Jazz à Caudéran : Capucine / Eric Séva « Body & Blues »

photos Thierry Dubuc.

Et voilà, le premier festival « Jazz à Caudéran » est fini, déjà. Une soirée de clôture magnifique.

Le niveau des pré-ventes le laisser présager et c’est ainsi que la Pergola a vite affiché complet pour ces deux derniers concerts. Pour une première édition la fréquentation est au delà de toutes les espérances.

Capucine

A Capucine, les lauréats du Tremplin 2017 le soin d’ouvrir la soirée. Ces jeunes du CNR – école proche des Capucins d’où le nom du groupe – ont depuis leurs succès tourné dans pas mal d’endroits et de festivals. Leur set est vraiment très au point et leur fraîcheur intacte. La couleur donnée par l’association de la guitare de Thomas Gaucher et du vibraphone de Félix Robin est maintenant une signature reconnue.

Thomas Gaucher

Felix Robin

Louis Laville à la contrebasse et Thomas Galvan à la batterie, en parfaite osmose avec eux, apportent leur touche d’énergie à cette musique moderne qui a bien digéré les références indispensables du jazz.

Louis Laville

Thomas Galvan

L’humour n’est jamais loin avec des titres de morceaux originaux faisant référence à un de leur restaurants favoris ou encore aux ronflements d’un fêtard endormi sous la fenêtre du guitariste. Ils jouent très sérieusement mais ils ne se prennent pas au sérieux. Ne changez pas les gars c’est comme ça qu’on vous aime.

Voilà maintenant « Body & Blues » le si beau projet d’Eric Séva. Nous avions eu la chance de suivre la résidence de ce projet en janvier dernier au Rocher de Palmer puis d’assister au concert et nous étions impatients de le revoir. D’autant que le CD est sorti tout récemment attisant notre envie d’entendre ces compositions originales sur scène. Nous n’avons pas été déçus !

Eric Séva

Quel concert, quelle qualité musicale ! Eric Séva a mis tout son riche univers dans ce projet, un hommage à la musique source, le blues.

Eric Séva 2

Entouré de ses fidèles et remarquables Manu Galvin (guitare),

Manu Galvin

Christophe Wallemme (basse et contrebasse) et Stéphane Huchard (batterie) Eric Séva nous fait découvrir un tout jeune et prometteur pianiste Noé Huchard (le fils) lancé dans le grand bain avec la bienveillance visible des anciens.

Noé Huchard

Au chant Michael Robinson ; peut-être ce nom ne vous dit-il rien mais quand j’aurai précisé qu’avec trois autres compères ils forment l’actuel Golden Gate Quartet, vous aurez une idée de la stature du personnage…

Michael Robinson

Michael Robinson 2

Un concert plein, lumineux, chaleureux qui a chaviré ce public de la Pergola qui a fini debout.

Mais la soirée n’est pas terminée et comme à la fin d’une aventure du célèbre petit gaulois, tout le monde se réunit autour de victuailles et de nectars délicieux dans le foyer voisin. La Mairie de Caudéran , l’Association des Commerçants et les autres partenaires* ont très bien fait les choses et c’est dans une ambiance joyeuse que tous, organisateurs, public et musiciens, peuvent ainsi échanger leurs impressions sur cette soirée et plus généralement sur le festival. Un seul mot d’ordre : il faut recommencer l’an prochain ! Je pense que c’est en bonne voie…

Merci au public d’être venu si nombreux, merci à notre maître d’ouvrage la Mairie de Bordeaux et ses services et à ses deux initiateurs Pierre Lothaire et Fabien Robert, merci aux partenaires, merci aux musiciens si talentueux, merci aux techniciens, merci aux bénévoles d’Action Jazz, à leur chef d’orchestre Alain Piarou et son assistante Irène.

On se dit à l’année prochaine même époque ! Mais suivez l’actualité du jazz sur www.actionjazz.fr qu’on puisse quand même se revoir avant !

* partenaires : Association des Commerçants Caudéran Centre, Café de la Place, Carrefour Market Ferry, Château Larose-Trintaudon, CIC, Investimo, Vivre à Caudéran, FIP Bordeaux.

http://blog.actionjazz.fr/so-very-blue-eric-seva-en-residence-au-rocher/

http://blog.actionjazz.fr/body-and-blues-deric-seva-le-concert/

Body-and-Blues

Photo Philippe Marzat

Jazz à Caudéran : Atrisma / MT4

photos Thierry Dubuc.

