Jazz à Caudéran : Capucine / Eric Séva « Body & Blues »

photos Thierry Dubuc.

Et voilà, le premier festival « Jazz à Caudéran » est fini, déjà. Une soirée de clôture magnifique.

Le niveau des pré-ventes le laisser présager et c’est ainsi que la Pergola a vite affiché complet pour ces deux derniers concerts. Pour une première édition la fréquentation est au delà de toutes les espérances.

Capucine

A Capucine, les lauréats du Tremplin 2017 le soin d’ouvrir la soirée. Ces jeunes du CNR – école proche des Capucins d’où le nom du groupe – ont depuis leurs succès tourné dans pas mal d’endroits et de festivals. Leur set est vraiment très au point et leur fraîcheur intacte. La couleur donnée par l’association de la guitare de Thomas Gaucher et du vibraphone de Félix Robin est maintenant une signature reconnue.

Thomas Gaucher

Felix Robin

Louis Laville à la contrebasse et Thomas Galvan à la batterie, en parfaite osmose avec eux, apportent leur touche d’énergie à cette musique moderne qui a bien digéré les références indispensables du jazz.

Louis Laville

Thomas Galvan

L’humour n’est jamais loin avec des titres de morceaux originaux faisant référence à un de leur restaurants favoris ou encore aux ronflements d’un fêtard endormi sous la fenêtre du guitariste. Ils jouent très sérieusement mais ils ne se prennent pas au sérieux. Ne changez pas les gars c’est comme ça qu’on vous aime.

Voilà maintenant « Body & Blues » le si beau projet d’Eric Séva. Nous avions eu la chance de suivre la résidence de ce projet en janvier dernier au Rocher de Palmer puis d’assister au concert et nous étions impatients de le revoir. D’autant que le CD est sorti tout récemment attisant notre envie d’entendre ces compositions originales sur scène. Nous n’avons pas été déçus !

Eric Séva

Quel concert, quelle qualité musicale ! Eric Séva a mis tout son riche univers dans ce projet, un hommage à la musique source, le blues.

Eric Séva 2

Entouré de ses fidèles et remarquables Manu Galvin (guitare),

Manu Galvin

Christophe Wallemme (basse et contrebasse) et Stéphane Huchard (batterie) Eric Séva nous fait découvrir un tout jeune et prometteur pianiste Noé Huchard (le fils) lancé dans le grand bain avec la bienveillance visible des anciens.

Noé Huchard

Au chant Michael Robinson ; peut-être ce nom ne vous dit-il rien mais quand j’aurai précisé qu’avec trois autres compères ils forment l’actuel Golden Gate Quartet, vous aurez une idée de la stature du personnage…

Michael Robinson

Michael Robinson 2

Un concert plein, lumineux, chaleureux qui a chaviré ce public de la Pergola qui a fini debout.

Mais la soirée n’est pas terminée et comme à la fin d’une aventure du célèbre petit gaulois, tout le monde se réunit autour de victuailles et de nectars délicieux dans le foyer voisin. La Mairie de Caudéran , l’Association des Commerçants et les autres partenaires* ont très bien fait les choses et c’est dans une ambiance joyeuse que tous, organisateurs, public et musiciens, peuvent ainsi échanger leurs impressions sur cette soirée et plus généralement sur le festival. Un seul mot d’ordre : il faut recommencer l’an prochain ! Je pense que c’est en bonne voie…

Merci au public d’être venu si nombreux, merci à notre maître d’ouvrage la Mairie de Bordeaux et ses services et à ses deux initiateurs Pierre Lothaire et Fabien Robert, merci aux partenaires, merci aux musiciens si talentueux, merci aux techniciens, merci aux bénévoles d’Action Jazz, à leur chef d’orchestre Alain Piarou et son assistante Irène.

On se dit à l’année prochaine même époque ! Mais suivez l’actualité du jazz sur www.actionjazz.fr qu’on puisse quand même se revoir avant !

* partenaires : Association des Commerçants Caudéran Centre, Café de la Place, Carrefour Market Ferry, Château Larose-Trintaudon, CIC, Investimo, Vivre à Caudéran, FIP Bordeaux.

http://blog.actionjazz.fr/so-very-blue-eric-seva-en-residence-au-rocher/

http://blog.actionjazz.fr/body-and-blues-deric-seva-le-concert/

Body-and-Blues

Photo Philippe Marzat

Jazz à Caudéran : Atrisma / MT4

photos Thierry Dubuc.

La Pergola, vendredi 10 novembre 2017.

Le week-end en pente douce

Des mois de réflexion et de préparation et déjà deux jours sur trois de passés !

