Concert de Frank Catalano au Rocher de Palmer

Photographies d’Alain Pelletier

 

Après nous avoir très gentiment accordé un entretien à paraître prochainement dans la Gazette bleue, Frank Catalano est monté sur scène, calme et détendu, accompagné non pas de ses compagnons habituels mais de trois “French guys” avec qui il a répété pendant quelques jours à peine. Le premier, Manu Dalmace, le batteur, est un ami de Frank Catalano qui l’a chargé de recruter les deux autres : à la contrebasse, Jean Bardy, “jambe hardie” nous a-t-il lancé en souriant (et les jeux de mots à deux cents sont d’excellents moyens mnémotechniques) et Patrick Villanueva au clavier. Un accord parfait commentait Frank Catalano. Une histoire d’amitié et de feeling.

Entrevue Action Jazz avec Frank Catalano

 

Feeling swing d’abord qui ne laisse pas les choses comme Duke Ellington les a laissées mais qui introduit des accents coltraniens au saxophone sur “Things as they use to be”. Le saxophone mène la partie et le groupe groove. Au clavier, des frappes de piano mais avec un sustain d’orgue, un mélange des deux instruments pour un voyage détendu alors que le sax s’est tu. Jean Bardy se lance ensuite dans un beau solo avant que le thème ne soit repris par l’ensemble des musiciens.

Catalano au saxophone, J.Bardy à la contrebasse

Saut dans l’histoire du jazz, saut géographique, nous sommes maintenant à Chicago, ville blues, pour une composition originale mais en hommage à l’un des maîtres saxophonistes de Catalano : Eddie Harris. Ca commence par un rythme saccadé, c’est entraînant. Le sax est parfois rauque, rocailleux, le clavier a cette fois-ci un son funk des années 1970. Manu Dalmace se lance dans solo, entrecoupé de relances au saxophone, qui augmente le rythme et qui explore les roulements et les frappes.

Changement d’ambiance pour le morceau suivant que Catalano dédie à sa femme Sona. C’est un blues profond, tendre que le Villanueva étend comme une ballade tandis que le sax reste plus concis, plus groovy aussi, voire orageux sur la fin, avant un retour à la quiétude.

Villanueva au clavier, Dalmace à la batterie, Catalano au saxophone

Différentes couleurs de jazz donc pour ce concert, et même parfois au sein d’un même morceau. Des contrastes aussi : après ce blues tendre, un morceau joyeux et sautillant, mais gentiment tordu et distendu par Bardy pendant son solo avant que Catalano ne se lance dans un chorus épique, très parlant, chaud, entraînant, sonnant très parkérien.

Ce n’est pas toujours l’alternance entre blues doux et thèmes rythmés, non, c’est plus subtil. Une même mélodie peut être dans un équilibre difficile à la fois languissante pour le piano et le sax et sautillante pour la section rythmique. Le saxophone, toujours sensible dans la tristesse ou dans la joie, mêle parfois deux émotions en même temps comme une tristesse rageuse sur “Our love is here to stay” que Catalano jouait lorsqu’il accompagnait Tony Benett.

Mélange d’époques aussi : “Shaken” par exemple, composition originale, commence par un gimmick plutôt rock. C’est un jazz très contemporain soutenu par une contrebasse profonde et qui laisse place à un long solo de batterie bien véhément. Mais le sax au groove rock s’épanche parfois vers un free digne de Coltrane. C’est un peu une histoire du jazz, mais condensé, rapide. Pas un article d’encyclopédie poussiéreuse, non, une histoire vivante et sautillante. Une démonstration en action que cette musique est bien vivante et qu’elle émeut.

En rappel, un des premiers thèmes que Catalano jouait, très jeune, dans les clubs de Chicago. Un thème utilisé par la bande originale du film “Retour vers le futur”. Excellente conclusion pour ce concert. Un retour vers les racines du jazz jusqu’au blues et une propulsion vers son futur, en passant par des périodes teintées de rock ou de funk.Ce concert fut une excellente introduction à l’oeuvre du talentueux Catalano mais aussi une bonne introduction au jazz dans sa variété : contemporain, blues, rock, funk, be bop.

Catalano and his three French guys

Deux envies en sortant du concert : prolonger l’écoute du travail de Catalano en achetant l’un de ses disques, (ré)écouter Coltrane, Parker, Eddie Harris, Tony Benett, parmi les artistes dont il fut question ce soir.