La Pergola, vendredi 10 novembre 2017.

Le week-end en pente douce

Des mois de réflexion et de préparation et déjà deux jours sur trois de passés !

Soirée cool hier soir, pour les bénévoles d’Action Jazz d’abord, pas grand chose à remettre en place, presque rien à ranger…

Mais surtout soirée cool musicalement avec deux groupes pleins de délicatesse.

TDBK3999-Modifier

Alain Piarou nous présente de façon très paternelle le trio Atrisma, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015. Ces trois jeunes musiciens issus du Conservatoire National de Région de Bordeaux sont bien soutenus par notre association ce qu’ils auront l’élégance de souligner. Sur des compositions de Vincent Vilnet (piano, synthé, moog, effets) le trio va proposer son univers plein de délicatesse et de modernité.

TDBK3989-Modifier

Johary Rakotondramasy n’est pas un guitar hero, il caresse sa guitare plus qu’il n’en joue, il en tire des sons subtils et chauds souvent en retenue mais toujours mélodieusement.

TDBK3900-Modifier

Même chose pour Hugo Raducanu à la batterie avec laquelle il fait plus de musique que de percussions, en jouant avec finesse mais aussi modernité par un usage intelligent de pads électroniques.

TDBK3956-Modifier

Le lunaire Vincent virevolte d’un clavier à l’autre, du beau piano à queue aux synthés les plus modernes. Musicalement on est vite pris dans un cocon d’émotions, de la joie à la mélancolie. On pense à Satie, à Pierre Henry à d’autres. Prise de risque pour ces jeunes musiciens qui n’ont pas choisi la facilité au grand bonheur du public surpris et sous le charme comme les commentaires de l’entracte le confirmeront. Pour les initiés une confirmation que ce concert d’hier.

TDBK3869-Modifier

A l’entracte un ami me confie qu’il lui manquait quand même la contrebasse ; attends un peu tu vas être servi…

TDBK4005-Modifier

Au tour de MT4 de faire connaissance avec le public. Que cache ce drôle de nom ?Certains comme nous on connu MC5 mais vraiment rien à voir. MT c’est Marc Tambourindéguy qui comme son nom l’indique n’est pas breton et comme il ne l’indique pas, joue du piano ; 4 parce que quartet tout simplement. Marc est aussi la cheville ouvrière de « Jazz sur l’herbe » le festival d’Anglet au Pays Basque. Mais ce soir il est pianiste et ravi du beau piano qui lui est proposé ; c’est Alain Claudien qui a fourni l’instrument dont vous pouvez lire le portrait dans la dernière Gazette Bleue #25 de novembre.

TDBK4051-Modifier

Avec Marc, Pascal Ségala à la guitare, le bordelais Pascal Legrand à la batterie et Jean-Luc Fabre à la contrebasse ; mon ami est sauvé. Le public aime les étiquettes pour définir ce qu’il va entendre alors allons-y. Disons que l’univers de MT4 peut s’approcher de celui de Pat Métheny dont Pascal Segala a d’ailleurs écrit une jolie biographie.

TDBK4014-Modifier

Musique délicieusement élégante, mélodieuse, romantique parfois, toujours pleine d’harmonie. Des improvisations qui ne sont pas prouesses mais émotion, une musique qui vous enveloppe délicatement, confortablement . La voix fredonnante de Marc rajoute cette couleur humaine à ce jazz déjà chaleureux. Régal du piano en son naturel, de la guitare aux cordes pincées avec suavité, de la batterie caressée mais pas que, de ce son si rond et profond de la contrebasse.

TDBK4047-Modifier

Finir la semaine, trépidante pour beaucoup, dans cette ambiance là est vraiment une offrande, un début de week-end en pente douce.

TDBK4041-Modifier

Tiens à propos de pente, celle de la scène caractéristique des plateaux de théâtre. Elle est si prononcée que Jean-Luc Fabre en perdait ses repères aux balances, la position de la pique de l’instrument étant plus basse que d’habitude et modifiant ainsi son équilibre, surtout pour les accords aigus sur lesquels il se penche. Le diable est dans les détails.

