La Jam du lundi au Baiser Salé (Paris)

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par Philippe Desmond

La rue des Lombards à Paris dans le quartier des Halles est un haut lieu de la musique jazz. Le Sunset, le Duc des Lombards et le Baiser Salé en sont les endroits les plus prisés dans des genres différents.
Le Baiser Salé se distingue par sa touche afro, antillaise, fusion, il est reconnu comme le top des clubs en matière de musique métissée. De grands musiciens y ont fait leurs débuts parisiens : Richard Bona, Taffa Cissé, Etienne MBappé, Linlay Marthe, Geoffroy de Mazure, Émile Parisien, Angélique Kidjo, Laurent Vernerey, Loïc Ponthieu, NGuyen Lê. D’autres le fréquentent et y jouent régulièrement, Mario Canonge, Michel Zenino, Felipe Cabrera, Rémi Vignolo, Sylvian Luc, les Belmondo, Roger Biwandu…
Chaque lundi soir c’est jam sous la houlette de François Constantin un sacré percussionniste qui vient de finir la récente et remarquable tournée de Véronique Sanson. François est le fils de Jean Constantin immense artiste de music-hall qui chantait des pépites – « le Pacha », « les Pantoufles », « Ma Petite Rime » – et écrivait aussi pour d’autres. « Mon manège à moi » de Piaf c’est lui, « les 400 coups » aussi. François en a reçu son humour sa gouaille et son gabarit bien charpenté. Sa maman vous ne la connaissait peut-être pas mais sa voix oui, en effet Lucie Dolène n’est autre que la voix française de Blanche Neige de Walt Disney.
La salle est au premier étage du bar du même nom, pas très grande mais optimisée. On est les uns contre les autres et il y fait vite chaud d’autant que la musique « n’arrange pas » les choses. Mais on ne meurt pas de soif, on y consomme comme dans un bar avec un simple surcoût de 7 € sur la première consommation. On y croise souvent Gérard Darmon un fidèle des lieux.
La scène est minuscule : à droite un piano droit contre le mur, à gauche une batterie, au milieu les congas et la batterie de samba et dans les espaces intermédiaires un bassiste, selon le cas un sax ou autre. Cinq six c’est le maximum.
La jam commence vers 21h30 par un set plus ou moins long avec les musiciens du jour mais toujours avec François aux percus. Ce lundi il était entouré de Thierry Fanfant l’immense bassiste (Lavilliers entre autres), Mickael Lecoq au piano, excellent et Nicolas Viccaro l’étoile montante de la batterie. Entre autres titres « Pata Pata » de Myriam Makeba, « Ride like the wind » de Christopher Cross tous traités à la sauce hot jazz avec de gros chorus bien endiablés. Nicolas Viccaro a été extraordinaire, seul ou en battle avec François Constantin. Il est capable d’une polyrythmie magique ; un grand.
Ce lundi après un long et tonitruant set on passe à la jam, d’abord avec les invités de François – dont la prometteuse chanteuse guitariste de soul Hyleen Gil, ou encore le pianiste Vincent Bidal – puis avec les anonymes.

Mais d’abord on fait l’inventaire des musiciens présents : il y a des bassistes ? Oui tu t’appelles comment ? Et toi… Des batteurs ?….Des saxophonistes ?… C’est le marché aux musiciens, passage amusant de la soirée. Puis la jam démarre, François compose les groupes au feeling, on se met d’accord sur le tempo, la tonalité d’un standard et ça part. Pour avoir assisté à plusieurs jams je peux dire que certains – tous quasiment ! – soirs c’est de la magie pure. Il y a des moments de folie comme ça au débotté. Et de belles surprises parfois avec des musiciens internationaux de passage…
Donc le lundi soir à Paris c’est Baiser Salé ou rien, allez-y en confiance et saluez François de ma part c’est un gars épatant.
http://www.lebaisersale.com/

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