   

Didier Ballan Jazz Ensemble, Saint Jean D’Illac 20/01/2017

Par Dom Imonk, photos Irène Piarou

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L’été dernier, nous avions laissé s’envoler le tapis volant Japam des rives de Chez Alriq, en bord de Garonne, et le voici de retour sur la terre de Saint Jean d’Illac, froide des gelées de janvier, et ravie de se voir réchauffée. C’est la troisième soirée de l’excellent festival Jallobourde, 8° édition, mené avec beaucoup de goût et de persévérance sur quatre communes (Canéjan, Cestas, Saint Jean d’Illac et Martignas), par le passionné Louis Gilly et ses équipes et partenaires. On retrouve donc le bel ensemble jazz du pianiste Didier Ballan. Celui-ci revient d’un voyage en Inde, pays aimé et maintes fois visité, accompagné de Christiane, son épouse vidéaste,  et, pour ce dernier, avec aussi son fils Jéricho, batteur du groupe. Les voici de retour pour un concert dont on pressent déjà que paix et spiritualité en seront les moteurs. Japam s’ouvre par le morceau titre qui en révèle d’entrée le concept. Un doux souffle est murmuré par Émilie Calmé (flûte, bansuri), que nous sommes tous heureux de retrouver en pleine forme, et l’émotion se met naturellement en mouvement, le reste de la troupe la suit, le piano du leader écrit son parchemin, formant de beaux signes et la tension grandit, rythmes qui battent et percutent l’air, alchimie de guitare ensorcelée qui saigne son blues. Ici point de messe, mais une célébration du son, au travers de carnets de voyages, aux vélins noircis et froissés de souvenirs délicieux. Voici alors Egyptomania, le tempo ne faiblit pas, la plume libère son encre qui s’abandonne en des espaces percussifs et enflammés. Grondements associés de batterie (Jéricho Ballan) et de contrebasse (Nolwenn Leizour), modération poétique du piano (Didier Ballan) qui survole l’affectif. Ersoy Kazimov (derbouka, bendir) est époustouflant. Il maintient son instrument qui, éclairé de l’intérieur, voit sa peau former un petit soleil vertical sur lequel dansent ses doigts en de frénétiques chorégraphies, alors que Christophe Maroye (guitare) a encore déchiré l’air de ses éclairs lumineux. Une suite profondément humaniste a su hypnotiser le public, en trois pièces soudées à la vie, à la mort : « Amour », « Kaos », et « Doute ». Trois splendeurs qui décrivent avec force et une infinie tendresse ce qu’est la nature humaine. On passe des humeurs subtiles de l’amour, sa foudre, ses clins d’yeux, ses vertiges, au chaos de la crise, en s’abandonnant à « Doute », probablement l’une des pièces les plus belles de ce projet. Le regard de Didier Ballan sur sa troupe, et sur son fils en particulier, est touchant et fait de lui un « sage » prévenant, présent, au service du groupe ; il est l’un des six, ni plus, ni moins. « Jeru’s dance », hommage au fils, est toujours aussi enjoué et permet à Jéricho Ballan de s’échapper en de précises envolées, et de montrer une fois de plus la flamme et la ferveur qui l’animent, alimentées à n’en point douter, par le récent voyage en Inde. Mention spéciale à la grande qualité de tout le groupe, et à Christophe Maroye en particulier, dont l’excellent « No Turning Back » vient de sortir. Notre ami Ivan Denis Cormier va l’interviewer pour une prochaine Gazette bleue et chroniquera cet album. Ce soir encore, le Didier Ballan Jazz Ensemble a enchanté un public venu en nombre, et qui n’est pas près d’oublier la force collective de Japam ! Revoyons-les vite en concert et, surtout, procurez-vous leur disque, c’est un must have !

Par Dom Imonk, photos Irène Piarou

http://www.didierballan.com/

Christophe Maroye (2) Didier Ballan (3) Didier Ballan (6) Emilie Calme-Nolwen Leizour (2) Ersoy Kazimov Jericho Ballan

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La Gazette Bleue n°18 vient de sortir ! Spécial Yoann Loustalot, les festivals & bien plus !

Bonjour ! Voici la Gazette Bleue N° 18 Sept 2016 !

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C’est Yoann Loustalot qui vous y accueille. On a aussi rencontré Thomas Julienne et Stéphane Séva. Visite au Quartier Libre (Bordeaux) et flashback sur des festivals comme Andernos, Monségur, Respire Jazz et Saint-Émilion. Sans oublier les chroniques de disques et vos rubriques habituelles.

Bonne rentrée et bonnes lectures !

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La Gazette Bleue N°17 vient de sortir ! Spécial Antoinette Trio & plus !

Bonjour à tous ! Voici la Gazette Bleue N° 17 Juillet 2016

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Elle ouvre l’été, avec la belle Julie Audouin d’Antoinette Trio. Une Gazette bleue comme la mer et pleine comme un sac de vacances, avec rubriques, chroniques et agenda.

Nous vous souhaitons beaucoup de bonnes musiques, un bel été et d’excellentes lectures !