Soirée cool hier soir, pour les bénévoles d’Action Jazz d’abord, pas grand chose à remettre en place, presque rien à ranger…

Mais surtout soirée cool musicalement avec deux groupes pleins de délicatesse.

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Alain Piarou nous présente de façon très paternelle le trio Atrisma, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015. Ces trois jeunes musiciens issus du Conservatoire National de Région de Bordeaux sont bien soutenus par notre association ce qu’ils auront l’élégance de souligner. Sur des compositions de Vincent Vilnet (piano, synthé, moog, effets) le trio va proposer son univers plein de délicatesse et de modernité.

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Johary Rakotondramasy n’est pas un guitar hero, il caresse sa guitare plus qu’il n’en joue, il en tire des sons subtils et chauds souvent en retenue mais toujours mélodieusement.

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Même chose pour Hugo Raducanu à la batterie avec laquelle il fait plus de musique que de percussions, en jouant avec finesse mais aussi modernité par un usage intelligent de pads électroniques.

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Le lunaire Vincent virevolte d’un clavier à l’autre, du beau piano à queue aux synthés les plus modernes. Musicalement on est vite pris dans un cocon d’émotions, de la joie à la mélancolie. On pense à Satie, à Pierre Henry à d’autres. Prise de risque pour ces jeunes musiciens qui n’ont pas choisi la facilité au grand bonheur du public surpris et sous le charme comme les commentaires de l’entracte le confirmeront. Pour les initiés une confirmation que ce concert d’hier.

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A l’entracte un ami me confie qu’il lui manquait quand même la contrebasse ; attends un peu tu vas être servi…

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Au tour de MT4 de faire connaissance avec le public. Que cache ce drôle de nom ?Certains comme nous on connu MC5 mais vraiment rien à voir. MT c’est Marc Tambourindéguy qui comme son nom l’indique n’est pas breton et comme il ne l’indique pas, joue du piano ; 4 parce que quartet tout simplement. Marc est aussi la cheville ouvrière de « Jazz sur l’herbe » le festival d’Anglet au Pays Basque. Mais ce soir il est pianiste et ravi du beau piano qui lui est proposé ; c’est Alain Claudien qui a fourni l’instrument dont vous pouvez lire le portrait dans la dernière Gazette Bleue #25 de novembre.

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Avec Marc, Pascal Ségala à la guitare, le bordelais Pascal Legrand à la batterie et Jean-Luc Fabre à la contrebasse ; mon ami est sauvé. Le public aime les étiquettes pour définir ce qu’il va entendre alors allons-y. Disons que l’univers de MT4 peut s’approcher de celui de Pat Métheny dont Pascal Segala a d’ailleurs écrit une jolie biographie.

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Musique délicieusement élégante, mélodieuse, romantique parfois, toujours pleine d’harmonie. Des improvisations qui ne sont pas prouesses mais émotion, une musique qui vous enveloppe délicatement, confortablement . La voix fredonnante de Marc rajoute cette couleur humaine à ce jazz déjà chaleureux. Régal du piano en son naturel, de la guitare aux cordes pincées avec suavité, de la batterie caressée mais pas que, de ce son si rond et profond de la contrebasse.

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Finir la semaine, trépidante pour beaucoup, dans cette ambiance là est vraiment une offrande, un début de week-end en pente douce.

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Tiens à propos de pente, celle de la scène caractéristique des plateaux de théâtre. Elle est si prononcée que Jean-Luc Fabre en perdait ses repères aux balances, la position de la pique de l’instrument étant plus basse que d’habitude et modifiant ainsi son équilibre, surtout pour les accords aigus sur lesquels il se penche. Le diable est dans les détails.

Et nous voilà donc au troisième jour du festival avec un plateau de choix encore.

Les gagnants du Tremplin Action Jazz 2017 d’abord, les bordelais de Capucine tous issus du CNR avec leurs compositions originales la guitare de Thomas Gaucher et le vibraphone de Félix Robin dialoguant sur la rythmique de Louis Laville à la contrebasse et de Thomas Galvan aux baguettes. Un répertoire qui vit, qui s’étoffe en public, encore un groupe de la nouvelle génération à découvrir.

Final en beauté avec Eric Séva et son projet « Body & Blues » pour un concert coïncidant avec la sortie de l’album du même nom. Un CD superbe que vous pourrez faire dédicacer ce soir. Au tour d’Eric Séva et de ses saxophones, Noé Huchard (piano), Manu Galvin (guitare), Christophe Wallemme (contebasse), Stéphane Huchard (batterie) et Michael Robinson (chant) que des pointures ! Hommage au blues la musique source avec une musique d’une grande richesse.

