Surprenant Serge Moulinier quintet

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Théâtre en Miettes, Bègles le 25 novembre 2016.

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En décembre 2015 lors d’un concert du trio de Serge Moulinier dans le cadre des « jeudis du jazz » de Créon, le pianiste avait fait un cadeau au public avec la présentation de son futur projet, proposant ainsi trois titres en quintet (chronique sur le Blog Bleu du 18 décembre 2015). Ce teaser prometteur précédait un – gros – travail de composition de Serge dont ce soir nous avons la première restitution. Un événement donc, tant l’affiche est belle : Serge Moulinier (Piano électrique, synthé), Christophe Jodet (contrebasse et basse), Didier Ottaviani (batterie), Christophe Maroye (guitare électrique), et Alain Coyral (sax ténor et soprano).
C’est à Bègles ce soir que ça se passe, au Théâtre en Miettes . Le concept est tristement d’actualité, l’Europe en miettes avec le brexit, les USA en miettes avec Trump et bientôt la France ? Ne le souhaitons pas. Drôle de nom pour ce qui est d’abord une compagnie de théâtre et dont les miettes n’ont pas été balayées depuis sa création en 1972 occupant ce lieu depuis dix ans. Une salle choisie par le quintet notamment pour sa jauge ni trop grande ni trop petite, près de 120 places. es gradins ne sont pas complets mais très bien garnis par beaucoup d’amis et d’amateurs de la musique de Serge Moulinier comme le prouve l’ovation à l’arrivée des musiciens.

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« Court Métrage », titre déjà joué à Créon, ouvre le concert, swinguant comme un big band, c’est étonnant. Déjà le couple guitare sax se met en avant. Puis Serge Moulinier évoque son projet, son printemps de composition pour introduire… une reprise – il n’y en aura que deux – le « Soul » du premier album des frères Moutin. Belle ballade avec un  chorus de contrebasse ciselé de Christophe Jodet que François Moutin avait dû se tailler sur mesure à l’époque.

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Suivent quelques explications de Serge, pas de titre pour les compositions qui sont juste numérotées et seront jouées dans le désordre, 1,3, 7, 6… Et tout d’un coup on change d’univers, ça s’électrise comme le laissait présager la présence sur scène d’une Fender bass, d’un synthé et des nombreuses pédales de Christophe Maroye. Appelez ça jazz fusion ou autrement, mais avant tout une musique enjouée et pas froide comme certains lui reprochent d’être parfois, de la belle énergie.
Le sax d’Alain Coyral a la part belle dans la mélodie avec une forte complicité avec son voisin de pupitre Christophe Maroye ; les voir se regarder, se marrer, se provoquer, se chambrer du regard sera un des plaisirs de la soirée.
Dans ses compositions Serge Moulinier aurait pu se tailler la part du lion, au contraire, c’est les autres qu’il met en valeur et surtout le sax, ténor et soprano, Alain Coyral étant ce soir bien occupé et pour notre plus grand plaisir. Sur le n°3 Serge ose nous transporter dans les 70’s avec un son de synthé vintage revendiqué sur un tempo dynamique du quintet ponctué de breaks au rasoir.

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Didier Ottaviani plus fortement armé que d’habitude- il a sorti sa grosse Slingerland bleue pailletée – va naturellement encore nous épater par son jeu créatif, varié et particulièrement énergique ce soir.

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Ambiance planante sur le n°7 avec une intro en écho de la guitare, une Telecaster de rocker plutôt inhabituelle pour ce genre de musique mais qui sonne drôlement bien entre de bonnes mains il est vrai. Sur ce titre voilà – enfin ? – le premier vrai chorus de piano de Serge Moulinier ; quel swing, quel groove, quel pianiste ! Puis n°6 sur un rythme de samba Didier Ottaviani montrant à cette occasion, pour ceux qui l’ignoreraient, que la batterie est un instrument de musique, avec une battle sax-guitare, un percutant solo de batterie couronnant le tout.

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Deuxième reprise avec une douceur – je cite – le « Never Alone » de Mickaël Brecker pour enchaîner sur le n°4 très funky et montrant déjà la maîtrise collective du quintet malgré peu de répétitions. Nous avons certes devant nous cinq musiciens éclatants de talent, mais le liant est déjà là, il y a une unité et une continuité dans le répertoire, même s’ils nous diront qu’il y a encore quelques petites détails à régler ; les bons musiciens, les vrais, sont on le sait des perfectionnistes.
Une composition enfin baptisée pour terminer, « Pedrito », jouée à Créon l’an passé, sur un gros groove de synthé, Christophe Jodet faisant ronfler sa contrebasse comme jamais. C’est terminé ? Bien sûr que non, les applaudissements scandés et les grondements du public qui font trembler les gradins provoquent un rappel. Serge Moulinier va le chercher sur son premier album « Sens-cible », déjà 20 ans, en l’occurrence « Tune for Toons » un blues électrique truffé de variations, bien agréable.
Serge avouera s’être fait plaisir sur ce projet, imbibé qu’il est de multiples influences et de jeunesse notamment. Sur un projet complémentaire de celui de son trio, ce concert en appelle d’autres, ce serait dommage de laisser un tel talent collectif finir en miettes.

