La Gazette Bleue N° 24 vient de sortir ! Spécial UZEB, Festivals d’Été, Cuba et plus !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°24 • Septembre 2017

Bonjour à tous ! Voici la Gazette n° 24 qui ouvre avec Uzeb, le retour au Rocher de Palmer en juillet dernier. Spécial Festivals de l’Été, mais aussi Cuba et le Jazz, des interviews, des chroniques CD, l’agenda etc… Bref, une riche rentrée musicale !

Bonnes lectures !

La Gazette Bleue N° 23 vient de sortir ! Spécial Thomas Bercy « Coltrane Jubilé » et bien plus encore !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

 
Bonjour à tous ! C’est l’été et c’est un spécial Thomas Bercy et le « Coltrane Jubilé »qui ouvrent les festivités d’été, avec la Gazette Bleue N° 23 de Juillet 2017. On y parle aussi de Frank Catalano, de Jazz 360, du Jazz Day # 2 à St Macaire, de Snarky Puppy, de Jazz au pluriel, de Vacances et Jazz à Montreal et de Canapé bleu.
Retrouvez-y aussi vos rubriques, chroniques de cds et agenda.
Nous vous souhaitons de très bonnes vacances, une maximum de bonnes musiques, et d’excellentes lectures !

LUCKY DOG 23/06/17 chez Brouss’art(assosax)

Par Alain Flèche
Frédéric BOREY (tenor, soprano saxophones, compositions)
Yoann LOUSTALOT (trompette, bugle, compositions)
Yoni ZELNIK (contrebasse), Fred PASQUA (batterie)

Nos deux bordelais (d’adoption) de passage !
Frédéric ne cache pas sa joie d’être là. Heureux de travailler à Paris, mais il sait que c’est en province que ça se joue! Content de retrouver son sourire permanent et son jeu original. Il a escamoté ses influences hendersonienne pour affirmer d’autant sa personnalité qui s’affine au cours du temps, avec un son toujours clair, chaleureux et précis. Notes détachées et attaques franches. Volubile mais sans pathos. Chacune des nombreuses notes prend sa place dans une architecture imprévisible mais harmonieuse
Yoann est plus aérien mais avec des racines bien ancrées sur terre. Un flocon qui virevolte au gré de ses idées qui ne cessent de se bousculer et qu’il expose avec grande sensibilité, délicatesse, poésie. il jongle avec les notes, celles qui sont en l’air, celles qui lui traversent l’esprit, choisissant les plus belles, celles qui iront plus loin jusqu’à se nicher au creux de notre mémoire
Ils sont venus nous présenter leur prochain album (live) à sortir en fin d’année.

Et c’est parti : mise au point, mise en souffle, compo.(de Yoann) un peu arithmétique, des lignes qui emplissent l’espace pour les relier les 4 protagonistes ensemble. Puis compo. de l’autre soufflant (elles semblent être alternées tout le long de la set-list): franchement blues, enfin blues contemporain évidemment, avec de larges plages tonales où chacun raconte son histoire prenant place dans cette narration commune ! Ça continue dans des ambiances très modernes. On entend des réminiscences de « Old and new dreams » (avatar Ornette Colemanesque des ’70 avec Don Cherry, Dewey Redman, Charlie Haden et Ed Blackwell). De même, Fred Pasqua fait sonner ses tambours, s’emballe dans des construction précaires mais solides, semble découvrir, avec nous, toutes les capacités surprenantes et percussives de son multi-instrument.
Et chacun de s’échapper du schéma des thèmes, partir à la découverte de leur propre monde où ils nous invitent à les suivre à travers des méandres parfois tortueux, ou bien sur des lignes plus épurées, toujours très personnelles… près à se perdre dans des voyages improbables. Mais il n’y a aucun danger: Yoni veille au grain. Axe (presque) imperturbable, référence permanente, il est consulté comme lorsque on demande l’heure, subrepticement, à un passant, rassuré d’avoir le temps de flâner encore avant de rejoindre ceux de l’équipe qui piaffent déjà de prendre bientôt leur tour de gardien du feu.
C’est vrai que cela fait fait un moment, près de 5 ans, que cette formation existe. Ensemble tout à fait cohérent, complices d’idées en partage, chacun apportant la richesse de ses multiple projets pour continuer à construire une œuvre commune qui nous enchante et nous ravit.
Peu de monde ce soir. Pourtant, l’énergie, la joie, le plaisir sont là, sur scène et dans la salle, palpables. Nous ne les laisserons en paix, leur accordant un repos mérité, que rassasiés, saoulés du bonheur de ce beau cadeau qu’ils nous offrent de leur présence ici.
On les en remercie, ainsi que Didier Broussart qui les a invités.

