Ensemble » à moitié caché par un gilet et dont on ne voyait que … Trump (comme Donald) ! Il avouait ne pas faire de publicité pour lui, bien au contraire. Bref, un bon moment de rigolade. Un autre musicien local était ensuite invité à la fête et c’est le trompettiste Irvin Mayfield (un grammy au compteur)

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qui assurait quelques superbes chorus, duellisant même avec le saxophoniste pour le plus grand bonheur du public qui ne se privait pas de participer en tapant des mains. Pour le répertoire, les classiques du Latin Jazz, à commencer par Manteca et quelques compositions originales d’Horacio qui entraînaient des « battles » de percus et provoquaient des salves d’applaudissements et des cris de joie. 1h45 de bonheur pour ce second set. B Funky monday night !

Soirée de folie au célèbre club « Mapple Leaf » avec le trio du bassiste, co-fondateur des Meters, George Porter Jr.

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Un premier set à 100 à l’heure et un second à 200 à l’heure. Toujours souriant, il délivre, certes des lignes de basse formidable mais il en joue comme sur une guitare, reprenant les mélodies avec brio. Quelle classe !  Un répertoire funk typiquement Louisianais avec des compositions de George Porter Jr dans le 1er set et des reprises dans le second avec notamment un pot-pourri de quelques chansons célèbres de la Nouvelle Orléans dont le public reprenaient, à gorge déployée, les refrains.

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La fête quoi. Le claviériste Mike Lemler faisait quelques belles envolées

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et le jeune monstrueux batteur Terranc Houston, au-delà du soutien qu’il apportait nous gratifiait de solos délirants qui faisaient hurler de joie le public. Bref, une soirée comme on les adore.

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Gregory Agid à la Maison !

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Les rendez-vous du mardi commencent par le Gregory Agid Quartet à « Maison », club renommé de Frenchmen street. Ce jeune et talentueux clarinettiste et saxophoniste anime depuis 5 ans déjà, ce club, tous les mardis soirs. Le club est toujours bondé et les 4 compères se régalent et nous régalent en interprétant les morceaux de leur CD et quelques uns du prochain qui sortira en fin d’année. Quelques standards se glissent dans ce répertoire basé en partie sur un hommage à ce maître de la clarinette, compositeur et professeur de Gregory qu’était Alvin Battiste. Le second set était l’occasion d’organiser une jam où J. Ross (nominé pour un Grammy) prenait place à la batterie. Il caressait les peaux avec une dextérité déconcertante, avec finesse et intelligence et le public ne s’y trompait pas. Un très bon moment. Vivement mardi prochain.

Amanda fait son show !

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Musique à Lafayette square et ce soir, c’est une pile électrique d’1m50 seulement avec un talent incontestable qui anime le magnifique podium. Amanda Shaw est une violoniste, chanteuse Louisianaise de 25 ans qui a pour répertoire, la musique Cajun. Formidable show woman, elle sautille sans arrêt, en chantant et jouant du violon pendant 1h30. De sa voix nasillarde et aigue, elle interprète ses compositions et quelques standards Cajun que le public, venu très nombreux, reprend en cœur. Elle innove en proposant une musique cajun électrisée aux parfums de rock. Eh bien entendu, même sur l’herbe … les gens dansent. Une artiste et un style de musique à découvrir, surtout pour ceux qui ont des fourmis dans les pieds.

 

Le Jazz au paradis

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Deuxième partie de soirée au Café Negril avec une formation tonitruante « Jazz in Paradise » qui reprend des chansons célèbres de la musique néo orléanaise à la sauce funky. Quelques titres de l’incontournable XXXXX sur un rythme effréné avec une section de cuivre détonante : 3 trompettes, 1 trombone, 1 sax baryton et 1 sax ténor qui chante également (Dominick Grillot), soutenue par un excellent batteur, 1 bassiste, 1 guitariste et 1 très bon pianiste franco-américain (Jérémy Habegger). C’est tous les jours la fête de la musique sur Frenchmen street !

C’est parti pour le French Quarter Festival 2016 !