Le lien vers le teaser fait à l’issue du concert : https://www.youtube.com/watch?v=AiHohYvuEqk&feature=youtu.be

www.sergemoulinier.com/

www.theatreenmiettes.fr/

Grain de sable au Caillou, grain de folie chez Alriq

par Philippe Desmond

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C’est l’été, enfin pas tous les soirs, et les gens sortent, beaucoup, beaucoup plus qu’avant. L’offre est il est vrai plus importante, riche et variée. Le jazz, qui nous tient à cœur, n’échappe pas à la règle, Cet avant dernier week-end de juillet il y a même embouteillage de festivals : Saint-Emilion, Andernos, Lesparre en Gironde et Sanguinet tout près dans les Landes. Il faudra d’ailleurs un jour réunir tous ces organisateurs passionnés qui se marchent un peu sur les pieds.

A Bordeaux dès le mercredi et quelquefois avant, ça s’agite sous les lampions ou sur les terrasses. Sur les terrasses ? Pas si simple.

Grain de sable au Caillou.

Surprise hier soir en arrivant au Caillou du Jardin Botanique, la terrasse est occupée par les convives du restaurant, on entend jouer les musiciens mais on ne les voit pas sur la remorque scène habituelle. Ils jouent à l’intérieur devant un nombreux public un peu entassé. Si vous suivez un peu ce blog vous vous souvenez que déjà l’an dernier le Caillou avait dû interrompre les concerts en terrasse à 22 heures pile suite à la plainte d’un riverain pourtant pas tout près, gêné par le bruit. Patrouille de police municipale dès 21h59 pour veiller au respect de la loi, concerts qui se finissent dans la frustration générale alors que la nuit commence à peine, drôle d’ambiance. Non loin de là ça continue à guincher chez Alriq, ça bastonne des watts à Darwin et ça déménage des décibels au parc des Angéliques avec les concerts d’ « Allez les Filles ».

La saison d’été 2016 démarre, les concerts retrouvent leur rythme de croisière dans de douces nuits bastidiennes, tout va bien. Mais pour le Caillou, à la suite d’une autre procédure lancée par ce riverain, la Mairie n’autorise plus l’organisation des concerts en extérieur, pour le reste de l’été, les musiciens joueront dedans.

Un grain de sable qui bloque un Caillou. Pendant ce temps les flonflons, les watts, les décibels à portée d’oreilles de notre plaignant, continuent alors que finalement l’endroit le plus paisible, le plus soft en est lui privé. On marche sur la tête. Il faut sauver le Caillou, le soutenir pendant cette période difficile, Benoît Lamarque et son équipe font un énorme effort d’animation et de promotion de la musique de qualité, locale ou nationale, allez-y, continuez à y aller, cet acharnement n’est, espérons le, qu’un mauvais passage.

Hier soir donc le quartet composé du guitariste anglais Denny Ilett, du guitariste australo-bordelais Dave Blenkhorn, de l’organiste Hervé Saint-Guirons et du batteur Roger Biwandu étrennaient cette configuration insolite, musiciens dedans et une partie du public dehors ! Concert plein de gaîté émaillé par le grand rire de Roger sur de rares pains ou sur des trouvailles piégeuses des autres. Georges Benson, Ray Charles, les Beatles avec une belle version de « Come Together » et un festival de guitare, blues et roots pour Denny plus jazz et aérienne pour Dave. Toujours ce super son d’orgue d’Hervé et sa Leslie et l’omniprésence enthousiasmante de Roger, pourtant monté léger avec une caisse claire, une grosse caisse, une cymbale et un charley. Denny Ilett, Roger Biwandu, Hervé Saint-Guirons seront en quartet avec Laurent Vanhée (cb) au festival de Saint Emilion à 21h30 ce samedi au parc Guadet (gratuit).

Grain de folie chez Alriq

Dans toute épreuve il faut trouver des points positifs ; le concert finissant assez tôt au Caillou cela permet d’enchaîner vers la Guinguette Alriq dont la convention municipale est inattaquable ; ou pas.

