Mélanie de Biaso au Rocher de Palmer

Par Annie Robert

Chanteuse à part, délicate dame brune et révélation récente de ce que l’on pourrait nommer faute de mieux du jazz, Mélanie De Biaso présente au Rocher de Palmer, son nouvel album No Deal.
Une suite de poèmes musicaux  impressionnistes  installe rapidement une atmosphère oscillant entre les brumes tourbées de Londres et les évanescents encens des châteaux de nuages.
Tout est simple, épuré, délicat. Pas d’avalanches de notes, pas d’effets appuyés. Un piano qui s’évade du côté de Ravel et une contrebasse au groove léger forment avec la chanteuse flûtiste un trio qui se scinde parfois en duo voix contrebasse ou piano flûte. Ils se retrouvent sans difficulté dans la même couleur.
La voix est ample et souple, dans la recherche du souffle, du battement de cœur, du phrasé détaché mais sans ostentation, puissante mais retenue. Rien n’est en trop. À cette ambiance presque planante, le parti pris répétitif des motifs et des harmonies et la façon d’étirer le temps et le son confèrent aux morceaux une valeur quasi hypnotique mise en relief par un éclairage ad hoc.
Revers de la médaille de cette claire recherche de simplicité, une énergie un peu linéaire, sans rupture, où se glisseraient peut-être par des trous de souris quelques gouttes d’ennui et une petite absence d’émotion. Ceci n’est sans doute que peu de chose, face à l’originalité de la recherche. Mélanie de Biaso nous guérit, c’est certain,  des chanteuses de jazz, oiseaux de paradis ou séductrices en gants noirs , elle nous protège des tentations DianaKrallMélodiegardiennes.
Elle est une très belle pierre dans le renouveau du chant jazz.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *