Mickaël Chevalier quintet au Caillou

 par Philippe Desmond ; photos N&B Thierry Dubuc 

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Mickaël Chevalier est trompettiste – et un bon – mais bien que pas très vieux il a déjà eu plusieurs vies et notamment une de marin. Il a bourlingué sur toutes les mers du globe avant de remiser son ciré et de se consacrer à la musique de jazz. Et donc ce soir-là au Caillou – où il se passe toujours quelque chose – il nous emmène dans les fjords de Norvège « Ballade à Tromsф » ou dans l’Atlantique vers « 15° Nord ». En effet lors du second set Mickaël va nous jouer ses propres compositions dont certaines datent déjà de quelques années avec le ML 5, le quintet du batteur Maxime Legrand.

Des compos très écrites, très denses, très ténues qui mettent bien en valeur ses qualités de soliste. Une trompette jouée nature, sans sourdine, sans micro HF ; de la trompette. Du jazz dynamique aux breaks spectaculaires, ou de jolies ballades, vraiment du beau travail.

Certains titres vont même nous amener à nous inquiéter pour son compère saxophoniste Jean-Christophe Jacques, à bout de souffle et au bord de la déshydratation dans la chaleur du lieu. Mais il a assuré comme d’habitude, lui aussi c’est un très bon. La rythmique est classique mais avec un trio piano, basse, batterie de haute volée.

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Au piano Francis Fontès toujours aussi à l’aise et volubile de ses mains quel que soit la musique jouée ; c’est vraiment un maître et il était d’ailleurs révélateur de regarder Mickaël et Jean-Christophe se régalant à l’observer jouer lors de ses chorus.

A la contrebasse, avec sa fidèle Mémé, Nolwenn Leizour discrète mais au combien efficace ; quand je la vois et l’entends jouer c’est bien simple je voudrais être contrebasse. Amusant, lors d’un de ses rares chorus de la soirée Nolwenn a été longtemps synchro avec le soliste à la contrebasse du concert de jazz toujours projeté en boucle au-dessus des musiciens.

A la batterie un pilote très chevronné et un esthète de l’instrument – il suffit de l’entendre parler cymbales spéciales ou fûts sur mesure avec passion pour s’en persuader – Philippe Valentine ; il n’a pas arrêté de varier les rythmes d’un drumming enjoué et dynamique ou plus nuancé et souple.

Le premier set était un hommage au trompettiste Freddy Hubbard et de « Crisis » à « Red Clay » – une version fabuleuse – en passant par « Song for John » et « Lament for Booker » le quintet et son leader trompettiste nous ont prouvé qu’ils n’avaient presque rien à envier aux diverses formations du maître.

Belle prestation de l’éclectique Mickaël Chevalier qui la veille au même endroit jouait avec le Petit Orchestre du Dimanche de Cédric Jeannaud ; au programme, du cha cha et du mambo ; un thé dansant du dimanche à l’heure du dîner un jeudi soir. Un moment délicieux (photo couleur).

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