Comme d’habitude l’endroit est pris d’assaut et ce soir c’est Stéphane Seva qui en profite. Avec un octet (on ne se refuse rien) et sur un répertoire de Sinatra élargi à Ray Charles, Duke, Stéphane va installer une ambiance de folie. Il est entouré de Ludovic de Preissac au piano , Didier Ottaviani à la batterie, Christophe Jodet à la contrebasse, Pascal Drapeau à la trompette, Cyril Dubayl Dubiléau trombone, Cyril Dumeaux au sax baryton et ténor, Michael Cheret au sax alto et à la flûte

La piste de danse est bondée alors ça danse partout ailleurs, dans les allées, dans le restaurant ! Beaucoup de swing, un style qui est très en vogue à Bordeaux en ce moment grâce à de nombreuses associations. Quel contraste avec l’aspect semi-clandestin du Caillou, bizarrerie administrative oblige ! En vrai meneur de revue Stéphane Séva va animer cette soirée, soutenu par un presque big band pour le plus grand bonheur des danseurs. Le final dans lequel Stéphane prend son washboard est époustouflant sur le « I dont mean a thing » et ses doo wap doo wap doo wap, les dés à coudre finissant rouges comme de l’acier en fusion après un duel avec la batterie très jungle de Didier Ottaviani, quelle énergie !

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Il est minuit, tout le monde à passé une superbe soirée d’été terminée à une heure raisonnable, les poules et les vilains petits canards dorment eux depuis longtemps ; ou pas. On a tous besoin de ces moments de joie et de fête surtout en ce moment, alors pourvu que ça dure !

Rappel : Loïc Cavadore trio au Molly Malone’s

Par Philippe Desmond (désolé pas de vrai photographe avec moi…)

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La chronique récapitulant une année d’Action Jazz a obtenu un succès phénoménal, alors comme le font nos artistes préférés vous avez droit à un rappel, un « encore » comme disent nos amis américains.

Après les agapes païennes de ce long week-end et la frénésie de ces fêtes il fallait finir en douceur alors quoi de mieux que le Molly Malone’s le pub irlandais du quai des Chartrons qui chaque dimanche soir propose de 18 heures 30 à 21 heures un concert souvent dans un registre plutôt cool. Pour les fatigués du foie – qui moi ? – les parfums de fish and chips ou la simple vue des hamburgers géants sont un peu moins cool, mais après tout on est dans un pub pas chez un marchand de sushis.

La musicienne Rachael Magidson qui s’occupe de la programmation a choisi ce soir le trio du pianiste Loïc Cavadore. Ça tombe très bien car la Gazette Bleue de mars parlera de son premier album « Andantino » que nous avons eu la chance d’écouter et qui est très réussi ; c’est ainsi l’occasion de voir ça en live.

Christophe Jodet est à la contrebasse comme sur l’album mais le batteur Didier Ottaviani étant en vacances – et oui musicien c’est un métier pour ceux qui l’ignorent encore et ils ont le droit eux aussi de prendre des congés – c’est Simon Pourbaix qui le remplace. Ceux qui connaissent ces deux excellents batteurs imaginent déjà le contraste entre le stoïque et élégant Didier et l’exubérant et expressif Simon…

Loïc Cavadore n’est pas le plus connu des pianistes locaux et bien c’est très dommage car il est excellent. Bien servi par un piano certes électrique mais surtout très bien sonorisé, il va nous faire admirer un toucher d’une grande délicatesse, intimiste parfois mais aussi capable de changements de cadence avec un bon groove ou des couleurs orientales. Il a une formation de pianiste classique, ça s’entend et ça se voit quand on a la chance d’être juste à côté de ses mains. Une vraie confirmation pour ma part après la découverte de ses capacités sur le CD.

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Simon Pourbaix toujours aussi jovial va lui aussi jouer le plus souvent en retenue, ne sachant pas où mettre ses grandes jambes et ses grands bras dans le minuscule coin qui lui est réservé. Il nous fait une prestation remarquable d’inventivité avec des rim shots ou des cross-sticks bien sentis (je frime un peu depuis que je me suis mis à la batterie), des caresses à ses cymbales en profitant quand-même lors de montées en tempo et en volume pour lâcher les chevaux qu’il a sous le capot. Un régal dans son rôle de doublure

Derrière, et oui, dur métier, un contrebassiste c’est toujours derrière, Christophe Jodet  nous fait partager sa musicalité caractéristique au service d’une rythmique impeccable et nous offre quelques chorus bien sympathiques. Avez-vous vu à ce propos ce dessin qui circule sur le net où l’on voit un délinquant entre un contrebassiste et un policier, ce dernier répondant au musicien qui lui demande s’il a parlé « oui, pendant un chorus de contrebasse tout le monde parle » ! Bien injuste et vacharde cette vilaine blague pour ces piliers de l’édifice musical jazz.