Et nous voilà donc au troisième jour du festival avec un plateau de choix encore.

Les gagnants du Tremplin Action Jazz 2017 d’abord, les bordelais de Capucine tous issus du CNR avec leurs compositions originales la guitare de Thomas Gaucher et le vibraphone de Félix Robin dialoguant sur la rythmique de Louis Laville à la contrebasse et de Thomas Galvan aux baguettes. Un répertoire qui vit, qui s’étoffe en public, encore un groupe de la nouvelle génération à découvrir.

Final en beauté avec Eric Séva et son projet « Body & Blues » pour un concert coïncidant avec la sortie de l’album du même nom. Un CD superbe que vous pourrez faire dédicacer ce soir. Au tour d’Eric Séva et de ses saxophones, Noé Huchard (piano), Manu Galvin (guitare), Christophe Wallemme (contebasse), Stéphane Huchard (batterie) et Michael Robinson (chant) que des pointures ! Hommage au blues la musique source avec une musique d’une grande richesse.

Et toujours l’exposition dans le hall des photographes d’Action Jazz.

Places sur www.actionjazz.fr

A ce soir ! Il y aura même une petite surprise gourmande à la fin…

Retouvez sur ce blog les articles sur tous ces groupes en tapant leur nom dans la case rechercher.

https://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n25-novembre-2017/

« Jazz à Caudéran » première !

Voilà une bonne nouvelle, la ville de Bordeaux par le truchement de son satellite Caudéran organise un festival de jazz tout simplement intitulé « Jazz à Caudéran ».

affiche jazz caudéran

Le maire de quartier Pierre Lothaire et l’adjoint à la culture Fabien Robert se sont naturellement rapprochés d’Action Jazz pour les conseiller dans la programmation et les aider dans l’organisation. Comme le précise l’affiche, d’autres partenaires participent à la naissance de cet événement dont nous espérons tous la pérennisation.

Ainsi notre association dans son rôle de promotion des jeunes talents mais aussi dans celui du rayonnement régional du jazz a accepté avec joie cette proposition.

C’est ainsi que trois soirées se tiendront dans la magnifique théâtre Art Déco de la Pergola, en plein centre de Caudéran, derrière l’église et la mairie.

Trois récents lauréats du Tremplin Action Jazz seront présents, Tom Ibarra et son nouveau groupe, le trio Atrisma et Capucine vainqueur en 2017. Tous ces jeunes artistes ont déjà joué sur de grande scènes et dans des lieux prestigieux, de Marciac à Saint-Emilion en passant par Paris pour certains.

Un groupe de Caudéranais et surtout une formation quasi historique du jazz bordelais ouvrira le festival le jeudi , Affinity Quintet.

Venu du Pays Basque, mais avec un batteur bordelais pour l’occasion, MT4 jouera le vendredi.

Enfin pour clore en beauté la manifestation le très beau projet du néo Marmandais Eric Séva entouré de musiciens parisiens plus que renommés comme lui dans le milieu du jazz.

Une programmation de très grande qualité et tout cela pour un prix très doux, surtout, et c’est ce que vous allez faire, vous venez les trois soirs !

Et il y aura de quoi trinquer en admirant l’exposition de photos de nos artistes d’Action Jazz !

Programme détaillé ci-dessous ainsi que des liens vers des articles récents du Blog Bleu.

On vous attend !

Programme détaillé

JEUDI 9 NOVEMBRE 

20h30

Affinity Quintet

DSC7579_GF

Photo Philippe Marzat

Près de trois décades après sa formation, l’Affinity Quartet trouve un souffle nouveau et opère une mutation en quintet proposant un jazz au goût du jour via un répertoire de compositions originales mais aussi de reprises. L’arrivée d’un trompettiste voyageur, Mikaël Chevalier et celle d’un nouveau saxophoniste fraîchement débarqué dans la région, Pascal Faidy injecte une énergie différente à ce quartet mythique de l’horizon aquitain.
Francis Fontès : piano
Mickael Chevalier : trompette
Philippe Valentine : batterie
Dominique Bonadei : basse
Pascal Faidy : saxophones

