Nowhere au Quartier libre le 09 mai 17

Par Dom Imonk

Nowhere Trio

Ce soir c’est quartier libre, permission de minuit accordée, enfin ! Moment tant attendu ! Nous voilà donc partis pour Nowhere… Pour nulle part ? Mais non ! Pour aller voir un concert de Nowhere au Quartier Libre, près des Capus’. Lieu que l’on retrouve à chaque fois avec un grand bonheur, car la musique programmée y est précieuse, et les tenants du site fiers, et ils peuvent l’être, de cette scène qu’ils ont su construire de date en date. Nowhere est un trio de jeunes pointures diablement affutées, combo rondement mené par le bassiste compositeur Ouriel Ellert, interviewé dans notre Gazette Bleue de Mai dernier (n° 22), à l’occasion de la sortie de son nouveau disque « On my way » (Klarthe/Harmonia Mundi), lui aussi chroniqué, à paraître sous peu. Il se produit donc en avant-première ce mardi soir, devant une salle pleine à craquer, reposée d’un long week-end, accompagné d’Anthony Jambon (guitares) et de Martin Wangermée (batterie, samples). Autant dire qu’il va faire plutôt chaud, quand on sait le pédigrée de nos trois garçons, et le nombre de lieux et de projets qui les animent, notamment sur Paris, dont la nuit frémit d’aise à les savoir programmés. Et l’ambiance sera d’autant plus chaude que les spectateurs sont, pour la plupart, des musiciens du conservatoire tout proche, qui captent à 200% ce qui se joue ici, habitués qu’ils sont des jams mémorables du mercredi soir, et même plus ! Avoir découvert « On my way » avant ce concert est certes un délicieux privilège, mais la cerise sur le gâteau, c’est la surprise du live. Étonnant de voir à quel point toutes ces compositions, nouvelles et presque sages pour certaines, se laissent déflorer par le mystère instantané de l’improvisation. Elles sont faites pour ça et s’ouvrent sans retenue vers la liberté, en s’offrant à des échappées, des solos et des breaks, hirsutes et modernes, sous l’œil réjoui du patron qui relance à tout va. Ainsi de vives interactions nouent sans relâche les élans de chacun. Le jeu fluide et cristallin d’Anthony Jambon – il y a du Bill Frisell chez lui – constamment à l’écoute, part dans des chorus riches et dont la densité peut s’acidifier, voire s’affermir si besoin. Nous reparlerons de lui car il vient de sortir lui aussi un disque, « Precious time » (Klarthe records), sur lequel on retrouve un autre acteur du concert, Martin Wangemée et son drumming impressionnant, qui instaure par moment une course aussi folle que du canyoning rock/pop, ou qu’un saut à l’élastique jazz/electro. De la dynamite dont Ouriel Ellert est visiblement friand, son jeu subtil, gambadeur et coloré s’y associant parfois en des pactes polyrythmiques époustouflants d’inventivité, créant carrément de la transe drum & bass mutante par moment, c’est fou ! Le 1° set nous avait déjà conquis, « Desert », « Feelings », « Five times four elements », quels titres ! Voici un 2° set qui poursuivra ses tentatives (très réussies) de nous séduire, la pèche de ce trio ! Le public exulte. Ouvert avec l’un des « tubes » de l’album, « Existence », dont le groove intérieur est irrésistible et le solo de batterie monstrueux à la fin (cf. le lien à la vidéo en fin d’article), voici le moment du « guest ». Ouriel Ellert invite un grand guitariste, qu’il avait eu comme prof au CIAM : Mr Christophe Maroye en personne. Devenu son ami, c’est un pilier incontournable de la scène régionale, un grand monsieur, aussi bien apprécié pour ses qualités humaines, que pour son ouverture artistique (photographe, vidéaste…). Il va ainsi nous gratifier de quelques passages somptueux à la guitare, en totale harmonie avec ses hôtes et dans le flow de la musique, devenue aérienne. On se délecte à l’écoute de son tout nouveau disque, « No turning back », paru il y a peu et dont le concert de lancement au CIAM a tout récemment été évoqué sur ce blog. N’oublions pas d’autres pépites jouées lors de ce set : « Wind », « Where you are » et « The endless expectation », chair de poule garantie ! Clair que ces deux sets nous ont tatoué le cœur, tant cette musique, belle et forte, crée de l’émotion. Rappelons la sortie le 2 juin du disque de Nowhere « On my way », et le release concert le 12 juin à l’Ermitage. Alors amis parisiens, vous savez ce qu’il vous reste à faire, Foncez- y !!