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Le répertoire varié passe entre-autres du mélodieux « Bebê » du brésilien Hermeto Pascoal au groovant « The Jody Grind » d’Horace Silver, en passant par un arrangement par Loïc de « Andantino » de Katchaturian (mais si vous connaissez, Gainsbourg l’a piqué pour son « Charlotte for Ever ») ou une version émouvante du « Life On Mars » de David Bowie. Chaque fois le trio prend son temps et en parfaite harmonie développe les thèmes, Loïc Cavadore s’amusant à les entraîner vers de fausses fins. Du beau boulot, idéal pour cette soirée d’entre fêtes qui malgré quelques craintes de l’organisatrice a fait se déplacer pas mal de personnes. Elles ont eu raison ! Quelques figures locales du jazz présentes pour soutenir les collègues, c’est aussi bien sympa.

Voilà les amis, le concert 2015 est terminé, « bon bout d’an » comme on dit en Provence (prononcer bon boudin !) et à l’année prochaine ! Allez, une tisane et au lit.

Serge Moulinier Trio au sommet.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc

Ce soir, à Créon, Serge Moulinier a la pression. Dans ce lieu où avec les autres bénévoles de l’association Larural il accueille d’habitude les artistes c’est à son tour d’être sous les projecteurs. L’hôte devient hôte et réciproquement. Inconsciemment ou pas cela va rejaillir sur sa prestation et celle de ses acolytes et ils vont nous offrir un concert fantastique.

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Organisation bien rodée, ouverture des portes à 19 heures – et même avant car à cette heure là les tables devant la scène sont déjà occupées – dégustation de vin, assiettes de tapas, pâtisseries, boissons sucrées, brassées ou fermentées, conversations animées, convivialité…
A 20 heures extinction des feux dans la salle alors que la scène s’habille de rouge et le concert commence. Il commence très fort, c’est de bon augure.

Côté jardin Serge Moulinier avec un vrai beau piano et deux claviers électriques, côté cour Didier Ottaviani et ses fûts dont une magnifique caisse claire en bois, un vrai tambour, et au milieu Christophe Jodet à la contrebasse ; doghouse bass disent parfois curieusement les anglophones !

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Pas de round d’observation, « Blues art » du premier album de Serge entre dans le vif du sujet de suite. Le son est superbe, le piano sonne très bien, la contrebasse est ronde et profonde, la batterie est présente mais pas trop. On a déjà vu ce trio plusieurs fois mais ce soir il va avoir une autre dimension.

Allons y pour les références, ça peut aider les absents à se faire une idée ; Serge me rappelle par son toucher et la chaleur de son jeu le Oscar Peterson de Nigerian Marketplace, quant au trio Alain Piarou le comparera lui à EST. Il y a pire comme références.

Mais surtout le trio a sa propre personnalité à commencer par toutes les compositions originales – sauf une on y reviendra – très mélodieuses et qu’on se surprend à fredonner à l’unisson. Beaucoup de clins d’œil dans ces compos issues du dernier album « Tyamosé Circle » : « No Meat, and No Fish for Chris » écrite pour Christophe Jodet, celui-ci faisant chanter réellement son instrument ou ronronner à l’archer ; « Bal à Joe » en hommage au grand Zawinul avec des nappes au synthé rappelant la grande époque du Weather Report ; « Black Jacques » un hommage aux faux airs de fugue à l’atypique Jacques Loussier qui adaptait Bach en jazz.

Les trois musiciens sont au sommet de leur art, ils ont tant joué ensemble que l’osmose est parfaite, même eux s’en rendent compte, ils me le diront. Didier dans ces derniers titres n’est pas batteur, il est caresseur de peaux et de cymbales, superbe.

Pause buffet, le jazz nourrit l’âme, pas le ventre, déjà les premières réactions de spectateurs dont nombreux ignoraient ce qu’ils venaient écouter et ne le regrettent pas maintenant, des félicitations aux musiciens – mais attention les gars on vous attend au second set ! – un compliment aux ingés son et ça repart avec « Ding Ding Dong Song » une variation sur « Frère Jacques » ; putain de moine que c’est bon !