Tom Ibarra Group

TDBK1573-Modifier-Modifier

Photo Thierry Dubuc

À tout juste dix-huit ans, Tom Ibarra fait déjà figure de nouveau phénomène du jazz hexagonal. Attirés par son talent, des artistes de renommée internationale l’invitent sur scène à différentes occasions. Détenteur de plusieurs prix, il invite le public à découvrir ici l’univers de son deuxième album, Sparkling, enregistré au studio Cryogène à Bègles. Cet opus sortira au début de l’année 2018.
Tom Ibarra : guitare & compositions
Jeff Mercadié : saxophone
Auxane Cartigny : claviers 

Antoine Vidal : basse
Pierre Lucbert : batterie
www.tomibarra.com

VENDREDI 10 NOVEMBRE 

20h30

Atrisma

16996330_1909309126011867_393638530877363528_n
Formé en 2014, Atrisma est un groupe de jazz progressif délivrant un univers tout en rupture empreint à la fois de passion et de délicatesse. Passant d’un rythme à l’autre, Atrisma dévoile, tout en simplicité, une musique captivante qui emporte le public dans un voyage teinté de joie et de mélancolie. Le premier album du groupe, Aurosmose, résume l’idée de l’aurore et de l’osmose. Considérant la musique comme une école de la vie, Atrisma évolue au fil de ses expériences.
Vincent Vilnet :claviers
Hugo Raducanu : batterie
Johary Rakotondramasy: guitare
www.atrisma.com

MT4

14046124_1678543329034860_4082300766666085405_n
Un jazz aérien, suave, romantique où s’entremêlent mélodies délicieuses, riches harmonies, et improvisations hautes en couleurs. Marc Tambourindéguy, pianiste et leader du quartet mt4, va parfois chercher au fond de notre inconscient musical des phrases qui nous semblent venues des profondeurs de l’évidence, celle qu’on a souvent oubliée avec trop de facilité.
Marc Tambourindéguy : piano, voix, compositions
Pascal Ségala : guitare
Pascal Legrand : batterie
Jean-Luc Fabre : contrebasse
www.mt4.fr


SAMEDI 11 NOVEMBRE 

20h30


Capucine

L1090066-Modifier-Modifier

Photo Thierry Dubuc

En Janvier 2017, Capucine remporte le tremplin Action Jazz et se voit ainsi décerner le « Grand prix du jury ». Le quartet développe un répertoire aux influences variées, tantôt par les musiques du monde tantôt par le post bop des années 60/70. Les compositions, écrites par Thomas Gaucher, sont marquées par des sonorités aériennes orientées vers l‘esthétique du jazz moderne. Elles font référence à des anecdotes, à des lieux ou à des personnages chers aux membres du groupe, donnant un aspect chaleureux et convivial à la musique de Capucine.
Thomas Gaucher : guitare
Félix Robin : vibraphone
Louis Laville : contrebasse
Thomas Galvan: batterie
http://capucinemusic.com/

Eric SEVA : « Body & Blues »

DSC03098_GF

Photo Philippe Marzat

Après deux albums signés sur le label le Chant du Monde chez Harmonia Mundi, puis « Nomade Sonore » (Disque choc 2015 Jazz Magazine) sur le label Gaya, Éric Séva, musicien atypique, poursuit sa route avec ce quatrième opus « Body and Blues » consacré au blues et à la note bleue. Dans ce nouveau projet d’enregistrement et de scène, il puise l’essence même de sa propre sensibilité, de sa propre histoire. Entouré d’un panel impressionnant de musiciens dont le passé confirme la familiarité avec les racines du jazz, Éric Séva compose un nouveau répertoire.
Eric Séva: saxophones baryton, soprano, sopranino, compositions
Noé Huchard, piano
Manu Galvin, guitares
Christophe Wallemme, basse, contrebasse
Stéphane Huchard, batterie, percussions
Michael Robinson, voix
http://ericseva.com/

Tarifs :

Plein : 15 € 
Réduit : 10 € (– 12 ans, demandeurs d’emploi, étudiants, adhérents www.actionjazz.fr
)
Pass 3 jours : 35 €
Pass 2 jours : 25 €