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23 scènes réparties dans la ville et une programmation de 11h00 à 19h00 non-stop. Quelques noms que nous avons écouté en ce jeudi : John Boutté, chouchou des néo orléanais et son auditoire d’inconditionnels, Ellis Marsalis (le papa de la célèbre fratrie), l’excellent trompettiste et showman Kermit Ruffins, le bluesman local Johnny Sansone, le remarquable guitariste (à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas) Sonny Landreth, les indiens de Cha Wa et enfin, l’un des maîtres du funk local, avec son gros funk, son gros son : John « Papa » Gros. Avec la chaleur, le public était au rendez-vous, d’autant que c’est entièrement gratuit pendant 4 jours.

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Pour cette deuxième journée du French Quarter Festival, la Soul Queen of New Orleans, Irma Thomas démontrait qu’à 75 ans, elle avait toujours autant de punch et sa belle voix.

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Plusieurs milliers de fans ont pu assister à son show, sous un chaud soleil. Monk Boudreaux et ses Golden Eagles

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avec à l’orgue et au piano électrique, l’excellent Tom Worrell, faisaient danser le public avec des rifs lancinants funky. Les indiens dansant avec leurs somptueux costumes de plumes sont un spectacle à eux seuls. Enfin, sur la scène de Jackson Square, c’est James Andrews (cousin de Trombone Shorty) qui assurait le spectacle.

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Et, croyez-moi, avec le New Orleans All stars qui l’accompagnait, là encore, ça faisait frétiller les gambettes. Pot-pourri des chansons de Treme et des standards à la sauce funky étaient au répertoire et tout le monde chantait et dansait. Que du bonheur !

Choix cornélien pour ce  troisième jour du French Quarter Fest avec ses 23 scènes éparpillées dans toute la ville. Le toujours aussi fringant Little Freddie King déroulait son répertoire de Blues sudiste. Un squelette accrochait au micro rappelait que dans le sud, les croyances Voodoo sont toujours très présentes. Là encore, les indiens venaient chanter et danser sur les rythmes endiablés de cet infatigable Bluesman.

Little Freddie King

Little Freddie King

Les trois toniques trombonistes de Bonerama, remarquablement entourés d’un guitariste, d’un bassiste qui alternait avec son sousaphone et de l’excellent « A.J. » à la batterie, offraient un pop rock particulièrement funky. Formation à découvrir pour ceux qui ne les connaissent pas.

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Nola’s news # 42

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Depuis 1 semaine et l’annonce du décès d’une des figures montantes du jazz de la Nouvelle Orléans, Travis « Trumpett Black » Hill, à l’âge de 28 ans, lors d’une tournée au Japon, tous les jours sont organisées des « second line » (défilé derrière un Brass Band) dans les rues de Tremé. Elles partent toutes du club « Ooh Poo Pah Doo » où Trompett Black animait la scène, tous les lundis. Hier soir, après la second line, c’est le « Cafe Istambul » qui appelait les très nombreux musiciens à se recueillir en musique (on est à New Orleans) et rendre hommage à Travis.

Peinture hommage

Peinture hommage

Un peintre avait réalisé un portrait et l’on pouvait, comme pour un livre de condoléances y apposer sa signature. Le plus émouvant, et j’en ai encore la chair de poule, c’est lorsque le Preservation Hall Orchestra entra dans le club en jouant la fameuse marche funèbre néo-orléanaise.

Preservation Hall Orchestra

Preservation Hall Orchestra

Après quoi, l’hommage commençait toujours en musique, mais cette fois dans la joie avec un morceau qui faisait déjà danser le public. Et, il y avait un nombre impressionnant de gens venus partager avec la famille ce moment de recueillement. Plusieurs « têtes d’affiches » étaient présentes et venaient se produire pendant 30 minutes. Et c’est Walter Wolfman Washington qui commençait cet hommage.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

« Wolfman » jouait et chantait du blues mais aussi 2 thèmes rapides et entraînants. Puis, c’est Brother Tyrone qui prenait la suite et venait chanter quelques standards du rythm’n blues avec beaucoup de ferveur, comme il le fait à chaque représentation.

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Le public se déchaînait, chantait et dansait. Brother Tyrone partageait régulièrement la scène avec Travis à Ooh Poo Pah Doo, ainsi d’ailleurs que le très apprécié pianiste Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Nous étions dans un spectacle comme pouvait le faire James Brown et on oubliait presque pourquoi on était là.

