L’univers poésisique d’André Minvielle

par Alain Flèche.

Samedi 9 décembre 2016, théâtre du Pont Tournant, Bordeaux

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Bonheur de revoir ce bon vieux André Minvielle, j’ai demandé à un pote de m’accompagner, il ne connaît  pas, vérifie sur le net … décline l’invitation. C’est ballot, j’ai oublié de lui dire que chaque fois c’est une surprise. Autre chose. Là, il est seul à faire le show (ou presque) et rien à voir avec autre chose, ni seulement avec son dernier disque qu’il va tout de même largement interpréter, mais autrement !

D’abord, une bonne petite mise en voix avec le phénoménal : « Bo Vélo de Babel ». On ne peut trouver mieux pour le présenter : déjà, rapport à l’engin à roulettes qui lui trotte dans la tête, et puis référence aux langages, tous les langages : Occitan, patois du Béarn, des Landes, de là, d’ailleurs, il se fabrique son propre Espéranto, lisible que par lui, mélange poésisique approximatif de mots, accents, sons et bidouilleries vocales qui n’ont d’équivalent que les espèces d’instruments trop simples pour y penser (bouteille électrique) ou franchement sophistiqué (Minvielle à roue branchée sur ordi.) N’empêche, réécoutez les paroles, pourriez vous imaginer qu’il soit possible de retenir une telle logorrhée quasi ubuesque ? Ben si, c’est possible, et il le prouve ! Étonnant ! Ça démarre très fort !

Et continue tout autant . Passons à « Intime 1 Time » une fois … ce sera le sujet principal de la soirée, une autre écoute sur ses derniers travaux accomplis. Adaptés, provenant aussi, d’un reflet de lui-même, seul. Ou presque . En fait, une suite de rencontres qui rassemble ce qui est épars , Babel s’il faut que tous se reconnaissent .

On va entendre « Intime 1 Time » jazzy. Pas seul, l’esprit de Clôde (N.) est là … ! Il nous l’a dit aussi, avant , comme de Georges Baux ou de Dubuffet, facteur d’accents , et d’autres repères explorés , hop hip .

Un coup de vent des pays chauds, « Sacré Éole » , swing sur tout, swing surtout !

« Le Verbier », comme un herbier, mais des vers et des tu, « Quai des Vertues » il continue, ce diable d’homme, si bonhomme, plein de sens, de rythmes et de raison(s) ; avant que d’être multisicien , avant le verbe, l’intention ; l’invention, puis le dire. Et tout ce qu’il trouve, il fait croquer, on partage, nous envoie des regards à chacun comme à tous, et entend la réponse . De toutes les réponses il fait feu, rebondit comme une flamme, d’un bois de l’hôte, l’autre, l’aulne, dont il éclaire entre les chant/sons les raisons, les noms, les hymnes et hymen, nous dit tout ce qu’il pense, ce qu’il est, là, et dit et chante/enchante .

Et puis, joue ! De tout, de tout ce qu’il a inventé, de lui, par d’autres, de lui, de pars et part ici, et bien plus loin aussi . Vous saviez, vous, ce qu’on fait avec une bouteille électrique en la tapant, tapotant, cajolant, caressant, renversant … renversant ! (moi non plus) . Quant au machin/chose à roue … j’vous dis pas, si ? Bon d’accord . Un plan fantasmatique pour faire plein de trucs réalisé par un facteur toulousain, totale réussite : look néovieux rigolo trébo, magnifique instrument de vieille vielle toute neuve qui donne l’impression de faire tout ce qu’on lui demande (gentiment) . Crée des sons et suggère et distord et ordonne et donne et do, des boucles, et d’images aussi ! Films anciens super/posés contrôlés avancés retardés par le même espèce d’instrument , André conte et raconte et parle et joue et rajoute . Les sons les images l’imaginerf dans la nef nèfle toute neuve de ce navigateur d’airs retrouvés et réunis .

« Nino » junky/jazzy/sexy,/blues présentation de Saint Cope ! Beau comme un ex-voto volatil vota-t-il ! ?

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« La Bourdique » nous ramène assez à ses premières amours de percu-sonique super, se sert d’une belle rondelle de métal, y fait rebondir même sa voix , croyez la !

Et puis, là, d’un coup, qui vient d’où, de partout dans son évidence incongrue, blues étrange pour donner à Jacques Prévert le change que demandent ses « Étranges Étrangers » . Rêve écarquillé de sonorités asi-a-catégoriques , de blues de mers disparaissantes . Une balade en bateau de ce bateleur en chantier à perpétuité . Une ligne de notes qui ondoie, vacille et revient avant que de chavirer, il n’en est que de l’âme .

« Keskifon » fon fon qui, nonchalante mélopée mais pas (que) pour de rire, tout fond le camp. Progression harmonique dans un genre de drôle de bleu presque dur, inquiet, tant ; beauté de l’anté-diable entier, il dit ; i di ksa fon ,dépêchons !

Coucou « les Crapauds », pas chiants ni chaises, voyage au fond des temps démesurés, bien avant l’ordre d’à peu près juste après le Chaos.

« J’émets j’émets », émeu ! Des miettes de tout, se passe, et passe repasse repaisse à d’autres, transmet, parasite par ci tralala par di

« L’articifière » si fière si faite si fait et des choses entre, à coté, à part, dedans, en moins, à moins qu’en plus, plein !

« Lutin latin » de/à l’ouest, à l’aise à l’est (d’où vient le vent, et la lumière) aussi, surtout .

Un beau rappel ; un pote à lui  arrive. Avec son accordéon dia/très/tonique russe, face à nous, improvise un air nouveau comme un jeune vin, tout frais pétillant, plein de notes partout comme pour habiller un sapin de Noël gigantesque d’étoiles sonores de toutes les couleurs . Par dessus le marché le André qui attrape la roue à MinVielle banchée son et lumière et joue ainsi des images qu’il associe comme ça aux chant/accord(éon) de Bruno Maurice. Bokado

Bravo

Merci

Reviens quand tu le sens André Minvielle, on est là

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