Jazz sur les coteaux : Taldea Group

par Philippe Desmond.
C’est la première fois que se déroule l’événement «Jazz sur les Coteaux »  organisé par la Communauté de Communes des Coteaux bordelais et Action Jazz se doit d’être présent. De plus le groupe invité on le connaît et on l’apprécie, c’est le Taldea Group et son jazz inventif et mélodieux aux sonorités hispanisantes.

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En ce samedi 2 avril la salle des fêtes de Camarsac est bondée quand commence le spectacle, un public pas forcément habitué au jazz, ce qui est une bonne nouvelle. Que la qualité musicale aille, comme ici ,vers le grand public est une excellente chose. L’assistance est familiale, il y a de de nombreux enfants comme ces deux garçons de 8 ou 9 ans qui vont rester scotchés sur leur chaise au premier rang tout le long du concert de près de deux heures, subjugués par la musique.

Ça s’agite sur la scène  ; tiens on dirait qu’une chorale se présente… Non, ce sont les élus des huit communes qui viennent présenter et lancer la belle saison culturelle de la CDC. La culture décentralisée on aime.

Les musiciens s’installent sur cette scène qui ressemble à un perchoir tant elle est inhabituellement haute et qui va s’avérer être une véritable fournaise : Jean Lassallette aux guitares et Christophe Léon Schelstraete aux percussions, les deux initiateurs de Taldea ainsi que Thomas Lachaize aux sax soprano et ténor, Nicolas Mirande à la basse électrique, Stéphane Mazurier aux claviers. Tous d’excellents musiciens aux CV bien garnis.

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Le groupe va jouer les compositions originales de son dernier album « Taldea Coustic », des morceaux toujours mélodieux, aux tempos subtils et changeant. (Voir article et chronique du CD dans la Gazette Bleue de septembre 2015 http://fr.calameo.com/read/002896039f0b986843897 )

Une élégance racée et de la puissance se dégagent de leur musique, racée comme ces cavaliers andalous, puissante comme leurs montures, la guitare acoustique de Jean Lassallette très présente – notamment une bien originale Godin nylon – ne pouvant qu’influencer notre oreille en rappelant souvent ces sonorités flamencas typiques. La vibrante résonance du cajon de Léon ajoute bien sûr à la tonalité générale cette touche hispanique.

Sur un tempo proche de la samba Thomas Lachaize (le mal nommé car le seul qui ne soit pas assis…) fait s’envoler la mélodie avec le talent qu’on lui connaît et qu’il prodigue de la pop à la musique contemporaine en passant par le jazz et le classique ; une référence.

La rythmique est omniprésente, le ronflement de la basse de Nicolas Mirande tissant judicieusement et énergiquement un très beau groove ; Stéphane Mazurier, un peu caché derrière, le complète parfaitement tantôt avec des sons de piano, de synthé ou d’orgue et lâchant bien quelques chorus.

Aux percussions Léon jongle entre sa batterie – avec entre autres une magnifique intro martiale de tambour – et le cajon, tout en subtilité et en justesse ; et toujours cet humour chez lui contagieux avec ses compères et très vite avec le public qui passe un très bon moment, un peu taquin lors des transitions – comme lors de l’annonce du titre « Poulette » – mais d’une remarquable écoute. Public souvent sollicité pour des palmas pas si évidentes que ça.

En bavardant avec les musiciens et au sujet de ce public plutôt novice et ne connaissant pas les codes du genre nous avons la même analyse ; ça fait du bien de temps en temps d’entendre un morceau sans les applaudissements systématiques et convenus succédant à un chorus ; ici ils sont venus parfois mais spontanément et à bon escient, comme quoi…

Un final jazz-funky-groovy qui montre la large palette du groupe et voilà le public définitivement conquis.

Et vous savez quoi ? En plus de la gratuité du concert (c’est bien et pas bien à la fois, ça habitue mal le public et ne lui fait peut-être pas mesurer la valeur de ce qu’il entend ; ce n’est que mon point de vue) l’organisation nous offre à la fin gâteaux et Crémant de Bordeaux ! Elle est pas belle la vie ?

Il est tard, la nuit est tombée depuis longtemps sur le petit village endormi sous le bienveillant surplomb du château du Prince Noir, retour vers la ville.

http://www.taldeagroup.com/

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