Au tour du batteur d’être mis en avant avec « It’s now for Did’ » et il va bien en profiter ; Avec un solo de batterie extraordinaire de dix minutes au moins – mais on ne les a pas vu passer – la version de ce soir pourrait être rebaptisée « Moby Did » (private joke aux amoureux de Led Zep) . Didier, me faire ça le jour où je débute la batterie c’est un coup bas !

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Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Le trio va se transformer en quintet avec l’arrivée d’Alain Coyral au sax ténor et de Christophe Maroye à la guitare électrique, une bonne vieille Telecaster. Prémices du nouveau projet de Serge Moulinier sur lequel nous reviendrons dans la Gazette Bleue.

Noël approche, et voilà déjà un cadeau avec une version du « All Blues » de Miles Davis à tomber ! Puis une composition originale avec « Court Métrage » et un titre dédié à Moulinier junior « Pedrito ». Croyez moi le quintet est déjà bien en place, ça va faire mal !

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Rappel, un en trio l’autre en quintet et une nouvelle fois une salle heureuse – à féliciter pour sa qualité d’écoute remarquable – et des bénévoles récompensés de leurs efforts.

Quelle chance, je le dis souvent, d’avoir si près de nous de tels musiciens, parlons en autour de nous, il n’y a pas que the Voice et Drucker dans la vie, il y a la vraie musique en live celle qui vous traverse, celle qui vous rend heureux.

Bon c’est pas tout, c’est jeudi et on va se faire un petit after au Tunnel à Bordeaux ou Roger Biwandu et son Cheeseburger De Luxe jouent ce soir de la soul et du funk. Le plaisir on ne s’en lasse pas.

Serge Moulinier Trio à Jazz360 – Cénac, Samedi 07/11/2015

Par Dom Imonk – Photos : Alain Pelletier

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En juin dernier, la 6° édition du Festival Jazz360 a été une franche réussite, grâce à une programmation judicieuse et riche, à une organisation sans faille et au public qui a répondu présent. Alors, forts d’un tel succès, Richard Raducanu et son équipe de bénévoles ont voulu entretenir cette flamme et voir plus loin, en proposant des rencontres musicales, entre chaque édition du festival. Samedi soir se tenait la première d’entre elles. Ce fût un réel bonheur de se retrouver tous là, dans la salle culturelle de Cénac. L’idée est simple et astucieuse. Allier une savoureuse restauration locale à un concert jazz. Les festivités débutent autour de grandes tables rondes, disposées un peu partout dans la salle. Pour pas très cher, on propose au public un accueillant buffet de tapas et de douceurs sucrées, en provenance de l’épicerie du village, ainsi que la dégustation d’un grand vin. Ce soir-là, le Château Roquebrune était à l’honneur, un délicieux « 1° Côtes de Bordeaux » basé sur la commune. Une fois les appétits rassasiés, place au jazz avec un fidèle des premières heures du festival : Le trio du pianiste Serge Moulinier, accompagné de Christophe Jodet (contrebasse) et de Didier Ottaviani (batterie). Le groupe, incontournable, est formé de musiciens de grande classe, indispensables à la vie du jazz de notre région. C’est presqu’en voisins qu’ils sont venus, Serge Moulinier étant l’un des vifs initiateurs des « Jeudis du Jazz » de Créon, sa ville, mais aussi celle de Didier Ottaviani. Le concert s’est déroulé en deux sets, où ont surtout été jouées les compositions du leader, principalement piochées dans son nouvel album « Tyamosé circle ». Une amitié forte et un profond respect illuminent des hommages tels que « No meat and no fish for Chris » dédié à Christophe Jodet », « It’s now for Did » à Didier Ottaviani, « Black Jacques » à Jacques Lussier et le très émouvant « Viaticum for Esbjörn » à qui vous savez. Mais les autres albums n’ont pas été omis, et c’est en forme de retour aux sources que le superbe « Bluesart », tiré du premier opus « Sens-Cible », a ouvert très élégamment la voie. « Pas de cinq » fût aussi de la fête, ainsi qu’« African people », en un rappel magnifique. On n’oubliera pas la limpidité des « Eaux bleues » tirées de « Tricorde », hommage vibrant à Marc Berthoumieux. On ne se lasse pas du jeu complice et pétillant de ces trois passionnants musiciens. Leur jazz est racé, élégant et s’envole bien haut, pour se parer des multiples couleurs qui ne se trouvent que sur la canopée. Merci à l’équipe de Jazz360 pour cette très chaleureuse soirée, à revivre bien vite, le 19 Mars prochain. Nous y serons !

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Festival Jazz 360

Serge Moulinier

Visitez aussi le site de Christian Coulais, grand témoin du festival, auquel il vient de consacrer un très beau livre.