Billetterie en ligne sur Weezevent

Renseignements: 05 56 47 36 69 – 05 24 57 68 40

Liens vers des articles récents du Blog Bleu : d’autres articles sur le blog, utiliser la zone de recherche

http://blog.actionjazz.fr/affinity-quartet-caillou-16062017/

http://blog.actionjazz.fr/encore-un-cran-au-dessus-pour-le-tom-ibarra-group/

http://blog.actionjazz.fr/atrisma-et-edmond-billal-au-rocher-dune-pierre-deux-coups/

http://blog.actionjazz.fr/capucine-au-festival-jazz-et-garonne-de-marmande/

http://blog.actionjazz.fr/eric-seva-a-villeneuve-sur-lot/

Logo

Eric Seva à Villeneuve sur Lot

Texte Patrick Braud, photos Philippe Marzat

Eric Seva, Théâtre Georges Leygues, Villeneuve-sur-Lot, le mardi 7 mars 2017

            C’est au théâtre Georges Leygues de Villeneuve-sur-Lot qu’eut lieu le troisième concert du nouveau projet du saxophoniste et compositeur Eric Séva. C’est un concert pour remercier le théâtre et sa ville qui ont soutenu ce projet de retour vers les racines du blues, et bien sûr, un concert pour présenter généreusement ces nouvelles compositions au public. On remarque qu’Eric Séva n’est pas avare en remerciements et qu’il tient à faire savoir que des soutiens institutionnels ou associatifs lui sont importants.

            Le théâtre Georges Leygues est un théâtre à l’italienne, et ce soir-là, en pleine semaine, le public remplit deux balcons sur trois et presque tous les fauteuils d’orchestre. La scène est complètement occupée par le quintet. C’est un théâtre de l’époque de l’art moderne : il est rigide, ses colonnes sont massives. Les sonorités cool du blues de ce soir lui feront du bien. Il avait besoin de rondeur et d’un côté plus chaleureux.

             Noir dans la salle, une lumière rouge se pose en douceur sur les artistes. Le piano, la guitare, le saxophone, la basse et la batterie se mêlent à l’unisson. C’est entraînant et cependant plutôt doux. Saxophone et guitare se confondent, prennent une place de leader en commun, puis se séparent sans se diviser, c’est un dialogue au sous-entendu rock. Normal, ce « Monsieur Slide » est inspiré du travail d’Eric Séva avec Chris Rea. L’ensemble des instrumentistes reprennent le thème, puis, comme pour se présenter, chacun à son tour entame un rapide chorus.

            A peine un souffle, et nous sommes pris dans des mesures chaloupées. Stéphane Huchard, à la batterie est discret mais efficace et ses effets sont variés : caresse des balais, frappe des baguettes.

Manu Galvin fait s’envoler sa guitare en multiples croches dans un long chorus efficacement soutenu par tous, sauf le baryton de l’équipe. Car, oui, Eric Séva joue du saxophone baryton. Ce n’est peut-être pas le mal-aimé de la famille des sax, mais ce n’est assurément pas le plus commun. C’est une distinction discrète de l’artiste. Et s’il n’est pas avec la guitare, c’est qu’il prenait ses forces pour se lancer en second dans un long chorus. Non seulement, Eric Séva a choisi l’originalité du baryton, mais en plus, les effets de souffle et les touches ne lui suffisent pas. A la pédale, il met en sourdine son sax avant de le rendre plus éclatant, il joue de plusieurs effets difficiles à décrire mais qui augmentent les possibilités sonores de son instrument. Invention et discrétion : aucune esbroufe à ces effets, juste des possibilités majorées. Discrétion toujours, s’il assure un chorus, il n’est pas le leader devant lequel les autres musiciens doivent s’effacer, non, non. D’ailleurs, le troisième chorus est pour le claviériste Christophe Cravero qui joue des notes de cristal. On entend un grand titre de blues, mais non, mais non, il est tout « miniscropic » annonce le saxophoniste qui a repris un mot de son petit garçon pour le titre. Il y a assurément de la tendresse dans ce thème.

 

            Le titre suivant est assurément cool, la batterie est presque nonchalante, et pourtant bien efficace et précise. Un équilibre qui témoigne de la maîtrise de l’instrument. La guitare, elle, est plus incisive. Comme tout à l’heure, elle lance le premier solo. Mais, comme précédemment, chaque instrument a sa place. Et même, on sent que les musiciens s’amusent, qu’ils profitent de leur liberté. Ils se lancent des phrases, se répondent, et toute cette joie entraîne le public, qui, à chaque morceau, applaudit généreusement.