Et toujours l’exposition dans le hall des photographes d’Action Jazz.

Places sur www.actionjazz.fr

A ce soir ! Il y aura même une petite surprise gourmande à la fin…

Retouvez sur ce blog les articles sur tous ces groupes en tapant leur nom dans la case rechercher.

https://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n25-novembre-2017/

« Jazz à Caudéran » première !

Voilà une bonne nouvelle, la ville de Bordeaux par le truchement de son satellite Caudéran organise un festival de jazz tout simplement intitulé « Jazz à Caudéran ».

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Le maire de quartier Pierre Lothaire et l’adjoint à la culture Fabien Robert se sont naturellement rapprochés d’Action Jazz pour les conseiller dans la programmation et les aider dans l’organisation. Comme le précise l’affiche, d’autres partenaires participent à la naissance de cet événement dont nous espérons tous la pérennisation.

Ainsi notre association dans son rôle de promotion des jeunes talents mais aussi dans celui du rayonnement régional du jazz a accepté avec joie cette proposition.

C’est ainsi que trois soirées se tiendront dans la magnifique théâtre Art Déco de la Pergola, en plein centre de Caudéran, derrière l’église et la mairie.

Trois récents lauréats du Tremplin Action Jazz seront présents, Tom Ibarra et son nouveau groupe, le trio Atrisma et Capucine vainqueur en 2017. Tous ces jeunes artistes ont déjà joué sur de grande scènes et dans des lieux prestigieux, de Marciac à Saint-Emilion en passant par Paris pour certains.

Un groupe de Caudéranais et surtout une formation quasi historique du jazz bordelais ouvrira le festival le jeudi , Affinity Quintet.

Venu du Pays Basque, mais avec un batteur bordelais pour l’occasion, MT4 jouera le vendredi.

Enfin pour clore en beauté la manifestation le très beau projet du néo Marmandais Eric Séva entouré de musiciens parisiens plus que renommés comme lui dans le milieu du jazz.

Une programmation de très grande qualité et tout cela pour un prix très doux, surtout, et c’est ce que vous allez faire, vous venez les trois soirs !

Et il y aura de quoi trinquer en admirant l’exposition de photos de nos artistes d’Action Jazz !

Programme détaillé ci-dessous ainsi que des liens vers des articles récents du Blog Bleu.

On vous attend !

Programme détaillé

JEUDI 9 NOVEMBRE 

20h30

Affinity Quintet

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Photo Philippe Marzat

Près de trois décades après sa formation, l’Affinity Quartet trouve un souffle nouveau et opère une mutation en quintet proposant un jazz au goût du jour via un répertoire de compositions originales mais aussi de reprises. L’arrivée d’un trompettiste voyageur, Mikaël Chevalier et celle d’un nouveau saxophoniste fraîchement débarqué dans la région, Pascal Faidy injecte une énergie différente à ce quartet mythique de l’horizon aquitain.
Francis Fontès : piano
Mickael Chevalier : trompette
Philippe Valentine : batterie
Dominique Bonadei : basse
Pascal Faidy : saxophones

Tom Ibarra Group

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Photo Thierry Dubuc

À tout juste dix-huit ans, Tom Ibarra fait déjà figure de nouveau phénomène du jazz hexagonal. Attirés par son talent, des artistes de renommée internationale l’invitent sur scène à différentes occasions. Détenteur de plusieurs prix, il invite le public à découvrir ici l’univers de son deuxième album, Sparkling, enregistré au studio Cryogène à Bègles. Cet opus sortira au début de l’année 2018.
Tom Ibarra : guitare & compositions
Jeff Mercadié : saxophone
Auxane Cartigny : claviers 

Antoine Vidal : basse
Pierre Lucbert : batterie
www.tomibarra.com

VENDREDI 10 NOVEMBRE 

20h30

Atrisma

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Formé en 2014, Atrisma est un groupe de jazz progressif délivrant un univers tout en rupture empreint à la fois de passion et de délicatesse. Passant d’un rythme à l’autre, Atrisma dévoile, tout en simplicité, une musique captivante qui emporte le public dans un voyage teinté de joie et de mélancolie. Le premier album du groupe, Aurosmose, résume l’idée de l’aurore et de l’osmose. Considérant la musique comme une école de la vie, Atrisma évolue au fil de ses expériences.
Vincent Vilnet :claviers
Hugo Raducanu : batterie
Johary Rakotondramasy: guitare
www.atrisma.com

