Eric Legnini « Waxx up » invite China Moses

Samedi 7 octobre 2017, La Sirène – Jazz entre les 2 tours – La Rochelle

China Moses : chant
Anaëlle Potdevin : chant
Eric Legnini : claviers
Daniel Romeo : basse
Franck Agulhon : batterie
Boris Pokora : Flute et saxophone

21h50 précises, comme indiqué, le trio Legnini, Romeo, Agulhon entre sur scène.
Les premières notes claquent. La rythmique implacable emballe la salle en moins de trois mesures. Le groove s’empare du public. Les deux compères de Monsieur Legnini font le job. Le gaucher Franck Agulhon dont le beat est aussi précis que subtil donne une véritable leçon de rythmique funk. Le déchainé et déhanché Daniel Romeo rivalise de technique et de dextérité sur sa basse, alternant le slap et le jeu mélodique, usant et abusant d’effets grondants. Un gros gros boulot !

_G9A0076-b  Un gros gr   os boulot !
Placide, comme à son habitude Monsieur Eric, montre rouge au poignet assortie aux baskets, s’il vous plait… ne fait pas que soigner son look. Il agite ses doigts sur le Fender Rhodes avec sa finesse et le goût certain qu’on lui connait. Here Comes the Beat Man* ! Oui, voilà le gars qui fait le rythme ! C’est lui. Tombé, tout jeune dans la potion magique de l’afrobeat, il a profité de ses années de collaborations diverses, s’est nourri de ses riches rencontres (notamment avec des vocalistes) et de cette trilogie d’albums consacrés à la musique chantée (The Vox 2011, Sing twice 2013 et Waxx up 2017) pour peaufiner son propre style afrojazz beat, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il le fait extrêmement bien.

En véritable gentleman Monsieur Eric invite la pétillante China Moses dès le début du set. Ravie de jouer avec Eric Legnini, en première mondiale à La Sirène, elle entonne un des titres (Breaking point) de son dernier album, le très remarquable ‘‘Nightintales’’.
Le feeling de Boris Pokora à la flûte et le charme de China opèrent un changement d’ambiance immédiat. A la fois féline et très naturelle dans son grand pull rose, la chanteuse américaine est à son aise avec ce quartet grand luxe. La formation enchaîne trois titres dont ‘‘Run with it’’, permettant à China de vivre le rêve qu’elle caresse depuis ses 14 ans, chanter du rap (titre interprété sur l’album Waxx up par le bordelais d’adoption Charles X).

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Généreux comme toujours, Eric Legnini n’est pas venu les mains vides de sa Belgique natale ; il a apporté dans ses bagages la délicieuse chanteuse Anaëlle Potdevin, compatriote belge présente sur l’album. Sa voix plus frêle, presque juvénile contraste avec le coffre de China, mais se marie très bien aux morceaux comme, ‘‘The sun will dance’’ et ‘‘The Parkway’’, ou encore ‘‘Near the house on the hill’’ (album ‘The Vox’’).
N’oubliant pas d’aller piocher dans son riche répertoire (7 albums sous son nom à son actif), Monsieur Eric reprend le très africain ‘‘Casa Bamako’’ extrait de l’album Trippin (2009), bouclant ainsi la boucle d’une quête musicale métissée, entamée depuis presque 10 ans.
Anaëlle et China reviennent sur scène pour le bouquet final ‘‘I want you back’’. Non, pas celui de Michael Jackson, mais un des titres phares (on est à La Rochelle. 🙂 ! ) du LP Waxx up.

Waxx Up 7 octobre 2017
La Sirène est debout (sur ses nageoires. re 🙂 !) et en redemande. Le groupe ne se fait pas prier et interprète ‘‘Joy’’ en rappel. C’est bien le mot qui convient à l’ambiance du lieu. Avec ce titre Monsieur Eric, met un point final à la soirée, non sans avoir fait auparavant une petite blague (belge) à China et Anaëlle. Au lieu de faire tourner ad libitum, il digresse sur un tempo slow soul bien épais, suivi en un clin d’œil par les deux compères du groove Franck et Daniel, invitant alors les deux voix féminines à scatter sur cette coda improvisée. D’abord surprises, puis prises au jeu de ce bizutage bienveillant, elles se lancent sans retenue dans des improvisations vocales de haute volée, envolées. Rires, voix et instruments se mêlent pour le plus grand plaisir du public qui semble unanimement partager cette même ‘‘Joy’’ avec les musiciens.
Merci à tous pour cette belle balade au pays de la bonne musique.