 

www.nowheretrio.com

www.klarthe.com

quartierlibrebordeaux.com

Vidéo de Nowhere « Existence » au Quartier Libre 09/05/2017

Lien à la Gazette bleue n° 22 de Mai 2017

Christophe Maroye : Release Party au CIAM

par Philippe Desmond, photos Jean-Maurice Chacun.

CIAM Bordeaux

Vendredi 5 mai 2017

Concert Release Party de l’album « No Turning Back » de Christophe Maroye hier soir au CIAM, la dynamique école de musiques – au pluriel – de Bordeaux. Action Jazz l’avait présenté en avant-première dans la Gazette Bleue #20 de janvier et il nous tardait de voir sa restitution sur scène. Très beau disque en effet, qui tranche de la production actuelle, instrumental aux climats variés il flirte avec pop, rock , blues et jazz. Un album où la guitare est reine, acoustique, électrique, avec ou sans effets.

Son dernier CD comme il dit avec humour car c’est surtout son premier, a été enregistré à trois mais là ils sont cinq, Christophe ne pouvant pas de dédoubler en live. Ainsi Didier Ottaviani est toujours aux baguettes et Hervé Saint-Guirons aux commandes de son orgue Mojo, accompagné de Leslie, sa fidèle cabine. Le trio est complété par Matthis Pascaud à la Fender Jazzmaster et la Lap Steel Guitar, Marc Vullo tenant la basse électrique.

Deux amplis par guitare, une grosse sono, des pédales d’effets partout, de quoi permettre à la musique de vous traverser les oreilles et tout le corps, on va s’en rendre compte de suite.

  1. Le premier titre est en effet la synthèse de ce tout que l’on va entendre, une atmosphère souvent aérienne malgré une forte rythmique, originale de surcroît avec l’utilisation de pads par Didier Ottaviani – pour une fois – et une mélodie simple.

On est de suite emporté par la profondeur de la musique. On pense au Floyd – surtout avec « Where We End » pourtant la guitare sonne plus comme celle de Mark Knopfler que de David Gilmour. Si j’en parle c’est que Christophe revendique l’influence du premier, il lui a d’ailleurs dédié un titre « #MK ».

Christophe est un sacré guitariste et il jongle avec ses guitares, citons les : Fender Statocaster et Telecaster, Gibson Les Paul et une originale Pensa MK 90 (du luthier de NYC Rudy Pensa) la guitare de devinez qui ; on vient d’en parler.

Guitariste mais pas guitar hero, pas de concours de vitesse, de démonstration technique sans émotion, mais des chorus ressentis et toujours mélodieux. L’usage sage et élégant des effets est à souligner et les dialogues avec la guitare de l’excellent Matthis Pascaud – récemment vu au Rocher avec Benoît Lugué – marquent la forte présence de cet instrument, c’est bien un album de guitariste comme va nous le confirmer la surprise finale.

Excellent compositeur aussi comme le prouvent les dix titres du CD auxquels on a droit ce soir. Une musique qui propose des climats, fait défiler les paysages. Du funk parfois comme « Disco Disco » du blues avec « NOLA Dreaming » où ce soir le rare lap steel de Matthis remplace le banjo de l’album.

L’occasion pour Hervé Saint-Guirons de s’éclater au Mojo, pas au mojito… On adore Hervé à l’orgue.

Dans l’ombre essayant de se cacher, mais souvent chambré avec fausse maladresse par Christophe et le running gag du « dernier album », se tapit Marc Vullo. Homme discret mais bassiste omniprésent il assoit la rythmique de façon magistrale ; indispensable.

Sur le dernier des dix titres, l’influence guitaresque est à son comble, Didier Ottaviani laissant ses baguettes pour une guitare acoustique dont les accords –  chaque fois acclamés – vont émailler une belle ballade ; surprise pour – presque – tout le monde !

Belle conclusion de ce concert de Christophe Maroye dans une ambiance sympa avec une salle remplie de tous ses potes. Il a bien embarqué tout le monde dans son univers.

Un rappel avec une deuxième couche de « No Turning Back » où malgré le titre on retourne en arrière sur le premier titre joué et un beau succès qui en appelle d’autres espérons le.

www.christophemaroye.com