Action Jazz fête la musique à la Grande Poste

Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

La Grande Poste, Bordeaux le 21 juin 2017.

Depuis 1982 la Fête de la Musique lance officiellement la saison d’été, semblant séculaire pour les plus jeunes, les plus anciens se demandant comment elle n’a pu exister avant. A Bordeaux l’an dernier elle a pourtant été réduite à sa portion congrue officielle, la musique s’effaçant devant le dieu football et l’Euro 2016. Ainsi Action Jazz qui animait traditionnellement la scène de la place du Palais mise à disposition par la Ville de Bordeaux en avait fait les frais.

En 2017 pas de foot mais malheureusement toujours l’état d’urgence, cette menace permanente sur les événements et son corollaire, les mesures de sécurité draconiennes. Nécessité de lieux « fermés », d’agents de sécurité qui grèvent les budgets aux dépens des musiciens, du matériel et des techniciens et donc une impossibilité pour Action Jazz, cette petite association sans fonds , d’accepter les conditions proposées.

 

Mais la bonne fée de la musique veillait et a suggéré à Guillaume Thévenin le programmateur jazz de La Grande Poste – et responsable du studio d’enregistrement Cryogène de Bègles – de se tourner vers nous pour l’aider à organiser la première Fête de la Musique du lieu. Et c’est ainsi que l’aide s’est transformée en carte blanche à Action Jazz.

Ce 21 juin grâce à ce concert beaucoup de gens et presque tous les musiciens, découvraient la Grande Poste, cet « espace improbable » comme le définissent ses responsables, un lieu majestueux au style Art Déco devenu par la volonté et l’investissement de Maryline Minault et de ses fils, un espace culturel pour les créateurs, les musiques, le théâtre… assorti d’un bar et d’un restaurant. Il accueille en ce moment une très belle exposition des toiles monumentales de Patrick Marquès. Ouvert il y a quelques mois son développement est en train de monter en charge à mesure que sa notoriété s’accroît. http://lagrandeposte.com/fr/

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Une chance donc pour nous et un défi d’y organiser cette soirée, aux conditions premières de la fête de la musique, c’est à dire librement pour le public et bénévolement pour les artistes. L’occasion pour ces derniers d’avoir une belle exposition et de se faire connaître pour certains, du public et du lieu. Encore fallait-il que l’affluence fut là… Elle y était , malgré l’offre très riche des autres établissements, des scènes publiques et des scène sauvages. Et en plus en ce soir de canicule elle y découvrait une bonne surprise, la climatisation !

C’est ainsi que Melodious Tonk a commencé à jouer devant une salle pleine à craquer, des tables et des chaises devant être rajoutées. Ce duo composé de Marina Kalhart (chant et contrebasse) et Patrick Bruneau (guitare) comme son nom le suggère, revisite à sa manière le répertoire de Thelonious Monk.

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Plutôt intimiste le duo a dû s’adapter au volume de la salle pas facile à sonoriser et au public bavard content de partager ces moments. «Les Français ne ne taisent donc jamais »  nous lance amusée une personne faisant partie d’un groupe d’une quinzaine de touristes indiens venus là par hasard. Belle émotion – et beau succès – pour Marina qui jouait pour la première fois devant une telle assistance, Patrick plus ancien dans le métier étant lui plus habitué.

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Une entrée en matière très agréable à l’heure de l’apéritif.

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Changement radical de registre avec le Jean-Marie Morin trio , lui à la basse, Christophe de Miras aux claviers et exceptionnellement Pierre Lucbert à la batterie, Olivier le titulaire étant empêché.

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Certains auront bien sûr reconnus dans ce trio la rythmique du Tom Ibarra Group mais ce projet est différent, fait de compositions de Jean-Marie toujours dans le style jazz fusion. Une musique bien en place, vive et mélodieuse sur une rythmique carrée et un avenir intéressant pour les deux premiers musiciens, les vieux (!), qui vont partir de leur côté laissant les jeunes Tom et Pierre en retrouver d’autres.

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On en reparle plus loin. Tom est invité sur le dernier titre, une sorte de teaser pour son set de fin de soirée.

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Après ce set musclé, retour à de la musique plus légère avec le trio Jazzed Up : Yazu (Chant), Alexandre Jian (Contrebasse), Alexandre Turco (Guitare).

