ISOTOPE au Caillou

Par Philippe Desmond, photos Alain Pelletier

Définition d’Isotope : « Chacun des différents types d’atomes d’un même élément, différant par leur nombre de neutrons mais ayant le même nombre de protons et d’électrons, et possédant donc les mêmes propriétés chimiques. »

Ici l’élément c’est le trio. Les trois atomes sont un batteur, un guitariste et un trompettiste.

Le premier atome qui joue le rôle du noyau c’est Tom Peyron, le batteur. Musicalement tout ou presque tourne autour de lui. Les compositions pour la plupart sont de lui et  sa batterie est omniprésente. Il a le drumming intelligent comme dit mon voisin de table hier soir au Caillou, un jeu varié et nuancé plein d’inventions.

Le second atome est plus un électron, avec sa guitare électrique, c’est Thomas Boudé. Il tisse des climats, compensant avec un son magnifique le manque d’une basse dans le trio ou torturant ses cordes dans des chorus sans fin et très inspirés. Electron libre même quelquefois dans des passages plus free. Remarquable sa longue composition au nom hermétique qu’on pourrait qualifier de free java.

Le troisième atome est un proton portant donc sa charge positive d’émotion dans des chorus superbes de trompette, Olivier Gay. Il participe au son original de ce trio insolite sans basse ni piano, qu’il joue libre ou avec la sourdine. Un son de trompette très clair le caractérise.

Ces trois atomes différents présentent bien les mêmes propriétés outre de jeunesse, le talent, le goût du risque musical, la virtuosité, la créativité…

Isotope était donc hier soir en concert au Caillou. Récent vainqueur du tremplin Action Jazz 2015 ce trio apporte de la fraîcheur et de la jeunesse. La jeunesse elle était aussi présente hier soir dans le public et ça fait bien plaisir, beaucoup de jeunes musiciens bien sûr. De jeunes musiciens qui prennent des risques vers une musique moins facile à jouer et à écouter que l’offre standard des radios autrefois libres mais désormais toutes alignées, les yeux rivés sur les chiffres du marché.

Le répertoire a laissé une grande place à leurs propres compositions mais aussi à des musiciens reconnus comme par exemple Charlie Haden ou Sony Rollins (sans sax !). On a même eu droit à une musique de street band et à un genre de calypso très gai.

Les musiciens d’Isotope possèdent donc cette énergie atomique qui devrait les mener loin dans le monde du jazz. L’avenir leur appartient.

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