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La Gazette Bleue N° 16 vient de sortir ! Spécial Olivier Gatto & more

Hello à tous ! Voici la Gazette Bleue N° 16 Mai 2016!

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Special Olivier Gatto, mais aussi Omar Sosa et Jacques Schwarz-Bart, John Hollenbeck et le Big Band du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud – Officiel, Marie Carrié et Sébastien Iep Arruti. Beaucoup de chroniques, plus vos rubriques habituelles. Merci à toute l’équipe, ainsi qu’aux amis, artistes et partenaires, et à vous chers lecteurs ! Et n’oubliez pas le précieux agenda en fin de Gazette, en pistant bien les pages festivals qui arrivent à grands pas !

 

Bonnes lectures !

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La Gazette Bleue N° 15 vient de sortir ! Spécial Tremplin 2016

Bonsoir à tous !

Voici la Gazette Bleue N° 15 Mars 2016 ! Spécial Tremplin dont Philippe Desmond nous fait retour, ainsi que des entretiens avec Eric Seva et Loïc

Cavadore. Beaucoup de chroniques dont les siennes, ainsi que celles d’Annie Robert, d’Antoine Rodriguez, de Sylvain Cadieux et de Bernard Merle.

Merci à eux, ainsi qu’à Alain Pelletier, Thierry Dubuc, Alain et Irène Piarou, tous les partenaires, et à vous fidèles lecteurs !

Et n’oubliez pas le précieux agenda.

Bonnes lectures !

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La Gazette Bleue N° 14 vient de sortir ! Bonne année 2016 !

Bonjour ! Voici notre Gazette Bleue n° 14, la première de 2016, année que toute la rédaction vous souhaite heureuse et pacifique ! La flutiste Émilie Calmé vous y accueille. Découvrez nos interviews, portraits, chroniques et playlist, ainsi que les dates de belles réjouissances à venir !

Bonnes lectures !

La Rédaction.

Gazette Bleue N° 14

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La Gazette Bleue N° 11 de Juillet 2015 vient de sortir !

L’été est bien là et la Gazette Bleue n°11 aussi ! Il y a de tout , articles divers, comptes rendus de festivals et de la fête de la musique, des chroniques de disques, des infos concerts, festivals et lieux musicaux, Elle est bourrée comme un sac de voyage, alors bonnes lectures et, surtout, bonnes vacances !

Gazette Bleue N° 11

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Voici la Gazette Bleue de Mai 2015, déjà le N° 10 !

Interviews, articles, chroniques de disques, articles et infos relatives aux concerts, festivals et lieux musicaux, Bref, elle est pleine à craquer de jazz, sous toutes ses formes !

C’est par ici : Gazette Bleue N° 10

Le lien PDF se trouve là :

https://blogactionjazz.files.wordpress.com/2015/05/gazettebleue10_mai2015-planche.pdf

Bonnes lectures !

La rédaction.

GZ 10 GRANDE

ANNE QUILLIER 6 TET – Chronique de « DAYBREAK »

ANNE QUILLIER 6TET DAYBREAK

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

Découverts il y a presqu’un an, au Festival Jazz 360 de Cénac (33), nous avions été impressionnés par ce groupe. Anne Quillier nous offrit en avant-première ses compositions, fraîches et modernes, empreintes d’une poésie fine et ciselée, avec par moment un côté enjoué, élégant et pêchu, qui relançait cette belle équipée. Une grande qualité d’écriture que nous retrouvons donc dans ce « Daybreak », sorti en début d’année, et qui a très bien été accueilli par la critique. Neuf compositions, aux climats variés, qui se succèdent et comblent nos appétits. Les influences évoquées par le groupe sont de haut vol et on les y ressent. Citons par exemple Wayne Shorter, Ambrose Akinmusire, David Binney, ainsi que Vijay Iyer et Aaron Parks, deux pianistes qui se voient dédié un morceau chacun, « Dance with Robots » pour le premier et « Aaron’s piece » pour le second. Tous les titres émeuvent, mais certaines compositions plus que d’autres, comme « Ondes de choc » ou « Lost continuum », qui ont une profondeur particulière. La qualité de jeu des musiciens est de premier plan, ils ne furent pas lauréats du concours national de Jazz de la Défense pour rien ! Nous sommes définitivement conquis par Anne Quillier, qui excelle au piano et au Fender Rhodes, guettant toute opportunité, ainsi que par ses complices, Aurélien Joly (tp, bu), Grégory Sallet (saxes), Pierre Horckmans (clarinettes), Michel Molines (contrebasse) et le drive de batterie, presque rock par moment, de Guillaume Bertrand. Une chose est sure, si cet album n’est que « l’aube » (Daybreak), alors attendons impatiemment la journée qui la suivra !

Par Dom Imonk

https://labelpinceoreilles.bandcamp.com/album/daybreak

Label Pince Oreilles