Et à ce titre, je voudrais personnellement profiter de cette tribune pour remercier l’équipe de la Sirène de son excellent accueil et tout particulièrement Lucie. Non seulement le lieu est incroyable, très bien conçu pour le spectacle vivant, étonnant d’un point de vue architectural, mais il y a un truc en plus ! Un truc rare, celui qui fait que, de suite on s’y sent bien, qu’on y fait de belles rencontres. Génial !
Merci aussi à China Moses qui, à la sortie de la scène à bien voulu répondre à quelques questions pour votre gazette bleue préférée. (à retrouver dans nos prochaines publications)

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Et un GRAND MERCI à Eric Legnini d’avoir accepté au pied levé une interview en exclusivité pour Action Jazz. Un sms, deux coups de fils (sans fil) et nous voilà, Pierre Murcia (photographe et vidéaste Action Jazz) et moi en mesure de réaliser la première interview vidéo de l’association Action Jazz, entre les balances et le concert. Plus de 20 minutes exclusives d’entretien seront donc à votre disposition dans les prochains jours (fin octobre 2017) sur le site Action Jazz.
C’est aussi à ce titre que l’on peut dire  »Monsieur » en parlant d’Eric Legnini, un Monsieur du jazz et de la musique, nous en étions déjà convaincus. Un grand Monsieur par sa générosité, sa disponibilité, sa simplicité et sa passion communicative du rythme, de la mélodie et du son. Une fois encore, il nous ‘‘proove’’** qu’il est un artiste majeur de la scène européenne et une belle personne.
Merci Eric.

Signé Vince.

* ‘‘Here Comes the Beat Man’’ est un des titres de l’album Waxx up sorti au printemps 2017.
** ‘‘proove’’ est un néologisme signifiant, preuve par le groove !

Set list :
Breaking Point, de China Moses
Living for tomorrow (feat. China Moses)
Run with it
The Sun Will Dance
Ridin’ the Wave (feat. Anaëlle Potdevin)
Snow Falls
The Parkway
Casa Bamako Quartet (feat. Boris Pokora)
Near The House On The Hill
Despair
I Want You Back (feat. Anaëlle Potdevin et China Moses)
Rappel : Joy (feat. Anaëlle Potdevin et China Moses)

Certains l’aiment show : Ibrahim Maalouf à Palmer

par Philippe Desmond, photos Alain Pelletier.

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On peut reprocher bien des choses à Ibrahim Maalouf et certains ne s’en privent pas, il m’est arrivé de voir passer sur les réseaux sociaux des discussions où des trompettistes de renom l’assassinaient de façon éhontée. On peut lui reprocher d’être parfois plus proche de David Guetta que de Chet Baker, du « Petit Bonhomme en Mousse » que de « My Funny Valentine » ; oui j’exagère un peu, je sais. On peut lui reprocher son volume sonore, son light show(bizz), ses bavardages – sympas – avec le public, plein d’autres choses mais on ne peut lui reprocher sa générosité, sa fougue, son entrain, son sens du spectacle et sa musicalité si particulière. On ne peut lui reprocher son immense talent de musicien.

Une anecdote pour commencer, en mars dernier lors de son passage au Rocher (chronique du 25/03/16), les animateurs d’une radio lycéenne bordelaise « Eiffel on air » avaient sollicité une interview pendant les balances de l’après-midi. Ibrahim les as reçus et apprenant que l’un d’entre eux jouait de la trompette depuis tout petit l’a testé et illico lui a proposé de venir jouer avec lui le soir devant 1200 personnes ; le jeune n’est toujours pas descendu de son nuage après sa prestation à côté de la star, celle-ci le laissant même jouer seul, accompagné par le groupe !

Patrick Duval co-organisateur de la soirée me confiait récemment qu’il adorait l’homme Maalouf pour ses qualités humaines, témoignage corroboré par Alain et Irène Piarou qui s’étaient occupés de lui, alors peu connu, lors d’un concert à la Base Sous-Marine il y a dix ans.