            De très beaux morceaux de blues jazzy. Mais pour ce projet de retour à la racine, au blues, il fallait plus que des instruments : le blues, c’est un chant, c’est un cri. Eric Séva a donc le bon goût d’inviter Michael Robinson sur scène. Il ensoleille de sa voix douce et chaude, deux blues.

Le premier, blues archétype, pour lequel  Manu Galvin sort des larmes de sa guitare, ce qui provoque une vive émotion dans le public.

Le sax, soprano, traduit la douleur du chant en notes. Le deuxième se joue en trio : la voix est céleste, la guitare rythmique et terrienne et le soprano follet et aérien. C’est l’histoire, que l’on imagine tragique, de « Marie-Angélique ». Si la plainte s’entend, ce qui résonne encore quelques jours plus tard, c’est le refrain si bien exprimé par le chanteur. S’il quitte la scène c’est pour mieux revenir interpréter, en rappel, en cadeau, un texte inédit de Claude Nougaro mis en musique par Eric Séva : « Ici », une émotion et un attachement au pays cathare.

             Même s’il n’est pas chanté, le blues peut être politique. Le effets de souffle et d’écho du baryton, le martèlement d’une cymbale donne la saisissante impression d’un train au départ. Un « Train clandestin », celui que les Noirs du Sud prenaient pour s’échapper dans le Nord des Etats-Unis, là où l’esclavage était aboli. Chaque instrument prend le train. Paysage baryton, paysage soprano. La batterie récite un conte africain d’espoir et de révolte. Un sax joyeux et plein d’espoir lui répond. Du  futur album (il faudra patienter jusqu’en octobre), c’est ma composition favorite. Elle est enrichie de riches improvisations ce soir.Trois autres titres s’enchaînent, toujours enrichis de ses multiples échanges entre les instruments ou de riches chorus, dont deux, le premier à la basse électrique, le second à la contrebasse, de Christophe Wallemme, peut-être resté plus en retrait que ses compagnons lors de ce concert.

 

            Le public est ravi, heureux. Et généreusement, le groupe lui offrira trois titres en rappel, dont, belle conclusion, une « Georgia on my mind », presque soul.

 

La Gazette Bleue N° 21 vient de sortir ! Bon printemps à vous !

Bonjour !

Voici la Gazette Bleue N°21 • Mars 2017 et ça repart !

Avec Roger « Kemp » Biwandu qui se livre et « Three », puis tout sur le colloque an 1 et le 5° tremplin, mais aussi Philippe Méziat et le T4S, Post Image (30 ans !), Benoît Lugué « Cycles », Éric Séva, Franck Dijeau, et bien d’autres, + chroniques cd et agenda & more !

Bref, le printemps sera chaud !

Bonnes lectures !

« Body and Blues » d’Eric Séva : le concert.

Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Le Rocher de Palmer, vendredi 13 janvier 2017.

15940933_1244770638922513_7127123475002345955_n

Ce concert, pour nous, était un peu spécial car mardi dernier nous avions eu la chance d’assister à une séance de répétition du projet du saxophoniste et compositeur Eric Séva, « Body and Blues », lors de sa résidence au Rocher de Palmer (voir article précédent du blog) et nous allions en voir l’aboutissement. Autant dire de suite que nous avons été émerveillés. Entre mardi et cette musique qui commençait à sortir du moule, encore brute, pleine de bavures et hier soir l’œuvre finale parfaitement ajustée, polie dans les moindres recoins, il y avait eu un travail fabuleux. On l’oublie ou on ne le sait pas, mais la musique n’est pas que talent et virtuosité de l’instrument, la musique, la bonne, est aussi le fruit d’efforts, de travail, de prises de risque, d’essais. Et l’aisance affichée des musiciens sur la scène de la 650 n’était que la conséquence de tout cela.

Après une intro aérienne et parfois évanescente, utilisant quelques effets d’électro, la couleur blues du projet est tout de suite apparue. Eric Séva au sax baryton, dont il est un maître, a très vite engagé un duel avec Manu Galvin et sa guitare pour cette composition nommée « Mister Slide ». Sacré saxophoniste et sacré guitariste. Le concert est lancé instantanément, on est de suite dans le vif du sujet, ce beau sujet qu’est le blues, musique mère par excellence comme nous l’expliquera Eric Séva avec la douce et élégante élocution qui le caractérise.