MT4

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Un jazz aérien, suave, romantique où s’entremêlent mélodies délicieuses, riches harmonies, et improvisations hautes en couleurs. Marc Tambourindéguy, pianiste et leader du quartet mt4, va parfois chercher au fond de notre inconscient musical des phrases qui nous semblent venues des profondeurs de l’évidence, celle qu’on a souvent oubliée avec trop de facilité.
Marc Tambourindéguy : piano, voix, compositions
Pascal Ségala : guitare
Pascal Legrand : batterie
Jean-Luc Fabre : contrebasse
www.mt4.fr


SAMEDI 11 NOVEMBRE 

20h30


Capucine

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Photo Thierry Dubuc

En Janvier 2017, Capucine remporte le tremplin Action Jazz et se voit ainsi décerner le « Grand prix du jury ». Le quartet développe un répertoire aux influences variées, tantôt par les musiques du monde tantôt par le post bop des années 60/70. Les compositions, écrites par Thomas Gaucher, sont marquées par des sonorités aériennes orientées vers l‘esthétique du jazz moderne. Elles font référence à des anecdotes, à des lieux ou à des personnages chers aux membres du groupe, donnant un aspect chaleureux et convivial à la musique de Capucine.
Thomas Gaucher : guitare
Félix Robin : vibraphone
Louis Laville : contrebasse
Thomas Galvan: batterie
http://capucinemusic.com/

Eric SEVA : « Body & Blues »

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Photo Philippe Marzat

Après deux albums signés sur le label le Chant du Monde chez Harmonia Mundi, puis « Nomade Sonore » (Disque choc 2015 Jazz Magazine) sur le label Gaya, Éric Séva, musicien atypique, poursuit sa route avec ce quatrième opus « Body and Blues » consacré au blues et à la note bleue. Dans ce nouveau projet d’enregistrement et de scène, il puise l’essence même de sa propre sensibilité, de sa propre histoire. Entouré d’un panel impressionnant de musiciens dont le passé confirme la familiarité avec les racines du jazz, Éric Séva compose un nouveau répertoire.
Eric Séva: saxophones baryton, soprano, sopranino, compositions
Noé Huchard, piano
Manu Galvin, guitares
Christophe Wallemme, basse, contrebasse
Stéphane Huchard, batterie, percussions
Michael Robinson, voix
http://ericseva.com/

Tarifs :

Plein : 15 € 
Réduit : 10 € (– 12 ans, demandeurs d’emploi, étudiants, adhérents www.actionjazz.fr
)
Pass 3 jours : 35 €
Pass 2 jours : 25 €

Billetterie en ligne sur Weezevent

Renseignements: 05 56 47 36 69 – 05 24 57 68 40

Liens vers des articles récents du Blog Bleu : d’autres articles sur le blog, utiliser la zone de recherche

http://blog.actionjazz.fr/affinity-quartet-caillou-16062017/

http://blog.actionjazz.fr/encore-un-cran-au-dessus-pour-le-tom-ibarra-group/

http://blog.actionjazz.fr/atrisma-et-edmond-billal-au-rocher-dune-pierre-deux-coups/

http://blog.actionjazz.fr/capucine-au-festival-jazz-et-garonne-de-marmande/

http://blog.actionjazz.fr/eric-seva-a-villeneuve-sur-lot/

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Jam Jazz Bordeaux – Rentrée 2017/2018

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

Quand arrive Septembre et ses rentrées plus ou moins gaies, il faut bien se faire une raison, c’est la reprise ! Alors pour se consoler, rien n’interdit de lorgner un peu sur les soirées de ce qui est encore un peu l’été. Et là, bizarrement, le sourire revient vite si l’on parle des concerts à venir, mais aussi et surtout, des fameuses « jam » jazz, car il s’en passe de bien bonnes dans le Bordeaux by night, on est ravi de les retrouver et la saison 2017/2018 se présente au mieux. Tout a commencé pour nous le 1° septembre au Bar l’Avant-Scène au 42 Cours de l’Yser, où le mystérieux trio « Mimoon » doit y démarrer les hostilités. Ici, on aime aussi le rock, comme en témoignent quelques affiches, AC/DC, Frank Zappa etc… Un lieu très accueillant et chaleureux, vraiment ouvert à toutes influences. « Mimoon » c’est Clément Bourciquot à la batterie, Félix Robin au vibraphone et Louis Laville dit « Vendeen » à la contrebasse, ces deux loustics formant la moitié du groupe Capucine. Le concert est filmé par Jérôme Mascotto, saxophoniste qu’on retrouvera plus tard, et féru de cinéma. Les choses jazz vont déjà bon train, les standards se bousculent et s’étirent avec  passion, alimentés de chorus et d’échanges qui instaurent une ambiance club dans laquelle on se sent bien.  Les « jam addicts » sont arrivés, et c’est du costaud ! Mathieu Calzan, qui investit le piano droit du bar et en titille avec délice l’ivoire, Louis « Cash Express © » Gachet (from « SF »), qui dompte sa brûlante trompette à la « hubbarde » et en extirpe des sons très « shaw », Jérôme Mascotto donc, et son beau saxophone tout neuf, et ce son engagé et chaleureux qui est sa marque. On n’oubliera surtout pas les « drumming » impeccables que distillent tour à tour Yoann Dupuy et Thomas Galvan, ainsi que la finesse de la contrebasse de la douce Marina Kalhart, qui nous quitte pour Copenhague (mais que l’on reverra), fidèle de ces jam et dont on avait apprécié le récent projet « Melodious Tonk » en trio avec le batteur Simon Lacouture et le guitariste Patrick Bruneau.