Alors les grincheux, les pisse froids, les culs pincés passez votre chemin et laissez nous sur l’impression magnifique et festive que nous a laissée le spectacle d’hier (on reste amis quand même).

Dans l’amphithéâtre de verdure du parc Palmer de Cenon,  balayé par un air humide et trop frais, après un concert de toute beauté plein de classe et d’élégance, donné par le Erik Truffaz quartet (voir chronique du 05/02/16 et d’Ivan Cormier https://blogactionjazz.wordpress.com/2016/07/17/erik-truffaz-13-juillet-2016-parc-palmer/) , le show Maalouf a été époustouflant. Il s’agit bien d’un show, pas seulement d’un concert, le parti pris est clair, plein les oreilles et plein les yeux.

En préambule et en reconnaissance envers le seul trompettiste qui l’ait encouragé au tout début, il invite Erik Truffaz pour un duo magnifique de délicatesse et de complicité. Forte accolade finale. On en rêvait.

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Ibrahim Maalouf est entouré de ses musiciens actuels dont le grand pianiste Eric Legnini – la dernière fois que je l’ai vu, l’été dernier à Saint Emilion, il jouait en solo au concert dégustation dans une ambiance autrement plus feutrée que ce soir, quoiqu’au huitième grand cru classé… chronique du 20/07/15 – François Delporte à la guitare et Stéphane Galland à la batterie. Un autre pianiste, un bassiste et trois « choristes » en l’occurrence trois trompettistes !

Le début du concert se fait d’ailleurs sans eux Ibrahim Maalouf faisant monter la pression de suite au synthé ; c’est curieux chez les trompettistes ce besoin de faire du synthé, vous vous souvenez…

On comprend de suite que la sobriété lumineuse du précédent concert d’Erik Truffaz va céder la place à un light show ébouriffant ; l’envoi de fumée juste avant le concert – cette fumée qui habille les faisceaux des spots et lasers mais gêne tant les photographes – le laissait présager. On part sur le dernier album « Red & Black Light » et arrivent les premiers sons de trompette, avec « Essentielles », identifiables à cent lieues. On peut lui reprocher mille choses à Ibrahim mais avouez qu’il a une patte, qu’il a inventé une signature. « Nomade Slang » avec l’écho des trois trompettes derrière sur une rythmique de malade, une merveille.

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L’espace de verdure va alors être inondé de lumière et de musique, la sono étant il faut le dire remarquable. Non sans douleur car le concert a eu du retard à l’allumage. Nous étions à côté de la régie et il y a eu un peu d’affolement, les ingés son ayant perdu plusieurs canaux d’instruments au moment de démarrer…

Mon dieu que ça claque, plein les oreilles, plein les yeux, j’insiste. Les musiciens prennent un réel plaisir, Eric Legnini le premier qui ne quittera pas son sourire/rire de la soirée ; il s’éclate visiblement.

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Puis Ibrahim Maalouf se transforme en animateur faisant danser le public sur une chorégraphie collective – j’en entend qui râlent – puis le faisant chanter – au fond là-bas on arrête de critiquer – arrivant ainsi à réchauffer ce soir de Toussaint. Même la pluie qui tente deux minutes de saborder le concert n’insiste pas. Rappelez moi, la soirée s’appelait bien « Sons d’été » ?

Tiens du reggae ! La scène s’habille de rouge et vert comme le drapeau jamaïcain – non Irène, pas portugais – et ça finit à trois mille à l’heure en fiesta sébastienesque ; ho hé au fond on se calme, si ça vous plaît pas vous sortez !

Et l’émotion dans tout ça elle est où vont me dire certains ? L’émotion elle est partout dans la fulgurance, dans la puissance du son, dans les passages délicats – si si il y en a plein – dans le bonheur des musiciens, dans le bonheur du public, dans l’humour et la gentillesse de Maalouf.

Ceux qui voulaient passer une soirée sans tambour ni trompette c’est perdu, voilà maintenant quatre tambours installés sur scène avec lesquels le quartet de base va nous régaler, Eric Legnini toujours aux anges.