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Le trio adapte avec talent les plus beaux thèmes du jazz, du swing et autres trésors de la chanson française et internationale. La belle présence de Yazu, elle aussi impressionnée par la taille du lieu, est la signature de ce trio. Un moment très cool avant le bouquet final.

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Le Tom Ibarra Group tenait à être présent ce soir, exprimant ainsi sa reconnaissance à Action Jazz qui le soutient depuis le début. Pas difficile pour nous d’adhérer à un projet d’une telle qualité, de le voir évoluer et se polir au gré des concerts.

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Mais les artistes aiment prendre des risques, explorer de nouvelles pistes et c’est ainsi que le groupe va évoluer Jean-Marie Morin (basse), Christophe de Miras (claviers) partant vers leurs propres projets alors que Tom Ibarra (guitare) et Pierre Lucbert (batterie) vont s’associer avec trois autres jeunes musiciens du CMDL ( Centre des Musiques Didier Lockwood où étudie encore Tom) pour explorer d’autres univers et élargir leur rayon d’action.

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La nouvelle formation entrera en studio chez Cryogène au mois d’août pour un CD de nouvelles compositions. Soutien à leur création à : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

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En attendant le TIG nous a offert un concert étincelant malgré, j’y reviens, l’acoustique complexe du lieu qu’ils ont pu avec l’aide de la régie maîtriser de mieux en mieux. Un set très engagé avec ses compositions jazz-funk, quelques belles ballades et bien sûr un « Mona » éblouissant.

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Un réel cadeau fait au public par ces quatre compères qui sont aussi des personnes d’une gentillesse et d’une simplicité rafraîchissantes.

Un grand succès pour cette première Fête de la Musique à la Grande Poste. Maintenant place à l’été, ses concerts et ses festivals ; je sens qu’on va se régaler !

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Liens :

Mélodious Tonk :

https://www.facebook.com/melodioustonk/

https://www.youtube.com/watch?v=GN1VJe6zb7I

Jean Marie Morin trio :

https://www.facebook.com/jeanmarie.morin.37

Jazzed Up :

https://www.facebook.com/jazzedupband

https://youtu.be/dIZJLPE3jPI

Tom Ibarra Group :

http://www.tomibarra.com/

https://www.facebook.com/TomIbarra.guitariste/

https://www.youtube.com/watch?v=kfpjXML1DCY

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/tom-ibarra-new-album

Affinity Quartet – Caillou – 16/06/2017

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Affinity Quartet plus Mickaël Chevalier

L’été est tout proche et le Caillou du Jardin Botanique  peut enfin prendre ses aises. Les estivales y ont débuté le 1° juin et s’y poursuivront jusqu’à la fin Août, avec une flopée de beaux concerts en perspective, et pour tous les goûts. Ce vendredi soir, le soleil tarde à se coucher, la terrasse est bondée. On a en effet ressorti la jolie scène sur roues, moment tant attendu des addicts de la place, et pour insuffler une ardeur supplémentaire, c’est l’ Affinity Quartet, dans un nouveau projet antillais, qui est venu jouer un jazz bien chaloupé, à base de standards épicés, chaudement menés. Autant dire qu’une atmosphère de vacances ne tardera pas à s’installer. C’est l’occasion de retrouver au piano notre ami Francis Fontès en belle forme,

Francis Fontès

entouré de ses fidèles compères Dominique Bonadeï à la basse, Hervé Fourticq aux saxophones et Philippe Valentine à la batterie. Très solide combo, qui tient large place dans l’histoire du jazz de Bordeaux, mais aussi dans son présent des plus vifs.

Dominique Bonadeï

Hervé Fourticq

Philippe Valentine

La cerise sur le gâteau, c’est un invité de marque « de dernière minute » : Mickaël Chevalier qui les rejoint sur scène avec son bugle voyageur, l’occasion pour lui de retrouver au passage, au piano et à la batterie, deux de ses collègues du groupe Nokalipcis.