DSC02162-2_GF

Dans « Mini Scopy Blues », un blues boogie, le dialogue démarre très vite entre Eric Séva et son baryton aux effets électroniques, dont une pédale wah-wah, et Christophe Cravero au piano, le ton monte, le son monte – à noter la parfaite sonorisation du concert – c’est beau. Le drumming de Stéphane Huchard tout en contraste est remarquable, à entendre et à voir.

DSC02205-2_GF

« A Gogo » enchaîne sur un rythme funk-cajun (?) avec les riffs de guitare jamesbrowniens sur un tapis énorme de contrebasse aux mains de Christophe Wallemme. La clarté cristalline du piano arrive à s’extraire de ce gros son, c’est superbe. Ces cinq musiciens que nous avons devant les yeux c’est une énorme chance pour nous, des références absolues dans leur catégorie, associés ici pour la première fois à l’initiative d’Eric Séva et de Sébastian Danchin son directeur artistique. Un coup de maître.

DSC02460-2_GF

Et pourtant nous ne sommes pas au bout de notre contentement car arrive sur scène pour deux titres, un bluesman, un vrai, un pur, Harrison Kennedy dont l’aura se répand instantanément dans la salle. Deux notes d’harmonica, trois mots chantés et on a compris à qui l’on avait affaire : un grand ! Eric au soprano et Harrison vont nous embarquer dans un blues lent et profond ; on y est ! On y est encore plus avec le titre suivant joué en seul duo très roots soprano/banjo, la voix chaude d’Harrison provoquant des frissons de bonheur.

DSC02105-2_GF

« Train Clandestin » nous les avions vus le travailler mardi et là nous en sommes pantois ! Quelle différence entre la version brute et celle-ci, un monde. Tours de passe-passe du baryton et de la batterie pour nous figurer le train qui s’ébroue, et qui une fois lancé parcours grâce à la légèreté du piano ces paysages dégagés. Le duel final des bielles manivelles de Stéphane Huchard donnant petit à petit leur pleine vapeur avec le baryton d’Eric Séva est une réelle trouvaille.

« Bivouac » une jolie ballade fait retomber la pression ; les morceaux lents sont peut être ceux où l’on ressent le mieux l’unité du groupe et il suffit de capter quelques gestes d’amitiés et de contentement entre les musiciens pour ici la vérifier. La tension va monter au gré des chorus de chacun. On avait oublié que la basse électrique était aussi une guitare, Christophe Wallemme nous le rappelle avec talent. Christophe Cravero n’est pas en reste quant à Manu Galvin il vous arracherait des larmes avec la plainte de sa guitare. Au sax soprano Eric Séva excelle aussi, il en sort un son très pur plein d’émotion.
DSC02012-2_GF

« Body and Blues » plein de délicatesse nous montre aussi le talent d’Eric au sax sopranino, le plus petit de la famille. Curieusement Eric Séva ne joue pas, ou rarement, d’alto et de ténor, préférant ce grand écart instrumental.

« Red Hat » un gros blues pour finir, ou presque, ovation, tapage, vivas et rappel avec le retour d’Harrison Kennedy pour « I Feel Good » qu’il nous fredonne ? Non, pour la ballade des ballades, dans laquelle il endosse avec respect les habits de Ray Charles qui lui vont comme un gant, « Georgia » ; une version magique, vocalement et instrumentalement.

15978017_1244770682255842_2599412275161020726_n

Un blues dynamique pour finir avec une salle debout et un bonheur partagé entre le public et les musiciens qui avoueront après le concert leur grande satisfaction de la réussite de ce projet.

DSC02560-2_GF

Dire qu’il restait des places dans la 650 alors que le concert était gratuit !

Le groupe rentre en studio la semaine prochaine pour enregistrer le CD « Body and Blues » dont tous les présents d’hier attendent la sortie avec impatience. On reparlera de tout cela dans la Gazette Bleue de mars.

www.ericseva.com

 

« Body and Blues » – Eric Séva en résidence au Rocher.