Mimoon Trio

Clément Bourciquot et Marina Kalhart

La semaine suivante, cette joyeuse animation n’allait certes pas se calmer, vu que dès le lundi, ce fut au tour de Thomas Despeyroux, exquis batteur et grand artificier de la jam bordelaise, d’ouvrir celle du Café des Moines au 12 rue des Menuts, pour laquelle il a invité deux jeunes pointures de la scène parisienne : Simon Chivallon aux claviers, que l’on connait bien chez nous (Edmond Bilal Band, Alexis Valet 4tet & 6tet, Gaëtan Diaz 5tet, JarDin…), et Gabriel Pierre à la contrebasse, excellent musicien et hyper actif dans foule de jams parisiennes, mais que l’on a aussi grandement apprécié à Marciac, au sein du trio d’Alexandre Monfort. On a plaisir à le retrouver le lendemain pour une nouvelle jam jazz, organisée elle aussi par Thomas Despeyroux tous les mardis en un nouveau lieu : Le Bad Motherfucker Pub (ce nom !) 16 Cours de l’Argonne. Accueil sympathique, salle assez vaste avec un beau billard tout au fond, on peut grignoter et la bière est bonne, bref. Il nous propose un trio très pointu et bien en jambes, d’autant qu’il marque le retour de Guillaume « Doc » Tomachot en excellente forme, qui nous gratifiera d’un suprême chorus enflammé sur le « Mr P.C. » du Trane, son sax est chaud bouillant ! Pour la jam arrivent un batteur mystérieux, mais aussi Alexis « Elastic » Cadeillan qui s’empare de la basse et va la faire danser, ainsi qu’à ses côtés le fort talentueux Rémi Dugué-Luron, armé d’une guitare acoustique électrifiée un peu vintage, dont il extirpera les plus beaux sons de son âme manouche.  Superbe entente improvisée qui fait de cette première une réussite, on y reviendra !

De g à d : Gabriel Pierre, Thomas Despeyroux et Guillaume « Doc » Tomachot.

Jam Badmotherfucker Pub

Le lendemain mercredi, c’est probablement la jam jazz la plus en vue de Bordeaux, la « Jazz Night Session » du Quartier Libre (lequel fête d’ailleurs ses deux ans d’existence !), 30 rue des Vignes aux Capus, tout ça grâce à Julian et son équipe, qui y ont cru dès le début mais aussi à celui dont c’est presque la fille spirituelle, Thomas Despeyroux, vrai « master of ceremony » que revoila en super forme, à la tête d’un quartet sacrément musclé. Avec lui on retrouve Guillaume « Doc » Tomachot visiblement ragaillardi par la soirée d’hier, il le prouvera tout au long du set, alors que la belle Laure Sanchez tient la contrebasse et nourrit le groove, son associé de trio Robin Magord s’y entendant à merveille pour faire jongler les bulles herbiennes. Tout fonctionne au quart de tour et cette superbe mécanique jazz poursuivrait bien sa route dans la nuit, si dame jam ne piaffait pas d’impatience à venir en découdre avec la note bleue improvisée. Ce soir c’est noir de monde et les musiciens sont légion. Alexis Valet a laissé son vibraphone à Paris, mais le clavier encore tiède de Robin Magord n’a pas de secret pour lui, alors il s’en empare avec élégance, bien décidé à ne pas s’en laisser compter et à en tirer les phrases perchées que l’on aime chez lui. La bande des aficionados est réunie pour écouter ses potes ou s’en donner à cœur joie sur scène. On cite Marina Kalhart, Louis Gachet, Mathieu Calzan, Jéricho Ballan, Louis Laville, Félix Robin et surement quelques autres… Vous ne croyez tout de même pas qu’ils allaient laisser passer une telle occasion, mince, c’est la rentrée ! Soirée de rêve dans un torrent jazz bien fresh, jusqu’à tard dans la nuit, ce sera dur de se lever le lendemain, mais quel pied ! Puisqu’on parle du Quartier Libre, profitons-en pour rappeler qu’il offre aussi une table inventive et gouteuse, et qu’en plus d’une riche programmation de concerts en tous genres, où ne sont pas oubliés le rock, le slam, l’electro, l’avant-garde, bruitiste ou pas, bref, tout ce qui sonne « mutant sound », d’autres jams que celle jazz s’y tiennent comme la « Jam Old Jazz » (le mardi), la « Jam Blues Funk » (tous les 1° jeudis du mois) et la «Soul Jam Party » (le samedi) , alors ne les manquez surtout pas !