Mickaël Chevalier

L’affaire ne pouvait donc que fonctionner au mieux. Ainsi, nous voilà embarqués à bord d’un bel esquif, pour une croisière en deux sets, où tout ce joli monde est là, soucieux de donner du plaisir en suggérant le voyage et les Caraïbes. Question titres repris, nous sommes gâtés, c’est un vrai festival ! Mario Canonge est de la fête avec « Lese pale » et «Peyi mwen jodi », on déguste aussi « Travail raide » d’Alain Jean-Marie, « Guadelupe » de Michel Petrucciani, « Tu piti » du père d’Eddy Louiss, « Siempre me va bien » de Poncho Sanchez et quelques traditionnels comme « La Guadeloupéenne » et « Célestin ». On réécoute le délicieux « Butterfly’s dream » de Nolwenn Leizour, composition jouée avec Nokalipcis (décidemment !) dont elle est la contrebassiste. D’autres grands standards seront aussi repris, finement remodelés en mode afro-caribéen, quoiqu’ils en aient déjà le parfum, comme  « Manteca » de Dizzy Gillespie, « St Thomas » de Sonny Rollins et un beau « Caravan » Ellingtonien en guise de rappel. Nous les aurions bien écoutés jusqu’au bout de la nuit, tant ces thèmes ont illuminé la soirée, d’une musique superbe, jouée par un groupe épatant, à l’âme généreuse, avec lequel nous avons tous beaucoup d’affinités !

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Remerciements à Philippe Valentine pour la setlist.

Le Caillou du Jardin Botanique

 

Nowhere au Quartier libre le 09 mai 17

Par Dom Imonk

Nowhere Trio

Ce soir c’est quartier libre, permission de minuit accordée, enfin ! Moment tant attendu ! Nous voilà donc partis pour Nowhere… Pour nulle part ? Mais non ! Pour aller voir un concert de Nowhere au Quartier Libre, près des Capus’. Lieu que l’on retrouve à chaque fois avec un grand bonheur, car la musique programmée y est précieuse, et les tenants du site fiers, et ils peuvent l’être, de cette scène qu’ils ont su construire de date en date. Nowhere est un trio de jeunes pointures diablement affutées, combo rondement mené par le bassiste compositeur Ouriel Ellert, interviewé dans notre Gazette Bleue de Mai dernier (n° 22), à l’occasion de la sortie de son nouveau disque « On my way » (Klarthe/Harmonia Mundi), lui aussi chroniqué, à paraître sous peu. Il se produit donc en avant-première ce mardi soir, devant une salle pleine à craquer, reposée d’un long week-end, accompagné d’Anthony Jambon (guitares) et de Martin Wangermée (batterie, samples). Autant dire qu’il va faire plutôt chaud, quand on sait le pédigrée de nos trois garçons, et le nombre de lieux et de projets qui les animent, notamment sur Paris, dont la nuit frémit d’aise à les savoir programmés. Et l’ambiance sera d’autant plus chaude que les spectateurs sont, pour la plupart, des musiciens du conservatoire tout proche, qui captent à 200% ce qui se joue ici, habitués qu’ils sont des jams mémorables du mercredi soir, et même plus ! Avoir découvert « On my way » avant ce concert est certes un délicieux privilège, mais la cerise sur le gâteau, c’est la surprise du live. Étonnant de voir à quel point toutes ces compositions, nouvelles et presque sages pour certaines, se laissent déflorer par le mystère instantané de l’improvisation. Elles sont faites pour ça et s’ouvrent sans retenue vers la liberté, en s’offrant à des échappées, des solos et des breaks, hirsutes et modernes, sous l’œil réjoui du patron qui relance à tout va. Ainsi de vives interactions nouent sans relâche les élans de chacun. Le jeu fluide et cristallin d’Anthony Jambon – il y a du Bill Frisell chez lui – constamment à l’écoute, part dans des chorus riches et dont la densité peut s’acidifier, voire s’affermir si besoin. Nous reparlerons de lui car il vient de sortir lui aussi un disque, « Precious time » (Klarthe records), sur lequel on retrouve un autre acteur du concert, Martin Wangemée et son drumming impressionnant, qui instaure par moment une course aussi folle que du canyoning rock/pop, ou qu’un saut à l’élastique jazz/electro. De la dynamite dont Ouriel Ellert est visiblement friand, son jeu subtil, gambadeur et coloré s’y associant parfois en des pactes polyrythmiques époustouflants d’inventivité, créant carrément de la transe drum & bass mutante par moment, c’est fou ! Le 1° set nous avait déjà conquis, « Desert », « Feelings », « Five times four elements », quels titres ! Voici un 2° set qui poursuivra ses tentatives (très réussies) de nous séduire, la pèche de ce trio ! Le public exulte. Ouvert avec l’un des « tubes » de l’album, « Existence », dont le groove intérieur est irrésistible et le solo de batterie monstrueux à la fin (cf. le lien à la vidéo en fin d’article), voici le moment du « guest ». Ouriel Ellert invite un grand guitariste, qu’il avait eu comme prof au CIAM : Mr Christophe Maroye en personne. Devenu son ami, c’est un pilier incontournable de la scène régionale, un grand monsieur, aussi bien apprécié pour ses qualités humaines, que pour son ouverture artistique (photographe, vidéaste…). Il va ainsi nous gratifier de quelques passages somptueux à la guitare, en totale harmonie avec ses hôtes et dans le flow de la musique, devenue aérienne. On se délecte à l’écoute de son tout nouveau disque, « No turning back », paru il y a peu et dont le concert de lancement au CIAM a tout récemment été évoqué sur ce blog. N’oublions pas d’autres pépites jouées lors de ce set : « Wind », « Where you are » et « The endless expectation », chair de poule garantie ! Clair que ces deux sets nous ont tatoué le cœur, tant cette musique, belle et forte, crée de l’émotion. Rappelons la sortie le 2 juin du disque de Nowhere « On my way », et le release concert le 12 juin à l’Ermitage. Alors amis parisiens, vous savez ce qu’il vous reste à faire, Foncez- y !!

