L’or du monde d’Innnvivo…  une pépite !

 

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Par Annie Robert

Beaucoup de monde ce 16 avril au Bootleg pour la sortie du nouvel EP du groupe Innvivo, désireux de découvrir ou de redécouvrir ce Hip Hop mâtiné de jazz  si caractéristique de ce groupe bordelais.
Leur atmosphère, leur couleur sont reconnaissables. Peu de rythmes en boîtes, même si les pédales et les effets sont présents; pas de répétitions à l’infini mais un sens important de la composition.
La section basse /batterie (Didier Bassan/ Louis Gaffney) bien solide et charpentée se fait animale et vitale et possède la discrétion voulue et la rigueur souhaitée. Elle est inventive et présente mais sans excès ni surenchères. Autour, les deux guitares véloces et agiles de Clément Laval et Mathias Monseigne  se partagent les rifs, tantôt mélodiques tantôt rythmiques. À travers leurs prestations, on sent que ces deux-là ont été biberonnés au jazz, qu’ils ont transpiré sur les airs des plus grands, et que John Scofield n’a plus de secrets pour leurs phalanges. Ils offrent ainsi à chaque morceau un côté délicat, onirique qui manque parfois au Rap et au détour d’un slam des accords de jazz et quelques gouttes de funk. Ces quatre-là sont des musiciens dans l’âme et la tripe, ils passent des guitares aux claviers, des effets aux rythmes sans problèmes, ils se glissent dans chaque morceau avec justesse.
Et puis, tenant la scène par sa présence, ses textes poétiques et forts, son phrasé impeccable, il y a le chanteur. Hugo Raducanu s’impose à la fois comme rappeur  et comme « meneur de jeu ».
Batteur  dans d’autres groupes, il sait faire jaillir le rythme, le martyriser, le froisser, le développer en souplesse. Il en joue comme un chat avec une souris.
Dire que son atmosphère est noire serait excessif, mais elle est pour le moins désenchantée et parfois inquiète. Il célèbre la nature, le monde,  mais aussi les difficultés à être, à partager, les révoltes et les sursauts «  il était mille fois la comédie humaine ». Sauf pour certains grands rappeurs, le hip-hop, peut sembler pêcher parfois par son vocabulaire limité ou ses images simplistes. Mais là ce n’est pas le cas, le jeune homme sait filer la métaphore, se promène dans une poésie créative. Il s’amuse des images, il trouve « comment remettre du bois dans le feu de l’homme ». Et le public le trouve avec lui conquis à la fois par la qualité des textes et la musicalité du groupe.
Dans ce set varié, Innvivo passe de moments forts et puissants frôlant l’acmé totale à des instants plus doux, ou mélancoliques  à l’exemple de ce morceau  magnifique en trio : la guitare acoustique, la voix et le violoncelle d’une invitée surprise, un beau moment à la fois d’écriture et d’improvisation.
Pas un instant d’ennui, pas de redites, pas de mélodies standardisées.
Ce groupe  renouvelle et enrichit avec bonheur le genre. Il mérite plus que notre attention et le public présent lui a mille fois rendu son énergie.
L’EP  quant à lui intègre en plus quelques voix d’accompagnement fort belles et à propos. L’enregistrement lisse peut être un peu la force du live mais c’est une raison de plus pour se déplacer et les voir «  pour de vrai » .
« L’or du monde » est un petit bijou !!

Allez les gars continuez « à remettre du bois dans le feu de l’homme », ça réchauffe !!

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