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« True sorry », le tube, se profile, avec ce début émouvant et cette montée fiévreuse jusqu’au climax, le spectacle est total, c’est magique. Ben là il y en a drôlement de l’émotion !

C’est fini, salut. Hop hop hop messieurs vous ne vous en tirerez pas comme ça, c’est reparti pour près d’une demi heure de rappel avec même de la cornemuse, du hard rock ou presque ; il nous aura tout fait ! « Ya Ha La » – bienvenue en Arabe – pour finir, drôle de façon de nous quitter qui appelle une prochaine fois !

Voilà « quart de ton » a fait un carton (désolé), certains l’aiment show ! Respect.

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Show devant !!!

par Annie Robert, photos : Thierry Dubuc

Ibrahim Maalouf   « Red and Black Light »

Rocher de Palmer  24 /03 /2016

Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf  est pour moi un souvenir fort, rempli d’une qualité musicale, et émotionnelle très particulière. Découvrir «  Beyrouth » sous le grand chapiteau de Marciac, le son si singulier de sa trompette à quarts de ton, la clarté de son propos et la qualité de ses compositions, une salle en pleine communion, a laissé une marque d’une douceur un peu amère et pourtant adorée. Un grand et beau moment comme une douleur apprivoisée dans le flanc du Liban. Un trait musical comme il y en a peu.

Depuis le bonhomme s’est tracé une large et belle route. Musiques de films, improvisations géantes très relayées, opéra hip-hop, il travaille vite et beaucoup. Et cette boulimie, cette présence forte a tendance à agacer le milieu du jazz qui lui reproche parfois « d’avoir vendu son âme au diable ». Il faut dire que c’est également un homme d’affaire accompli, omniprésent médiatiquement, prolifique et qui aime mélanger les registres et les partenariats. Cette ouverture d’esprit est sa marque de fabrique. Alors ? Jazz, pas  jazz… ? Rock, pop, hip hop ?

Lui-même se présente souvent en disant qu’il ne sait pas vraiment. Du coup, il se peut que certains tenants d’un jazz pur et dur n’y retrouvent  pas leurs petits….

Il existe une sempiternelle histoire dans le milieu du jazz, à la fois un peu condescendante et envieuse… La différence entre un rockeur et un jazzman ? Le rockeur déploie dix  accords devant mille personnes, le jazzman mille accords devant dix personnes…Ibrahim Maalouf peut déployer mille accords, c’est certain et finalement ce n’est pas très important.

Ce soir, à l’occasion du concert autour de « Red and Black Light » les mille personnes étaient présentes, la salle était gonflée de mille respirations et de mille attentes, un public mélangé, jeunes et moins jeunes, familles et enfants.

Et les néons marqués Red and Black Light dormaient encore sous leurs belles italiques prêts à scintiller et à s’élancer.

Pour ce qui est des mille accords, je ne sais pas s’ils étaient là, mais mille puissances ça oui ! Les quatre musiciens sur scène ( Eric Legnini au synthé, François Delporte à la guitare, Stéphane Galland à la batterie) envoyaient plus de décibels que douze orchestres symphoniques survoltés. Il fallait s’accrocher à son nombril pour ne pas s’envoler. Les spectateurs découvraient un projet tout à fait différent, de l’Ibrahim Maalouf nouvelle mouture, du pop rock électrisé à fond exploitant toutes les facettes de l’électronique : boucles, distorsions, réverbs et effets appuyés, et tout cela dans un écrin lumineux à décoiffer les chauves. Comme diraient les plus jeunes que moi… un truc de Ouf !!

Red & black

Red & black

Du grand spectacle, sons et lumières, lumières et sons, jusque dans un numéro d’ombres chinoises très glamour avec danseur de hip-hop tenant une trompette. Projections, rais de lumières, spots colorés et rapides gérés par ordinateur. L’œil était autant sollicité que l’oreille et ce n’était pas peu dire.

Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf

C’est un grand et gros show, qui allait en s’enflant, où chaque effet était calculé, et voulu. Tapis de synthés, énergie surcalibrée s’imposaient sans ménagement et vous chahutaient les sangs dans une étrange expérience, à la fois dérangeante et étonnante. Les teintes orientales qui sont la marque d’Ibrahim Maalouf se frayaient par instants un chemin, rattrapées très vite par des rythmes implacables et un jeu intensif de sons superposés, dont le fil se perdait parfois pour ressurgir plus loin en boucles répétées. De beaux moments collectifs au tambour, de belles envolées de trompettes succédaient à la lumière blanche et aux saturations sonores quelques fois à la limite du douloureux .