 

www.nowheretrio.com

www.klarthe.com

quartierlibrebordeaux.com

Vidéo de Nowhere « Existence » au Quartier Libre 09/05/2017

Lien à la Gazette bleue n° 22 de Mai 2017

L’improRobotique Dialogue – Cie Lubat

Molière – Scène Aquitaine, 18 mai 2017
Par Alain Flèche, photos Alain Pelletier

Avec, dans le dés-ordre et en toute pertinence : Bernard et Louis Lubat, Jaime Chao, Fabrice Vieira, Jules Rousseau, Thomas Boudé, Juliette Kapla, Tanguy Bernard + Gaël Jaton, Hugo Dodelin, Olivier Ly, Clément bossu.

1er Acte – nous étions quelques-uns à découvrir, le mois dernier à Uzeste, un peu avant une prestation libertaire mémorable du trio (et +) “Das Kapital”, un nouveau projet du maître de céans, annoncé “électro-acoustique”, avec presque la même équipe, qui paraissait être une belle exploration, mais encore trop proche des origines du genre, évoquant Pierre Henri ou Xénakis, sans laisser entendre une nouvelle orientation originale, justement, malgré un évident désir de communication, par des moyens et instruments, où les claviers deviennent numériques et abstraits, traitant sons et humeurs par filtres synthétiques dont se cherche encore quelque sentiment…

2ème Acte – la bande à Lubat, jeudi dernier, sort de résidence de “Molière –..”. je n’y suis pas. Il se dit : comme il me reste impression précédente…

3ème ! Ha ! Ah ! Les voilà ! Tout beaux tout neufs. Une scène avec des instruments plus “physiques”, voir “connus” (piano de Lubat, batterie de Louis, des guitares, basse, voix [là, il y a Juliette en plus, qui joue d’elle, et donne une folubie gracieuse et forte et vraie, qui n’efface pas pour autant, du tout, le boulot, plus dans le son que le texte, de Fabrice] et puis les ordis, qui font que plus rien n’est ni ne sera comme avant leur arrivée dans la sphère musicale, et des micros qui recueillent tous les sons et bruits qui s’en approchent. Et surtout, plein de trucs, par terre, et sur un plateau soutenu de tréteaux, où se bousculent des machins en plastoc, en peluche ou métal, plutôt jouets, près à bouger, déjà frémissants de clignotements d’yeux lumineux impatients.

Et ça démarre. Tranquille, pour voir, et s’entendre, et dire. Bernard, piano, qu’il traite, de tout. Au fouet, doucement, et puis des espèces de jouets encore, qui rebondissent sur les vibrations des cordes qui les portent et les supportent. Louis le rejoint de mailloches, frôlent et frappent fûts et frames. Les autres cordes arrivent, s’installent, puis, les sons multiples de Vieira. Et puis, voilà, les plus tellement jouets, plutôt robots qui bougent. Mis en scène, en lumière et en sons. Jaime joue d’un drone aérien et on ne sait qui dirige l’autre et le fait danser. Il est là, ici, partout. Fée Clochette ou hélico de “Apocalypse Now”, d’où début d’un doute. Devant scène, des bestioles plastic s’agitent, s’attirent, s’agrippent, se fâchent et se lâchent. La musique ne cède devant rien de ces jeux qui semblent leur échapper… mais non. Tout est construit maintenant.. Aboutit, en place, mots, motivation, actes, actions et participactions de ce qui fait sons et sens. Des mots, Juliette en dit. Tra [lala] duire. Tourne autour et décortique ce verbe par le sien plus ou moins propre. Des mots jetés et rattrapés au vol, au moment où ils ne disent plus rien, mêlés, retournés, détournés, en-chantés, reprennent sens et vie, en d’autres langues aussi. Triturés, mis en chantier, dentelés à coup de programmes multibits insensés mais dit-gérés, les ordis s’emparent subrepticement et de plus en plus viol-amant des mots envolés, volés à leur génitrice pas triste qui crie et hurle des volées logorrhées diction par scission inventée. Les tambours noie le poison en assourdissant les parties son. Le piano, pas ni, ni, pas nô non plus, juste juste où il fait. Des pincées de cordes pincées se parent de sens, partent en l’air de rien, parlent entre elles et se mêlent aux restes des sons. Aussi des souffles et des drôles de bruits. Plein. On ne s’en plaint pas !