 

De g à d : Thomas Despeyroux, Guillaume « Doc » Tomachot, Laure Sanchez et Robin Magord.

De g à d : Jericho Ballan, Louis Gachet, Louis Laville et Alexis Valet.

Le jeudi de la semaine suivante, nous voici rendus au Starfish Pub, 24 rue Sainte Colombe. C’est la rentrée d’une jam qui existe depuis un an et s’y tiens les 1° et 3° jeudis du mois. Menée par le groupe Capucine – on ne présente plus Thomas Gaucher, Félix Robin, Louis Laville et Thomas Galvan – les festivités sont reconduites pour la nouvelle saison et on s’en réjouit ! La journée a été rude pour certains car il y avait audition au Conservatoire tout proche, sous la houlette de l’invité du soir, Julien Dubois, leur professeur et aussi leader du groupe JarDin. Nos musiciens arrivent fourbus, mais ils n’en laisseront rien paraître tout au long d’un set consacré au grand Wayne Shorter, dont on fêtait en août les 84 ans ! Peu de thèmes mais magnifiquement développés et un Julien Dubois au jeu riche, militant et combatif, et quelque fois risqué, sa patte « mbase » ressortant par moment ses griffes pour aciduler ses remarquables phrases, dont certaines un soupçon free style. La fatigue a comme disparu et Capucine tient bien le rythme, le flow et les chorus assurent, nos quatre jeunes gaillards rendant élégamment honneur à leur professeur, même si les doigts de Vendeen sont en surchauffe. La jam va suivre et ça va jouer du feu de Zeus jusqu’à pas d’heure ! Quelle énergie, quelle passion, quelle force collective ! On a retrouvé là toute la « bande » déjà croisée précédemment, avec de nouvelles têtes comme Mathieu Tarot et David Bonnet à la trompette, Joseph Rouet-Torre à la guitare et Alexandre Aguilera, sans sa flûte car il a décidé de reprendre son sax pour les jam, et c’était très réussi pour une première ! Bordeaux, la « belle endormie » ? Pas si sûr ! Ces jams le prouvent et vous font de l’œil, ne vous en détournez pas ! Tous ces lieux et ces musiciens vous ouvrent en grand les portes de leurs nuits étoilées ! Alors n’hésitez pas, venez donc y faire un tour, ils n’attendent que ça, et vous ne serez pas déçus !

Capucine et Julien Dubois

Jam Starfish

Jérôme Mascotto et Mathieu Calzan

Jam Starfish

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

barlavantscene.fr

cafedesmoines33.com/

quartierlibrebordeaux.com/v2

starfishbordeaux.fr

 

Saint Emilion Jazz Festival : Kind of Blue et Kind of Red.

Sur le net en ce moment, suite à un article du journal la Croix, ça discute ferme sur l’évolution du jazz, sa survie sans mélange des genres, sans cross over ; influence de la pop, de la soul, de l’électro, du hip-hop, les tenants du jazz « pur » contre ceux du jazz métissé, la famille contre parents et alliés. Voir le lien en bas de page.

Pour moi il y a deux façons de regarder les choses, une très prosaïque et commerciale qui consiste à élargir la sphère du jazz pour attirer du public et rentabiliser, l’autre plus noble et stratégique qui consiste certes à attirer du public mais sur une passerelle vers le « vrai » jazz. Je n’en donnerai pas la définition, j’en suis bien incapable mais on se comprend je suppose.

