Le Off à Eymet, Jérôme Sabbagh quartet

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Tout a commencé par une merveilleuse après-midi d’été indien, ce samedi 18 octobre… Les musiciens ont quitté New York la veille, et découvrent le coteau de Monbazillac en plein farniente par 26 ° C ! Tassés à l’arrière du véhicule, fatigués mais relax, ils plaisantent, des rires fusent… Ils ne semblent pas craindre la galère d’une date improbable au fin fond d’un village paumé ou la culture du jazz se serait perdue depuis l’époque lointaine où Sidney Béchait… Peut-être ont ils été affranchis, peut-être se doutent ils du bonheur qui les attend ?

Mais n’anticipons pas…

Dans la cour du château d’Eymet où on les attend, là aussi tout est sourire, la saison va démarrer… par un mélange de douceur printanière et d’automne lumineux…. Alors on installe, pourquoi pas ? Quelques tables et chaises à l’extérieur, et miracle elles trouvent de suite preneur !

Après une courte sieste et une balance de 50 mn, tout est OK : les 2 sets seront acoustiques, la sono discrète s’écartera pour ouvrir l’espace de la scène au public, qui attend le retour du “OFF” avec une pointe de gourmandise… d’ailleurs il n’est pas encore 19 h 30, et déjà des bruits de fourchette…!

Laurent P sourit, le président sent cette douce impatience qui gagne la salle. Suzanne a cuisiné, elle aussi semble sereine, le poulet yassa, elle sait faire… Laurent C est plus soucieux : la salle d’expo du château, où se tiennent également des séances du conseil municipal, est prête, mais quelques milliers d’incidents et d’imprévus dans la semaine ne lui ont pas laissé le temps de vérifier qu’elle l’était vraiment !

Le concert débute (à l’heure !) par “the turn” composé par le saxophoniste franco-américain Jérôme Sabbagh, et titre de son dernier album… Toutes les compositions que nous entendrons sont des compositions de Jérôme…

Très vite on est saisi par l’unité de son, jusqu’au timbre du sax et de la guitare qui s’entremêlent sans qu’on puisse les distinguer… Unité, oui, mais pourtant une immense variété de tons, de style, de temps… le premier set s’achève sur une merveille de swing, non pas débridé mais merveilleusement contenu, à l’image d’un Ben Monder impavide… Cet immense “Petit prince” de la guitare lance autour de lui des bouquets de notes comme autant d’étoiles scintillantes et il sait sûrement où est la sienne !

Le deuxième set va confirmer le sentiment d’unité et de plénitude du premier. S’y rajoute la surprise de compositions toujours plus variées, comme cet “électric song” d’inspiration pop, où le groove de Jeff Balard (le batteur à la caisse claire comme de l’eau de roche !) atteint un paroxysme tranquille !!!

Une musique “populaire et savante” pour reprendre l’expression des organisateurs toulousains de “jazz sur son 31” où le quartet doit d’ailleurs se produire jeudi 23…

N’oublions pas Gary Wang dont la discrétion égale l’efficacité, et qui par sa gentillesse a récompensé les pauvres bénévoles qui ont sillonné la région à la recherche d’une contrebasse à la hauteur de l’événement.

Une belle salle, une ambiance chaleureuse, de grands musiciens simplement heureux de faire plaisir, que demander de plus ? Sinon le prochain concert !

JF

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