Sont-ce les robots qui gesticulent dans tous les sens, dans tous les coins, passent, s’affrontent, se calment, repartent ailleurs, qui induisent les sons qui eux, se transforment, et avec quelle aisance !, en musique, ou bien ce sont les musiciens qui pensent diriger leur instrument vers les mouvements choisis des robots qui en prennent à leur aise ? Qui sont les maîtres à bord ! Le navire singulier, pluriel, chahute. La réponse se trouve entre les yeux et les oreilles, et appartient à chacun des acteurs et des auditeurs qui sourient, rient à l’éclat latent de la performance. Et puis les questionnements remplacent le confort de l’écoute passive, puisque nous sommes interpellés, happés dans l’imaginaire des compositions qui nous sont adressées. Tous ces petits machins qui envahissent la scène et les sens font sens. Le divertissement devient une lutte ! Les rires sonnent faux, les sourires se crispent. Qui sont donc les robots ? Nés de nécessité de jeu, de commerce, ils commencent à vouloir gérer leur vie propre. Malhabiles puis de plus en plus précis, forts de leur multitude, ils ne semblent désormais répondre qu’à leur désir, encore embryonnaire pour l’heure, d’indépendance, de liberté, et de conquête. Peut être est-ce pour de rire, peut être pas, plus. Éblouis nous sommes, de sons neufs, mais gênés des questions posées, et ne s’arrêtant pas là où il suffirait. Le doute donc, les sièges deviennent moins confortables, les joujous rigolos nous inquiètent, prêts à déborder de la scène, à outrepasser leur rôle ludique. Les musiciens improvisent, les robots vont plus loin déjà, qui les retiendra ! La musique ne s’arrêtera pas, le progrès non plus. Au se cours la compagnie, il fait peur, comme il fait noir.

Une heure de spectacle, il faudra quelques jours pour s’en remettre.

Eric Seva à Villeneuve sur Lot

Texte Patrick Braud, photos Philippe Marzat

Eric Seva, Théâtre Georges Leygues, Villeneuve-sur-Lot, le mardi 7 mars 2017

            C’est au théâtre Georges Leygues de Villeneuve-sur-Lot qu’eut lieu le troisième concert du nouveau projet du saxophoniste et compositeur Eric Séva. C’est un concert pour remercier le théâtre et sa ville qui ont soutenu ce projet de retour vers les racines du blues, et bien sûr, un concert pour présenter généreusement ces nouvelles compositions au public. On remarque qu’Eric Séva n’est pas avare en remerciements et qu’il tient à faire savoir que des soutiens institutionnels ou associatifs lui sont importants.

            Le théâtre Georges Leygues est un théâtre à l’italienne, et ce soir-là, en pleine semaine, le public remplit deux balcons sur trois et presque tous les fauteuils d’orchestre. La scène est complètement occupée par le quintet. C’est un théâtre de l’époque de l’art moderne : il est rigide, ses colonnes sont massives. Les sonorités cool du blues de ce soir lui feront du bien. Il avait besoin de rondeur et d’un côté plus chaleureux.

             Noir dans la salle, une lumière rouge se pose en douceur sur les artistes. Le piano, la guitare, le saxophone, la basse et la batterie se mêlent à l’unisson. C’est entraînant et cependant plutôt doux. Saxophone et guitare se confondent, prennent une place de leader en commun, puis se séparent sans se diviser, c’est un dialogue au sous-entendu rock. Normal, ce « Monsieur Slide » est inspiré du travail d’Eric Séva avec Chris Rea. L’ensemble des instrumentistes reprennent le thème, puis, comme pour se présenter, chacun à son tour entame un rapide chorus.