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Mardi 10 janvier 2017, Rocher de Palmer

« Pourquoi vous aimez la musique ? » Drôle de question, vaste question ! La personne interpellée s’en tire par une pirouette : « Et toi tu aimes manger ? Oui, alors pourquoi aimes tu manger ? » C’est Eric Séva qui répond à une enfant d’une classe d’un collège voisin présente à cette répétition, plus précisément à cette résidence de préparation du nouveau projet du musicien « Body and Blues ».

resized_dsc01520_gf

Les enfants mesurent-ils le privilège qu’ils ont d’être ici, aux premiers rangs de la 650 du Rocher de Palmer. Ils assistent tout comme nous à la naissance d’une œuvre, d’un spectacle.

La veille encore, tout n’était que notes sur des partitions, en papier ou numériques. Chacun avait certes déchiffré et travaillé dans son coin les compositions originales du créateur du projet, le saxophoniste Eric Séva, mais rien n’était encore en place.

dsc01361_gf

 

Ils sont cinq musiciens pour le moment à travailler sur la scène, six avec le directeur artistique dont la part de travail n’est pas du tout négligeable ! Eric Séva donc, Christophe Cravero aux claviers, Christophe Wallemme à la basse et contrebasse, Stéphane Huchard à la batterie et Manu Galvin à la guitare.

« Vous êtes connus ? » demande ingénument un enfant. « Pas vraiment par le grand public pourtant celui-ci nous a certainement déjà entendus, car les uns et les autres il nous arrive d’accompagner Renaud (murmures d’admiration des jeunes), Sanseverino, Zaz (re-murmures), Lambert Wilson… Nous sommes surtout des artisans » enchaîne Stéphane Huchard, « pas connus mais reconnus dans la profession ce qui pour nous est plus important. »

dsc01619_gf

Ils sont tous en effet de sacrés musiciens et si Eric les a choisis ce n’est pas par hasard. Au delà du talent le premier critère, important pour lui, c’est l’amitié et l’estime réciproque. Deuxième critère les influences de chacun, leur polyvalence, leur ouverture musicale.

Qu’il est intéressant d’assister à ce dialogue entre eux lors de la naissance des titres. L’un propose un chorus, l’autre un riff de guitare « Ah oui c’est bien ça, tu peux le refaire », un changement de tonalité. « Là c’est un peu long », « Oui » confirme Sébastian Danchin le directeur artistique. « On le refait plus court mais on garde ton intro » ; « Ce dialogue au milieu je ne le sens pas, je n’ai pas l’habitude en plus j’avais une clé du baryton collée, excuse moi» déclare Eric plein de doute, « Mais si insiste c’est très beau et original ». Ils le refont et ça fonctionne parfaitement. Un petit tour vers l’ordinateur pour vérifier si c’est la bonne version de la partition. Une hésitation entre le soprano ou le sopranino, on essaye, on tranche. Pendant les temps morts chacun travaille sa partie sans amplification, discrètement. Un rire par ci, une pique par là, ambiance détendue mais très studieuse. En concert ça paraît tellement facile et pourtant quel travail.

dsc01546_gf

Petit à petit ce qui n’était que notes, mesures, tempos, tonalités, grâce aux propositions de chacun, devient musique. « Un groupe pour moi ,me dit Eric, c’est la démocratie, on doit s’écouter, se faire confiance ».

La Gazette Bleue de mars reviendra en détail sur le projet, sachez que c’est un hommage au blues, la racine du jazz, « Cette musique populaire comme celle que j’ai jouée à mes débuts dans les bals avec mon père » me confie Eric Séva. Aux enfants présents Sébastian donnera du blues une magnifique explication qui se conclut par « Le blues c’est quand on est malheureux mais que cette musique nous donne du bonheur ». La couleur blues sera soulignée par la présence dans le groupe du grand blues man canadien Harrison Kennedy qui malheureusement hier n’arrivait que le soir. Il chantera sur trois des 10 ou 12 titres du projet.

dsc01431-2_gf

Vendredi soir à 19h30 au Rocher ne ratez surtout pas le concert de fin de résidence d’Eric Séva « Body and Blues » . Juste une petite info : c’est gratuit en plus ! Un vrai cadeau. Le groupe enregistrera un CD en studio dès la semaine prochaine. A suivre…

Alors à vendredi !

 

https://www.lerocherdepalmer.fr/artistes/eric.seva/