En 1975, j’avais 20 ans, ne suis-je pas entré en jazz grâce au jazz-rock tel qu’on disait avant l’apparition de l’expression jazz fusion ? Les très électriques Return to Forever, Jean-Luc Ponty, Larry Coryell, Mahavishnu Orchestra, the Headhunters, Weather Report ont inondé ma discothèque me permettant de découvrir que Chick Corea, Herbie Hancock, John McLaughlin, Zawinul… avait eu une vie avant et m’embarquant pour des années de bonheur dans leurs univers variés. Et ainsi sans aucune chronologie ai-je découvert (!) Miles en combinaison pailletée puis en costard cravate, Coltrane, McCoy Tyner… puis toute la scène française.

Reconnaissons que le procès en élitisme fait au jazz est d’une grande injustice. De la même façon que le grand public ne va pas spontanément se déplacer dans des expositions pour admirer des toiles mais va y être sensible voire bouleversé si on lui met devant les yeux, le jazz si on y emmène les gens par des chemins détournés ou flirtant avec le mainflow, a certainement à y gagner, du moment que des artistes continuent à créer et innover. Il y en a des tas il faut les montrer.

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Cette longue introduction pour parler de l’ouverture ce vendredi du Saint Emilion Jazz festival et notamment de son premier concert celui de Karmarama. On ne peut pas faire au passionné Dominique Renard un procès en trahison pour ce choix. Il correspond d’abord à la philosophie du festival, faire connaître les musiciens du cru – grand ici – en les associant dans la programmation à des « stars » internationales. Et donc ensuite il procède aussi de ce « cross over », cette passerelle évoquée ci-dessus. Le métissage est ici indien et pop mais le jazz y est présent, de par les musiciens dont certains sont des spécialistes et de par la structure des titres permettant des improvisations.

Je vous renvoie à la chronique détaillée sur ce même blog lors du premier concert du groupe au Rocher : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Pour les pressés j’en rappelle juste mes lignes de conclusion qui alimenteront le débat évoqué plus haut : « Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals, ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en ! »

Merci à Dominique Renard d’avoir suivi ces recommandations.

Merci aussi d’avoir intégré deux groupes récemment primés au tremplin Action Jazz 2017 : On Lee Way et Capucine, des jeunes artistes qui créent et composent du jazz.

Venez-donc à Saint Emilion ce week-end, entre les vieilles pierres, les macarons, le vin et la musique vous allez vous régaler ! Et il y aura du jazz !

A noter que tous les concerts au parc Guadet sont gratuits et que sur place, en plus du plaisir musical, vous trouverez tout pour le bonheur de votre palais : Kind of Blue et Kind of Red !

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.fr/2017/07/une-croix-sur-le-jazz.html?spref=fb

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Un dimanche aux 24 heures du Swing

par Philippe Desmond, texte et photos.

Nous vivons dans un drôle de monde, drôle au sens de pas drôle. Suprématie des « grands » médias, principe de précaution, plan Vigipirate, risque zéro (tu parles…), une ode au repli sur soi. Bienheureusement certains résistent , jouent les villages gaulois comme dans cette belle bastide de Monségur, au fin fond de l’Entre deux Mers mais si près de Bordeaux et d’ailleurs. Je parle des organisateurs des 24 heures du Swing qui depuis plus de 25 ans prennent eux des risques. Ils en ont été récompensés, car alors qu’une alerte orange sévissait sur notre belle Gironde, que nous étaient promis des orages terribles, des déluges de pluie et de grêle, que justement ces foutus « grands » médias et leurs bulletins météo alarmistes nous incitaient à nous calfeutrer dans nos caves. Malheureusement je suis sûr que certains ont été refroidis par cette pleutrerie organisée, et bien ils ont eu tort !

Après deux jours de festival que je n’ai pas pu avoir la chance de suivre, la journée du dimanche s’annonçait festive et variée, elle le fut.

Arrivé trop tard pour une messe gospel mémorable m’a t-on dit, c’est à la Guinguette que j’ai pris mon café au son du trio French Quarter et leur jazz New Orléans, entourés de danseurs de swing entamant leur marathon. A noter les œuvres du sculpteur Freddish parsemant le festival.

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Un petit tour sous la halle – une merveille dans le genre – avec le Combo des classes jazz du collège de Monségur. Créé en 2002 à l’image de celui de Marciac, il est une étonnante pouponnière de talents. Le temps d’un « Watermelon Man » bien funky et d’un « All Blues » très groovy arrive l’heure de l’apéritif sous les arcades.

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J’y retrouve trois amis et nous voilà plongés dans l’univers de Bullit, un quartet très sixties jouant du Lee Morgan, Wes Montgomey, Horace Silver… avec un son très marqué par cette instrument que j’adore, un orgue et sa cabine Leslie. Amis, apéro, bonne musique, what else….

