Jazzaldia et Inaki Salvador Trio ; la belle transpyrénéenne.

par Annie Robert, photos Philippe Marzat.

Rocher de Palmer / Bordeaux-Cenon / 4 Nov 2016

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Du pays basque et de ses sept provinces, on connaît largement les clichés  souriants : piment, pelote et jeux de force, façades blanches et rouges, paysages magnifiquement verdoyants, croix à quatre virgules, langue vivace et drue et d’autres moins avenants : emprisonnements et résistance, attentats et drames, aujourd’hui apaisés en partie et en retrait dans les mémoires.
Mais sait-on que le pays basque est également une terre de jazz et accueille un des plus vieux festivals européens, une vénérable institution à la vivacité intacte ?
Le festival
Jazzaldia qui se déroule à Saint Sébastien (Donostia) en Espagne dans la 2° quinzaine de Juillet n’a, en effet, rien à envier à ses concurrents huppés comme Antibes ou Juan- les -Pins : plus de 100 concerts, douze lieux différents, un public immense, Jazzaldia se pose un peu là!!!
En fêtant cette année sa
50° édition (!!) il méritait bien la belle exposition qui se tient actuellement au Rocher de Palmer jusqu’au 25 Novembre et que l’on vous invite à découvrir. Tous les grands noms du jazz ont magnifié Jazzaldia et résonnent sur les murs au gré d’ affiches colorées et graphiquement diverses. C’est un véritable panorama historique, qui suit l’évolution, les soubresauts, les découvertes du jazz international, les broncas et les enthousiasmes. Jugez donc un peu : Charles Mingus, Mc Coy Tyner , Ella Fitzgerald, Miles Davis, Ornette Coleman, Sonny Rollins, Keith Jarreth, Pat Metheny, Chick Corea et plus près de nous Jaimie Callum, Gregory Porter et bien d’autres… Ouf cela donne le vertige….

Un partenariat serré existe depuis quelques années entre l’Institut Basque, Jazzaldia et le Rocher de Palmer, donnant lieu à une transpyrénéenne de belle facture avec résidence d’artistes, concerts et cela dans les deux sens.
C’est ainsi que ce soir, le Rocher accueille le trio d’Inaki Salvador, pianiste bien connu en Espagne mais qui se fait rare de ce coté des Pyrénées. Pédagogue, producteur et passeur de musique, il se révèle véloce et incroyablement virtuose en proposant un hommage aux grands noms du piano jazz, Chick Coréa, Herbie Hancock ,Keith Jarreth ou Cedar Walton qu’il aborde avec tendresse et humilité.
Inaki Salvador sait à merveille se glisser dans les pas de ses maîtres, en épouser les formes et les contours : le sens de la mélodie délicate d’Herbie Hancock, la souplesse désespérée de Keith Jarreth, la gaîté classique et folle de Chick Coréa… Soutenu par une section rythmique à la fois discrète et efficace (Gonzalo Tejada à la contrebasse et Borja Barrueta à la batterie) c’est un jazz léger et serein qu’il nous déroule, une rivière limpide, parfois bordée d’écumes ou de tourbillons, une source d’eau rafraîchie d’herbes folles inclinées, abreuvée aux standards éclatants. Pas de prises de risques excessives certes, pas beaucoup de surprises incongrues mais une solide entente et un joyeux compagnonnage qui rendent l’instant présent musicalement bien dense.
Deux compositions personnelles se glisseront sans déparer entre les morceaux hommages dont un très beau « Branca dos » rempli d’élans de folklores humides et sourds ou la
Mari et le Basajun des légendes basques pourraient souffler leurs vieilles complaintes oubliées et une « danse pour les pieds » sautillante de ritournelles, un retour soyeux aux origines. Une charmante bossa pour le rappel et la soirée « basque » se clôturera dans l’harmonie heureuse, le charme et la proximité de trois musiciens ouverts et proches.
De quoi se précipiter sans doute de l’autre côté des Pyrénées, pour goûter les plaisirs du jazz à l’Espagnole et Basque en particulier.

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Un commentaire sur “Jazzaldia et Inaki Salvador Trio ; la belle transpyrénéenne.

  1. Iñaki Salvador dit :

    Merci beaucoup!!!

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