Just a wild night of Blues !

par Carlos Enrique Olivera, photos : Philippe Marzat.

 

 Ronnie Baker Brooks au Rocher de Palmer, mercredi 23 mars.

La petite salle de 200 personnes du Rocher de Palmer est pleine et une ambiance d’impatience la remplit alors qu’on attend le début du concert. Je suis prêt pour l’avalanche guitaristique que toute soirée de blues de Chicago promet mais sur la scène nous attend une surprise ; un seul homme accompagné d’une contrebasse et de quelques cymbales. Pourtant le public entre rapidement dans une sorte de transe, emporté par le son répétitif et en boucle de la percussion électronique libéré depuis la scène, pour en être ensuite sortit par le riff furieux de rock n’ roll de la contrebasse. La première partie du show est lancée.

"Damage Case" Julien Prugini

« Damage Case » Julien Prugini

Ce n’est pas facile de faire face à la foule avec seulement une contrebasse mais Julien Perugini (connu aussi sous le nom de Damage Case) le fait avec tellement de naturel qu’on oublie qu’il n’y a pas un groupe derrière lui. Le chanteur et contrebassiste (et par moments guitariste aussi) gère très bien la scène tout seul. Il est presque sauvage quand il chante la chanson folk « Where did you sleep last night ». On vit des temps bizarres, nous dit Perugini avant de commencer à chanter « Sinnerman » de Nina Simone ; et il prend un air cérémonieux avant de passer à un hommage au rockeur récemment disparu Lemmy (du groupe Motorhead) avec « Ace of Spades ».  Damage Case fini la première partie du concert et on se demande quelles surprises nous réserve encore cette soirée.

"Damage Case" Julien Perugini

« Damage Case » Julien Perugini

Après quinze bonnes minutes de réglages du son, Ronnie Baker Brooks monte sur scène. Et c’est là que la pyrotechnie guitaristique commence. Le son de Chicago prend d’assaut la salle du Rocher de Palmer et chacun vibre au rythme du blues. On peut le sentir, le public aime le blues. Chanson après chanson, la foule suit intensément les mouvements de Ronnie Baker Brooks, le son de sa guitare, les inflexions blues de sa voix et son caractère aimable.

Ronnie Baker Brooks

Ronnie Baker Brooks

Il continue le concert avec « See you hurt no more », chanson d’une saveur soul où les claviers sont beaucoup plus présents, et sa voix nous rappelle l’expressivité d’un jeune Ray Charles. Le blues reprend sa place avec “I just wanna make love to you” de Muddy Waters, et il arrive à faire chanter le public pour la première fois. Un moment de réflexion sur les temps qu’on est en train de vivre, des mots de solidarité avec Bruxelles et les familles en deuil, et il enchaîne avec « Times have changed », un blues lent où on retrouve l’agréable présence du clavier qui accompagne la guitare de Baker Brooks. On est déjà proche de la fin du concert et il arrive à faire chanter le public pour la deuxième fois. Il présente ensuite ses musiciens, l’excellent batteur Maurice Jones, le bassiste Ari Seder, et aux claviers Daryl Coutts.

Ronnie Baker Brooks

Ronnie Baker Brooks

Et alors qu’on pense que les surprises s’arrêtent là et que le concert touche à sa fin, Ronnie Baker Brooks quitte la scène. Où est-il passé? se demandent les photographes et le public. Guitare en main, il sort par une petite porte à côté de la scène et marche vers le public. Il joue de la guitare en saluant les gens qui se massent autour de lui. C’est la folie totale. Il marche au milieu du public, monte sur une chaise et joue de sa guitare avec les dents (tous les guitaristes ont rêvé d’être Jimi Hendrix), et tout le monde autour de lui crie.

Ronnie Baker Brooks

Ronnie Baker Brooks

Il remonte ensuite sur scène et termine le morceau, se joint aux musiciens pour saluer le public et c’est la fin du concert. Mais le public en demande plus.  Il retourne donc sur la scène avec un rock n’ roll puissant qui fait danser les gens, car depuis un moment le public ne se sert plus des chaises et tous sont debout. Après ce moment de danse folle, Baker Brooks, agité et heureux, remercie le public. Et nous, de notre côté, on remercie l’énergie, la bonne humeur, et ce moment heureux de musique puissante qu’il nous a offert.

Ronnie Baker Brooks Blues Band

Ronnie Baker Brooks Blues Band

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