Le fantôme de Philip Glass à l’opéra

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

Opéra de limoges, le samedi 19 novembre 2016

Bruce Brubaker – piano

Bruce Brubaker nous présente ce soir un extrait choisit de l’oeuvre du compositeur contemporain américain Philip Glass.

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Il y a tant de merveilleux artistes connus et tant à connaitre, Bruce Brubaker est un pianiste et écrivain américain que je découvre, né à Des Moines en Iowa. De lui, émane une aura singulière et captivante cette inexprimable impression d’humilité et de délicatesse dans le moindre de ses gestes. Formé à la Juilliard School de New York où il se voit décerner le “Prix Edward Steurmann“ la plus haute distinction de l’école.

Son oeuvre utilise l’association de musiques classiques occidentales, aux inspirations artistiques, littéraires, théâtrales et philosophiques postmodernes.

Il a publié des articles sur la musique et la sémiotique, a crée et exécuté des projets multidisciplinaires au Festival International de piano de “La Roque-d’Anthéron“ dans les Bouches-du-Rhône, à l’institut d’art contemporain de Boston ou à l’Institut d’étude avancée de Princeton entre autres …

Bruce Brubaker va également enseigner dans cet établissement d’exception aux côtés de Philip Glass, Milton Babbitt, l’un des pionniers de la musique électronique et Meredith Monk, compositrice, chanteuse, chorégraphe …

Le New York times écrivait à son sujet, «peu de pianistes s’approchent de la musique de Philip Glass, avec un tel niveau de dévotion et de perspicacité, que Bruce Brubaker lui apporte, précisément parce qu’il a tellement d’expressivité»

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Vivre ces instants d’écoute à l’Opéra de Limoges est un privilège rare, le dire est un euphémisme, ceux présents ce soir, le savent parfaitement. Justement pour cette écoute qui nous absorbe totalement jusqu’à la dernière de nos cellules et qui sème au fond d’elles ce principal cadeau qui s’appelle “bonheur“…

Assis au milieu du monde, coupé de tous, seule toute sa musique règne dans sa tête, son âme, son coeur et ses mains, elle coule dans ses veines … Les notes sont des lettres, ses lettres sont des mots qui font naitre les phrases dans l’absolu harmonie qu’il nous dit du bouts des doigts, voilà que les phrases couvrent les pages et les pages se suivent et se poursuivent à l’allure d’un courant d’eau vive, toutes ces pages sont désormais des images qui se profilent et s’animent. Il n’a pour unique voix que celle de son piano, dans une autre dimension et qui lui répond dans en parfait écho. Les sourires fugaces se dessinent sur ses lèvres à l’ombre des lumière colorées, tamisées.

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Ses mains se rencontrent avec politesse, puis se suspendent à la manière des pattes de chat, elles semblent hésiter devant leurs proies, puis se posent enfin sur les touches qui se moquent et lui provoquent une moue attendrie et drôle aussi. Qu’importe la suite, nul ne souhaite l’entendre finir, qu’importe l’histoire, le pianiste est plongé dans son livre et avec lui nous emporte et nous dépose en finesse en volutes à notre place et notre rôle.

Comment passer à côté de cette ample parenthèse introspective universelle qui se déploie comme les ailes d’un élan, cette visite sans début et sans fin où la distance s’évanouie où la hauteur est infinie. Ce rêve qui ne pendrait fin, que dans un autre rêve et qui prend vie maintenant et ici …

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Un grand merci à toute l’équipe du festival pour leur accueil et en particulier à Jean Michel Leygonie, directeur artistique.

Bruce Brubaker se produira au Rocher de Palmer le jeudi 24 novembre 2016.

Toutes les photos sur : http://thierrydubucphotographe.zenfolio.com/p225984453

Un commentaire sur “Le fantôme de Philip Glass à l’opéra

  1. Francoise dit :

    Quelle belle critique. Elle me ravie car Bruce Brubaker est un ami et mon coach. Depuis des années je le trouve extraordinaire pour sa musicalité, ses connaissances musicales, sa comprehension de l’historique de la musique. Désolée de ne pas être a Limoges mais très heureuse que mes compatriotes l’apprécient.

    Amities

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