Une énergie pure qui se voulait simple, efficace et directe. Un choix musical nouveau, différent. Certains spectateurs étaient enthousiastes, d’autres plus réservés, d’autres scotchés et indécis, oscillant entre le plaisir et la crainte.

Milles impressions donc, faute de milles accords peut être ( ou peut être pas ?)  Pourtant, il suffit parfois d’une simple note toute dépouillée, toute pleine, toute pure, toute sensible pour que l’émotion pointe le bout de son nez…la note claire de la trompette à quarts de ton par exemple.

Ce soir, la chimie musicale était à l’explosion de couleurs et de sons, à la folie, le remue-méninges était si puissant et si tourneboulant que l’émotion était partie en balade ailleurs, sans rien dire, discrète et un peu seule, en délaissant le grand et gros show, pour s’en aller glisser sur les branches bleues d’un cèdre du Liban. Pas de griffe émotive ce soir, juste des basses au creux du ventre et de la lumière au fond de l’œil. Mais franchement ça en jetait grave !!

Ibrahim Maalof "Red & Black"

Ibrahim Maalof « Red & Black »

Dégustation de jazz

Par Philippe Desmond

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Le Saint-Émilion Jazz Festival est un très bel événement, il se déroule dans un cadre et des endroits merveilleux, le breuvage y est légendaire et les artistes présents toujours de grande qualité. C’est un festival de très haute tenue. Tout y est soigné, la communication, la signalisation, les uniformes des bénévoles avec une charte graphique bien voyante mais très élégante. Quelques témoignages – et leurs sourires – de bénévoles confirment la qualité et le bon esprit de l’organisation. Ces bénévoles nombreux et efficace sans qui rien ne se passerait.

A la lecture de la liste des partenaires, amis et mécènes on a vite fait de comprendre qu’ici on ne fait pas les choses à moitié. Ces personnes on se doit donc de les gâter, de les remercier, de les associer ce qui nous amène à l’objet de cette chronique, la Dégustation musicale.

Celle du samedi s’intitulait « Si votre vin était une musique… Racontez-nous. ». Ainsi, le Conseil des Vins de Saint-Émilion accueillait partenaires et public – payant – dans la belle salle des Dominicains autour du piano – un Steinway and Sons, long comme une Jaguar type E – d’Eric Legnini le pianiste de jazz belge. Le principe, une dégustation de huit grands crus classés accompagnée des commentaires d’un œnologue, chaque propriétaire venant présenter son vin en y associant une musique interprétée par Eric Legnini.

Tables rondes dressées, huit verres par personnes, une assiette de fromage et le concert peut commencer. Concert ? Pas vraiment.

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Le jazz est quand même mis à l’honneur dès le début avec l’intronisation par la Jurade de China Moses, Eric Légnini et Stéphane Belmondo qui la veille a ouvert de sa trompette le festival du haut de la Tour du Roy. Moment solennel, rite immuable, on est à Saint-Émilion, terre de tradition et c’est très bien ainsi.

Et donc vont se succéder, présentations, dégustations et illustrations musicales de vins magnifiques. Un piano seul aussi beau soit-il dans une salle immense, on est plus près du piano bar (à vins) que du récital et la musique reste ici relativement en retrait. Au répertoire, Etta James, Nina Simone, Duke et son « in a sentimental mood », la BO de Whiplash… Eric Légnini remarquable pianiste s’est vu rejoindre deux fois par Stéphane Belmondo, les deux nouveaux membres de la Jurade arborant leur écharpe d’impétrant. De jolis moments intimistes.

Au fil de l’après-midi, des conversations qui deviennent de plus en plus enjouées, un niveau sonore qui monte, comme la chaleur de la salle, mais heureusement des vins servis à la température idéale.

Evénement mondain plus que musical, passage obligé pour le rayonnement du festival qui lui se déroule vraiment pour les amateurs dans le parc Guadet voisin, dans une ambiance et une douceur incomparables, mais on en reparlera.