Brother Tyrone Band

Brother Tyrone Band

C’est comme ça à la Nouvelle Orléans, on partage joies et peines, toujours en musique. C’était au tour du « Dirty Dozen Brass Band » de rendre hommage, et on connaît leur entrain. 30 minutes de folies durant lesquelles ils demandaient aux spectateurs de rester debout et de danser.

Dirty Dozen Brass Band

Dirty Dozen Brass Band

L’excellent trompettiste Leroy Jones était venu se joindre a à eux pour une prestation à tout casser.

Leroy Jones

Leroy Jones

Puis, le « Big Sam’s Funky Nation » occupait à son tour la scène pour un moment de frénésie car Big Sam est un showman qui sait « mettre le feu » … et c’est bien ce qu’il a fait. Il a même organisé des chorégraphies depuis la scène que les spectateurs exécutaient.

Big Sam

Big Sam

Et les « Funky Nation » donnaient, comme d’habitude tout ce qu’ils avaient et le public adhérait à cent pour cent.

Big Sam's Funky Nation

Big Sam’s Funky Nation

Le « New Breed Brass Band » poursuivait cet hommage et quand on parle de Brass Band, on parle bien sûr, de musique entraînante et joyeuse, comme pour parader dans les rues.

New Breed Brass Band

New Breed Brass Band

Cette excellente formation devait laisser la place à un autre Brass Band tout aussi important à Nola, le « Brass-A-Holic »

Brass-A-Holic Band

Brass-A-Holic Band 

qui lui aussi jouait cette musique de Brass Band si particulière. Chaque demi heure donc, les groupes se succédaient et l’ambiance n’avait pas le temps de retomber. Corey Henry, autre tromboniste- chanteur, faisait son show d’une intensité incroyable.

 

Corey Henry

Corey Henry

Sa formation s’était étoffée et l’on y retrouvait avec plaisir le saxophoniste Calvin

Calvin

Calvin

et le guitariste June Yamagushi qui donnaient une dimension encore plus importante à cet orchestre.

June Yamagushi

June Yamagushi

J’ai rarement connu une telle ambiance et lorsque Corey Henry et James Andrews (cousin de Travis) faisaient monter sue scène la mère de Trumpett Black pour l’honorer, on atteignait alors le sommet de l’émotion.

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Quoiqu’il en soit, tous étaient là pour honorer Travis et James Andrews, très ému, au bord des larmes se présentait sur scènes avec ses musiciens et chantait et jouait en montrant le ciel du doigt.

James Andrews

James Andrews

Peu à peu, le groupe grossissait sur la scène qui n’était plus assez grande.

une partie de la section de cuivres

une partie de la section de cuivres

James Andrews Band

James Andrews Band

Des éléments de « Bonerama » venaient participer à l’hommage dans une ambiance surréaliste.

Tromboniste de Bonerama

Tromboniste de Bonerama

L’ambiance était à son comble quand les indiens faisaient leur entrée et traversaient le club pour rejoindre la scène en chantant et en dansant.

Indian

Indian

Indian

Indian

Big Chief Bo Dollis Jr était également présent

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Le temps n’avait plus d’importance et tous ces musiciens jouaient avec la ferveur que Travis avait sur scène.

Indian et Bo Dollis Jr

Indian et Bo Dollis Jr

James Andrews avait donc réussi à regrouper tous ces musiciens pour une véritable communion.

James Andrews

James Andrews

James Andrews + invités

James Andrews + invités

Enfin, l’autre cousin de Travis, Glen David Andrews venait lui aussi rendre hommage dans une ambiance qui n’arrêtait pas de monter.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Lui aussi, très ému, invitait le public à chanter et à danser, encore et encore. La longue soirée se terminait avec un chanteur de gospel bien connu à Nola, Josh. Sa voix atteignait des extrêmes dans les aigus.

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

Et comme dans les églises de Louisiane, Josh faisait monter l’ambiance par ces chants de gospel impressionnants

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

et entraînait le public à crier le nom de Trompett Black en finissant allongé par terre. 5 heures de musique pour un hommage extraordinaire, un partage et une solidarité hors du commun. C’est vraiment la première fois de ma vie que j’assistais à un tel événement de cette ampleur, d’une telle intensité et d’une émotion aussi bouleversante. Il fallait bien toutes ces photos pour témoigner de cet hommage. Travis « Trompett Black » allait avoir 29 ans le 7 août prochain. RIP.