            A peine un souffle, et nous sommes pris dans des mesures chaloupées. Stéphane Huchard, à la batterie est discret mais efficace et ses effets sont variés : caresse des balais, frappe des baguettes.

Manu Galvin fait s’envoler sa guitare en multiples croches dans un long chorus efficacement soutenu par tous, sauf le baryton de l’équipe. Car, oui, Eric Séva joue du saxophone baryton. Ce n’est peut-être pas le mal-aimé de la famille des sax, mais ce n’est assurément pas le plus commun. C’est une distinction discrète de l’artiste. Et s’il n’est pas avec la guitare, c’est qu’il prenait ses forces pour se lancer en second dans un long chorus. Non seulement, Eric Séva a choisi l’originalité du baryton, mais en plus, les effets de souffle et les touches ne lui suffisent pas. A la pédale, il met en sourdine son sax avant de le rendre plus éclatant, il joue de plusieurs effets difficiles à décrire mais qui augmentent les possibilités sonores de son instrument. Invention et discrétion : aucune esbroufe à ces effets, juste des possibilités majorées. Discrétion toujours, s’il assure un chorus, il n’est pas le leader devant lequel les autres musiciens doivent s’effacer, non, non. D’ailleurs, le troisième chorus est pour le claviériste Christophe Cravero qui joue des notes de cristal. On entend un grand titre de blues, mais non, mais non, il est tout « miniscropic » annonce le saxophoniste qui a repris un mot de son petit garçon pour le titre. Il y a assurément de la tendresse dans ce thème.

 

            Le titre suivant est assurément cool, la batterie est presque nonchalante, et pourtant bien efficace et précise. Un équilibre qui témoigne de la maîtrise de l’instrument. La guitare, elle, est plus incisive. Comme tout à l’heure, elle lance le premier solo. Mais, comme précédemment, chaque instrument a sa place. Et même, on sent que les musiciens s’amusent, qu’ils profitent de leur liberté. Ils se lancent des phrases, se répondent, et toute cette joie entraîne le public, qui, à chaque morceau, applaudit généreusement.

            De très beaux morceaux de blues jazzy. Mais pour ce projet de retour à la racine, au blues, il fallait plus que des instruments : le blues, c’est un chant, c’est un cri. Eric Séva a donc le bon goût d’inviter Michael Robinson sur scène. Il ensoleille de sa voix douce et chaude, deux blues.

Le premier, blues archétype, pour lequel  Manu Galvin sort des larmes de sa guitare, ce qui provoque une vive émotion dans le public.

Le sax, soprano, traduit la douleur du chant en notes. Le deuxième se joue en trio : la voix est céleste, la guitare rythmique et terrienne et le soprano follet et aérien. C’est l’histoire, que l’on imagine tragique, de « Marie-Angélique ». Si la plainte s’entend, ce qui résonne encore quelques jours plus tard, c’est le refrain si bien exprimé par le chanteur. S’il quitte la scène c’est pour mieux revenir interpréter, en rappel, en cadeau, un texte inédit de Claude Nougaro mis en musique par Eric Séva : « Ici », une émotion et un attachement au pays cathare.

             Même s’il n’est pas chanté, le blues peut être politique. Le effets de souffle et d’écho du baryton, le martèlement d’une cymbale donne la saisissante impression d’un train au départ. Un « Train clandestin », celui que les Noirs du Sud prenaient pour s’échapper dans le Nord des Etats-Unis, là où l’esclavage était aboli. Chaque instrument prend le train. Paysage baryton, paysage soprano. La batterie récite un conte africain d’espoir et de révolte. Un sax joyeux et plein d’espoir lui répond. Du  futur album (il faudra patienter jusqu’en octobre), c’est ma composition favorite. Elle est enrichie de riches improvisations ce soir.Trois autres titres s’enchaînent, toujours enrichis de ses multiples échanges entre les instruments ou de riches chorus, dont deux, le premier à la basse électrique, le second à la contrebasse, de Christophe Wallemme, peut-être resté plus en retrait que ses compagnons lors de ce concert.

 

            Le public est ravi, heureux. Et généreusement, le groupe lui offrira trois titres en rappel, dont, belle conclusion, une « Georgia on my mind », presque soul.

 

La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Le Printemps du Jazz à Saint-Macaire

Par Philippe Desmond

La Belle Lurette, Saint-Macaire (33) le 2 avril 2017 ; jusqu’au 30 avril.