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Ce moment comme son nom le suggère nous ayant mis en appétit nous nous retrouvons à table au stand du boucher local où nous dégustons un pavé de bœuf d’un autre monde. La chance d’avoir à notre table l’organisateur du festival Philippe Vigier venu nous rejoindre, étonnamment calme et serein, lui en charge d’une si grosse machine qui se prépare déjà depuis presque un an. Un combo du collège assure sous la halle notre fond sonore, et là-bas l’assistance est importante pour les soutenir.

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La halle justement nous y repartons et assistons avec émotion à un moment très touchant avec la prestation des Percutemps . Les résidents du foyer de vie pour adultes handicapés de Monségur viennent restituer les travaux de leur atelier de percussions. Quelle belle initiative et quelle prouesse de réussir à faire se produire en public des personnes souvent très repliées sur elles-même.

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Action Jazz est dans la place et pas peu fière de voir s’y produire le gagnant de son dernier tremplin, le groupe bordelais Capucine. Pas forcément le type de salle à leur convenance avec ce volume énorme, cette structure métallique pour leur musique de cristal, mais une magnifique prestation pleine de fraîcheur, avec bien sûr leurs propres compositions et une surprenante reprise des Beatles, « Norvegian Wood ». Et un moment spécial pour Louis Laville, le contrebassiste, ancien élève du collège local, jouant sous les yeux de son ancien professeur François Mary, celui-ci me confiant sa fierté.

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Mais vite il faut filer place des Tilleuls car le Hot Swing Sextet est déjà en train de mettre le feu, remplissant la piste de danse. Le public arrive cette fois en masse et à l’ombre des tilleuls – et oui il y a du soleil messieurs les météorologues – l’ambiance monte. Ce groupe bordelais est magnifique capable de faire bouger les plus timides et leur spectacle est toujours un festival plein de gaieté.

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Fin du set, retour vers la halle avec Amam’s Family de l’atelier musiques actuelles de Monségur. Autour de trois pros, François Mary (basse), Célia Marissal et Mathieu Grenier (chant) de jeunes musiciens dont un jeune chanteur, un petit Prince qui nous livre une superbe version de « Kiss ». Ça groove, ça funke, ça promet !

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Il paraît qu’il y a une super chanteuse aux Tilleuls alors on repart. Quel métier ! En effet la nommée Leslie Lewis chante et même très très bien ! Quelle découverte pour moi !

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Accompagnée d’un trio du feu de Dieu celui du pianiste Philippe Duchemin elle va faire un tabac. « Feeling Good » attaqué a cappella me donne la chair de poule, son « Lady is a Tramp » n’a quasiment rien à envier à la version d’Ella, son scat est parfait. Merci à Philippe Vigier de nous avoir fait connaître cette belle artiste.

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Señor Météo a décidément tout faux, le temps est au beau, juste ce qu’il faut pour faire pousser les haricots, rouges en l’occurrence. Les Haricots Rouges sont de retour à Monségur.

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Le groupe formé en 1963 a bien sûr vu sa composition évoluer mais le sextet actuel a déjà de la bouteille, ce qui dans ce cas et comme à Bordeaux est une qualité. Véritable institution du jazz New Orléans,  ils sont capables, grâce à leur talent de musiciens et à leurs pitreries, d’emballer le public, grand ou de spécialistes, avec une bonne humeur communicative.

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Le jazz on l’oublie trop souvent c’est aussi la fête ! Pour clôturer le festival et dans ce lieu magique de la place des Tilleuls c’était un choix idéal.

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Et bien voilà on a survécu à cette alerte orange, rouge donc vers la fin ! Des bénévoles se donnent du mal pour nous faire du bien, aidons les, soutenons-les, sortons, communions, communiquons ! Bravo à eux et un grand merci de nous faire vivre des journées pareilles.

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Il faut rentrer vers Bordeaux maintenant, quoi faire ? Un tour au Molly Malone’s le trio de Thomas Bercy y accompagne le chanteur américain Jack Pollard en tournée en France. Voix de velours, crooner plein de charme et un trio au top comme d’habitude, voilà une journée qui se termine en apothéose.

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La Gazette Bleue N° 21 vient de sortir ! Bon printemps à vous !

Bonjour !

Voici la Gazette Bleue N°21 • Mars 2017 et ça repart !

Avec Roger « Kemp » Biwandu qui se livre et « Three », puis tout sur le colloque an 1 et le 5° tremplin, mais aussi Philippe Méziat et le T4S, Post Image (30 ans !), Benoît Lugué « Cycles », Éric Séva, Franck Dijeau, et bien d’autres, + chroniques cd et agenda & more !

Bref, le printemps sera chaud !

Bonnes lectures !