Ce soir c’est jam session à la Belle Lurette de Saint-Macaire dans le Sud Gironde comme chaque premier dimanche du mois, de 17 à 19 heures ou plus.

Mais celle-ci est un peu particulière car intégrée au « Printemps du jazz » manifestation qui va courir en ce lieu jusqu’au 30 avril avec un très grand nombre de concerts et d’événements. En association avec le Collectif Caravan, l’asso l’Ardilla et Radio Entre 2 Mers, ce dynamique café à forte coloration musicale a décidé cette année de mettre le paquet. Il faut dire que l’endroit est devenu très populaire pour tous les amateurs de jazz mais pas seulement, grâce à une programmation riche et variée ; un lieu ouvert convivial et sympathique.

Au programme des concerts, des expos photos, des rencontres, des ateliers, des parades, des repas, tous nos sens seront sollicités. Action Jazz est bien sûr partenaire de cet événement.

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Tout a commencé vendredi avec un concert du trio de Thomas Bercy (p) avec Jonathan Hédeline (cb) et Gaëtan Diaz (dr) qui invitait le saxophoniste alto Julien Dubois. Celui-ci avait choisi le répertoire d’Eric Dolphy ce musicien terrassé à 36 ans par une crise de diabète mal soignée nous privant d’un des plus grands talents de sa génération ; un passeur entre le hard-bop et le free comme le répertoire joué ce soir là le souligne. Un excellent choix pour un concert de ce fait contrasté, alternant entre les titres accessibles et d’autres plus complexes. Y amenant l’avant veille au Caillou, deux proches pas spécialement amateurs de jazz, ou du moins le croyant, j’avais d’ailleurs une petite appréhension concernant l’estime qu’ils me porteraient toujours ou plus du tout à la fin. Et bien il ont beaucoup apprécié, certainement aussi grâce à la magie du live qui rend toujours la musique, et celle-là en particulier, plus lumineuse. La qualité des musiciens ne gâte rien évidemment. Julien Dubois avec sa verve, sa volubilité et sa précision est parfaitement à son aise dans les habits d’Eric Dolphy dont il ne cherche pas pour autant à singer le jeu. Il a assez de talent pour se l’approprier. Vendredi la Belle Lurette était paraît-il bondée pour ce concert.

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Samedi c’est Stéphane qui représentait Action Jazz pour un concert totalement improvisé suite aux ennuis de santé du saxophoniste initialement programmé ; je le cite « Une petite halte à la Belle Lurette de Saint Macaire pour y découvrir le trio AMOUR SUPREME CORPORATION formé par Franck Assémat : Sax Baryton / Louis Lubat : Batterie / Nikola Raghoonauth : Poète performer. Encore une soirée de musique à la marge mais ô combien réjouissante et quand le chant se fait créole, le sax baryton devient saccadé et la batterie de Louis Lubat semble l’ensorceler, on est aux anges. »  Complet là encore.

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Et donc ce soir la jam session, lancée par deux titres d’Eric Dolphy Bird’s Mother puis la sublime ballade « Serene ». Là encore le bar se remplit, beaucoup d’habitués et donc de musiciens. En plus du quartet initial il seront au moins une douzaine à occuper la scène à tour de rôle. Il y a presque la queue, certains s’entraînant à l’écart.

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Auparavant Julien Dubois a animé une petite conférence évoquant son parcours, ses goûts et influences, son métier de musicien et de professeur directeur au CNR. Aussi bavard et passionné qu’avec son sax alto ! Retrouvez son entretien pour la Gazette Bleue #13 : http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n13/

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Surprise d’entendre Alexandre Aguilera pour une fois au sax alto et non à la flûte, mesure des progrès fulgurants de Marina Kalhart à la contrebasse, confirmation du talent de Fred Marconnet au sax ténor, le punch de Philippe Gaubert aux baguettes, découverte de nouveaux musiciens plus ou moins confirmés mais accueillis les bras ouverts dans cette jam.

Un blues en si bémol, puis « Alone Together », plein d’autres titres dont un « Take the A Train » explosif qu’on ne risquait pas de rater !

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Tout cela dans un décor fait de pochettes de 33 tours de jazz d’époque dont certaines mythiques, objet d’une expo pendant le Printemps du Jazz. A noter que le collectif « Blue Box » des photographes d’Action Jazz exposera ses clichés de musiciens très bientôt, juste à côté de la Belle Lurette.

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Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire, allez à Saint-Macaire, en plus la ville en elle même est très intéressante avec ses vestiges médiévaux.

Programme complet sur :
http://www.bar-labellelurette.com